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Résumés

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  • ISBN: 978-2-406-09143-1
  • ISSN: 2103-5636
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-406-09145-5.p.0301
  • Éditeur: Classiques Garnier
  • Date de parution: 29/03/2019
  • Langue: Français
Accès libre
Support: Numérique
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Résumés

Bruno Cautrès et Anne Muxel, « Introduction »

Lélection dEmmanuel Macron en 2017 est un événement atypique dans lhistoire de la Ve République : introduction dune force « centrale » en dehors de la bipartition gauche-droite, victoire dun candidat non soutenu par les partis traditionnels, création ex nihilo dun électorat à partir du lancement dun tout nouveau mouvement politique, En Marche. Basé sur une enquête longitudinale portant sur plus de 7 000 Français, louvrage est une chronique politique de cette révolution électorale.

Gilles Finchelstein, « Primaires, là où tout commence… et où beaucoup sexplique »

Pour la première fois, les deux partis de gouvernement ont organisé des primaires pour désigner leur candidat et rien de la séquence électorale de 2017 ne peut être compris sans lanalyse de ces primaires. À droite comme à gauche, le vainqueur a été inattendu, en raison dune mobilité inédite dans la semaine précédant le scrutin. À droite comme à gauche, une logique identitaire a prévalu et le candidat a été politiquement et idéologiquement polarisé, laissant vacant un immense espace central.

Anne Muxel, « La tentation de rester hors-jeu de la décision électorale »

Les effets de la crise de la représentation politique sur la participation électorale restent bien visibles. Le renouveau profond de loffre politique na pas entraîné de sursaut de la participation électorale, alors même que lintérêt pour lélection, et peut être du coup pour le seul spectacle de lélection, est resté élevé tout au long de la séquence. La tentation de labstention a été plus forte quen 2007 et en 2012, et sest faite entendre tout au long de la campagne.

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Daniel Boy et Arnaud Mercier, « Les fluctuations des cotes damour des candidats »

Pour lélection présidentielle française de 2017, la récurrence de la question sur la cote damour prêtée aux candidats dans lenquête par panel permet de faire de cet item un baromètre de lévolution de limage des candidats. En mettant en lien cette cote avec le jugement des panelistes sur les qualités personnelles des candidats, nous dégageons les traits constitutifs de leur cote damour afin détablir quelques corrélations possibles entre leur image et les intentions de vote en leur faveur.

Thierry Vedel et Madani Cheurfa, « Liker, twitter, voter »

2017 confirme la banalisation de linternet comme moyen dinformation électorale. Son utilisation dans le domaine politique est encore marginale. Si deux tiers des électeurs ont un compte sur les réseaux sociaux, seule une minorité sy exprime politiquement et elle est la plus politisée et la plus diplômée. Au-delà de la recherche dinformation, linternet nest pas (encore) devenu un espace majeur du débat politique. Ce qui ne signifie pas quil soit sans importance dans la compétition électorale.

Martial Foucault et Pavlos Vasilopoulos, « Les électeurs votent aussi selon leur personnalité »

Comment rendre compte de linstabilité électorale au cours de la campagne présidentielle de 2017 ? Cette contribution met en évidence le ressort psychologique individuel lié aux traits de personnalité pour mieux comprendre les raisons qui ont poussé près de 30 % des électeurs à changer de candidat préféré au cours des trois mois précédant le premier tour de lélection. La figure de lélecteur rationnel est ici mise en débat par lémergence dun électeur émotionnel.

Arnaud Mercier, « Des débats télévisés enfin décisifs sur le vote »

La plupart des analyses de limpact électoral des débats télévisés montrent quil est rare que le débat modifie le sens du scrutin. Pourtant, lors de la présidentielle 2017 des intentions de vote ont bougé suite à un débat télévisé, provoquant chez les téléspectateurs un nouvel arbitrage entre participation et abstention, ou entre deux candidats. Cest tout particulièrement le cas 303positivement pour Jean-Luc Mélenchon, en mars 2017 et négativement pour Marine Le Pen durant lentre-deux tours.

Jérôme Jaffré, « La trace des Primaires dans le vote présidentiel »

Dans léchec que représentent les Primaires des Républicains et du Parti socialiste sinscrit le fait que leurs vainqueurs nont même pas franchi le premier tour de scrutin. Mais aussi le fait que ceux qui y ont participé sont nombreux à ne pas avoir voté pour le vainqueur. Beaucoup de participants viennent moins pour choisir un candidat que pour éliminer un postulant, ce qui pour lavenir pose le problème de restreindre davantage ou pas laccès à ce type de consultation.

Brice Teinturier et Amandine Lama, « La stupéfaction face à lincroyable chute de François Fillon »

Programmé pour lemporter, François Fillon va faiblir dans les intentions de vote dès janvier tout en restant le vainqueur le plus probable. La chute quil subit est donc directement liée aux révélations du Canard Enchaîné, qui produisent une rupture radicale de son image. La stratégie de victimisation du candidat lui permet de reprendre quelques points à droite sans changer fondamentalement la donne. Elle renforce également la défiance à légard de la démocratie, des médias et de la justice.

Pierre Bréchon, « Les naufragés du Parti socialiste »

Leffondrement de Benoît Hamon à la présidentielle sinscrit dans le contexte déclatement du Parti socialiste sous le quinquennat Hollande. La contribution analyse les trajectoires de vote entre la présidentielle et les législatives, et montre que les socialistes continuent à perdre des soutiens mais retrouvent aussi des électeurs qui avaient boudé lhypothèse Hamon. Il revient également sur le devenir du camp socialiste, plus divisé que jamais, à la veille de lélection européenne.

