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Préface

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  • ISBN: 978-2-8124-2866-1
  • ISSN: 2118-8181
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-8124-2868-5.p.0011
  • Éditeur: Classiques Garnier
  • Date de parution: 12/12/2014
  • Langue: Français
Accès libre
Support: Numérique
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Préface

On croyait lEntre-Deux-Mers voué au vignoble, et voici que Vincent Joineau en dévoile les moulins… Logiquement, il est vrai, quand on connaît le rôle essentiel de ces moteurs préindustriels. Leur histoire, entre alors et aujourdhui, est dabord celle dun changement radical de statut. Le moulin, aujourdhui symbole quasi éponyme dune économie campagnarde évoluant au rythme tranquille de la nature, objet de passion patrimoniale, fleuri et valorisé pour ses contours aquatiques, était au xixe siècle, qualifié dusine dans la statistique industrielle1. Historiquement, cet habitué des campagnes et des villes valait moins pour la joliesse de son architecture et lesthétique de sa roue, que pour la solidité de son arbre moteur, lagencement de ses engrenages et lanternes qui mettaient en mouvement les meules pour la farine, les couperets pour le tan, les bocards pour le broyage des minerais, ou la préparation du lit de fusion métallurgique, les fouloirs et les presses lobtention du papier, les cylindres pour les laminoirs à plomb, à zinc et à fer blanc. Il était cet engin de la vie quotidienne qui procurait lindispensable aux familles dans les campagnes, les villages et les bourgs : farine, cuir, métaux ouvrés. Car voilà une autre image dÉpinal, que lHistoire brouille : le meunier, lié à la farine dans limaginaire collectif, pouvait moyennant un faible investissement transformer son engin en moulin à papier ou en laminoir à zinc, si le marché le permettait, et lui promettait de beaux bénéfices. Et, loccasion faisant le larron, il ne sen privait pas.

Le moulin est devenu un marqueur de patrimonialité. Rarement toutefois pour le transformer en musée. Le moulin est surtout un marqueur identitaire. Il est vécu, ressenti comme un ordonnateur rémanent du paysage, en symbiose avec les productions agricole et artisanale, témoin matériel dun être-avec la nature, pensé, vécu comme le lieu

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susceptible de renouer la chaîne des temps entre un autrefois préindustriel que tout un chacun pense verdoyant et un futur nécessairement écologique. Mais voilà : cette approche signe une culture, celle de lespace technique européen. À lexception de lAmérique du Nord en effet qui sest techniquement développée à partir des compétences du Vieux monde, peu de continents ont développé cette forme de colonisation et danthropisation des rivières et cours deau. Lune et lautre ont été précoces et durables : beaucoup de moulins à eau nés « dans les temps immémoriaux » comme on trouve régulièrement écrit dans les archives, cest-à-dire à un moment indéterminé entre Antiquité et Moyen Âge, restèrent en activité jusquaprès la seconde guerre mondiale. Certains furent des outils dintroduction de lélectricité rurale. Cela grâce à une connaissance fine des rivières et des vents, au prix également du renouvellement constant des savoir-faire, celui des meuniers, celui des charpentiers hydrauliques, celui aussi de lingénierie hydraulique, née au xvie siècle, et qui, au xixe siècle, a permis la modernisation de léquipement hydraulique.

Quétait en effet au xixe siècle cet « objet patrimonial total » du xxie siècle européen ? Un lieu de compétences techniques, celle du meunier et de ses aides, celles aussi du charpentier qui avait à sa charge lentretien et la réparation de la roue, ou des ailes, et de leur attirail, un lieu de passage et de rencontres et de discussions, un lieu de vente et déchange, un lieu dinvestissement pour le propriétaire, maître du fonds et des murs, un lieu de pêche, un lieu de dispute, entre meuniers autour du curage hydraulique, entre meuniers et villageois ou paysans pour lusage de leau, un lieu de vie, enfin, pour le meunier, sa famille, et ses aides, un lieu mythique enfin, environné de contes et de légendes… Cette richesse sociotechnique du moulin demeure peu valorisée2. Elle demeure aussi, pour tout dire, mal connue. Parmi les mieux étudiées, léconomie des moulins hydrauliques de lEure ou de lEssonne aux

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époques médiévale et moderne, révèle une capacité dadaptation qui signait la dynamique productive dun territoire, entre farine, papier, textile et métallurgie en Haute-Normandie3, entre farine, papier, cuir et métallurgie autour de Corbeil-Essonnes4. Le tropisme de la mégapole parisienne a favorisé leur connaissance historique. Pour le reste du pays, il reste beaucoup à faire.

