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In memoriam
Paul Viallaneix (1925-2018)

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  • ISBN: 978-2-406-08861-5
  • ISSN: 0035-2411
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-406-08862-2.p.0245
  • Publisher: Classiques Garnier
  • Parution date: 02-05-2019
  • Periodicity: Quarterly
  • Language: French
Free access
Support: Digital
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Paul Viallaneix (1925-2018)

Michel Lioure

Paul Viallaneix, décédé à Seilhac le 3 août 2018, a effectué la plus grande partie de sa carrière universitaire à la Faculté des Lettres de lUniversité de Clermont, où il a laissé les meilleurs souvenirs auprès de ses étudiants et de ses collègues.

Né le 4 juillet 1925 à Gumont, en Corrèze, où son père était instituteur, il a fréquenté les écoles corréziennes, au gré des déplacements professionnels de sa famille. Il a effectué ses études secondaires au lycée de Tulle, avant de préparer au lycée Louis-le-Grand, à Paris, le concours dentrée à lÉcole Normale Supérieure, où il a été admis en 1946. Entre-temps, il avait participé aux réseaux de la Résistance en Corrèze. Reçu à lagrégation des Lettres classiques en 1949, il est pensionnaire à la Fondation Thiers, avant dêtre recruté comme assistant à la Sorbonne, puis à la Faculté des Lettres de lUniversité de Clermont-Ferrand, où il est nommé maître de conférences, après la soutenance, en 1959, de sa thèse sur Michelet, sous la direction de René Jasinski et publiée, avec lautorisation dAndré Malraux, sous le titre prestigieux de La Voie royale (Delagrave, rééd. Flammarion, 1971).

Cest à la Faculté des Lettres de Clermont, où il assurait les cours de licence et dagrégation sur les auteurs du xixe et parfois du xvie siècle, quil demeurera fidèle jusquà sa retraite. Il y poursuivit une intense activité de recherche et de publication. Il créa et dirigea, en collaboration avec le professeur Jean Ehrard, le Centre de recherches révolutionnaires et romantiques, où il organisa plusieurs colloques internationaux. En tant que Secrétaire général de la Société des études romantiques et dix-neuvièmistes, il veilla et participa très 246activement à lorganisation, à la réalisation et à la diffusion des travaux sur cette période. Il institua également à Clermont un Centre Albert Camus, un écrivain sur lequel il prononça plusieurs conférences et dont il édita des textes de jeunesse, sous le titre Le Premier Camus (Gallimard, 1973). Il est également lauteur douvrages sur Vigny, sur lequel il publia un Vigny par lui-même dans la collection des écrivains par eux-mêmes (Seuil, 1964) et dont il édita les Œuvres complètes aux éditions du Seuil en 1965. Intéressé par la poésie moderne, il écrivit un essai sur Supervielle, Le Hors-venu ou le personnage poétique de Supervielle (Klincksieck, 1972). Directeur plein dinitiatives, il suscita de nombreux travaux non seulement sur le xixe siècle, mais aussi sur des écrivains modernes ou contemporains, comme Valery Larbaud.

Son sujet de prédilection demeura lœuvre et la pensée de Michelet, auquel il consacra, outre sa thèse doctorat, de très nombreux articles et plusieurs ouvrages, comme Michelet, les travaux et les jours (Gallimard, 1998), et dont il édita et préfaça plusieurs écrits, notamment le Journal (Gallimard, 1959 et 1962), Le Peuple (Flammarion, 1974), Jeanne dArc (Gallimard, « Folio », 1974), La Mer (LÂge dHomme, 1980), La Sorcière (Flammarion, 1993), Cours au Collège de France (Gallimard, 1995), Tableau de la France (éd. Équateur, 2008). Il entreprit et dirigea aux éditions Flammarion, à partir de 1971, la publication monumentale des Œuvres complètes de Michelet (40 tomes parus).

Dans les derniers temps de sa vie universitaire, il eut le plaisir deffectuer de longs séjours en Angleterre, en qualité de fellow au Churchill College de Cambridge et au St Antonys College dOxford.

Converti à la religion protestante dans les années 50, il assuma, après avoir quitté lUniversité, dimportantes fonctions administratives et journalistiques au sein de la communauté à laquelle il avait adhéré : participation au Conseil national de lÉglise réformée de France, assistance aux cérémonies et aux manifestations commémoratives, et direction du journal Réforme dont il rédigea, de 1985 à 1992, les éditoriaux hebdomadaires.

Une fois retraité, il partagea son temps entre son domicile parisien et sa patrie corrézienne. Il eut le malheur de perdre en 2005 son épouse Nelly, philosophe et spécialiste de Kierkegaard sur lequel elle a publié de nombreux essais. Ses dernières années furent assombries par la maladie et lhospitalisation dans des établissements de son pays natal, où il recevait de nombreuses visites amicales et familiales.

À tous ceux qui lont connu et fréquenté, étudiants, collaborateurs, collègues et amis, Paul Viallaneix laissera le souvenir ému non seulement dun professeur et dun chercheur extrêmement actif et créateur, mais aussi dun homme affable et souriant, optimiste, entreprenant, passionnément dévoué à toutes les tâches, universitaires, éditoriales, administratives ou confessionnelles, auxquelles il était fermement attaché.