Luc Rouban, « De Bayrou à Macron, la décomposition du centrisme électoral »

Les électorats de François Bayrou et dEmmanuel Macron ne se distinguent guère sur le terrain sociologique mais se séparent sur le terrain des valeurs 304économiques. Emmanuel Macron ne réussit à séduire quune partie de lélectorat centriste. La décomposition électorale du centrisme met au jour ce qui fonde le macronisme ou le « progressisme » : un social-libéralisme pro-européen réunissant surtout les bénéficiaires de la mobilité sociale ascendante.

Mathieu Gallard, Federico Vacas, Stéphane Zumsteeg, « Les électeurs perdus du grand perdant »

Donné largement favori pour remporter lélection présidentielle après sa victoire lors de la Primaire de la droite, François Fillon ne finira quen troisième position cinq mois plus tard. Qui sont les électeurs qui lont abandonné au cours de la campagne ? Forment-ils un bloc sociologique et idéologique homogène et en quoi se démarquent-ils du socle électoral resté fidèle ? Enfin, vers quels candidats se sont-ils tournés ?

Gilles Ivaldi, « La tentation populiste et ses fluctuations »

Cette contribution examine les itinéraires individuels et le rôle joué par le populisme et ses fluctuations dans lévolution des choix électoraux tout au long de la séquence électorale de 2017. Les attitudes populistes ont influencé les trajectoires des électeurs et les mouvements que ces derniers ont opérés entre les divers candidats dans les mois qui ont précédé le scrutin.

Pascal Perrineau, « Marine Le Pen. Les panélistes y croient puis doutent… »

Rarement les auspices avaient été aussi favorables au Front national. Limmigration, le terrorisme, la demande dautorité, lantipolitique étaient au rendez-vous. Marine Le Pen na pourtant pas été à la hauteur des circonstances. Les ennuis du parti, le manque de crédibilité de la candidate, les hésitations stratégiques ont entraîné une défidélisation des soutiens de la première heure. Après la défaite, les conditions favorables sont néanmoins réunies pour une résilience électorale.

Bruno Cautrès, « Jean-Luc Mélenchon. Les panélistes y croient et ne sont pas déçus »

En déclarant sa candidature à la présidentielle très tôt, Jean-Luc Mélenchon a capitalisé sur le désarroi des électeurs de gauche. Il bénéfice tout au long du panel électoral de cet effet damorçage. Seul Benoit Hamon semble, pendant un 305court moment, pouvoir enrayer cette dynamique. Le noyau dur des électeurs fidèles est rejoint par des ralliés en cours de campagne. En revanche un petit groupe de décrocheurs va coûter à Jean-Luc Mélenchon sa place au second tour.

Luc Rouban, « Les cadres et les ouvriers dans le “nouveau monde” »

Laffaiblissement du vote de classe ne vient ni de la convergence sociale des ouvriers et des cadres au sein dune grande classe moyenne ni dune convergence politique que les élections de 2017 auraient favorisée mais de la fragmentation de chaque univers socioprofessionnel. Au vote de classe sest substitué un vote de classement à partir des représentations que les panélistes peuvent avoir de leur mobilité sociale. Mais le premier perdure néanmoins sur la question européenne et le vote FN.

Gilles Finchelstein, « Gauche-droite, fin de la partie… ? Vraiment ? »

Le clivage gauche droite est-il mort en 2017 ? Bien des apparences plaident en ce sens, et notamment lélimination inédite de François Fillon et Benoît Hamon, les seuls candidats à sen réclamer. Le positionnement des panélistes sur léchelle gauche droite demeure pourtant, de manière paradoxale, le critère sans doute le plus robuste pour déterminer leur vote et la butte témoin dune France idéologiquement fracturée dans laquelle les extrêmes ne convergent pas et les modérés convergent peu.

Jérôme Jaffré, « Lédifice fragile du macronisme électoral »

Le macronisme électoral présente trois fragilités. Il nie le clivage gauche/droite alors quau premier tour de la présidentielle, il a principalement capté un vote de gauche. Il a détruit le système politique traditionnel sans véritablement le refonder. Son mouvement La République en Marche est avant tout un club de supporters. Faute de saffranchir dune victoire portée par la France heureuse, il a laissé prospérer une division entre la France des catégories aisées et la France des délaissés.

Sylvie Strudel, « Quand le premier de cordée dévisse »

Emmanuel Macron na gagné en 2017 que grâce à un équilibre maintenu entre promesses de verticalité et dhorizontalité et promesses de gauche et de 306droite. Comment le « en même temps » a-t-il résisté à lexercice du pouvoir ? En dix-huit mois, on observe leffritement des soutiens hybrides socialement et politiquement qui avaient assuré sa victoire. Ces diverses logiques dexit sexpliquent par des signaux asymétriques envoyés par les politiques mises en œuvre.

Bruno Cautrès et Anne Muxel, « Conclusion. De la présidentielle aux élections européennes »

La révolution électorale évoquée dans ce livre relève dun processus loin dêtre achevé : lissue est incertaine quant à lavenir du macronisme et quant aux grands équilibres au sein des deux familles de la gauche et de la droite. Néanmoins nombre de signes actuels montrent quil sagit dune reconfiguration durable de lespace politique français, en tout cas sur le moyen terme.