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Comptes rendus

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  • ISBN: 978-2-8124-0567-9
  • ISSN: 0007-9871
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-8124-4147-9.p.0235
  • Éditeur: Classiques Garnier
  • Date de parution: 16/07/2012
  • Périodicité: Semestrielle
  • Langue: Français
Accès libre
Support: Numérique
235
COMPTES RENDUS




CARDO50 5uzana Alice Marcelino, MEJRI 5a1ah et MOTA Jacyra (dir.),
Os dicionârios : fontes, métdos e novas tecnologias*, Salvador, Vento Leste,
2011, 394 p.— ISBN 978-85-99768-98-3.

Les dernières Journées internationales brésiliennes des dictionnaires, qui se
sont tenues en 2010 à l'Universidade Federal da Bahia au Brésil, avaient pour thème
« Les Dictionnaires  :ressources, méthodes et nouvelles technologies  ». Elles ont été
l'occasion, pendant trois jours, de discussions fructueuses entre des chercheurs brési-
liens et français sur les thématiques de la construction des dictionnaires, des études
lexicales et de leurs relations avec les ouvrages lexicographiques. La publication
de Os dicionârios : fontes, métodos e novas tecnologias, sous la direction de Suzana
Alice Marcelino Cardoso, Jacyra Mota, directrices du Projet Atlas Linguistico do
Brasil - ALiB et Salah Mejri, directeur du laboratoire LDI « Lexiques, Dictionnaires,
Informatique  » de l'Université Paris 13, est le fruit de ces discussions.

Les trois chercheurs français, membres du LDI, laboratoire connu pour
ses travaux en linguistique informatique, présentent des réalisations combinant
des descriptions linguistiques poussées et leur exploitation informatique. Les
chercheurs brésiliens, quant à eux, s'intéressent ici à deux domaines  : la lexicogra-
phie, en proposant des apports théoriques et méthodologiques pour la construction
de dictionnaires, et la géolinguistique, en insistant sur l'apport de ces données pour
les dictionnaires généraux.

Salah Mejri présente d'abord, dans son article « Les dictionnaires électro-
niques sémantico-syntaxiques  », les recherches menées au sein du laboratoire LDI
et éclaircit la différence entre les dictionnaires électroniques et les dictionnaires
informatisés. L'auteur expose ensuite les difficultés rencontrées dans l'élaboration
de dictionnaires électroniques sémantico-syntaxiques, à savoir celui des prédicats,
celui des arguments et celui des actualisateurs. Il précise les choix méthodolo-
giques adoptés.

* Les auteurs de ce compte rendu remercient Christine Jacquet-Pfau pour l'aide rédac-
tionnelle qu'elle leur a apportée.

Cah. Lexicol. 100, 2012-1, p. 235-246

236 Dans son article «  Os estudos lexicogràficos no Brasil : urn percurso
histôrico  », Aparecida Negri Isquerdo présente un panorama historique du « faire
lexicographique  » au Brésil, et plus particulièrement les travaux menés dans ce
domaine depuis les missionnaires et les jésuites aux xvle, xvlie et xvine siècles
jusqu'au xxl~ siècle, où l'on voit apparaître les versions électroniques et les versions
en ligne des dictionnaires généraux de la langue portugaise brésilienne. Clotilde de
Almeida Azevedo Murakawa, coordinatrice du Dicionârio Histôrico do Português
do Brasil —séculos XPI, XPII e XPIIl, dans son article intitulé «  Lexicografia
Histôrica : construindo o Dicionàrio Histôrico do Português do Brasil (séculos XVI,
XVII e XVIII)  », aborde le modèle adopté pour le dictionnaire, l'organisation de
ses macro- et micro-structures, les théories qui supportent le projet et son parcours
(avec ses difficultés et les solutions qui sont proposées). L'auteure met en valeur
l'importance d'un tel modèle « pour la construction d'une base de données inédite
et documentée qui servira comme référence pour les études de la langue portugaise
au Brésil  ». Aurelina Ariadne Domingues Almeida, dans «  Reflexôes acerca do
dicionàrio escolar : a questâo das fontes  », pose la question des sources utilisées
lors de l'élaboration des dictionnaires des écoliers du Brésil. L'auteure analyse neuf
dictionnaires et présente les erreurs concernant les informations sur les corpora
qui ont servi de base pour l'élaboration des dictionnaires utilisés dans les écoles
brésiliennes.

