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Résumés et abstracts

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  • ISBN: 978-2-8124-1258-5
  • ISSN: 0007-9871
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-8124-1259-2.p.0257
  • Éditeur: Classiques Garnier
  • Date de parution: 27/06/2013
  • Périodicité: Semestrielle
  • Langue: Français
Accès libre
Support: Numérique
257
RÉSUMÉS ET ABSTRACTS




Gaston GROSS

Unité de l'analyse linguistique. —Cet exposé traite de la notion d'unité en sciences du
langage du point de vue de l'analyse linguistique elle-même et met en évidence que la
description des langues n'est pas constituée de niveaux autonomes mais comprend des
faces totalement imbriquées les unes dans les autres. Syntaxe, sémantique et lexique n'ont
pas d'autonomie fonctionnelle et ne peuvent donc pas être étudiés indépendamment les uns
des autres. Ils contribuent par leur intégration à la constitution des emplois de prédicat.
Un emploi est constitué par l'ensemble des propriétés, de toute nature, qui caractérisent un
schéma d'arguments décrit à l'aide des classes d'objets et de son actualisation.

Mots-clés  :syntaxe, sémantique, classes d'objets, emplois

Unit of Linguistic Analysis. —This paper deals with the concept of unity in language
science from the point of view of linguistic analysis proper and demonstrates that the
description of languages in not made up of discrete levels but rather involves Tacets which
are inextricably entwined. Syntax, semantics and the lexicon have no functional autonomy
and can therefore not be studied separately one from the other. By the very nature of their
integration they contribute to the usages of the predicate. A usage is made up of a set of
properties of all kinds which characterize a pattern of arguments described with the help
of object classes and its acualization.

Keywords : syntax, semantics, object classes, use

Olivier SOUTET

La conception génétique de la linguistique comme dépassement possible de l'oppo-
sition entre linguistique diachronique et linguistique synchronique. — La contribution
se propose de voir comment, par sa conception génétique de la linguistique, la psycho-
mécanique articule explicitement point de vue diachronique et point de vue synchronique
sans recourir au couple usuel, repris de Saussure, évolution/état de langue. La diachronie
opérative, à l'aeuvre dans l'instant de langage, s'appuie sur l'hypothèse du temps opératif,
développée par Guillaume à partir de Temps et verbe.

Mots-clés  : psychomécanique, synchronie, diachronie, Descartes, instant énonciatif

The Genetic Conception of the Linguistics as the Possible Overtaking of the Opposition
Between Synchronic and Diachronic Linguistics. —Gustave Guillaume's linguistic theory
(`psychomécanique du langage') postulates that the temporal component is at the heart

Cah. Lexicol. 102, 2013-1, p. 257-265

258 of all the linguistic processes. That is why Guillaume did not stop repeating or, to say the
least, suggesting strongly that there was a linguistics only diachronic. But if we spread the
idea of diachrony to the fact that Guillaume calls "the transexpérimental moment" of the
speech ("instant transexpérimental de discours'), how to conceptualize the temporality in
the work in him ? It is this question that tries to answer the present contribution.

Keywords : Guillaume's linguistic theory, synchrony, diachrony, Descartes, speech moment

Claude MULLER

Le prédicat, entre (méta)catégorie et fonction. —Parmi les notions polysémiques de la
linguistique contemporaine figure celle de prédicat. Son utilisation dans diverses théories
varie entre plusieurs significations différentes, allant de la sémantique des choix énoncia-
tifs à la syntaxe des relations de dépendance, lorsque le « prédicat  » se construit avec
des « arguments  ». La double face, syntaxique et sémantique, des unités linguistiques,
permet ainsi de distinguer entre des « arguments  » (choix sémantiques dépendants) et des
« actants  » (syntagmes incluant leurs caractéristiques casuelles), mais une pareille distinc-
tion nesemble pas s'être imposée nettement pour le prédicat, malgré des tentatives dans ce
sens (les « opérateurs  » de la linguistique harrissienne). À côté de sa signification énoncia-
tive et en syntaxe de dépendance, le prédicat dénote aussi couramment une fonction, celle
exercée notamment par le verbe conjugué, mais aussi par l'adjectif dans des langues comme
le chinois, dans lesquelles l'adjectifpeutconstruire sans verbe une proposition. Il est alors
quelquefois associé à la catégorisation syntagmatique, avec une sorte d'équivalence usuelle
entre « syntagme verbal  » et « prédicat  ».