Louvrage proposé par Vincent Joineau, est donc bienvenu. Aquitaine et Bordelais sont coutumiers des grands travaux historiques : la monumentale histoire de Bordeaux dirigée par Jean-Charles Higounet, les études du négoce bordelais faites par Paul Butel, les travaux de Jean-Pierre Poussou sur la croissance économique de Bordeaux et du Sud-Ouest au xviiie siècle5. Par son ampleur, par son érudition, par sa pertinence, ce travail sur les moulins de lentre-deux-mers sinscrit dans cette filiation. Il renoue avec succès dans la tradition des grandes thèses régionales. Il renoue et rénove. Car, il est une autre filiation dans lequel Vincent Joineau sinscrit également avec bonheur : celle qui combine avec bonheur archéologie et histoire pour la connaissance des objets et pratiques techniques. Je pense aux ouvrages désormais classiques, de Philipe Braunstein, Paul Benoît, Jacques Grandemange pour létude des mines et métallurgie, Jean et Odette Chapelot, Marie-Madeleine Flambard, Dominique Allios, pour létude de la poterie et de la céramique, Eric Rieth pour létude des bateaux et navires6. Histoire et Archéologie : les deux sciences sont cousines au regard de leur relation au passé. Ce

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cousinage se traduit en voisinage certes, mais très peu en communauté de travail. LHistorical Archaeology, au sens épistémologique et historiographique, donné par le monde anglo-saxon7, ne trouve pas encore en France le développement quelle mériterait8. Certes les cursus universitaires et les revues scientifiques affichent un sigle commun. Institution oblige. Mais les chemins réels de la recherche se croisent rarement. La question épistémologique posée par la rencontre de deux sciences travaillant avec des méthodes nécessairement différentes sur un objet commun est rarement soulevée9. Et quand elle est soulevée, cest dabord pour marquer lirréfragable différence entre une histoire, appréciée comme travaillant exclusivement sur le social, et une archéologie donnant elle à voir, dans tous les sens du terme, la matérialité du passé, entre une science darchives et une science de terrain10. La rencontre est moins facile que lon croit, il est vrai, dans des cultures scientifiques habituées depuis toujours à distinguer entre sociétés dartefacts et sociétés décriture. Les archéologues intègrent dans leurs travaux la contextualisation historique

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dont ils connaissent le « trend », les grandes tendances évolutives. Mais ils se préoccupent rarement des problèmes soulevés par le « langage des archives » et structurent leur analyse du passé en usant de vocabulaires, de notions et de concepts totalement absents dans les époques concernées11. Larchéologie tend à négliger lhistoricité de la pensée technique, au nom de la matérialité des artefacts et de la contemporanéité de leur analyse. Côté science historique, est-ce mieux ? Pour beaucoup dhistoriens encore, larchéologie figure au rang des « sciences annexes ». Pour reprendre lexpression de Joëlle Burnouf, les « historiens du papier » fournissent aux « historiens de terrain » un grand récit ordonnateur, et les « historiens de terrain » en retour leur procurent des « illustrations » dautant plus convaincantes quelles sont parées du statut de la réalité, pour ne pas dire du réalisme, lorsquon y ajoute les reconstitutions « 3D » qui tendent à se multiplier. Sauf que de labsence de croisements et dinteractions, résultent des interprétations erronées, quand ce nest pas, tout simplement, limpossibilité dinterpréter…

Rien de cela ici. Vincent Joineau, historien autant quarchéologue, archéologue et historien, utilise avec bonheur et efficacité, le meilleur des deux disciplines. Il en résulte une démonstration forte, quil argumente en trois temps. Le lecteur, auparavant informé des contextes, géologiques et méthodologiques, découvre au fil dun historique particulièrement érudit, les grandes phases de léquipement en moulins à eau et à vent entre xie et xve siècle. Dans ce premier temps de lanalyse, le moulin est étudié en tant que machine à dominer et à faire-valoir un territoire. Avec une première constatation : on ne va pas du vide vers le plein. Limplantation ne débute pas à la fin du xie siècle, terminus a quo de létude, elle saccélère sous limpulsion des congrégations religieuses. Il y a donc continuum avec les périodes antérieures et franchissement dun palier. Le potentiel hydraulique est apprécié pour sa valeur économique et sa capacité à marquer lemprise territoriale. Cest au moment de la reprise agricole et démographique, entre fin xve et début xvie siècle, quémerge en pleine lumière linvestissement laïc. À la forme classique du bail à fief, sajoute alors le bail à fazendure, première forme de « déféodalisation de léconomie des blés et des farines », outil juridique intermédiaire qui put autoriser le passage

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vers le métayage et le fermage. Nouveau tournant, nouveau palier, suite aux ravages de la guerre de Cent ans, qui obligèrent à la reconstruction de loutil de production. Lauteur sen saisit pour infléchir son approche et changer de focale.