Deux autres articles s'intéressent aux néologismes dans les ceuvres lexico-
graphiques. Dans « Defzniçâo e dicionârios de neologismos : uma possivel tipolo-
gia do enunciado defznitôrio  », Ieda Maria Alves, dont l'objectif est l'étude des
typologies des définitions utilisées dans quelques dictionnaires de néologismes,
présente la typologie des définitions employées dans le Projet TermNeo et montre
qu'il est nécessaire dans les dictionnaires de néologismes de présenter les défini-
tions de toutes les entrées, y compris celles qui sont des mots composés ou dérivés.
Dans l'article de Jean-François Sablayrolles, « Neologia  : un dictionnaire néolo-
gique sous forme de base de données  », le développement de l'informatique et le
progrès que celle-ci apporte aux études néologiques donnent le ton de la discus-
sion. L'auteur présente la base de données Neologia, intitulée Dictionnaire de
néologismes, son fonctionnement et les outils qu'elle offre. Pierre-André Buvet,
dans « Catégorisation sémantico-énonciative du lexique à partir d'un dictionnaire
électronique  », présente deux grands objectifs  : i) établir comment la modalité et les
relations logiques contribuent au mode d'organisation des textes et ü) faire conver-
gerles résultats de cette étude avec ceux de l'analyse sémantique. Selon lui, il y a
deux types de traitement sémantique qui sont souvent antagoniques, se situant l'un
au niveau de la phrase et l'autre au niveau de l'énonciation. L'auteur « [propose] de
dépasser ce clivage en tenant compte de tous les facteurs sémantiques, c'est-à-dire
aussi bien d'ordre lexico-syntaxique que d'ordre énonciatif, et de déterminer en
quoi leur combinaison contribue à l'interprétation ciblée des textes.  »Maria José
Bocorny Finatto expose, dans «  O dicionàrio de Linguistica da Enunciaçâo : gestâo
do trabalho terminogràfico e pesquisas associadas  », la méthodologie utilisée pour

237 la construction du Dicionârio de Linguistica da Enunciaçâo, publié en 2009, en
décrivant le contenu de lamacro-structure et en donnant un exemple de la micro-
structure adoptée. L'auteure présente aussi les principes terminologiques basiques
qui ont été pris en compte lors de l'élaboration de son dictionnaire. Une deuxième
étude est actuellement en cours de développement, sous le titre provisoire Novas
perspectivas para um dicionârio de linguistica da enunciaçâo : reconhecimento
terminolôgico com apoio informatizado e corpora.

C'est dans le domaine des langages de spécialité que s'inscrit l'article de
Celina Scheinowitz, «  Dicionàrio Francês-Português dos termos do futebol  ».
L'auteure y présente son dictionnaire, de même nom, conçu à partir d'une
recherche réalisée à l'Universidade Federal da Bahia, entre 1981 et 1991. Ce
répertoire spécialisé privilégie les termes footballistiques du français belge et du
portugais brésilien.

Pour clore cette première partie, le texte de Maria da Graça Krieger,
«  Programas de educaçâo pûblica no Brasil e dicionàrios para a escola fondamen-
tal  », présente les principaux critères utilisés par le Programa Nacional do Livro
Didâtico (PNLD) lors du choix des dictionnaires offerts aux écoles brésiliennes
et l'effet de ces actions sur la lexicographie didactique dans le pays. L'auteure
termine son article par l'analyse de la typologie des dictionnaires destinés à
l'enseignement.

La deuxième grande thématique de l'ouvrage, consacrée aux études
lexicales et à leurs relations avec les dictionnaires, accueille les articles de dialec-
tologues et philologues brésiliens renommés Celina Mârcia de Souza Abbade
et Célia Marques Telles analysent le vocabulaire culinaire. L'article de C. M. de
S. Abbade, «  O campo lexical dos utensilios da culinària medieval a partir do Livro
de cozinha da Infanta D. Maria » présente une étude lexicale des mots du culinaire,
notamment dans le champ lexical des ustensiles, dans l'édition critique du manus-
crit cingcentiste  : O livro de cozinha da Infanta D. Maria de Portugal, publié
par Giacinto Manuppella (1986). Quant à C. M. Telles, dans son article intitulé
« Achega ao vocabulàrio de cozinha  », elle décrit et analyse la variation lexicale de
quarante-trois recettes publiées en fac-similé dans Delicias das Sinhas, par Bruit
et al. (2007). Cette analyse lui a permis de recenser 462 entrées lexicales poten-
tielles. L'auteure montre aussi l'importance de répertorier les variantes graphiques
et conclut en présentant un modèle de micro-structure pour son vocabulaire.