Le vocabulaire descriptif de la linguistique utilise ainsi la notion de prédicat dans beaucoup
de significations distinctes, ce qui perturbe aussi bien la description linguistique que son
enseignement. La communication visera à essayer de mettre un peu d'ordre dans les utili-
sations de ce terme en linguistique.

Mots-clés  :prédicat, prédication, fonction, argument, assertion, catégorie

The Predicate : between (Meta-)Category and Fonction. —This paper examines the
torrent uses of the term `predicate" in French linguistics. The word with its initial
meaning is borrowed from classical logic. It means initially the complement of a theme
in a `~udgment. " From that initial value, different uses merge, which are not completely
independent from one another. The predicate is sometimes the rame of the functional tenter
of the sentence, sometimes also the support of the enunciative value of the utterance. The
influence of mathematical logic also produced the meaning of the predicate as a relational
tenter which binds variables -its arguments. sometimes, the predicate is described as a
purely semantic unit which tan combines with others in orner to produce the lexical items.
We try to show that those different interpretations, which are a source of confusion in the
use of the term, are based on a largely admitted concept : a predicate is basically a term
or a unit which tan be chosen by the speaker, and therefore tan be asserted or negated.

Keywords : predicate, predication, fonction, argument, assertion, category

André ROUSSEAU

Les unités linguistiques simples et leur sémantique. —Toute science cherche à isoler des
unités dans son objet de recherche. La linguistique ne fait pas exception  :les analyses de
Martinet et de Benveniste, remontant aux années 1960, restent présentes dans les mémoires
de chacun, même si elles avaient été largement précédées par celles de Karl Bühler (1934)

259 ou même de Gottlob Frege (1923). L'originalité du présent article est de proposer une
définition de type sémantique, et non plus formel, de chacune des unités linguistiques identi-
fiées. D'ailleurs, la sémantique appelée à définir ces unités est à chaque fois spécifique
les lexèmes relèvent de la sémantique lexicale, faisant appel aux principes des champs
sémantiques et à ceux de l'analyse sémique ; les connexions, au sens de Lucien Tesnière
(1959), appartiennent à la sémantique connexionnelle, fondée sur des relations hiérarchisées
entre des signifiés ;les « catégories  » au sens de Jean Foucquet sont l'objet de la sémantique
catégorielle, distinguant des catégories nominales (définitude et nombre) et des catégories
verbales (temps et mode), organisées en micro-systèmes ;les « opérateurs modaux  » sont la
propriété de la sémantique des jugements, séparant jugements de vérité (sur l'énonciation) et
jugements de réalité (du procès), et aussi les appréciatifs ;enfin, les particules se rapportent à
la sémantique phrastique, permettant de reconnaître des particules portant sur l'organisation
de l'énoncé et d'autre part des particules énonciatives, notamment arguxnentatives.

Mots-clés  :lexèmes, champs sémantiques, analyse sémique, connexions, « catégories  »
spécifiques, opérateurs modaux, jugement de vérité, jugement de réalité, appréciatifs, par-
ticules d'énoncé, particules énonciatives

The Single Language Units and Their semantics. —The objective of every science lies in
the isolation of units. Linguistics is no exception. The analyses ofMartinet and Benveniste,
dating back to the sixties, are still in everybody's memory, even though they were largely
preceded by those of Karl Btihler (1934) or Gottlob Frege (1923). The originality of this
paper is to suggest that the dejïnition of ident~ed linguistic units should be based on seman-
tic, and no longer formal, criteria. Besides, the kind of semantics relevant to the dejïnition
of those units is spec~c to each case : lexemes belong to lexical semantics, related to the
theory of semantic jïelds and semic analysis; "connexions, " as dejïned by Lucien Tesnière
(1959), belong to connexional semantics, based on graded relations between signata;
"categories, " as dejïned by Jean Foucquet, belong to categorial semantics, distinguishing
nominal (dejïniteness and number) and verbal (tense and mood) categories organied into
micro-systems; "modal operators "belong to the category of judgments, separating truth
judgments (concerning utterances) from reality judgments (concerning verbal processes)
as well as appreciatives; and jïnally, particles are related to phrastic semantics with a
distinction between those dealing with the organisation of utterances and others that are
enunciative, especially argumentative.

