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Comptes rendus

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Derniers contes de Nodier

Balzac, Stahl, Nodier, Scènes de la vie publique et privée des animaux. Études de mœurs contemporaines, ill. Grandville, éd. Guillaume Métayer, Paris, Payot & Rivages, coll. « Rivages poche / Petite bibliothèque », 2017, 267 p.

Louvrage présenté ici est la réédition partielle de celui que Pierre-Jules Hetzel publie en deux volumes, sous le même titre, en 1841 et 1842. Guillaume Métayer, responsable de cette réédition, a fait le choix de conserver parmi les textes qui composaient celle du xixe siècle, celui de Balzac, Peines de cœur dune chatte anglaise, quatre textes de P.-J. Stahl (pseudonyme de Pierre-Jules Hetzel), et deux de Charles Nodier, Un renard pris au piège (p. 151-182) et Tablettes de la girafe (p. 221-240). Ainsi disparaissent du volume récent des auteurs comme Jules Janin (Le premier feuilleton de pistolet), Paul de Musset (Les Souffrances dun scarabée), Alfred de Musset (Histoire dun merle blanc), Marie Mennessier-Nodier (Lettres dune hirondelle à une serine) et quelques autres. Dans sa préface à cette édition, titrée « Le temps des animaux », G. Métayer fait référence à cette édition première, en mentionnant la diversité des sujets abordés « dans le costume animal » et « bien dautres histoires rocambolesques sous mille forme littéraires » (p. 9) pour conclure quil en offre un choix, sans affirmer clairement quelle règle a dicté ce choix.

G. Métayer prend soin de marquer loriginalité de lentreprise de ces Scènes de la vie publique et privée des animaux de 1841 et 1842 en soulignant la différence fondamentale avec lentreprise des fabulistes : « Ce grand changement dattitude joue visiblement avec humour sur les évolutions de la sensibilité autant quavec les vicissitudes de la politique » (p. 12). Il cite alors lépoque de Voltaire où se manifeste une compassion pour les animaux et les préoccupations de Tocqueville qui seraient à lorigine de lanalyse des structures sociales de la gent animale.

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Notre attention se portera sur les deux textes de Nodier, eu égard au cadre dans lequel est publié ce compte rendu. Il semblerait que Hetzel eut à insister auprès de Nodier pour obtenir ces deux contes. La critique suppose même que Marie Nodier aurait prêté la main à la composition du premier1.

Nodier est un conteur, cela nest plus à prouver ; les témoignages, quils soient de Dumas, dAdèle Hugo, de Sainte-Beuve, nous le montrant dans lexercice du conte oral, au sein de la société des commensaux de lArsenal sont innombrables. Francis Wey, lun de ses premiers biographes, note ainsi : « Il y a quelques semaines, [] un soir, au coin du feu [] il nous contait son aventure avec un lézard dont il avait fait connaissance au bord du ruisseau de Quintigny, et auquel il avait rendu un léger service2. »

Le conte animalier était donc un genre familier à Nodier ; il affirme très souvent son admiration sans bornes pour La Fontaine3 et pour Perrault4, des maîtres à penser et à écrire selon lui. Cependant sa manière en loccurrence est fort différente de ces deux illustres références en la matière. Un renard pris au piège en est un exemple probant.