Parmi les travaux des dialectologues, on retrouve ceux de Razky et Lima,
Aguilera, Aragâo, Cardoso et Mota, tous membres de l'équipe du Projet Atlas
Linguistico do Brasil — ALiB. Dans un article de caractère général, «  Os regio-
nalismos e os dicionàrios de lingua portuguesa  », Maria do Socorro Silva de
Aragâo analyse la structure de quelques dictionnaires, vocabulaires et glossaires
régionaux du nord-est brésilien. Elle examine la terminologie employée et analyse
la structure formelle des dictionnaires régionaux dans son organisation interne,
aussi bien au niveau de leur macro-structure que de leur micro-structure. L'auteure
observe que tous les éléments lexicaux enregistrés et analysés «  ne sont pas le

238 résultat d'une recherche sur le champ dialectal ou sociolinguistique, mais ont été
catalogués à partir d'observations informelles des auteurs [...]  ». Elle souligne
également que les termes enregistrés comme des régionalismes sont aussi utilisés
dans les autres régions du pays. Ainsi, selon Aragâo, « une recherche plus appro-
fondie pourra nous rendre une vision plus précise de ce qu'on peut considérer
comme lexique régional nord-estien et lexique du langage populaire brésilien et
non seulement lexique nord-estien  ». Dans «  A importância dos dados geolin-
guisticos para construçâo de dicionàrios de Lingua Portuguesa  » , Vanderci de
Andrade Aguilera souligne l'importance de la dialectologie et de la constitution
d'un dictionnaire dialectal. Selon lui, le matériel recueilli par la dialectologie —
les données dialectales —est très important aussi pour les dictionnaires généraux.
L'auteur présente une étude contrastive entre deux glossaires conçus à partir de
deux atlas linguistiques et de quelques dictionnaires généraux de la langue portu-
gaise, montrant qu'un grand nombre de mots de ces deux glossaires ne sont pas
dans ces dictionnaires généraux.

Les articles suivants s'intéressent aux ouvrages dialectologiques qui peuvent
servir de bases de données aux ceuvres lexicographiques. Suzana Alice Marcelino
Cardoso, dans son article intitulé « A contribuiiâo dos atlas linguisticos aos estudos
de lexicografia : o que oferecem o ALS-I e o ALS-II  », s'intéresse à la contribution
des travaux géolinguistiques aux ceuvres lexicographiques. Pour illustrer son point
de vue, l'auteure recourt aux atlas publiés dans le Sergipe et s'interroge sur la
« non-interaction entre ces deux branches des études du langage  ». Elle constate
également la nécessité d'intégrer dans les dictionnaires des informations plus
actualisées et documentées et pas seulement restreintes à des textes écrits. Jacyra
Andrade Mota, dans l'article « Um aporte aos dicionàrios : os dados doAtlas Prévio
dos Falares Baianos (APFB)  », aborde la question du bénéfice des données fournies
par les atlas linguistiques pour les dictionnaires généraux de la langue portugaise,
notamment en ce qui concerne le lexique spécialisé enregistré dans les atlas. Pour
exemplifier, l'auteure confronte les données enregistrées dans l'Atlas Prévins dos
Falares Baianos et celles de deux dictionnaires d'usage très consultés au Brésil.
Enfin, dans leur article «  Estudos lexicais e socioterminolôgicos no Estado do
Parâ  », Abdelhak Razky et Alcides Fernandes de Lima dressent un panorama
du développement des études lexicales dans le contexte du Projet ALiPA (Atlas
Geo-sociolinguistico do Parâ). Les auteurs présentent la méthodologie adoptée
dans leurs études et donnent des précisions sur les nouvelles perspectives de travail
en soulignant l'importance des études tournées vers le lexique de spécialité.

Les travaux sur le lexique réalisés en France sont depuis longtemps étudiés
par les chercheurs brésiliens. Mais l'inverse est moins fréquent. Cet ouvrage, qui
présente trois articles de chercheurs français et aborde divers travaux et projets
développés au Brésil dédiés au lexique, est donc le bienvenu. Il a par ailleurs le
mérite de faire connaître d'importants projets sur le lexique de la variante brési-
lienne de la langue portugaise. Ainsi s'ouvre un chemin de communication entre
chercheurs brésiliens et chercheurs français.

239 Références bibliographiques

BRUIT Hector Hernàn et al. (orgs), Delicias das sinhâs : Hist6ria e receitas culinârias da

segunda metade do século XIX e inicio do XX, Campinas, Arte Escrita, CMU, 2007.
FLORES Valdir do Nascimento, BARBISAN Leci Borges, FINATTO Maria José Bocorny,

TEIXEIItA Marlene (orgs), Dicionârio de Lingüistica da Enunciaçâo, Sâo Paulo,

Contexto, 2009.

MANUPPELA Giacinto (org.), Livro de cozinha da Infanta D. Maria. C6dice poriuguês
I.E.33 da Biblioteca National de Nâpoles, Lisboa, ]mprensa National, Casa da
Moeda, 1986.


Fabiane Cristina ALTINO

Université d'État de Londrina


Clâudio de Assis da CUNHA

Université d'État de Londrina

Université Paris 13 Nord/LDI/CAPES




5TEUCKARDT Agnès, LECLERCQ Odile, NIKLA5-5ALMINEN Aïno
et THOREL Mathilde (dir.), Les dictionnaires et l'emprunt xr~ x~ siècle,
Aix-en-Provence, Publications de l'Université de Provence, 2011, 264 p.
(coll. « langues et langage  » ; 18) — ISBN 978-2-85399-785-0.

