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Chronologie

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  • ISBN: 978-2-8124-0095-7
  • ISSN: 2105-9527
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-8124-3972-8.p.0101
  • Éditeur: Classiques Garnier
  • Date de parution: 01/02/2010
  • Langue: Français
Accès libre
Support: Numérique
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CHRONOLOGIE

1623. – Naissance de Blaise Pascal à Clermont, en Auvergne (19 juin). Il est le fils d’un haut magistrat, Étienne Pascal (bientôt président de la Cour des Aides), et d’Antoinette Begon. Sa sœur aînée, Gilberte, a été baptisée en 1620.

1625. – Naissance de Jacqueline, sœur cadette de Blaise.

1626. – Mort d’Antoinette Begon.

1631. – En novembre, la famille Pascal quitte Clermont pour Paris. Étienne Pascal, passionné par les mathématiques, souhaite consacrer son temps aux sciences et à l’éducation de ses enfants.

1635. – Le jeune Blaise démontre seul la trente-deuxième proposition d’Euclide. Son père, stupéfait, commence à l’emmener aux réunions de savants qui se tiennent autour du père Mersenne, au couvent des Minimes de la Place Royale (actuelle Place des Vosges). Le 24 juin, les Pascal s’établissent non loin de là, rue Brisemiche, sur la paroisse Saint-Merri.

1638. – En mars, Étienne Pascal, qui a pris part à une manifestation contre le non-paiement des rentes de l’Hôtel de ville, doit fuir la colère de Richelieu et se cacher.

1639. – Le 3 avril, à l’issue d’une représentation, devant le cardinal, de L’Amour tyrannique de Scudéry, Jacqueline, qui tenait l’un des rôles, obtient de Richelieu la grâce de son père.

1640. – Au début de l’année, la famille Pascal s’installe à Rouen, où Étienne a été nommé par Richelieu commissaire pour l’impôt. Blaise publie lEssai sur les coniques.

1641. – Mariage de Gilberte avec son cousin, Florin Périer, conseiller à la cour des Aides de Clermont, le 15 juin.

1642-1645. – Invention et mise au point par Blaise de la machine arithmétique.

1646. – À la suite d’une chute sur la glace, en janvier, Étienne Pascal est soigné par deux gentilshommes gagnés à la spiritualité de l’abbé de Saint-Cyran (disparu en 1643).

Sous leur influence, toute la famille « se convertit », c’est-à-dire s’oriente vers une vie intensément chrétienne.

En octobre, Étienne et Blaise réalisent pour la première fois en France l’expérience de Torricelli, qui pose la question de l’existence du vide. Blaise varie ensuite les conditions de l’expérience.

1647. – Affaire Saint-Ange, de février à avril : Pascal et deux de ses amis attaquent les fantaisies théologiques d’un ancien capucin, Jacques Forton, sieur de Saint-Ange.

Au cours de l’été, Blaise, dont la santé donne des inquiétudes depuis le printemps, regagne Paris en compagnie de sa sœur Jacqueline. Les médecins lui ont interdit toute contention d’esprit.

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Les 23 et 24 septembre, Pascal reçoit la visite de Descartes, qui répugne à accepter l’existence du vide.

En octobre, publication des Expériences nouvelles touchant le vide, qui entraînent une controverse avec le père Noël, jésuite, recteur du collège de Clermont à Paris (l’actuel lycée Louis-Le-Grand).

Blaise et Jacqueline deviennent des familiers du monastère de Port-Royal de Paris, où ils retrouvent la spiritualité de Saint-Cyran. Jacqueline commence à souhaiter d’y devenir religieuse.

1648. – Dans une lettre à Gilberte, le 26 janvier, Blaise raconte ses entretiens avec M. de Rebours, confesseur des moniales de Port-Royal : il s’y déclare partisan de la théologie augustinienne de la grâce, telle que l’a synthétisée l’évêque Jansen (Jansénius) dans un ouvrage monumental, lAugustinus (1640).

Le 19 septembre, à la demande de Pascal, Florin Périer réalise l’expérience du Puy-de-Dôme, qui confirme l’hypothèse des variations de la pression atmosphérique et aboutit à la publication du Récit de la grande expérience de l’équilibre des liqueurs (automne).

1649. – Fuyant les troubles de la Fronde, les Pascal se retirent en mai à Clermont, chez les Périer, où ils resteront jusqu’en novembre 1650.