Le conte de Nodier ne nous plonge pas dans le monde animal sans plus aucune référence à lhomme ; au contraire, il trouve ses racines dans lopinion que les hommes se sont faits de certains animaux. Dès lincipit du conte dont il est question, un narrateur, que lon peut confondre avec lauteur, intervient vivement : « – Non, décidément ! mécriai-je, il ne sera pas dit que jai pris pour héros de ma fantaisie un Animal que 205je méprise et que je déteste, une Bête lâche et vorace dont le nom est devenu synonyme dastuce et de fourberie, un Renard5, enfin ! » (p. 151) Pour tous ceux qui fréquentent les écrits de Nodier, cette entrée en matière en rappelle singulièrement une autre, celle de La Fée aux miettes : « Non ! sur lhonneur, mécriai-je en lançant à vingt pas le malencontreux volume [] je nuserai plus mon intelligence et ma mémoire à ces détestables sornettes [] Ô fantaisie ! continuai-je avec élan ! Mère des fables riantes, des génies et des fées6 !… ». La similitude des deux textes est trop évidente pour être le fruit du hasard. Il faut y voir un effet de miroir ou plutôt de dialogue. En effet, dans le second extrait – le premier publié – lauteur-narrateur rejette violemment la source historique pour lui préférer la source de limaginaire, dans le premier, il rejette lidée de prendre pour héros un animal devenu larchétype du mal. Les deux interventions sont évidemment jumelles sur le plan de la forme, mais fort différentes à propos de lintention exprimée. Pour La Fée il sagit dun acte de foi dans la fantaisie, pour Un renard, il sagit dune déclaration paradoxale qui sera démentie absolument par ce qui suit. Ce faisant, Nodier reste fidèle à lui-même ; il manifeste une méfiance à légard des idées reçues. Le renard jouit dune réputation très négative – La Fontaine lui-même la conforte – loccasion pour Nodier dinfirmer cette vox populi. Son renard sera timide et généreux puisquil tombe follement amoureux dune jeune poule quil va protéger contre la dent carnassière de lespèce à laquelle il appartient et cela malgré le sentiment douloureux de jalousie que ladmiration de la jeune poule pour un coq insupportablement vaniteux lui inspire. Ce renard appartient à la race que Pierre-Georges Castex appelle celle des « innocents7 » dont fait partie précisément Michel, le héros de La Fée aux miettes, mais également Jean-François les Bas-Bleus, ou le Gervais des Aveugles de Chamouny.

Le rapprochement du Renard pris au piège avec les œuvres antérieures de Nodier ne sarrête pas à La Fée aux miettes. En effet, le narrateur se voit interrompu et contesté par « un génie familier » quil appelle Breloque. Et cette fois, cest un personnage dHistoire du roi de Bohème et ses sept châteaux qui est ainsi convoqué. Dans cet ouvrage étrange et énigmatique, 206Nodier fait de Breloque lune des trois entités qui se partagent le moi auctorial8. En reprendre ici la figure, cest renouer avec le thème de la division du moi si fréquente chez Nodier et toute la génération des conteurs fantastiques ; on pense alors à Hoffmann.

La fin du conte ménage une surprise, voire un retournement, à la manière de la fin dInès de Las Sierras cette fois. Breloque sest appliqué à combattre lidée reçue que le narrateur avait du Renard, ce dernier lui rétorque in fine que lui-même nourrit peut-être le même type didée reçue à propos du coq, présenté comme insupportable face au Renard doué de toutes les perfections morales ; il ajoute que le premier souci du Renard aimé en retour aurait été peut-être de croquer sa bien-aimée. La fin du conte nest donc pas édifiante, elle reste ouverte, laissant planer un scepticisme vaguement désabusé qui fermait déjà la « petite nouvelle espagnole9 ».

En somme, la lecture de ce Renard pris au piège donne le sentiment de retrouver avec un plaisir complice tout lart de Nodier conteur dexception10. Il se pastiche lui-même avec ce sens de lautodérision qui fait sa marque. On y retrouve ce ton si particulier qui mêle tendresse et humour, fantaisie et sens de labsurde.

Je retiendrai encore cette remarque désabusée de Nodier notre contemporain, remarque qui va si bien à notre temps : « La postérité sétonnera peut-être dapprendre que javais une bibliothèque, mais elle aura dailleurs à sétonner de tant de choses, que jespère quelle ne soccupera de cela quà ses moments perdus, sil lui en reste. » (p. 152)

Le récit Tablettes de la Girafe du Jardin des Plantes repose sur un principe plus évident et peut-être plus convenu. Une girafe qui est hébergée au Jardin des Plantes à Paris écrit une lettre à son amant resté dans leur désert dorigine. Cest pour Nodier loccasion, dans une veine héritée des Lumières, de décrire la société des hommes et quelques-unes de leurs institutions perçues par un regard étranger ; la Girafe de Nodier serait un Huron animal. Il va de soi que le regard 207en question est très critique et la fausse naïveté attachée à cet angle de vue fait tout le plaisir de la lecture de ce récit. On notera que Nodier consacre quelques lignes à la condition des femmes et on est heureusement surpris de lire comment Nodier envisage la relation homme-femme en des termes dune modernité qui ne déparerait pas dans un quotidien de notre temps le plus contemporain : « Si elle savait mieux se connaître, elle se soumettrait avec moins de déférence aux pratiques ridicules que ses tyrans lui imposent et qui lui répugnent visiblement. » (p. 233) Voilà qui rajuste lopinion que lon se fait souvent trop rapidement des hommes des siècles précédents en manière de féminisme11.