Keywords : lexemes, semantic fields, componential analysis, connections, "specific catego-
ries", modal operators, proof judgment, reality judgment, appreciatives adverbs, sentnce
particles, enunciative particles

Jean-René LADMIRAL

À propos du concept d'unité dans les sciences du langage la question des unités de
traduction. — La notion d'unité en sciences du langage revêt deux sens très différents, qui
débouchent sur deux axes de réflexion spécifiques. D'une part, la question se pose de savoir
dans quelle mesure les multiples approches qui se sont développées au sein des sciences
du langage constituent un ensemble ayant une unité synthétique ou « totalisante  ». Ainsi
définie « par en haut  », l'unité des sciences du langage en appelle à une réflexion d'ordre
épistémologique. Mais les unités en sciences du langage peuvent aussi être définies « par
en bas  », au sens où elles désignent les *éléments* de base qu'il revient au linguiste de
découper dans le phénomène du langage. Ces unités linguistiques (UL) sont multiples et
hétérogènes  :elles reflètent elles-mêmes la multiplicité des approches que regroupent les

260 sciences du langage. Mais, parmi ces unités, il en est dont le découpage ne correspond pas
tant au projet « scientifique  »d'une description linguistique (UL) qu'à la finalité pratique
spécifique de la traduction. De telles unités de traduction (LJT) en appellent à une concep-
tualisationproprement traductologique, qui implique plusieurs renversements de perspec-
tive fondamentaux.

Mots-clés  :conceptualisation traductologique, unité de traduction, éléments de base, unité

synthétique

Regarding the Concept of Unit in the Sciences of Language : The Question of
Translation Units ? —The concept of unit in the sciences of language takes on two very
dijferent sennes, which lead to two spec~c axes of rejiection. On the one band, the question
arises as to what point the multiple approaches developed within the sciences of language
constitute a set having a synthetic or cumulative unity. Thun dejïned `from above, "the
unit of the sciences of language calls for a rejiection of an epistemological nature. But the
units in the sciences of language can also be dejïned `from below, " in the senne that they
refer to basic elements that are on the linguist to cut out from the phenomenon of language.
These linguistic units (LU) are multiple and heterogeneous : they rejiect by themselves the
multiplicity of the approaches that the sciences of language gather. But, among these units,
there are certain whose cutting does not correspond so mach to the "scient~c " project of
a linguistic description (LU) but rather to the spec~c practical purposes of translation.
Such units of translation (UT) call for a conceptualization properly traductological, that
implies several fondamental inversions of perspective.

Keywords : translation units, traductological conceptualization, basic elements, syntetic unity

André CLAS

Niveaux d'analyse en traduction et en lexicologie ou peut-on déterminer des unités de
traduction et de lexicologie  ? —Chaque étude scientifique ou systématique doit déterminer
les unités analytiques qui peuvent illustrer la méthode ou le processus utilisé. Après une
courte illustration du fait que les langues sont d'extraordinaires créations qui montrent de
nombreuses variations et nuances, l'auteur montre que les analyseurs doivent étudier chaque
aspect d'une analyse très compliquée et créer des niveaux analytiques et déterminer ainsi les
normes et les critères. Une langue est un polysystème qui peut être traduit dans une autre
langue polysystématique sans changement ou perte de sens, en d'autres mots il faut qu'il y
ait équivalence entre les deux textes de la langue source et de la langue cible. Le point de
départ d'une traduction est un texte qui est composé de phrases formées de mots divers dans
de diverses associations possibles. Une phrase est composée demicro-unités et est par consé-
quent formée d'une variété d'unités de traduction oumicro-unités qui se combinent avec des
micro-unités fonctionnelles et des micro-unités prosodiques. Ces micro-unités sont en fait
des « traductèmes  »qui ont différentes fonctions phraséologiques  :des lexèmes ordinaires et
des lexèmes qui sont des métaphores, des métonymies, des entités figées, des comparaisons,
des collocations, des pragmatèmes et des culturèmes. Comme la traduction doit transmettre
dans une autre langue un message identique au message originel, les unités de la langue
source doivent être du même niveau linguistique et avoir la même valeur, la même intensité
que ceux de la langue source sans nécessairement être formellement identiques.