Dans le deuxième temps de lanalyse, le moulin est envisagé sous langle technique, appréhendé pour ce quil est, une machine à transformer. Conduite dans le temps long, entre xvie et xixe siècle, larticulation étroite entre histoire et archéologie fait bien comprendre ce quest lobjet technique « moulin ». Caractéristiques architecturales, outils, équipement technique, relation moulins à vent / moulins à eau, tout est là. La totalité du complexe technique qui sous-tend le fonctionnement de ces moteurs, matériaux, savoir-faire, réparations, est passé au crible. Dans lEntre-Deux-Mers, les moulins travaillaient en grande majorité pour la meunerie, très rarement pour la métallurgie ou la foulonnerie, avec une domination écrasante de la petite unité de production disposant de une à deux « moulanges ». Lauteur note la difficulté à cerner la « coactivité » qui nécessairement les entourait et le poids de lartisanat de réparation et de curage qui formait la grande part de leur complexe technique. De même, il ne lui fut pas aisé de mettre à jour lorganisation de la relation achat de matière première / transformation / commercialisation. Deux faits majeurs, complémentaires, se détachent de cette belle étude technique : la pratique dominante du détournement des cours deau et linstallation des engins sur les canaux damenée et de décharge, dune part ; une saturation précoce des cours deaux, dautre part. Dès le xvie siècle, elle est là, inéluctable, qui rendait à peu près impossible toute modification des hauteurs de chute, sauf à pénaliser le moulin situé directement en aval.

La seule alternative technique, pour une éventuelle augmentation des capacités productives, était ladoption de la « roue à cuve », peu gourmande en eau. Il savéra plus simple, techniquement et financièrement, de porter leffort sur le commerce de la farine. Un commerce qui nourrissait les populations locales, en même temps quil sen nourrissait. « En Entre-Deux-Mers bordelais, le blé franchissant la porte du moulin ne quittait pas la localité », observe lauteur. Troisième temps de lanalyse donc, léconomie des farines. Entre xvie et xviiie siècle, elle adopte un contour intéressant, bien en phase avec ce que lon sait de léconomie préindustrielle du royaume : période de relance après les désordres de

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la guerre au xvie siècle ; tassement ensuite dans un vaste palier de cent quarante années, durant lesquelles la meunerie saccommode vaille que vaille dune conjoncture démographique et économique pour le moins incertaine ; accélération enfin, démographique et spéculative dans le second xviiie siècle. Posséder un moulin, autant que faire de la farine, devint un facteur denrichissement. Léchelle de commercialisation, que daucuns jugeraient étroite, voire insignifiante, savéra porteuse au contraire, dans un milieu dominé économiquement par léconomie de la vigne. En demeurant principalement locale, la commercialisation mettait propriétaires et meuniers à labri des excès spéculatifs et de la recherche à tout crin de lintensification productive. Cette « seconde reconstruction » confirma linscription du moulin dans léconomie marchande. Les opportunités offertes par les blés circulant sur la Garonne, ainsi que la « farino-dépendance » des paroisses du vignoble structurèrent efficacement de la filière commerciale du blé. Difficile en regard dagir sur le rendement des moulins, depuis longtemps limité par la surexploitation des cours deau. La réponse, comme souvent dans léconomie préindustrielle, fut extensive, avec la construction de moulins à vent et à nefs. Mais était-ce nécessaire ?

Avec cet ouvrage convaincant, Vincent Joineau conforte ce que lon sait de limportance pour léconomie du pays, de sa démographie, incitatrice pour les marchés locaux, et de la présence constante dun micro-entreprenariat rural actif et dynamique. Qui plus est, lauteur pose un jalon majeur dans lhistoriographie de ce qui fut un engin techniquement et économiquement structurant tant pour la période préindustrielle, que pour celle de la première industrialisation12. Un jalon particulièrement bien venu à un moment où larchéologie des moulins13

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et lhistoire appliquée à la connaissance de lenvironnement14 prennent un remarquable essor. Souhaitons que cette belle étude sur les moulins de lentre-deux-mers contribue au rapprochement des approches15

Anne-Françoise Garçon

Équipe dHistoire des Techniques / I.H.M.C.