Dans lensemble du volume, les récits de Nodier font entendre une musique particulière. Le ton des récits de J.-P. Stahl est résolument carnavalesque ; le récit de Balzac se réfère au monde de lanimal – la chatte en loccurrence – comme un masque que lon oublie volontiers.

Cest donc une initiative très heureuse que la publication en version allégée de ces Scènes de la vie publique et privée des animaux. G. Métayer est resté parfaitement fidèle à lédition dorigine en conservant les vignettes de Grandville qui ponctuent les textes en nous présentant des animaux en situation et costumes humains, ce qui épouse parfaitement la tonalité des récits qui composent le volume. Il reste à se demander quel est le public visé par cette publication. En 1841, lédition se faisait sous forme de cent livraisons hebdomadaires, susceptibles dêtre reliées en deux volumes ; il sagissait alors datteindre un large public par une littérature de divertissement propre à intéresser entre autres un jeune public, en un temps où lédition pour la jeunesse connaît un essor considérable. Quen est-il de lédition de 2017 ? un public denfants ou de jeunes adultes nest plus guère sensible à ce type de littérature. Sadresserait-elle à des nostalgiques du « temps où les animaux parlaient » ? peu probable. Plus certainement à ceux, rares, qui gardent un goût pour lironie et la 208distance qui invitent à nous regarder dans le miroir si fidèle que nous renvoie la société des animaux.

Georges Zaragoza

Université de Bourgogne

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Limagination emprisonnée :
Nodier et Piranèse

Charles Nodier, Piranèse. Contes psychologiques, à propos de la monomanie réflexive, Angoulême, Éditions Marguerite Waknine, coll. « Livrets dart », 2017, 31 p. + 16 pl. h.-t. n. et b.

Les éditions Marguerite Waknine ont eu la bonne idée de donner une nouvelle édition de Piranèse, que Bryan G. Rogers intégrait, en 1980, « parmi les textes les plus curieux et les plus difficiles à “classer” de Charles Nodier12 ». La version reprise ici est celle des Œuvres complètes de 1836, qui réunit deux textes originellement distincts : « Rêveries psychologiques – De la monomanie réflective », publié dans LEurope littéraire du 15 mars 1833, et « Le dessin de Piranèse », dans le numéro du 26 juin 1833, après que Nodier a signé un contrat dexclusivité avec LEurope littéraire au début du mois davril 183313. Piranèse est moins une étude de lœuvre du graveur italien quun approfondissement des grands thèmes de larticle intitulé De quelques phénomènes du sommeil et publié dans la Revue de Paris le 6 février 1831. Le dessinateur des Prisons imaginaires nest en effet quun exemple parmi dautres de la monomanie réflexive, processus qui transforme le « château en Espagne » en « un tourment de choix, un supplice de prédilection, le cachot, 209léchafaud, le tombeau en Espagne de Chamfort ». Si lon peut regretter labsence dappareil critique, qui aurait permis déclairer un texte pour le moins original, il faut saluer lidée des éditeurs de joindre au texte de Nodier un cahier dillustrations contenant les seize planches des Prisons imaginaires de Piranèse, qui ont tant marqué limaginaire romantique.

Guillaume Cousin

Université de Rouen

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NODIER ET LES VAMPIRES ROMANTIQUES

Florent Montaclair, Le Vampire dans la littérature romantique française, 1820-1868. Textes et documents, Besançon, Presses Universitaires de Franche-Comté, coll. Didactiques / Français, 2010, 444 p.

