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Résumés

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  • ISBN: 978-2-406-08137-1
  • ISSN: 2103-5636
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-406-08139-5.p.0735
  • Éditeur: Classiques Garnier
  • Date de parution: 11/12/2018
  • Langue: Français
Accès libre
Support: Numérique
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Résumés

Anne Surgers, « Pourquoi danse-t-on ? Et pourquoi danse-t-on à lArsenal pendant les règnes dHenri IV et Louis XIII ? »

Létude proposée porte sur les lieux des fêtes à lArsenal au temps de Sully, leur apparat, leur fonction. Elle commence par une synthèse sur la disposition et le décor de lArsenal. On propose ensuite de replacer le temps des fêtes à lArsenal dans un cycle dalternance de guerre et de recréation. La troisième partie conduit à envisager la grande salle de lArsenal comme lun des éléments permettant la manifestation de la gloire royale et construisant lallégorie de lordre du Monde.

Marie-Joëlle Louison-Lassablière, « Apologie ou condamnation. La polémique sur la danse de 1551 à 1661 »

La querelle sur la Danse (1551) suscite une controverse entre Protestants et Catholiques sur la pratique chorégraphique. Contempteurs et défenseurs se renvoient à lenvi les mêmes références pour justifier un parti pris et son contraire. Le xviie siècle oppose les Jésuites aux Jansénistes sur la place de la danse dans léducation. Mais avec la fondation de lAcadémie royale de danse (1661) et la participation des nobles aux ballets de cour, Louis XIV fait éclore la belle danse qui préfigure la danse classique.

Georgie Durosoir, « “Le plaisant, le rare et le merveilleux”. Étudier la matière littéraire du ballet de cour »

La matière littéraire des ballets du premier xviie siècle se résume à des strophes de vers à lire et de vers à chanter auxquelles seule la danse apporte lintelligibilité par la visualisation. Les épopées antiques et modernes fournissent, avec lallégorisation de la famille royale, un schéma narratif. Ces textes libres et pittoresques constituent un vrai miroir de la société du temps.

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Fabien Cavaillé, « Du Louvre à lArsenal. La circulation des ballets dans la ville »

Cet article montre que la circulation des ballets entre la cour et lArsenal obéit à plusieurs stratégies qui sont autant liées à la condition aristocratique au début du xviie siècle quà la manifestation du pouvoir royal : stratégies dalliance et de protection, de magnificence mais aussi de galanterie. Ces stratégies sont étudiées à partir des cas de Bassompierre, Sully et de Nemours qui ont contribué à faire de lArsenal un haut-lieu de la fête de cour.

Sophie Nawrocki, « “Quand le roy emmenoit luy mesme toute la noblesse à lArsenac chez Monsieur de Sully”. Ballets et réjouissances dans lhôtel du grand maître sous le règne dHenri IV »

Sous le règne dHenri IV, Maximilien de Béthune ouvre les portes de lArsenal aux fêtes et réjouissances. Ballets, combats à la barrière et courses à la bague rythment la vie de lhôtel du grand maître de lartillerie comme les archives diplomatiques, les mémoires et les correspondances des contemporains en témoignent. Leur fréquence, leur organisation, le contexte de leur représentation donnent des éléments pour comprendre le fonctionnement de la cour et préciser la place de lArsenal comme lieu de pouvoir.

Marie-Claude Canova-Green, « Le ballet à lArsenal ou la magie du roi (1635-1636) »

LArsenal servit dans les années 1630 au maréchal de la Meilleraye à donner des ballets où le désir de se mettre soi-même avantageusement en scène le disputait à la nécessité dexalter les hauts faits du monarque et de célébrer son pouvoir transformateur sur la nature et la société, à limage du pouvoir illusionniste du machiniste. Au cœur des ballets était une réflexion sur la notion de merveille, à la fois miracle de laction royale, magie du spectacle et mise au pas des spectateurs éblouis.

Marie-Françoise Christout, « Anatomie du ballet de cour ou La manière de composer et faire réussir les ballets. Danse et costumes »

Dans la genèse, lévolution et la réussite du ballet de cour en France sous le règne des Valois et des Bourbons, danse et costumes jouent un rôle majeur. Fondé sur la quête et le décryptage des sources contemporaines, ce survol permet de faire revivre un univers fascinant par son faste mais aussi sa surprenante liberté. Des codes sinstaurent cependant. En préservant sa suggestive 737fantaisie et son élégance raffinée, cette typologie perdurera plus dun siècle à la cour de Louis XIV et à lAcadémie royale de musique.

Béatrice Massin, « La danse baroque. De la reconstitution à la création ou comment faire vivre un matériel historique »

La danse sous le règne de Louis XIV est bien connue. Elle y a joué un rôle politique important et cest à la demande du roi quun système de notation très précis a été inventé, qui fournit aujourdhui de nombreuses chorégraphies. En travaillant sur ces partitions, lauteur de larticle a découvert une liberté nouvelle, le menant à la création de sa propre compagnie qui fait dialoguer danse baroque et danse contemporaine. Sans sen éloigner, la danse baroque est au contraire questionnée pour en faire une danse vivante.

Christine Bayle, « Éclats de bal. Conférence-dansée »

À mi-chemin entre spectacle et conférence, cet article mêle textes et poèmes, ainsi que les résultats des recherches liées au manuscrit Instruction pour dancer les dances, dans une relation analogique avec lévénement fêté à lArsenal, le mariage de lune des filles de Sully avec M. de Rohan (proche compagnon dHenri IV). Il sagit donc de restituer des danses de lépoque dHenri IV décrites dans un manuscrit datant de 1610 environ, et de les mettre en pratique, avec laide notamment de Patrick Blanc, musicien.

