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Résumés

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  • ISBN: 978-2-406-06257-8
  • ISSN: 0035-2136
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-406-06258-5.p.0377
  • Éditeur: Classiques Garnier
  • Date de parution: 13/01/2017
  • Périodicité: Bimestrielle
  • Langue: Français
Accès libre
Support: Numérique
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Résumés

Gilles Soubigou, « Multiples Salammbô. Réception et interprétation du roman de Flaubert dans les arts visuels »

Lhistoire de la réception artistique de Salammbô reste largement à écrire. Cet article, complété dune liste synthétique dœuvres, se concentre sur quelques thèmes qui émergent sur environ un siècle. Les premières représentations hésitent entre lérotisme exotique et la précision archéologique. Plus tard, la fille dHamilcar devient une figure de lArt nouveau avant son ultime incarnation comme femme-serpent et femme fatale dans lart fin-de-siècle.

Véronique Dumas, « Flaubert et Gustave Moreau : de Salammbô à Salomé »

À la fois sensuelle et mystique, Salammbô préfigure les personnages féminins de Gustave Moreau, notamment Salomé. Flaubert et Moreau ne se sont pas rencontrés, mais ils se vouaient une admiration réciproque, dont cet article essaie déclairer les raisons. Si Gustave Moreau na jamais illustré Salammbô, limage de la femme fatale élaborée dans ce roman mais aussi son atmosphère de mysticisme hantent sa peinture ainsi que celle des peintres symbolistes, Rops, Khnopff, Von Stück, ou encore Gauguin.

Pierre Sérié, « Du sang sur les marches, peindre lhistoire après Salammbô »

Salammbô fut une machine à enflammer limagination, celle du peintre dhistoire au premier chef. Pareil sujet permettait de renouveler le répertoire usé de lAntiquité tout en pointant – et cétait là lapport essentiel de Flaubert – limportance du médium. Non seulement, on ne peignit plus exactement la même histoire après Salammbô, mais surtout, on ne la peignit plus dans le même esprit : il nétait plus question deffacement du procédé (la peinture) au profit des seules images (le sujet).

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Laurent Houssais, « Rochegrosse, Ferroud et les illustrations de Salammbô. Stratégies et réception »

On doit à André Ferroud la première édition illustrée de Salammbô (1900). Elle se distingue des précédentes par son ambition et la renommée de lillustrateur, Rochegrosse, lun des peintres dhistoire les plus célèbres de son temps. Il sagit dapporter un nouvel éclairage sur les stratégies de lartiste et de léditeur dans la promotion de cette entreprise, en lien avec la Société daquarellistes français, et de revenir sur quelques aspects négligés de sa réception par la critique.

Bruno Gallice, « Gaston Bussière et Ferroud : réinventer Salammbô »

Lorsque Gaston Bussière illustre Salammbô en 1921 pour le compte des éditions Ferroud, il doit composer avec la version de Georges Rochegrosse réalisée en 1900. Malgré lhommage dû au maître et le respect de la ligne éditoriale, lartiste parvient néanmoins à proposer une vision du personnage de Flaubert, où limage en mêlant les arts, les perspectives et les époques, consacre une représentation vibrante de Salammbô elle-même.

Bruna Donatelli, « La Salammbô de Philippe Druillet. Entre beauté spatiale et beauté ancestrale »

Maître de la bande dessinée, Philippe Druillet sest mesuré plusieurs fois avec lœuvre de Flaubert, en rendant de façon toujours différente latmosphère incandescente de Salammbô. Grâce à son œil visionnaire, il a multiplié les représentations à partir des années 1980 jusquà son œuvre la plus récente, Salammbô. Les Nus (2010) : la déclinaison dun seul thème (le nu) crée, par son obsédante répétition, un espace inquiétant où le portrait de lhéroïne se révèle dans toute son ambivalence.

Nigel Harkness, « Sculpter Salammbô »

Étant donné limportance des modèles sculpturaux dans Salammbô, il nest pas surprenant que le roman ait fait lobjet de nombreuses sculptures à la fin du dix-neuvième siècle : on dénombre au moins seize statues, bustes, médailles et bas-reliefs inspirés par le texte et réalisés entre 1869 et 1900. Le but de cet article est de répertorier, analyser et comparer les différentes réalisations afin de mieux comprendre le rôle de cet art dans le roman et ses effets sur limaginaire des lecteurs.