L'emprunt linguistique représente un phénomène important de l'évolution
des langues qui a déjà été abordé dans différents travaux antérieurs du groupe de
recherche « Diachronie, Discours, Dictionnaires » de l'Université de Provence. Le
présent ouvrage met au centre des réflexions la place qu'occupent les dictionnaires
dans la réception des emprunts au cours des siècles. Il réunit quatorze contribu-
tions issues du colloque national éponyme qui s'est tenu du 28 au 29 mai 2009
à l'Université de Provence. Ces contributions sont précédées d'une excellente
présentation par les directrices de la publication (p. 5-21).

Partant du constat que «  [1]es dictionnaires participent à l'institution de la
langue  » (p. 5), procès dans lequel les emprunts confrontent les locuteurs à une
altérité linguistique, le volume a pour objectif de présenter un panorama historique
des manières de traiter les emprunts dans les dictionnaires, de la Renaissance au
xxre siècle. De fait, dans cette entreprise, les dictionnaires exercent un double rôle,
à la fois descriptif et prescriptif  :d'une part, ils enregistrent l'usage des emprunts,
et d'autre part, ils proposent des normes en ce qui concerne leur emploi. Les
analyses réunissent deux aspects centraux  : la métalexicographie (quelles sont les
modalités techniques du traitement de l'emprunt à travers les siècles ?) et l'idéolo-
gie (quels sont les enjeux culturels et socio-politiques du traitement de l'emprunt
à travers les siècles ?). Dans l'optique métalexicographique, les contributions
décrivent l'élaboration et la codification progressives d'un métalangage apte à

240 décrire l'emprunt des différentes formes  :même si le substantif «  emprunt » ne
s'impose que relativement tard, les auteurs des dictionnaires sont conscients de
cette notion dès la Renaissance. Parmi les termes employés pour décrire et classi-
fier les emprunts, des marqueurs comme mot X (X =nom de langue étrangère) et
vient de apparaissent dès la Renaissance et continuent à être employés avec une
relative stabilité. Parallèlement, on relève des expressions telles que naturaliser/
naturalisation qui véhiculent une certaine conception de l'emprunt en établis-
sant une analogie entre les mots voyageurs et la circulation des personnes (cf. les
contributions de M. Thorel, G. Petrequin, O. Leclercq, C. Wionet, A. Steuckardt,
C. Jacquet-Pfau et J.-F. Sablayrolles). Néanmoins, le marquage des emprunts n'est
pas systématique, y compris à l'intérieur d'un même dictionnaire, et un des résul-
tats étonnants des travaux réunis dans cette publication est que cette observation
vaut même pour les ouvrages les plus récents comme le Petit Robert ou le TLF.

De manière générale, on relève essentiellement deux modalités de traite-
ment de l'emprunt  :son marquage peut se faire soit de façon explicite, par l'emploi
de métatermes spécifiques, soit de façon implicite. Dans la microstructure des
articles, la description de l'emprunt peut être assimilée soit aux marques d'usage,
soit au discours étymologique/ historique. Des axes fondamentaux dans la descrip-
tion de l'emprunt qui émergent des différentes contributions sont la langue d'ori-
gine, le degré d'intégration (au sens de son entrée dans l'usage) et le degré de
francisation (l'adaptation de particularités formelles de l'emprunt au système du
français). Dans l'ensemble, on note une grande cohérence interne du volume qui
est mise en relief dans la présentation et qui se traduit dans une série de renvois
entre les différentes contributions.

Dans « Métadiscours de l'emprunt et mots empruntés dans le Thresor de
la langue françoyse de Nicot (1606)  », Mathilde Thorel analyse le traitement de
l'emprunt dans cet ouvrage qui peut être considéré comme « l'aboutissement de
la production lexicographique inaugurée par la Renaissance  » (p. 24). Par sa forte
orientation étymologique et comparatiste, le Thresor favorise l'émergence d'un
discours sur l'emprunt, et cet article semble ainsi particulièrement apte à ouvrir ce
recueil de contributions. M. Thorel montre que l'emprunt peut être décrit à partir
de deux points de vue fondamentalement différents, le point de vue synchronique
(l'emprunt est un signe perçu comme « étranger » ou « hétérogène  ») et le point de
vue diachronique (l'emprunt est un signe avec un certain type d'origine). Ces deux
aspects fondamentaux, qui restent valables pour la théorie de l'emprunt jusqu'à nos
jours, sont pris en compte dans le dictionnaire par l'emploi de marques d'usage
d'une part et par des remarques sur l'étymologie et l'histoire des mots d'autre
part. Il faut noter l'absence d'un métadiscours systématique, surtout par rapport au
premier aspect, mais on relève quand même l'expression d'un sentiment d'hétéro-
généité ou d'extériorité par rapport à la langue française.