1651. – Pascal travaille à un Traité du vide, dont il nous reste un remarquable projet de préface et dont un vestige subsiste dans les Pensées (fr. 795).

Mort d’Étienne Pascal le 24 septembre. Blaise compose une « Consolation » d’une rare densité théologique, sa Lettre sur la mort de son père (17 octobre).

1652. – Jacqueline entre à Port-Royal de Paris, malgré son frère, le 4 janvier. Celui-ci traverse alors une période de moindre ferveur chrétienne, la « période mondaine ». En avril, il donne une conférence scientifique chez la duchesse d’Aiguillon, nièce de Richelieu. En juin, il adresse à la reine Christine de Suède une machine arithmétique, accompagnée d’une lettre magnifique sur la supériorité des grandeurs de l’esprit.

En octobre, Pascal se rend à Clermont, chez sa sœur Gilberte, où il restera jusqu’en mai 1653.

1653. – Le Pape Innocent XI condamne « cinq propositions » attribuées à lAugustinus de Jansénius (bulle Cum occasione, le 31 mai).

Au cours de l’été, Pascal renoue des relations d’amitié avec le jeune duc de Roannez et fait la connaissance du chevalier de Méré, théoricien de l’« honnêteté ». Au même moment, il commence à éprouver « un grand mépris du monde » (Jacqueline).

1654. – Au cours du premier semestre, le jeune savant se livre à une intense activité en physique et en mathématiques. Il termine les Traités de l’équilibre des liqueurs et de la pesanteur de la masse de l’air (publiés après sa mort, en novembre 1663). Sous l’influence de Méré, adonné au jeu, il jette les bases du calcul des probabilités et compose le Traité du triangle arithmétique.

En septembre, Blaise confie à Jacqueline son dégoût du « monde ». Le 1er octobre, il se rapproche du monastère de Port-Royal de Paris, en venant habiter près du Luxembourg, au 54 de l’actuelle rue Monsieur-le-Prince.

Le 23 novembre, il vit une intense expérience religieuse qui inaugure sa « conversion » définitive et dont la trace bouleversante est conservée dans le « Mémorial » (fr. 742).

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1655. – Pascal effectue une retraite à Port-Royal des Champs, qui ne forme qu’une même abbaye avec le monastère de Paris (7 au 28 janvier). On a longtemps situé là l’Entretien avec M. de Sacy sur Epictète et Montaigne (mais celui-ci est contemporain de la rédaction des Pensées).

Composition de lAbrégé de la vie de Jésus-Christ.

Au cours de l’automne, rédaction des deux versions De l’esprit géométrique, textes essentiels sur la logique et la rhétorique de Pascal. À la fin de l’année et au début de 1656, composition des Écrits sur la grâce (ces trois datations résultent des travaux de Jean Mesnard).

1656. – Le 23 janvier, Pascal vole au secours du grand théologien Antoine Arnauld, menacé de condamnation par la Sorbonne. C’est la Première Provinciale. Dix-sept autres Lettres suivront.

Miracle de la Sainte-Épine (24 mars) : une nièce de Pascal, la jeune Marguerite Périer, pensionnaire à Port-Royal de Paris et atteinte d’une fistule lacrymale réputée incurable, est subitement guérie en touchant une épine qui aurait appartenu à la couronne d’épines du Christ dans sa Passion. L’événement émeut tout Paris. Pascal entreprend de réunir une documentation en vue de rédiger une Lettre sur les Miracles. Mais au cours de ce travail une dérive se produit : cette réflexion limitée s’épanouit en projet d’une apologie du christianisme.

En août, publication du Rabat-joie des jansénistes, attribué au père Annat, jésuite, et qui s’efforce de détruire l’avantage que Port-Royal tirait du miracle (voir le fr. 425).

Le 26 octobre, lettre à Charlotte de Roannez sur le Dieu caché, l’une des clés des Pensées. Il nous reste neuf fragments de la riche correspondance adressée par Pascal à la sœur du duc entre septembre 1656 et février 1657.

1657. – En février, le père de Lingendes, jésuite, profite du carême pour tenter de réduire, à son tour, la signification du miracle de la Sainte-Épine. Deux « Pensées » font allusion à cette prédication (fr. 419 et 442).

