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Résumés

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  • ISBN: 978-2-406-05980-6
  • ISSN: 2103-5636
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-406-05982-0.p.0393
  • Publisher: Classiques Garnier
  • Parution date: 12-27-2017
  • Language: French
Free access
Support: Digital
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Résumés

Vital Rambaud, « Suarès contre Barrès »

Suarès na jamais éprouvé la moindre admiration à légard de Barrès quil a, au contraire, toujours méprisé et systématiquement rabaissé ou ridiculisé. Cest même, en grande partie, contre lui quil a composé son Voyage du Condottière. Sil sest aussi constamment opposé à lauteur du Culte du Moi et de La Colline inspirée, cest au nom dune certaine conception de lart et de la vie : Barrès na jamais cessé dêtre, à ses yeux, un anarchiste fasciné par la mort.

Frank Lestringant, « Gide et Suarès »

Très réservé dabord sur Suarès dont il critique le « faux sublime », Gide en vient néanmoins à lapprécier, et le fait entrer comme chroniqueur à La N.R.F. Mais lorsquil sagit de Rimbaud, il le sacrifie à Claudel. Les deux hommes, qui se sont à la fois compris, comme en témoigne une belle lecture par Suarès de LImmoraliste, et détestés, se brouillent en 1925 quand Gide vend avec ses livres, quelques lettres de Suarès quils contiennent.

Jacques Lecarme, « De Suarès à Malraux »

Suarès a trouvé des lecteurs passionnés dans la génération de ses cadets. Montherlant, Drieu la Rochelle, Rivière en ont témoigné. Mais linfluence la plus profonde et la moins avouée sest exercée sur André Malraux. Elle implique une image du héros et de lartiste, un ton et un style qui tendent à lellipse et à la grandeur. Après lavoir montré, on sest attaché à la figure du Condottière dans les derniers écrits sur lart de Malraux : celui-ci a accompli pleinement le rêve échoué de celui-là.

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Paola Cattani, « “Je suis Pascal sans Jésus-Christ”. Douleur et religion chez Suarès »

Pourquoi et comment Suarès peut-il se concevoir comme étant à la fois « chrétien » et « païen » ? Larticle explore les présupposés de ce paradoxe à partir des réflexions de Suarès sur Pascal ; en analysant la façon dont la lecture de Pascal par Suarès prend forme en réaction à dautres lectures contemporaines (notamment celles de Barrès et de Bourget), il attire lattention sur la signification et le rôle que le thème de la « douleur » acquiert dans la réflexion de Suarès.

André Guyaux, « Le Baudelaire dAndré Suarès »

Baudelaire est pour Suarès une figure tutélaire, presque une obsession. Son admiration rencontre un consensus en train de se former. Il sen distingue par une intensité hagiographique, sidentifiant au poète persécuté et martyr de la poésie et invectivant Jeanne Duval, « la roue de cet Ixion ». Il voit en Baudelaire « notre Dante », un esprit paneuropéen ; mais il est attentif aussi au travail du vers, et souligne limportance de lécoute de Wagner par un poète lui-même « musical ».

Adrien Cavallaro, « Les deux Rimbaud de Suarès »

Longtemps resté intime, le rimbaldisme de Suarès, dont témoignent une série de textes et de notes des années 1910-1920, ne se réduit pas à une « ténébreuse affaire » au sein de La N.R.F., avec Claudel pour marionnettiste, comme a pu le soutenir Étiemble. En opposition au mythe catholique, Suarès forge un Rimbaud qui sinscrit dans la lignée du « double Rimbaud » de Segalen, et qui, par le réinvestissement de lœuvre et du mythe, participe en plein de lélaboration dune mythopoétique de réception.

Marc Porée, « Suarès au miroir des écrivains de langue anglaise »

Adepte dune critique au miroir, à la « courbure » prononcée, Suarès refléta dans sa prose les grands auteurs anglo-saxons. Entre détestation et adulation, il confirme plus quil ne corrige à leur contact son équation personnelle. Son angle dattaque varie, mais il soumet les auteurs qui le requièrent, lÉcossais Thomas Carlyle, le Nord-Américain Edgar Poe, lAnglais Keats et le Celte 395(sic) Shakespeare, « prince des poètes », à un même désir, celui dune langue dici plus que dailleurs.

Lourdes Rubiales, « Don Quichotte après le Condottière »

Suarès na pas visité lEspagne, mais il a œuvré pour se faire connaître dans ce pays. Létude est centrée sur le Cervantès paru en 1916. Alors que lEspagne reste neutre, Suarès fait de don Quichotte « le plus grand des poilus » et mêle à son éloge des diatribes contre les boches. Traduit par Ricardo Baeza, le livre est reçu comme un manifeste « alliadophile », dont on souligne la convergence avec les vues dUnamuno. Mais Suarès voyait aussi en don Quichotte lexemple de sa propre folie héroïque.

Didier Alexandre, « André Suarès et Paul Claudel, écritures en guerre »

Claudel na pu convertir Suarès, mais ils ont partagé le même engagement pendant la guerre. Celui de Suarès est plus chauvin et plus haineux, celui de Claudel plus retenu et plus officiel. Tous deux inscrivent le conflit dans une réflexion sur lhistoire des civilisations et des religions, et feront le lien entre les deux guerres. Ce qui les sépare dans la perception du pangermanisme tient, face au catholicisme de Claudel, au fait que Suarès ne reconnaît comme absolu que lart et la littérature.