La contribution suivante, de Gilles Petrequin, « Dénotation explicite et
implicite de l'emprunt dans le Dictionnaire françois (1680) de Richelet  », vise à
reconstituer le cadre historique et épistémologique du traitement de l'emprunt chez

241 Richelet. Aussi la contribution commence-t-elle par un bref historique des premiers
emplois des mots emprunt/emprunter dans leur acception linguistique, qui remon-
tent àl'ouvrage De la precellence du langage François de Henri Estienne (1579).
L'ordre strictement chronologique des contributions se trouve ainsi, à un certain
degré, renversé, mais l'ordre choisi se justifie néanmoins par le fait que l'ouvrage
de Richelet reste au centre des réflexions de G. Petrequin. Par ses analyses, il
arrive à démontrer que l'emprunt est clairement identifié et nommé chez Richelet,
mais que les informations ne sont pas fournies de façon systématique pour tous les
emprunts à l'intérieur du dictionnaire, et que la description des emprunts se fait
selon des degrés de précision variables, allant jusqu'à inclure des réflexions sur
l'extranéité et sur l'étymologie des formes empruntées.

Partant du constat que la préface du Dictionnaire de l'Académie françoise
(1694) ne contient pas de remarques relatives à l'emprunt, Odile Leclercq, dans
«  Le discours lexicographique sur l'emprunt au xv11e siècle. Le Dictionnaire de
l'Académie confronté au Dictionnaire Universel d'Antoine Furetière  », essaie de
dégager l'attitude de l'Académie envers les emprunts, en analysant leur présence
dans la nomenclature ainsi que le discours académique qui les accompagne. De
manière générale, on constate que les deux dictionnaires analysés enregistrent à
peu près le même nombre d'emprunts, mais qu'ils se différencient fortement en
ce qui concerne le taux de marquage des emprunts, très faible dans le Dictionnaire
de l'Académie, plus important chez Furetière. Cette observation permet d'affir-
mer que l'Académie se caractérise par une volonté plus marquée d'intégrer les
emprunts. L'étude du discours lexicographique sur les emprunts révèle en outre
certains faits intéressants  :tandis que les formules les plus utilisées par l'Acadé-
mie pour signaler les emprunts (emprunté de, pris de, transporté de) impliquent
un sujet agent qui effectue l'emprunt, la formule vient de, qui est de loin la plus
fréquente chez Furetière, présente l'emprunt comme un phénomène en quelque
sorte naturel; de plus, cette dernière marque étant également utilisée pour signaler
l'origine étymologique, on peut supposer que la frontière entre ces concepts n'est
pas encore clairement ressentie.

La contribution de Chantal Wionet, « Couvrez ce mot que je ne saurais
voir. Le statut des emprunts lexicaux aux xvne-xvnie siècles  », renoue avec ces
analyses des discours sur l'emprunt  : C. Wionet expose d'abord différents types
de positions critiques vis-à-vis de l'emprunt. Un premier argument qui conduit au
rejet de l'emprunt est que celui-ci met en danger la langue française dans son état
de perfection esthétique qui comprend l'élégance, la douceur et la précision. Un
second argument fondamental contre l'emprunt, qui va dans le même sens, est qu'il
menace le « naturel  » de la langue française. Toutefois, on observe également des
tendances contraires, qui sont illustrées par une citation de l'académicien Fénelon,
dans laquelle il met en avant que les emprunts peuvent contribuer à rendre la langue
« plus claire, plus précise, plus courte, et plus harmonieuse  ». Pour approfondir les
positions contraires, deux dictionnaires qui sont assez éloignés de la lexicographie
classique et présentent par là des réflexions en partie différentes des positions

242 classiques bien connues sont analysés de plus près. Le Dictionnaire Universel
de Trévoux (1721 et 1771) met l'accent sur le fait que la langue est l'instrument
de la science qui dépasse les frontières nationales, de sorte que les emprunts font
partie intégrante du français. Quant àLouis-Sébastien Mercier, il conçoit, dans sa
Néologie (1801),1'utopie d'une langue universelle intégrant des emprunts à toutes
les autres langues, ceux-ci augmentant la richesse de la langue dans la mesure
où ils permettent d'exprimer des nuances stylistiques. Selon C. Wionet, les deux
types de positions relatives à l'emprunt peuvent ainsi se résumer par l'opposition
suivante, qui réapparaît continuellement dans des positions bien plus tardives

« Discours de la pureté, de la nature, du droit du sang, contre discours du mélange,
de la communication, du droit du sol.  » (p. 87). Les inquiétudes soulevées par les
emprunts peuvent cependant disparaître avec leur naturalisation, de sorte que le
fort contraste entre les positions respectives s'adoucit.