CNRS – Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

1 Je pense bien évidemment à la Statistique de lIndustrie minérale, dont la parution commence en 1834 sous la direction de Frédéric Le Play.

2 Citons, en exception, en Dordogne, la valorisation en termes darchitecture et de culture professionnelle des Moulins de la Pauze et du Pont, des papeteries de Vaux et des forges de Savignac, dans le cadre du Pôle dÉconomie du Patrimoine « Périgord vert ». Et lesprit du concours annuel« Nos moulins ont de lavenir », ouvert en 2008, par la Fédération des Moulins de France (FDMF) et la Fédération Française des Associations de sauvegarde des Moulins (FFAM). Doté de deux prix, ce concours, selon son règlement, valorise les actions de valorisation et danimation conduites dans « un souci tout particulier du respect des traditions artisanales authentiques, aussi bien du point de vue architectural que technique »

3 E. Lecœur, Moulins et usines de la vallée de lAndelle, Recherches dhistoire et darchéologie industrielle, 1780-1880. Thèse de 3e cycle, Rouen, 1989 ; J.-M. Chaplain et J.-F. Belhoste, Le patrimoine industriel dans le département de lEure (xviiie-xixe siècles), Évreux, 1983 ; A.-F. Garçon, Mine et métal, les non-ferreux et lindustrialisation, Rennes, 1998.

4 K. Berthier, P. Benoit, « Les aménagements hydrauliques au Moyen Âge et au xvie siècle à Corbeil-Essonnes » in J. Burnouf et P. Leveau (dir.), Fleuves et marais, une histoire au croisement de la nature et de la culture. Sociétés préindustrielles et milieux fluviaux, lacustres, et palustres : pratiques sociales et hydrosystèmes, Paris, 2004.

5 Citons encore, en histoire de lindustrie, A. Fernandez, Économie et politique de lélectricité à Bordeaux (1887-1956), Talence, 1998.

6 P. Benoit, O. Chapelot (dir.), Pierre et métal dans le bâtiment au Moyen Âge, Paris, 1985 ; P. Benoit, P. Braunstein (dir.), Mines, carrières et métallurgie dans la France médiévale, Paris, 1983 ; J. Grandemange, Les mines dargent du duché de Lorraine au xvie siècle. Histoire et archéologie du Val de Lièpvre (Haut-Rhin), Paris, 1991 ; E. Rieth, Le maître-gabarit, la tablette et le trébuchet essai sur la conception non-graphique des carènes du Moyen Âge au xxe siècle, Paris, 1996 ; O. Chapelot, Du projet au chantier, Paris, 2001 ; P. Braunstein, Travail et entreprise au Moyen Âge, Bruxelles, 2003 ; D. Allios, Le vilain et son pot : céramiques et vie quotidienne au Moyen Âge, Rennes, 2004 ; 2005 ; J. Chapelot, O. Chapelot et B. Rieth, Terres cuites architecturales médiévales et modernes en Île-de-France et dans les régions voisines, Caen, 2009.

7 Citons, outre le désormais classique, A. Andrèn, Between Artifacts and Texts : Historical Archaeology in Global Perspective, New York, 1997 ; R. Gilchrist, R., « Introduction : scales and voices in world historical archaeology », World Archaeology, 2005, 37(3), p. 329-336 ; Hall, S. W. Silliman (eds), Historical Archaeology. Malden, MA, 2006. Et lintéressante critique faite par Pope, P.E., 2008, The Cambridge Companion to Historical Archaeology by Dan Hicks ; Mary C. Beaudry, Canadian Journal of Archaeology / Journal Canadien dArchéologie, 32(1), p. 171-173, dune approche jugée certes conceptuelle, mais qui néglige des pans entiers des travaux.