Michel Jarrety, « Vues sur lEurope »

Suarès a fait paraître en avril 1939 des Vues sur lEurope écrites de 1929 à 1935 et qui sattachent à définir laction que les démocraties devraient conduire pour se protéger de la menace italienne et allemande. Sous un titre dapparence distanciée, ce livre quon a parfois lu comme une sorte de prophétie laisse difficilement percevoir quil sagit avant tout dune œuvre de combat que sa nature pamphlétaire rend largement manichéenne et du même coup souvent peu convaincante.

Michel Drouin, « Le cycle prophétique »

Vues sur lEurope, loin dêtre un simple pamphlet, contient une architecture secrète inspirée de la Bible : Suarès y intervient en tant que juif, par 396solidarité avec les juifs dAllemagne. Dès sa lecture de Mein Kampf, il pressent les massacres quappelle lidolâtrie de la race : « Qui invoque la biologie renie lhomme. » Il sinsurge contre la faiblesse des démocraties et prône le réarmement, tout en défendant une paix fondée sur la liberté et la charité, position quil réaffirmera après la guerre.

Frédéric Gagneux, « André Suarès, Richard Wagner et le wagnérisme français »

La découverte de lœuvre de Richard Wagner, alors quil est encore enfant, marque profondément André Suarès. Il est impressionné par le musicien, le dramaturge et théoricien de lart total, et déclare même en 1890 vouloir devenir « Wagner plus que lui ». Le wagnérisme et la recherche dun art complet nourrissent ses premiers écrits. Sa réflexion esthétique se cristallise autour de la figure du compositeur. Confronté aux deux guerres mondiales, il invoque Wagner dans ses essais sur lAllemagne.

Marie Gaboriaud, « Masculin et féminin dans la critique musicale dAndré Suarès »

Lintérêt constant de Suarès pour le genre, et la violence de ton quil manifeste à ce propos, appellent lanalyse. Son œuvre de critique musicale est un lieu privilégié pour lexpression dune gynophobie dont larticle étudie les variations et les contradictions à travers les discours suarésiens sur Chopin, Beethoven, Wagner, Mozart et Debussy. Il apparaît que le genre nest pas un simple thème mais bien une question transversale, et qui manifeste des tendances de pensée profondes chez lécrivain.

Antoine de Rosny, « LAntiquité dans le théâtre de Suarès »

Toute sa vie, Suarès a pratiqué lécriture théâtrale et sest laissé inspirer par lAntiquité. Pourtant, cest lessayiste que la postérité a retenu, non le dramaturge ; et cest à dautres noms que lon associe, à son époque, la création de pièces mythologiques. La présente contribution entend faire resurgir un pan peu connu de lœuvre suarésienne, marqué du double sceau de léchec (celui des premiers projets) et de lambiguïté générique (celle des pièces postérieures à 1910).

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Pascal Dethurens, « La tentation du roman dans le Voyage du Condottière »

Le Voyage du Condottière nest plus aussi lisible quil la été, et on peut voir dans cette désaffection une forme dinjustice. Mais ce qui rend lœuvre digne dêtre sauvée de loubli, en dépit des critiques qui lui ont été adressées, tient à ses caractéristiques mineures. Ses lourdeurs stylistiques, esthétiques et morales noccultent pas sa propension à faire roman, à tirer le récit de voyage et la description dart vers le roman. Et ce roman, méconnu, singulier, donne tout son sens au Voyage.

Pauline Bernon-Bruley, « Aspects du style de Suarès critique. Un “fil de gemmes rompu” ? »

La conception suarésienne du style associe la dévaluation de la rhétorique scolaire à la promotion classique du génie dune dispositio singulière, dans une langue simple. Suarès vise ainsi une « grandeur » qui se laisse observer dans son discours sur lellipse, correspondant à un imaginaire du langage sur fond de pensée et de passions, et à ses réalisations sur les plans syntaxique et rhétorique. Cette figure, souvent associée à une éloquence des passions, contribue ainsi à la pose du ton.

Dominique Millet-Gérard, « Poétique de Suarès dans Antiennes du Paraclet »

Cet article sintéresse au recueil posthume (alors que les poèmes datent de 1939) intitulé Antiennes du Paraclet. On y étudie, comme le titre y invite, le recours aux formes liturgiques, suscité par le dialogue avec Claudel, puis les trouvailles rythmiques mises en œuvre dans un cadre apparemment très classique. On tente enfin de résoudre lénigme de ce « Paraclet » suarésien, dont le motif habite les poèmes comme il a hanté lauteur tout au long de sa vie.

Clément Girardi, « Une mathématique pour Bergson. Figures de la science suarésienne »

Lœuvre dAndré Suarès, après la guerre, est parcourue par lidée que la philosophie bergsonienne ne saccomplira réellement que lorsquelle parviendra à se donner une mathématique. Cet article essaie danalyser cette proposition aussi centrale pour limaginaire scientifique suarésien quelle est paradoxale pour Bergson, et den tirer des conclusions quant à la signification 398du bergsonisme de Suarès : syncrétique, unitaire, orienté par la pensée dun temps plein et dune substance sans défaut.

Gustave Fayet, « Témoignage. Comment jai connu Suarès »

Le peintre et décorateur Gustave Fayet (1865-1925), ami dOdilon Redon, acquéreur de labbaye de Fontfroide quil restaura, rencontre Suarès au début des années vingt. Les deux hommes se lient damitié. Gustave Fayet, qui illustra le recueil japonais de Suarès et le reçut souvent dans sa maison dIgny, évoque de façon très vivante le souvenir de leurs rencontres.

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