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Nathalie Petibon, « Lacoustique de Carthage. Salammbô à lopéra »

Dans Salammbô, le lecteur est invité en permanence à composer intérieurement une acoustique carthaginoise. Les opéras tirés de Salammbô constituent autant de cristallisations scéniques du « silence énorme » de ces spectacles intimes. Si aucun de ces opéras ne peut, en raison des contraintes du genre, atteindre au gigantisme du roman, cependant, au fil du temps, la somme de ces multiples opéras a créé un véritable mythe opératique qui enrichit en retour le roman de résonances renouvelées.

Cécile Reynaud, « Salammbô de Reyer »

On sait que Flaubert a exprimé de très nettes réticences vis-à-vis dune possible illustration de Salammbô. Par contre, il semble se lancer avec facilité dans le projet dun opéra. Cet article retrace les vicissitudes que connut le projet jusquà la représentation de lopéra de Reyer sur un livret de Du Locle, en 1890, après la mort de Flaubert, et il analyse la transformation de lintrigue sous linfluence des Troyens de Berlioz, auquel Reyer vouait une grande admiration.

Loïc Chevalier, « Salammbô à lécran. La poétique générique a eu raison de Flaubert »

À létude des films de P. Marodon (1925) et S. Grieco (1960), les adaptations de Salammbô au cinéma ne rendent pas justice au texte de Flaubert. Le déploiement dune esthétique grandiose et la présence dune portée politique leur confèrent une valeur supérieure à celle de la fidélité dadaptation. Ils transcendent la poétique de leurs genres dappartenance (film historique et péplum) pour offrir une image de leur monde contemporain et de ses enjeux respectifs, dépassement que cet article propose daborder.

Jacques Neefs, « Échos de létrange : quelques curiosités en mémoire de Salammbô »

Salammbô a eu dès sa parution, et jusquà maintenant, un succès étrange, dans tous les domaines de lart : peinture, sculpture, musique et littérature. Cet article réunit quelques exemples curieux qui manifestent lattrait que lesthétique de lœuvre a suscité : dune mode excentrique au poème décadent, 380avec Robert de Montesquiou, du très admiratif Berlioz à Josef Conrad, ou Aragon, de Jules Laforgue à Édouard Glissant, il y a comme un rêve antique de Salammbô qui passe au présent.

Atsuko Ogane, « La danse de Salomé. Mise en abyme et métamorphoses des figures mythiques »

Dans le festin dHérodias, Flaubert condense ses souvenirs dOrient et plusieurs mythes : le mythe de Cybèle (le plus fortement présent), les mythes de Psyché et Cupidon, la danse des Bacchantes et la danse du scarabée pour le final. Les plans, scénarios et brouillons de la danse permettent de comprendre la circulation des figures mythiques et les interactions auxquelles elles sont soumises dans lécriture flaubertienne de la danse.

Didier Philippot, « Hérodias, ou le Promontoire du songe. Flaubert et la vision poétique »

Comment ressusciter Carthage, se demandait Flaubert, sinon en essayant de « fixer un mirage » avec « les procédés du roman moderne » ? Cest cette poétique du mirage que cerne cet article, à partir dHérodias, en suivant la pente visionnaire du réalisme flaubertien.

Gisèle Séginger, « Notes sur lEsthétique de Hegel. Dossier “Littérature – esthétique” de Bouvard et Pécuchet »

Entre 1872 et 1878, Flaubert lit des ouvrages desthétique pour préparer le chapitre v de Bouvard et Pécuchet. Il constitue un dossier de notes de 77 pages, inédites jusquà ce jour. Nous avons choisi de publier les folios consacrés au Cours dEsthétique de Hegel, afin de compléter la publication dun autre dossier sur cette œuvre dans la série Gustave Flaubert de 2005, ainsi que quelques folios de synthèse et un scénario, offrant un aperçu sur la fusion entre documentation et fiction.