Dans « Le traitement de l'emprunt dans le Dictionnaire critique de la langue
française  », Agnès Steuckardt présente les résultats d'une étude du dictionnaire
élaboré par Féraud (1787-1788). Le dictionnaire examine certains mots du lexique
pour savoir s'ils peuvent être considérés comme « français  » (faisant partie de
l'usage) et s'ils ont donc le droit de figurer dans la nomenclature du français. Alors
qu'il n'y a pas encore de marque stable pour l'emprunt, celui-ci peut être signalé de
façon implicite ou explicite par différents marqueurs ayant trait soit à l' origine, soit
à l'intégration des emprunts. Par rapport à l'orthographe et à la prononciation des
emprunts, Féraud hésite entre une volonté d'adaptation au « génie de la langue  »
(recommandation d'adapter la graphie à la prononciation française) et un respect
philologique de la langue source.

La contribution de Christophe Rey, « Les emprunts linguistiques dans les
éditions du xvlrl~ siècle du Dictionnaire de l'Académie française  », vise à retracer
le traitement de l'emprunt dans quatre éditions du dictionnaire des « immortels  ».
En ce qui concerne l'intégration des emprunts à la nomenclature, on note que
le latin, l'italien et l'anglais sont les langues d'origine les plus importantes. Le
marquage peut se faire soit indirectement (surtout pour les langues ne fournissant
que peu d'emprunts), soit par l'emploi de marqueurs spécifiques, parmi lesquels
emprunté semble désormais un marqueur bien établi. On constate par ailleurs
une homogénéisation progressive vers les marqueurs terme et emprunté dans la
progression des quatre éditions étudiées. De plus, C. Rey arrive à dégager des
relations privilégiées entre les différentes langues d'origine et certains domaines
de l'emprunt.

Dans «  De Girard à Roubaud  : y a-t-il une place pour l'emprunt dans les
traités de synonymie du xvine siècle ?  », Françoise Berlan analyse les traités de
synonymie qui jouent un rôle central pour l'histoire des idées et plus spécifique-
mentpour le traitement du lexique, en se concentrant sur la question de l'emprunt.
Chez Girard aussi bien que chez Beauzée, l'étymologie des mots est complète-
ment écartée. Chez Roubaud, par contre, la forme du mot est remise au centre des
réflexions, de sorte que l'origine des mots est à nouveau prise en compte ; de fait,

243 l'étymologie est le fondement de la distinction synonymique chez cet auteur. Par
cette orientation marquée vers l'histoire du lexique, Roubaud annonce en quelque
sorte la perspective de la grammaire comparée.

La contribution suivante, « Emprunts au français dans les dictionnaires
polonais au xvn~ siècle  », apporte un regard sur le traitement de l'emprunt dans
les dictionnaires d'un autre pays. La parution du premier dictionnaire monolingue
polonais n'ayant eu lieu qu'au début du xrxe siècle, l'étude de Anna Bochnakowa
se base en grande partie sur des dictionnaires bilingues ou multilingues incluant
le français et le polonais, ce qui implique que l'analyse se limite essentiellement
à l'incorporation des emprunts dans la nomenclature des dictionnaires (faute d'un
discours métalinguistique élaboré). Dans l'ensemble, les dictionnaires jouent un
rôle central pour la diffusion des emprunts dans la langue cible.

La contribution de Maria Aldea, « Entre vérité scientifique et exagération
l'étymologie. Étude de cas  : le Lexicon de Buda (1825)  », complète cette ouverture
vers la lexicographie de langues autres que le français par une analyse du premier
dictionnaire étymologique et explicatif de la langue roumaine. Elle montre que le
traitement de l'étymologie et de l'emprunt est déterminé par un enjeu idéologique
la volonté d'affirmer l'identité du roumain comme langue romane, ce qui se traduit
par la volonté (souvent forcée) des auteurs de donner aux mots une étymologie
latine (l'emprunt, par contre, n'est pas explicitement marqué comme tel). Parmi
les fausses étymologies, les emprunts représentent de loin la catégorie la plus
importante; elles concernent environ 40 %des étymologies.

Dans « Les `emprunts' lexicaux dans les dictionnaires de la seconde moitié
du xrxe siècle  », Christine Jacquet-Pfau examine trois dictionnaires publiés durant
cette période marquée de grands bouleversements scientifiques, techniques et
sociaux, pour dégager les discours sur les mots étrangers qui entrent en grande
quantité dans les dictionnaires. Les trois dictionnaires, le Nouveau dictionnaire
universel. Panthéon littéraire et encyclopédie illustrée de Maurice Lachâtre
(1865-1870), le Dictionnaire de la langue française d'Émile Littré (1863-1872)
et son supplément de 1877, ainsi que le Grand Dictionnaire universel de Pierre
Larousse (1866-1876) et ses deux suppléments de 1878 et 1890, ont été choisis
précisément pour leur hétérogénéité et pour leur complémentarité, mais on note
aussi qu'ils s'accordent sur certains points fondamentaux. D'une façon générale,
le traitement des emprunts se révèle assez hétérogène (y compris à l'intérieur d'un
même dictionnaire). Outre le marquage de l'emprunt en tant que tel, les lexico-
graphes indiquent souvent des particularités formelles des emprunts (par rapport
à leur prononciation, leur orthographe et leur morphologie). Dans le discours qui
accompagne l'emprunt, les différents auteurs expriment une grande tolérance
vis-à-vis de la créativité lexicale, c'est-à-dire que les emprunts sont acceptés
dans la mesure où ils représentent des néologismes nécessaires pour exprimer de
nouveaux concepts.