8 De belles exceptions, reconnues telles dans le monde anglo-saxon : A.-M. Flambard Héricher, Potiers et poteries du Bessin : histoire et archéologie dun artisanat rural du xiie au xxe siècle en Normandie, Caen, 2002 ; J. Burnouf et P. Leveau (dir.), Fleuves et marais, une histoire au croisement de la nature et de la culture : Sociétés préindustrielles et milieux fluviaux, lacustres et palustres. Pratiques sociales et hydrosystèmes, Paris, 2004 ; Danièle Alexandre-Bidon, Une archéologie du goût. Céramique et consommation (Moyen Âge – Temps modernes), Paris, Picard, 2005 ; V. Serna et A. Gallicé (dir.), La rivière aménagée, Cordemais 2005 ; Jean-Claude Hocquet, Jean-Luc Sarrazin (dir.), Le Sel de la Baie : histoire, archéologie, ethnologie des sels atlantiques, Rennes, 2006 ; V. Serna (dir.), Le Cher, Histoire et archéologie dun cours deau, Revue archéologique du centre de la France, supplément no 43, Tours, 2013.

9 Quoiquindispensable, la réflexion de Michel Foucault na pas contribué à rapprocher les deux sciences… M. Foucault, Les mots et les choses : une archéologie des Sciences Humaines. Paris, 1966.

10 J. Burnouf, « Crise environnementale : des mots et des sources », in C. Beck et al., Temps et espaces des crises de lenvironnement, Versailles, 2006, p. 341-350 ; J. Burnouf, G. Chouquer, « Larchéologie et larchéogéographie : pour comprendre lespace et ses héritages », in J.-P. Demoule et B. Stiegler, Lavenir du passé, Paris, 2008, p. 93-104.

11 A.-F. Garçon, « Pratique, technique, technologie ? », ArchéoSciences, 34, 2010, p. 121-126.

12 D. Woronoff, Histoire de lindustrie en France : du xvie siècle à nos jours, Paris, 1994 ; B. Belhoste et al., « Le moteur hydraulique en France au xixe siècle : concepteurs, inventeurs et constructeurs », Cahiers dHistoire et de philosophie des sciences no 29, Paris 1990.

13 En témoignage de la dynamique actuelle : P.-J. Rey, « Premiers résultats des fouilles archéologiques en cours sur le site du Chenet des Pierres aux Moulins de Bozel (Savoie) », La Revue Savoisienne, 2005, p. 111-119. Colloque « Archéologie des moulins hydrauliques, à traction animale et à vent, des origines à lépoque médiévale » à Lons-le-Saunier du 2 au 6 novembre 2011, organisé par le musée darchéologie du Jura à Lons-le-Saunier, lInrap et le Laboratoire de Chrono-environnement de Besançon (UMR 6249). Enfin, des fouilles archéologiques récentes : moulin de la Perruque à Colomby (Manche) ; moulin médiéval de Thervay (Jura) ; moulin hydraulique (fin xiie – fin xiiie s.) de Bourges (Cher) ; moulin hydraulique antique de Burgille (Doubs). Cette liste, bien évidemment nest pas exhaustive.

14 Mentionnons parmi les travaux récents : G. Massard-Guilbaud, Ville et environnement, Paris, 2007 ; T. Leroux, M. Letté (dir.), Débordements industriels. Environnement, territoire et conflit, xviiie-xxie siècles, Rennes, 2013 ; S. Lavaud, P. Fournier (dir.), Eaux et conflits dans lEurope médiévale et moderne, Actes des trente-deuxièmes journées dhistoire de Flaran, Toulouse, 2011 ; C. Bonneuil, J.-B. Fressoz, LÉvènement anthropocène. La Terre, lhistoire et nous, Paris, 2013. La création en 2008 du réseau pluridisciplinaire RUCHE, Réseau Universitaire de Chercheurs en Histoire Environnementale et celle en 2010 du réseau Thématique Pluridisciplinaire « Histoire de lenvironnement » en 2010, à linitiative conjointe de lInstitut National des Sciences Humaines et Sociales et de lInstitut Écologie et Environnement illustrent le dynamisme de ce champ disciplinaire.

15 Le lancement en 2012 au sein du Labex LASCARBX, Bordeaux Archaelogical Sciences, du programme « La rivière aménagée », qui se donne pour objectif « de répondre à trois problématiques : le processus danthropisation des rivières, linadéquation des sites archéologiques avec lhydrologie actuelle, et enfin, les implications de la remise en cause du maintien des aménagements hydrauliques consécutives à la mise en œuvre de la Directive Cadre Européenne sur lEau, introduisant le principe de continuité écologique », est prometteur. Il regroupe, pour ce faire, la Mission de lInventaire Général du Patrimoine culturel EPIDOR, Établissement public territorial du bassin de la Dordogne, le Service régional de lArchéologie et lUMR CNRS 5805 EPOC, Environnement et paléo-environnements océaniques et continentaux.

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