Mots-clés  :unité d'analyse, unité de traduction, traductème, lexème, lexème métapho-
rique, lexème métonymique, lexème figé, lexème comparatif, lexème collocatif, pragma-
tème, culturème

261 Levels of Analysing in Translation and in Lexicology, or are We Able to Specify Units
of Translation and of Lexicography ? — Every scient~c or systematic study has to deter-
mine analytic unities which have the capability ofshowing the process orproceedings used.
After evoking and illustrating the Tact that languages are extraordinary creations all with
many variations and nuances, the author proues that analysts must therefore carefully study
every aspect of a very complicated analysis to establish analytical levels and determine
standards and criterions gained. A language is a poly-system which tan be translated into
another language poly-system without any change or loss in meaning, in other words there
has to be equivalence between the two texts of the source language and the target language.
The starting point for a translation is a text which is constructed with sentences formed by
varions words in possible varions associations. A sentence is composed ofmicro-unities
and is therefore the macro-unity constituted of composed varions "unities of translation "
or "micro-unities" which are combined with dialectal micro-unities and prosodic micro-
unities. These micro-unities are in Tact a traductemes  » with different phrasal fonctions :
plain lexemes and lexemes which are metaphors, metonyms, frozen entities, comparisons,
collocations, pragmatems, and culturems. As the translation must transmit in another
language the identical message of the original, the unities of the target language must be
of the same linguistic level and show the same value, the same intensity as those of the
source language without being formally identical.

Keywords : unit of analysing, unit of translation, translateme, lexeme, metaphorical lexeme,
metonymical lexeme, frozen lexeme, comparative lexeme, collocative lexeme, pragmateme,
cultureme

Franck NEVEU

Unité et complexité des termes de la science linguistique. —Cet article traite de la question
de l'unité en sciences du langage en abordant un point déterminant de cette science, la
forme de son discours, et plus précisément sa vitrine lexicale, qu'il est convenu d'appeler
sa terminologie. On envisage donc ici l'unité en distinguant terminologie et métalangue,
la première régissant ou visant à régir l'unité lexicale d'un domaine, la seconde travaillant
sur le terrain conceptuel et descriptif à la cohérence et à la pertinence explicative des mots
qu'elle se donne dans le cadre d'une activité spécifique. On traite en outre de la question
des termes complexes en linguistique, dont le développement est considérable, et qui a une
incidence non négligeable sur la pertinence du principe de bonne conduite terminologique
régulièrement invoqué, mais plus déclaratif qu'efficient.

Mots-clés  :terminologie linguistique, métalangage, unité, complexité

Unity and Complexity of Linguistic Ternis. —This article treats the question of the unit
in the sciences of language by approaching a determining point of this science, the form of
its discourse, and more precisely its lexical window, that it is agreed upon to call its termi-
nology. We thus consider here the unit by distinguishing terminology and metalanguage,
the first governing or aiming at governing the lexical unit of a domain, the second working
on the conceptual and descriptive ground at the coherence and the explanatory relevante
of the words that it is being given within the framework of a spec~c activity. Moreover, we
treat the question of the complex ternis in linguistics, whose development is considerable,
and that have a non negligible incidence on the relevante of the terminological principle
of good behavior regularly called upon, but more declaratory than efficient.

Keywords : linguistic ternis, metalanguage, unity, complexity

262 Pierre LERAT

Jus de raisin  :unité terminologique ou non  ? —Une unité polylexicale n'est termino-
logique que si elle dénomme un stéréotype technique. Le jus de raisin industriel (et non
pas maison) est quelque chose de prévisible et de normé. Pour autant, le genre prochain
de jus de raisin, qui est jus de fruits, n'a pas lui-même un seul hyperonyme possible. La
relation partitive est moins aléatoire, mais beaucoup de composants du jus de raisin ne
sont pas spécifiques. La fabrication des jus de raisins consiste en une succession d'états de
choses et d'opérations  ; on peut parler d'un stéréotype opérationnel. Le technolecte en la
matière est fait de stéréotypes lexicaux  :dénominations terminologiques, mais aussi unités
phraséologiques spécialisées. Les conséquences lexicographiques sont importantes  :des
étiquettes plurilingues de concepts comme entrées, des définitions partagées, des dénomina-
tions terminologiques comme sous-entrées, des informations complémentaires grâce à des
citations utiles à un destinataire « semi-expert  », bref un carnet de vocabulaire électronique.
Mots-clés  :unité terminologique, concept, terme