Le 11 mars est remise à Louis XIV la bulle Ad sacram du Pape Alexandre VII, qui condamne les Cinq propositions « au sens de Jansénius » (quoique sans préciser ce sens). Le 17, l’Assemblée du Clergé décide d’imposer aux prêtres et aux religieuses la signature d’un Formulaire anti-janséniste. Le 24 mars, Dix-huitième Provinciale, la dernière. Le fr. 747 conserve des notes probablement destinées à une Dix-neuvième lettre.

Le 18 octobre, Paris apprend la mise à l’Index des Provinciales. L’indignation de Pascal se manifeste dans le fr. 746. En décembre paraît lApologie pour les casuistes du père Pirot, jésuite. Cette publication déclenche une campagne des curés de Paris, auxquels Pascal prête sa plume pour la rédaction de plusieurs factums.

1658. – Au début de l’année, pendant ses nuits d’insomnie, Pascal découvre les solutions du difficile problème géométrique de la cycloïde.

Au printemps, rédaction de l’écrit Sur la conversion du pécheur et de la Comparaison des chrétiens des premiers temps avec ceux d’aujourd’hui (ces deux datations résultent des travaux de Jean Mesnard).

En mai, Pascal compose le Cinquième Écrit des curés de Paris, qui recueillera les signatures le 11 juin. Il prépare le lancement d’un concours sur les problèmes de la cycloïde.

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Vers juin, il procède au classement de ses notes préparatoires à lApologie, organise sa matière en vingt-sept liasses pourvues de titres et met à part sept autres dossiers. C’est vraisemblablement au milieu de cette activité que ses amis l’interrogent sur son projet et qu’il expose celui-ci dans une conférence de deux à trois heures.

À peine cette mise en ordre achevée, l’écrivain passe à l’étape suivante et commence divers « développements » (essais de rédaction ample, recueils documentaires).

À la fin de l’année et au début de 1659, rédaction très rapide et impression immédiate des traités sur la roulette (ou cycloïde) et de traités qui fondent le calcul infinitésimal.

1659. – Pascal tombe en février dans un état de prostration qui lui interdit même de répondre aux lettres. Au début de novembre, il compose la Prière pour demander à Dieu le bon usage des maladies.

1660. – De mai à septembre, Pascal, qui est encore faible, peut aller se reposer à Clermont, chez sa sœur Gilberte. Diverses « Pensées » datent de cette année 1660 : fr. 616, 622. Les fr. 649 et 650 constituent des vestiges de Discours sur la condition des Grands, reconstitués et publiés par Pierre Nicole en 1670.

1661. – Port-Royal, qui refuse de signer sans restrictions le Formulaire anti-janséniste, est en butte à une persécution brutale. Pascal, hostile à toute signature, rédige un Écrit sur la signature du Formulaire. Le 4 octobre, Jacqueline Pascal meurt, probablement d’une péritonite.

À l’automne, la famille Périer s’installe à Paris.

À la fin de l’année, Pascal s’oppose violemment à Arnauld et à Nicole, qu’il juge trop timorés dans la défense de la vérité. Peu après, se sentant isolé de Port-Royal, il décide de se retirer des controverses et de se consacrer à son Apologie.

1662. – Pascal et le duc de Roannez lancent à Paris les « carrosses à cinq sols », première forme de transports publics urbains.

Le 29 juin, de nouveau gravement malade, Pascal se fait transporter chez Gilberte. Il s’éteint le 19 août à une heure du matin. Il est inhumé le 21 dans l’église Saint-Étienne-du-Mont.

À la fin de l’année, début du travail du copiste, qui met au net en deux « copies » les autographes pascaliens, « dans l’ordre où on les avait trouvés ». Gilberte rédige sa remarquable Vie de M. Pascal (qui ne sera publiée qu’en 1684).

1663. – Publication des Traités de l’équilibre des liqueurs et de la pesanteur de la masse de l’air (novembre).

1664. – Les Périer regagnent Clermont, et y emportent tous les papiers de Pascal (décembre).

1665. – Publication du Traité du triangle arithmétique.

1667-1669. – Préparation de l’édition des Pensées. Le duc de Roannez et ses amis collaborent avec les Périer, Arnauld et Nicole. Le choix éditorial consiste à ne retenir que les « Pensées » les plus achevées, à les retoucher et à les publier dans l’ordre jugé le plus commode. Le 2 janvier 1670 paraissent à Paris les Pensées sur la religion et sur quelques autres sujets, précédées d’une préface d’Étienne Périer. Cette édition, dite « édition de Port-Royal », sera augmentée d’une quarantaine de fragments nouveaux en 1678. C’est elle qui sera lue pendant près d’un siècle.