Le projet double de ce livre avait tout pour séduire le chercheur nodiériste sintéressant au romantisme noir : à un essai denviron deux cents pages consacré à létude de lévolution de la figure du vampire dans la littérature romantique, succède directement la reproduction des textes romantiques étudiés. Le lecteur peut ainsi circuler librement de lœuvre à son interprétation et accéder à des textes souvent rares, dont la liste suffit à rappeler limportance de la vogue de cette figure fantastique, emblématique du romantisme du début des années 1820 : Le Vampire de Polidori (1819) inspire, lannée suivante, le récit de Cyprien Bérard, Lord Ruthwen, « publié par lauteur de Jean Sbogard [sic] et Thérèse Aubert » et précédé de brèves « Observations préliminaires » signées par Nodier, puis deux pièces toutes deux intitulées Le Vampire, une comédie-vaudeville de Scribe et un mélodrame de Nodier. Quoique le texte fasse lobjet dune mise en page rudimentaire promettant 210une lecture austère – les œuvres senchaînent de façon continue en un texte serré sur de larges pages, sans appareil critique –, il est toujours agréable de pouvoir disposer dans une édition papier de ces œuvres méconnues, peu ou jamais rééditées. La mode des années 1819-1820 sépuise vite, mais le vampire demeure une figure récurrente du romantisme français, comme en attestent les trois autres œuvres reproduites, Le Vampire de Dumas (1851) et, titres plus connus dont lédition était sans doute moins utile, La Morte amoureuse de Gautier (1836) et, par extraits, Lokis de Mérimée (1869).

Le corpus de cette deuxième partie présente une relative cohérence qui se dissout inexplicablement dans le sommaire de lessai qui le précède. Les frontières chronologiques proposées sont en effet largement outrepassées dans lessai. Linterrogation posée à propos de Jules Verne, « Un auteur romantique ? », est sans aucun doute pertinente, mais linclusion du Château des Carpathes dans « la liste des romans vampiriques romantiques » sous prétexte que le lecteur sattendrait à y voir surgir un vampire nest pas convaincante. La fin de lessai propose un élargissement excessif des limites nationales, historiques et même génériques : la dernière partie de lessai est consacrée à Bram Stoker et Ann Rice, et la « bibliographie sommaire » qui conclut louvrage se concentre sur des « œuvres très typées » qui échappent à la fois au romantisme et au domaine français, puis sur une longue liste de films. On ne peut même pas mettre sur le compte dun louable souci dexhaustivité cette extension de létude, le corpus romantique souffrant en revanche dinexplicables omissions, par exemple La Vampire de Lamothe-Langon, roman de 1826 qui présente un intérêt remarquable avec la mise en scène dune première figure féminine de vampire. Pour découvrir ce texte, le lecteur pourra heureusement se tourner vers la récente réédition par la Librairie dOtrante, volume élégant enrichi dun appareil critique très utile.

Le mélodrame de Nodier sinscrit ainsi dans un corpus hétéroclite, dont la constitution nest justifiée que très partiellement par les dates indiquées dans le titre. Regroupé avec Scribe et Dumas, il est analysé de façon extrêmement allusive dans une brève partie (à peine dix pages), qui alterne une présentation très descriptive des pièces et des généralités sur le théâtre, qui contribuent encore à diluer le propos.

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Lessai nest pourtant pas dénué de qualités : en sappuyant sur une documentation assez riche et en combinant plusieurs approches interprétatives (historique, occultiste, psychanalytique), Florent Montaclair fournit une bonne vue densemble de la figure du vampire au xixe siècle, avec de nombreuses remarques qui susciteront lintérêt du lecteur, par exemple le repérage de lapparition de tel critère définitionnel (le vampire romantique, par exemple, nest pas une figure nocturne), ou encore lévocation à plusieurs reprises, malheureusement jamais approfondie, de lambiguïté axiologique constitutive de cette figure, qui en fait lune des déclinaisons dun héros romantique situé au-delà des frontières du bien et du mal.

Mais louvrage souffre globalement dune incertitude quant à son statut : sagit-il dun texte scientifique, comme le laisse penser la description de Florent Montaclair comme « spécialiste du fantastique romantique et du roman-feuilleton », ou dun ouvrage de didactique, comme le suggère le cadre éditorial de la collection dans lequel il sinscrit ? Il semblerait que la réponse soit doublement négative. Le caractère scientifique du volume souffre dune analyse qui reste souvent vague, ralentie par des généralités (par exemple, sur le fantastique) et de nombreuses répétitions. Le système de références est marqué par la même imprécision, avec des références bibliographiques sans date, quand elles ne sont pas simplement omises. Le style lui-même ne présente pas la rigueur quon pourrait attendre dun ouvrage scientifique : le propos est décousu et souvent maladroit, émaillé de jugements de valeur ou daffirmations arbitraires (à propos de Nodier, une phrase comme « [S]es œuvres vampiriques sont nombreuses. » mériterait un développement). Pour autant, il ne sagit pas dun ouvrage de didactique : linterprétation du vampire est proposée sans jamais faire lobjet dune réflexion sur lexploitation dans un cadre scolaire des savoirs exposés. Du reste, il faut admettre que le corpus étudié, largement extérieur au canon, ne trouvera guère sa place dans une séquence à destination des collégiens ou des lycéens. On saccordera sans doute à considérer que La Fée aux miettes ou Smarra permettront, mieux que Le Vampire, de faire découvrir Nodier aux élèves.