Is Grape Juice a Terminological Unit ? —Jus de raisin (grape juice) is a compound noun, a
commercial juice of grape is a technical product (according with industrial norme), and the
concept of `jus de raisin~rape juice zumo de uva " has d~erent rames (e.g. zumo de uva or
jugo de uva) but it has the sanie content in the whole word (for FAO). What is this product ? Not
a natural one, but a processed beverage. Mary hyperonyme are useful for its defznition : liquid
(physical object), product (commercial item), food (for FAO) ... What contains a fruit juice ?
Water, sugar, vitamine, trace elements ... from a chimical point of view nothing special. What is
more important ? The processing (pasteurisation, jïltration, packin~. A plurilingual specialised
dictionary based on real discourses from FAO, EUand sites ofproductors need two levels : level
of concepts (properties of things and operations), level of terme (properties of words, phrases
and sentences). The jïrst level is important for manufacturera, distributors, supermarkets and
... consumera ! At the second level, the user of the dictionary may expec phrasings litre `porter
la valeur Brix à un niveausupérieur / increase the Brix level / elevar et nivel de grados Brix. "
Yes, jus de fiuits is a terminological unit, but just for experts or "semi-experts. "

Keywords : terminological unit, concept, terni

Igor MEL'CUK

Tout ce que nous voulions savoir sur les phrasèmes, mais... —Cet article propose des
définitions rigoureuses du concept d'énoncé multilexémique libre et du celui de phrasème
(= énoncé multilexémique non libre). On établit rois classes majeures de phrasèmes  :les
locutions, phrasèmes non compositionnels (ang. idiome) —par ex., mener [N] en bateau ;
les collocations, phrasèmes compositionnels mais semi-contraints —par ex., mener des
négociations ;clichés, phrasèmes compositionnels complètement contraints —par ex., —Ne
quittez pas  ! On examine et on illustre les sous-classes de phrasèmes, entre autres, une sous-
classe importante de clichés —les pragmatèmes, ou clichés contraints pragmatiquement,
c'est-à-dire par la situation de leur emploi (par ex., Peinture fraîche sur un panneau). La
présentation des phrasèmes dans un dictionnaire de la langue est considérée en détail.

Mots-clés  :phrasèmes, compositionnalité, locutions, collocations, clichés, pragmatèmes,
phraséologie dans le dictionnaire

Everything We Wanted to Know About Phrasemes, but... — The paper proposes dejïni-
tions for the notion of a free multilexemic utterance and for that of a phraseme (= a non-free

263 multilexemic utterance). Three major classes ofphrasemes are established : idioms, which
are non-compositional phrasemes—e.g., mener [NJ en bateau lit. `take on a boat trip'=
`to take for a ride' ; collocations, which are compositional, but half-constrained phrase-
mes—e.g., mener des négociations `conduct negotiations ;• clichés, which are compositional
phrasemes fully constrained—e.g., –Ne quittez pas  !lit. Dont leave !'= Hold the line !'.
Subclasses ofphrasemes are examined and illustrated. An important subclass of clichés is
established pragmatemes, or pragmatically constrained clichés, that is, clichés used in
particular situations (such as Peinture fraîche lit. F'resh paint' _ `Wet paint' on a sign).
The presentation ofphrasemes in a language dictionary is discussed at length.

Keywords : phrasemes, compositionality, idioms, collocations, clichés, pragmatemes,
phraseology in the dictionnary

Georges KLEIBER

Constructions « olfactives  »  : le cas de [DétJ odeur + de + N2. –Nous nous proposons
d'étudier dans cet article la construction « olfactive  » [DétJ odeur + de + N2. Nous montre-
rons, premièrement, comment s'opère l'identification des odeurs et expliquerons pourquoi
elle s'opère ainsi. En second lieu, nous utiliserons ce type de SN« olfactif » pour tester
la pertinence de la notion de construction. Nous essaierons tout particulièrement de voir
si, comme le postulent les grammaires de constructions, une unité polylexicale telle que
celle que représente [DétJ odeur + de + N2 constitue bien une « construction  », c'est-à-
dire un « tout  » (syntaxique et sémantique) dont certaines propriétés (sémantiques et/ou
syntaxiques) ne peuvent pas être déduites des « parties  »qui la composent, mais doivent
être attribuées au « tout  », c'est-à-dire à la construction elle-même.