1684. – Publication à Amsterdam de La Vie de M. Pascal, de Gilberte (qui meurt en 1687).

1711. – Louis Périer, neveu de Pascal, dépose les autographes des Pensées à la bibliothèque de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés. Il les avait au préalable collés sur un album, le Recueil Original des Pensées.

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1723. – Marguerite Périer, nièce de Pascal, lègue la Première Copie au bénédictin dom Jean Guerrier et la Seconde à l’oratoire de Clermont.

1727. – L’évêque de Montpellier publie les Pensées de Pascal sur les miracles (tirées des Copies).

1728. – L’oratorien Desmolets publie lEntretien avec M. de Sacy, ainsi qu’un ensemble de textes tirés d’un manuscrit que Louis Périer avait préparé en vue d’une édition : la version de L’Esprit géométrique intitulée « De l’art de persuader », le long fragment sur l’amour propre (fr. 743) et diverses autres « Pensées ».

1731. – La Première Copie est déposée à la bibliothèque de Saint-Germain-des-Prés, peu après la mort de dom Jean Guerrier.

1740. – Publication du « Mémorial » dans le Recueil de plusieurs pièces pour servir à l’histoire de Port-Royal (dit Recueil d’Utrecht).

1772. – Mort du père Pierre Guerrier, neveu de Jean et oratorien de Clermont. Il avait réuni un grand nombre de textes pascaliens et possédait la Seconde Copie. Celle-ci passe alors à l’un des ses héritiers, qui la déposera en 1779 à la Bibliothèque du Roi.

1776. – Édition Condorcet des Pensées, reprise en 1778 et annotée par Voltaire.

1779. – Édition des Œuvres de Pascal en 5 volumes, par l’abbé Bossut. Les Pensées (au tome II) sont réparties en fragments profanes et en fragments religieux. C’est cette édition qui relaie l’édition de Port-Royal et régnera jusque vers 1850.

1842. – Victor Cousin publie un Rapport sur la nécessité d’une nouvelle édition des Pensées de Pascal. Il réclame un texte exact, qui rompe avec les « améliorations » de l’édition de Port-Royal.

1844. – Édition Faugère, qui réalise les vœux du Rapport Cousin.

1852. – Édition Havet, qui conserve le classement de Bossut, mais fournit le texte exact de Faugère, accompagné d’une annotation de grande qualité. C’est cette édition qui va prédominer jusqu’à l’édition Brunschvicg.

1897. – Édition Brunschvicg (minor) des Pensées et opuscules.

Elle supplante Havet et s’imposera jusqu’aux éditions enfin conformes à l’ordre pascalien. Brunschvicg, désespérant de découvrir une organisation originelle, avait adopté un ordre « logique » et réparti les fragments en quatorze sections.

1904-1914. – Édition Brunschvicg (major) des Pensées, qui occupent 3 volumes sur les 14 des Œuvres complètes.

1938. – Édition Tourneur, en 2 vol., qui s’inspire de l’organisation de la Copie. En 1942, le même éditeur publiera un déchiffrement remarquable de toutes les variantes des originaux pascaliens.

1951. – Édition Lafuma, en 3 vol., conforme à l’organisation de la Première Copie. Elle a été reprise, à quelques détails près, dans les Œuvres complètes publiées par les Éditions du Seuil en 1963 (coll. « L’Intégrale »).

1962. – M. Jean Mesnard publie quatorze « Pensées » inédites. Il entreprend l’édition des Œuvres complètes, où les Pensées occuperont le tome VI.

1976. – Édition Sellier, conforme à la Seconde Copie, Copie de référence de Gilberte Pascal.

1977. – Édition Le Guern, conforme à la Première Copie, mais améliorant l’édition Lafuma.

1991. – Édition Sellier (Seconde Copie), intégrant les apports décisifs de M. Pol Ernst, auteur de Géologie et stratigraphie des « Pensées ».

2003. – Édition Sellier, conforme aux indications d’« ordre » laissées par Pascal. Chaque dossier demeure intangible, mais la succession de ces dossiers s’éclaire d’un jour nouveau (collection « Agora », Pocket).