Les bouleversements scientifiques du xrxe siècle ont également conduit à
une augmentation des mots grecs ou contenant du grec dans la langue française.

244 Dans la contribution « Le grec dans l'ceuvre de Darmesteter dont le Dictionnaire
général  », Jean-François Sablayrolles se pose la question de déterminer dans
quelle mesure des enjeux idéologiques — en l'occurrence la méfiance envers
l'invasion du grec en français, exprimée avec récurrence par Darmesteter —
influencent son ceuvre lexicographique. Il montre que la grécophobie de l'auteur
a de réelles incidences sur la nomenclature du Dictionnaire général. L'étude de
ce dictionnaire révèle en outre sa modernité, qui consiste en ce qu'il applique
des critères linguistiques élaborés pour distinguer entre emprunts et créations
savantes, ainsi que pour dégrouper des entrées homonymes. De plus, les mots
empruntés sont considérés comme naturalisés dès le moment où ils servent de
base à des créations françaises. En fin de compte, toutefois, ce n'est pas la gréco-
phobie qui domine chez Darmesteter, mais plutôt le souci de défendre la pureté
de la langue contre les menaces d'une deuxième langue intégrant des éléments
savants, grecs et latins.

La contribution de John Humbley sur « Le traitement des anglicismes dans
un dictionnaire français et allemand  » s'applique à un champ de recherche plus
près de l'actualité qui a été peu exploité jusqu'à nos jours, mais qui fournit des
perspectives complémentaires précieuses à la thématique générale du présent
volume. Son étude se situe dans une optique contrastive, qui permet de recon-
sidérer certains enjeux culturels et socio-historiques du traitement des emprunts
dans les dictionnaires. À partir de trois sondages portant sur le Petit Robert 2007
et le Duden Universalw~rterbuch 2007, l'auteur examine le taux d'anglicismes
inclus dans les dictionnaires et la présence ou l'absence de recommandations par
rapport à l'usage des emprunts et à leur remplacement par des termes équiva-
lents. De manière générale, l'étude prouve que le dictionnaire français est plus
réticent à l'inclusion d'anglicismes et qu'il renvoie presque systématiquement
à des substituts, alors que le dictionnaire allemand adopte une politique plus
neutre, qui consiste à enregistrer les emprunts sans faire de propositions relatives
à leur emploi. Toutefois, comme le montre J. Humbley grâce à une recherche
supplémentaire dans le quotidien Libération, ces différences reflètent l'usage des
emprunts dans chaque langue. Néanmoins, une différence fondamentale reste

la marque anglic.[isme] est absente du dictionnaire allemand, tandis que le Petit
Robert l'emploie systématiquement, ce qui peut s'interpréter comme une stigma-
tisation ou, du moins, comme l'expression d'une attitude réservée à l'égard de ces
emprunts.

Dans « Sur le traitement des emprunts "nécessaires" dans le Nouveau Petit
Robert 2009  » , Aïno Niklas-Sahninen présente les résultats d'une recherche sur les
emprunts aux langues étrangères autres que l'anglais qui apparaissent entre 1975
et 2008 dans le Petit Robert (au total, 195 emprunts). La contribution aborde ainsi
un sujet extrêmement intéressant et complexe qui mériterait d'être traité avec plus
d'exhaustivité sur un nombre plus élevé d'emprunts (incluant les anglicismes) et
sur un échantillon plus varié de dictionnaires. Dans l'étude effectuée ici, toute-
fois, la démarche méthodologique qui a été adoptée n'est pas toujours claire, et

