Aller au contenu

A Monseigneur le Duc d'Alençon, de Brabant, et Comte de Flandres, fils et frère de nos rois + Regrets sur la mort du Duc d'Alençon

Afficher toutes les informations ⮟

  • ISBN: 978-2-8124-1613-2
  • ISSN: 2417-6400
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-8124-1613-2.p.0025
  • Éditeur: Classiques Garnier
  • Mise en ligne: 08/04/2014
  • Langue: Français
Accès libre
Support: Numérique
25

LES DAMES GALANTES

a monseigneur MONSEIGNEUR LE DUC D'ALENÇON S de brabant, et comte de flandres, FILS ET FRERE DE NOS ROIS2. ÎS^Lonseigneur, d'autant que vous m'avez fait cet hon¬ neur souvent à la cour de causer avec moy fort prîvement de plusieurs bons mots et contes, qui vous sont si familiers et assidus qu'on diroît qu'ils vous naissent à veue d'œil dans la bouche, tant vous avez l'esprit grand, prompt et subtil, et le dire de mesme et tres-beau, je me suis mis à composer ces discours tels quels, et au mieux que j'ay peu, afin que, si aucuns y en a qui vous plaisent, vous fassent autant passer le temps et vous ressouvenir de moy parmy vos causeries, desquelles m'avez honnoré autant que gentil¬ homme de la cour. Je vous en dedie donc, Monseigneur, ce livre, et vous supplie le fortifier de vostre nom et autorité, en attendant que je me mette sur les discours serieux. Et en voyez un à part, que j'ay quasi achevé 3, où je déduis la comparai¬ son de six grands princes et capitaines qui voguent aujour- d'huy en ceste chrestienté, qui sont: leroy Henri III vostre frère, Vostre Altesse, le roy de Navarre vostre beau-frere 4, M. de Guise 5, M. du Maine 6 et M. le Prince de Parme 7, alléguant de tous vous autres vos plus belles valeurs, suffi¬ sances, mérités et beaux faits, sur lesquels j'en remets la conclusion à ceux qui la sçauront mieux faire que moy. Cependant, Monseigneur, je supplie Dieu vous aug¬ menter tousjours en vostre grandeur, prospérité et altesse, de laquelle je suis pour jamais, Vostre tres-humble et tres-obeissant subjet, et tres- affectionné serviteur, Bourdeille.

26

REGRETS SUR LA MORT DU DUC D'ALENCON. J J'avois voué ce 2e livre des Femmes8 à mondict seigneur d'Alençon, durant qu'il vivoit9, d'autant qu'il me faisoit cet honneur de m'aimer et causer fort privement avec moy, et estoit curieux de sçavoir de bons comptes; ores, bien que son genereux et valheureux et noble corps gise sous sa lame honorable, je n'en ay pourtant voulu révoquer le vœu, aîns je le redonne à ses illustres cendres et divin esprit, de la valeur duquel et de ses hauts faits et mérités 10 je parle à son tour comme des autres grands princes et grands capitaines11, car certes il l'a esté, s'il en fut one, encor qu'il soit mort fort jeune. C'est assez parlé des choses serieuses, il faut un peu parler des gayes.

Chapitre d’ouvrage: Précédent 3/14 Suivant