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Résumés

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  • ISBN: 978-2-406-06473-2
  • ISSN: 2103-5636
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-406-06475-6.p.0263
  • Éditeur: Classiques Garnier
  • Date de parution: 19/10/2018
  • Langue: Français
Accès libre
Support: Numérique
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Résumés

Jean-François Lattarico, « De Burgos à Venise. Les voyages de Lazarillo, entre réécriture et traduction »

Cet article interroge les pérégrinations du Lazarillo, depuis 1554 et sa première édition anonyme à Burgos, jusquà la première traduction officielle de Barezzi (Venise, 1622), précédée par celle de Giulio Strozzi (1608), restée inédite mais plus fidèle, ainsi que par une adaptation bolognaise de Pompeo Vizzani (1597) agrémentée dépisodes pittoresques. Il met en relief une chronologie pour le moins inhabituelle : ladaptation précède la traduction fidèle qui précède la première traduction publiée.

Elvezio Canonica, « Une tragédie italienne en vers espagnols. La Reina Matilda (1597) de Juan Dominico Bevilaqua »

Cette contribution rend compte de la composition singulière dune tragédie encore inédite en vers espagnols et en cinq actes par un auteur dont la langue maternelle était litalien, actif dans le royaume de Naples vers la fin du xvie siècle, encore inédite. Elle prend en compte la spécificité de cette écriture « translingue » ; et reconstruit également larrière-plan de la trame narrative de la tragédie, qui se déroule dans lEspagne médiévale des Wisigoths, au début de la Reconquista.

María del Rosario Martínez-Navarro, « La littérature anti-aulique entre lEspagne et lItalie. Quelques parallélismes »

Le rôle crucial joué par la cour au Siècle dOr a donné naissance à deux courants littéraires, lun favorable à la cour, considérée comme un milieu positif et brillant (le pro-aulisme représenté par Le Courtisan de Baltasar Castiglione), lautre contre la cour, critiquée et considérée comme une mer de vices (lanti-aulisme dont les représentants italiens ont eu une influence significative sur les auteurs espagnols du Siècle dOr, notamment sur Cristóbal de Castillejo).

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Muriel Elvira, « Des polémiques italiennes aux polémiques espagnoles. Labbé de Rute, lecteur de Guarini et de Denores »

Labbé de Rute fut un lecteur attentif de la polémique du Pastor Fido qui opposa lauteur de cette tragicomédie pastorale, Guarini, à Jason Denores. Fernández de Córdoba reprend dans la Didascalia multiplex et dans lExamen différents arguments soutenus par Guarini pour défendre la tragicomédie, et les adapte à la défense des genres nouveaux qui sont en train démerger en Espagne : la Comedia Nueva espagnole et la poésie des Solitudes. Il puise aussi dans les Verati un modèle formel pour ses propres textes polémiques.

Alexandre Roquain, « Lope de Vega et lArioste. Une histoire dimpresa/empresa »

Lope de Vega cite lArioste dans le prologue de La hermosura de Angélica (1602). Cet article analyse les liens qui existent entre ce texte liminaire et le discours adressé à Juan de Arguijo, précédant les Rimas. Lanalyse littérale de ces textes va mettre en lumière un terme-clé : lempresa, lié à lemblématique et « calque » de litalien « impresa ». Cet article étudie également dans quelle mesure Lope de Vega sapproprie les vers de lArioste à des fins dautoreprésentation.

Pascaline Nicou et Rafaèle Audoubert, « Entre traduction et émulation. Le sort de LInamoramento di Orlando (1483) de Matteo María Boiardo en Espagne »

Les premières traductions en vers de LInamoramento di Orlando apparaissent en Espagne au xvie siècle, ladaptation de Quevedo au xviie siècle. Garrido de Villena et Hernando de Acuña font une lecture héroïque de Boiardo, qui doit être anobli par les traducteurs espagnols pour créer le poème chevaleresque « sérieux » épique. Ladaptation de Quevedo respecte le plurilinguisme et lesprit du texte, et va dans le sens dune dégradation comique liée à lévolution du genre chevaleresque entre le xve et le xviie siècle.

Suzy Béramis, « Lurne de cristal de Garcilaso »

Dans la deuxième Églogue de Garcilaso, un immense espace épique souvre à lintérieur du monde pastoral où un berger fou damour va être conduit au mage qui doit le guérir. Celui-ci a été initié par le Tormes, le dieu-fleuve qui lui est apparu appuyé sur une urne de cristal dont les figures sculptées 265chantent la gloire de la maison dAlbe. Garcilaso emprunte cette urne au De partu Virginis de Jacopo Sannazaro, mais dans son poème la nouveauté de linvention se révèle dans limitation même.

Philippe Meunier, « La réponse de Lope de Vega à Aminta et Il pastor Fido. Le cas de La selva sin amor (1627) »

La selva sin amor bénéficie des progrès techniques de la scénographie italienne pour offrir au public courtisan lhapax dune pièce entièrement chantée en espagnol. Cependant, au-delà du spectacle, il y a dabord les vers imprimés dune églogue singulièrement courte qui incite à questionner le statut et le sens de lécriture dramatique. Le vieux dramaturge semble ne pas avoir perdu tant que ça son humour lorsquil repasse clichés linguistiques et rimèmes des fables pastorales.