245 les résultats présentés soulèvent quelques questions. Par exemple, dans le tableau
présentant la totalité des emprunts étudiés, certains mots apparaissent plusieurs
fois (il s'agit surtout d'emprunts au latin et au grec qui passent par une autre
langue), de sorte que le tableau contient 206 entrées, mais sans que les entrées
doubles soient signalées de façon systématique. En passant, notons que wargame
est présenté comme un emprunt à l'allemand (sans plus), alors qu'en réalité il s'agit
d'un emprunt à l'angl. wargame qui est calqué sur l'all. Kriegsspiel. Peut-être
l'analyse fautive (ou du moins incomplète) peut être attribuée aux restrictions
imposées par les requêtes dans la version électronique du dictionnaire, mais on
s'attendrait dans ce cas à une discussion méthodologique de la démarche qui a
été adoptée et des problèmes qui ont été rencontrés. En outre, il aurait été préfé-
rable de traiter les emprunts au latin et au grec comme un groupe à part en les
séparant des emprunts aux langues vivantes (cf. les contributions de O. Leclercq,
C. Jacquet-Pfau et C. Martinez, qui font ressortir des spécificités dans la manière
de traiter ce groupe d'emprunts). De plus, certaines analyses semblent discutables,
p.ex. l'hypothèse avancée à l'égard de l'attribution du genre des emprunts dans
la langue cible; cette question a été discutée dans une série de travaux antérieurs
(entre autres de J. Humbley) qui ne sont pourtant pas mentionnés dans la contri-
bution. De même, l'observation que «  [1]es lexicographes essayent de représen-
ter le plus fidèlement possible les sons d'origine à l'aide des signes graphiques
français  » (p. 242) pourrait être remise en question, étant donné que la majeure
partie des emprunts actuels sont des emprunts par voie écrite dont la graphie reste
inaltérée. Une dernière suggestion concernerait la présentation des résultats qui se
fait de manière assez sommaire et vague. Ici, il semblerait de loin plus informatif
d'avoir des statistiques détaillées pour les 195 emprunts étudiés, pour mieux cerner
l'importance quantitative de ces phénomènes relevés.

Le livre se clôt sur la contribution de Camille Martinez, « Intégration des
emprunts dans les Petit Larousse et les Petit Robert 1997 à 2009. Évolution des
nomenclatures et des graphies  ». Cette contribution, qui repose en partie sur sa
thèse de doctorat, L'évolution de l'orthographe dans les Petit Larousse et les Petit
Robert 1997-2008 : une approche généalogique du texte lexicographique, analyse
les treize éditions des deux grands dictionnaires monolingues généraux français à
la charnière des xxe et xx~ siècles. En ce qui concerne les ajouts et les suppressions
d'articles, on constate que le nombre d'emprunts dans les dictionnaires s'accroît
continuellement, ce qui peut être interprété comme un résultat de l'ouverture de
la langue et de la société françaises à d'autres langues et à d'autres sociétés. En
même temps, toutefois, il y a un fort décalage entre cette tendance et l'attitude
décidément critique que les lexicographes expriment vis-à-vis des anglicismes à
la fin des années 1990. Quant aux changements orthographiques dans les graphies
des emprunts, ceux-ci peuvent s'analyser par rapport à l'axe principal opposant
la francisation à l'exotisation, mais on note souvent des hésitations par rapport à
l'orthographe des emprunts, de sorte que l'orthographe choisie dans une édition
donnée du dictionnaire ne peut pas être lue comme une référence absolue.

246 Pour conclure, le volume fournit un panorama historique détaillé des
enjeux principaux du traitement de l'emprunt dans les dictionnaires  : il présente
une série d'études de cas qui illustrent bien, dans l'ensemble, toute la gamme des
stratégies qui peuvent être adoptées pour décrire les emprunts, et les problèmes
méthodologiques qui doivent être abordés dans cette entreprise. Mais l'intérêt du
livre ne se limite pas à ses apports historiques et métalexicographiques ; il permet
également d'envisager certaines questions de la théorie générale de l'emprunt.
Par exemple, il ressort des contributions que les emprunts dits « nécessaires  »
représentent une catégorie importante parmi les emprunts au cours des siècles, et
que ces emprunts sont accueillis et traités de manière fondamentalement différente
par les lexicographes (cf. les contributions de M. Thorel, G. Petrequin, F. Berlan,
A. Bochnakowa, C. Jacquet-Pfau, J.-F. Sablayrolles, J. Humbley et A. Niklas-
Sahninen). De même, plusieurs contributions montrent que les lexicographes
enregistrent souvent des variantes pour un emprunt donné, et que l'on note souvent
des hésitations par rapport à leur traitement dans les dictionnaires (cf. les contri-
butions de C. Wionet, C. Jacquet-Pfau, A. Niklas-Sahninen et C. Martinez). Par
conséquent, on peut attester une certaine instabilité des emprunts en général, c'est-
à-dire que ce n'est qu'au cours du temps que leur emploi se stabilise dans la langue
cible. Cette caractéristique — sous-estimée jusqu'à nos jours, surtout par rapport
à la documentation des emprunts dans les dictionnaires —pourrait s'avérer fonda-
mentale pour les emprunts, et les contributions ici présentées suggèrent ainsi de
nouvelles pistes à exploiter, qui renvoient à la théorie générale de l'emprunt au
sein de la néologie lexicale.


Esme WINTER-FROEMEL

Université de Tübingen

esme.winter-froemel@uni-tuebingen.de