Mots~lés  :odeurs, noms d'odeurs, grammaire des constructions, dénomination, désignation

"Olfactory" construction in French. – In this article, we propose to examine the "olfac-
tory"construction in French [DétJ odeur + de + N2 ([DetJ odour + of + N2). Firstly, we
will demonstrate, how the ident~cation of odours takes place and we will explain why it
takes place in this way. Secondly, we will use this type of "olfactory"NP to test the suitabi-
lity of the concept of construction. We will in particularly try to see whether, as grammars
of constructions posit, a multi-word unit, such as that of [DétJ odeur+ de + N2, actually
constitutes a "construction, " i.e. a "whole" (syntactic and semantic) from which certain
properties (semantic and/or syntactic) cannot be deduced from the `parts" that compose
it, but must be attributed to the "whole, " i.e. to the construction itself

Keywords : odours, odours naines, grammar of constructions, designation, denomination

Pierre-André BUVET

Collocation, restriction de sélection et prédication. —Nous étudions les colloca-
tions propres aux emplois prédicatifs et nous précisons en quoi elles se distinguent des
contraintes distributionnelles. Nous prenons appui sur les prédicats d'affect et différentes
sortes d'adjectifs prédicatifs pour justifier notre analyse.

Mots-clés  :lexique, syntaxe et sémantique, emploi, prédication, contraintes distribution-
nelles, collocation, affect, adjectif

Appropriate Relation and Collocation about Predicates. –The analysis both syntactic
and semantic of the lexicon represents the predication as a language structure whose
central element, the predicate, has the properties of an operator whose arguments are
variables. The functional representation of poopositional content is the result of that. The

264 instantiation of apredicate-argument structure in a sentence depends on its actualization.
Predicative uses are instances of predicates in the sentences. Construction and distribution
are fondamental properties to dejïne a predicative use. They allow to analyze the colloca-
tions that affect predicative uses. Our study focuses on the relationship between selection,
collocation and restriction involving predicative uses.

Keywords : lexicon, syntax and semantics, use, predicate, selectional restrictions, collo-
cation, affect, adjectives

Jan GOES

Les adjectifs primaires et la collocation. —Les adjectifs primaires sont généralement
considérés comme les prototypes sémantiques de la catégorie adjectivale ;comme ils sont
très fréquents et ont un sémantigme vague, l'on ne s'attendrait pas à les trouver au sein de
collocations  :ils peuvent en effet qualifier pratiquement tout substantif et, à première vue, il
peut s'avérer difficile de trouver des expressions statistiquement pertinentes selon le schéma
adjectif +substantif /substantif +adjectif Lorsqu' on y regarde de plus près, l'on constate
cependant que les adjectifs primaires apparaissent également dans un grand nombre de
structures adj. + N / N+adj. atypiques. Trouvons-nous des collocations parmi celles-ci  ?
Une partie de la réponse à cette question dépend de la définition que l'on donne à la notion
de collocation. Or, cette définition diffère selon le point de vue adopté (TAL, sémantique).
Dans la première partie de cet article, nous essayerons de donner des critères statistiques,
syntactiques et sémantiques pour l'identification des collocations et d'en donner une défini-
tion qui puisse être appliquée au schéma adj. + N/N+ adj. et qui nous permette de délimi-
ter la frontière ténue entre les collocations et les expressions figées. La seconde partie est
consacrée à l'identification de collocations contenant des adjectifs primaires.