Prise entre les deux exigences contradictoires de lérudition scientifique et de la vulgarisation généraliste, largumentation peine donc à convaincre. Un peu frustré par ces défauts, le lecteur se consolera 212cependant avec le plaisir que procure toujours la fréquentation de ce romantisme peu connu où se déploie un imaginaire qui nourrit encore la fiction aujourdhui.

Émilie Pézard

ENS Lyon,
IHRIM / ANR Anticipation

1 « Charles Nodier paraît [] sêtre un peu fait tirer loreille avant dapporter sa collaboration. [] Il envoya deux plaisants articles à Hetzel. À lun sa fille semble avoir mis la main. » Cest Marie qui annonce dans un billet à Hetzel lenvoi dun manuscrit : « Notre historiette aura pour titre : Un renard pris au piège. » A. Parménie, C. Bonnier de La Chapelle, Histoire dun éditeur et de ses auteurs, P.-J. Hetzel (Stahl), Paris, Albin Michel, 1953, p. 21 et 22.

2 Fr. Wey, « Vie de Charles Nodier », dans Charles Nodier, Description raisonnée dune jolie collection de livres, Paris, Techener, 1844, p. 15.

3 « Ses expressions délicates, enjouées et naïves furent des copies fidèles de la belle nature, dont le goût, de concert avec lesprit, lui firent saisir par tout les nuances et les traits. Cest ainsi quen remaniant les ouvrages des anciens il se les est rendus propres, et leur a prêté une tournure et des grâces quils navoient point. [] Aussi peut-on dire quil est parvenu au plus haut point de perfection que lon puisse atteindre dans ce genre. » Fables de La Fontaine, avec un nouveau commentaire littéraire et grammatical dédié au Roi par Ch. Nodier, Paris, Alexis Emery, 1818, p. lxv.

4 « [L]es Contes de fées de Perrault, le chef dœuvre trop dédaigné du siècle des chefs dœuvre » Ch. Nodier, Histoire dHélène Gillet, dans Œuvres complètes, Paris, Renduel, 1832, t. III, p. 338.

5 Les majuscules sont dans le texte original.

6 Charles Nodier, La Fée aux miettes, dans Trilogie écossaise, éd. G. Zaragoza, S. Vacelet, Paris, Champion classiques, 2013, p. 355.

7 Voir Ch. Nodier, Contes, éd. P-G. Castex, Paris, Garnier, 1961.

8 « Soit Théodore, ou mon imagination. 0 / Soit don Pic de Fanferluchio, ou ma mémoire. 1 / Soit Breloque, ou mon jugement. 999 » Ch. Nodier, Histoire du roi de Bohème et de ses sept châteaux, Paris, Delangle, 1830, p. 20.

9 Termes par lesquels Nodier présente son court roman à son dédicataire Buloz ; Ch. Nodier, Inès de Las Sierras, Paris, Dumont, 1837, p. 5.

10 Ces textes sont publiés en 1841, Nodier meurt en 1844.

11 Victor Hugo a été le premier président dhonneur de la « Société pour lamélioration du sort des femmes » créée le 16 avril 1870 ; il écrit à Léon Richer qui en est le directeur : « Il est douloureux de le dire, dans la civilisation actuelle, il y a une esclave. La loi a des euphémismes ; ce que jappelle une esclave, elle lappelle une mineure ; cette mineure selon la loi, cette esclave selon la réalité, cest la femme. Lhomme a chargé inégalement les deux plateaux du code, dont léquilibre importe à la conscience humaine ; lhomme a fait verser tous les droits de son côté et tous les devoirs du côté de la femme. »

12 Bryan G. Rogers, « Nodier et la monomanie réflexive », Romantisme, no 27, 1980, p. 15.

13 Cet engagement est annoncé par LEurope littéraire le 8 avril 1833, p. 72.