Mots-clés  :adjectifs, adjectifs primaires, collocations, figement, théorie du prototype

Basic Adjectives and Collocations. —Basic adjectives are generally considered as seman-
tic prototypes of the adjective category. As they are very common and vague, one would
not expect them to occur in collocations : they con indeed qualify almost any noun and, at
jïrst sight, it may be dijficult to jïnd statistically sign~cant expressions following the adj. +
noun /noun +adj, pattern. A Gloser look, however, shows that basic adjectives also occur
in a lot of atypical adj. + N / N +adj, constructions; are there any collocations among
them ? Part of the answer depends on the dejïnition we give to that notion. The dejïnition
of a collocation however varies with the adopted perspective (computational linguistics,
semantics). In the jïrst part of this article we try to give statistic, syntactic and semantic
criteria for the ident~cation of collocations, and to give a dejïnition applicable to the adj.
+ N/N+ adj. pattern that would enable us to draw the fine line between collocations and
. fcxed expressions. The second part is devoted to the ident~cation of collocations containing
basic adjectives.

Keywords : adjectives, basic adjectives, collocations, fixed expressions, prototype theory

Xavier BLANCO

Le défigement des collocations comme recours stylistique. —Dans cet article, nous propo-
sons d'appliquer le formalisme des fonctions lexicales à l'analyse d'un corpus poétique de
collocations «  défigées  ». Nous montrons que les fonctions lexicales permettent de décrire
de façon très précise une grande quantité de manipulations stylistiques dont les poètes se
servent dans leurs oeuvres. L'étiquetage moyennant des fonctions lexicales est beaucoup

265 plus fin que la simple mention de certaines figures de style et recouvre une gamme plus
large de phénomènes linguistiques. Cet article s'organise en quatre sections  : la première,
présente les fonctions adjectivales et adverbiales ; la deuxième, introduit les fonctions
nominales; la troisième, s'occupe des fonctions verbales et, finalement, la quatrième section
considère les fonctions lexicales non standard. Nous avançons l'hypothèse qu'un grand
corpus poétique où les manipulations stylistiques des collocations soient étiquetées en
termes de fonctions lexicales peut avoir un intérêt certain aussi bien pour les études linguis-
tiques que pour les études littéraires.

Mots-clés  :figement, collocation, fonction lexicale, stylistique

Unfrozenness of Collocations as a Stylistic Resource. — In this paper Ove suggest to apply
the formalism of Lexical Fonctions to label a corpus of "unfrozen "collocations in poetry.
We show that Lexical Fonctions allow to describe in a very precise way a Ovide variety of
stylistic manipulations that poets use in their works. This labeling is mach jïner that the
mere mention of some jïgures of speech and covers a sign~cantly langer range of linguis-
tic phenomena. This paper is organized in four sections. Section 1 deals with Adjectival
& Adverbial Lexical Fonctions  ;section 2 studies Nominal Lexical Fonctions  ;section 3
considers Verbal Lexical Fonction and, jïnally, section 4 introduces Non Standard Lexical
Fonctions. We advance the hypothesis that a large poetic corpus where the stylistic manipu-
lation of collocations were systematically described in terras of Lexical Fonctions could be
extremely interesting for both linguistic and literary studies.

Keywords : frozenness, collocation, lexical fonction, stylistics

Pedro MOGORRÔN HUERTA

Traitement des collocations dans les dictionnaires espagnols. —Les collocations sont
des expressions linguistiques polylexicales ni complètement libres ni complètement figées
caractéristiques et représentatives de chaque langue qui sont responsables de nombreux
problèmes de compréhension et de formulation dans toutes les langues. Malgré leur impor-
tance numérique évidente, elles n'ont cependant pas fait l'objet de nombreuses études
dans la langue espagnole. L'analyse dans le cadre de cet article, du traitement donné par
les dictionnaires espagnols monolingues, bilingues et phraséologiques très connus à un
groupe composé par une cinquantaine de collocations usuelles tirées de travaux phraséo-
logiques nous montre qu'en effet, la couverture collocationnelle reste très déficitaire dans
l'ensemble.

Mots-clés  :collocations, dictionnaires espagnols

Description of Collocations in Spanich Dictionnaries. —Collocations are linguistic
expressions that are not completely fixed. They are representative of Bach language and are
responsible for many problems of language production and comprehension. Despite their
importance, they have been little studied in Spanish. The aim of this article is to analyze
this kind of expressions in monolingual, bilingual and phraseological Spanish dictionaries.
The results show that these resources do not properly process collocations.

Keywords : collocations, Spanish dictionnaries