Patrick Blanc, « Éclats de bal. Musiques pour un Ballet de lInconstance »

Ce travail, entrepris avec la chorégraphe Christine Bayle, à la demande de la bibliothèque de lArsenal sur le Ballet de lInconstance, ne vise ni à lexhaustivité, ni à la reconstitution. Il sest agi plutôt de replacer un moment spectaculaire dans son contexte poétique, festif et cérémoniel, den évoquer lambiance et la saveur en rassemblant les éléments connus ayant fourni la matière de ces festivités au temps dHenri IV et de Sully.

Catherine Massip, « Un musicien aux ruelles. Michel Lambert (1610-1696) et ses poètes »

Michel Lambert est lun des plus prolifiques compositeurs dairs sérieux destinés aux ruelles. Lexamen de sa production riche de près de 350 pièces, 738connue par trois livres dairs (1660, 1689, après 1690) permet de mettre en évidence ses choix poétiques et didentifier une partie des sources auxquelles il a puisé.

Thomas Leconte, « De lair de cour à lair sérieux. Le cas Antoine Boesset (1587-1643), “fantôme” des ruelles »

Dans la seconde moitié du xviie siècle, lengouement pour les airs du « vieux Boesset » se manifeste dans les commentaires contemporains ainsi que par la réédition de textes de ses airs dans des anthologies littéraires. Si la réédition de 1685-1689 na fait subir aucune modification au corpus polyphonique, il nen est pas de même dans les versions manuscrites, qui témoignent plus directement des pratiques du temps.

Delphine Denis, « Au cœur de lesthétique galante. La notion de tempérament »

Opération visant à accorder des forces centrifuges, la notion de tempérament est examinée dabord sous langle de la diversité dans les recueils collectifs, puis sous celui du prosimètre. Enfin, la recherche du juste tempérament se manifeste dans le principe de variation, au-delà de la simple variété.

Myriam Dufour-Maître, « Les Précieuses chansonnées »

Celles quon nomma « Précieuses » au xviie siècle furent amplement chansonnées, et létude des timbres sur lesquels on composa de nombreux vaudevilles contre elles est révélatrice des effets de sens qui étaient obtenus par lusage de ces airs connus, contribuant à la dégradation sociale et morale du titre de « Précieuse ».

Jean-Noël Laurenti, « Bacilly écrivain »

Lécriture des Remarques curieuses sur lArt de bien chanter de Bertrand de Bacilly semble marquée par une certaine tradition scolastique. Mais lauteur a essayé de se dégager de la forme austère du traité en adaptant son discours à un public mondain, et témoigne dune pratique dinterprétation de l« air » qui resta vivace jusquà la fin du xviie siècle.

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Laurent Guillo, « De la gravure au trait de plume. Lillustration des recueils dairs de cour du Corpus Horicke »

Le Corpus Horicke, un ensemble de dix-sept manuscrits musicaux calligraphiés par le maître écrivain bruxellois Balderic van Horicke (ca. 1595-1643), totalisant 363 pièces de musique, est illustré avec 192 traits de plume dont les deux tiers au moins sont inspirés par des gravures du temps.

Philippe Hourcade, « Divertissements chorégraphiques de la première moitié du xviiie siècle. Chez la duchesse du Maine »

La connaissance des divertissements chorégraphiques de la cour de Sceaux demeure lacunaire. Les deux recueils de 1718 et de 1725, les périodiques et les éditions du temps montrent que le personnel dansant de Sceaux fut avant tout professionnel et que la pantomime y voisina avec la danse noble.

Dominique Quéro, « Les théâtres de société de la duchesse du Maine »

Après les Grandes Nuits de Sceaux, la duchesse du Maine est encore partie prenante des deux accès de « fièvre abdéritaine » qui semparent de la société française, dune part, au début des années 1730 – époque qui voit louverture, en 1734, dune salle de théâtre à lArsenal – et, dautre part, à la fin des années 1740.

Jean-Pierre Babelon, « LArsenal au temps du duc et de la duchesse du Maine »

LArsenal dans lequel le duc et la duchesse du Maine fixèrent leur séjour parisien avait connu bien des transformations depuis la construction de lenceinte de Paris bâtie sous Charles V. Les intrigues menées par le prince et la princesse conduisirent à les faire exiler loin du petit pavillon de la duchesse et des appartements du duc qui restèrent inachevés.

Catherine Cessac, « Plaisirs et déplaisirs de la duchesse du Maine à lArsenal »

À lArsenal, la duchesse du Maine possède deux appartements, un grand et un petit appelé aussi « petite maison », sans oublier un pavillon en bordure de la Seine. Elle y mène une intense activité mondaine et artistique, faisant de lArsenal lun des théâtres de société les plus courus de Paris au cours de lannée 1734.

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Julie Faure, « Architectures et décors des théâtres de société au xviiie siècle »

Situés le plus souvent au cœur de grandes demeures privées, les salles de spectacle consacrées au théâtre de société témoignent de la vitalité de cet art. Si la plupart de ces salles ont aujourdhui disparu, il en reste heureusement quelques témoignages écrits ou architecturaux, comme le théâtre de la reine Marie-Antoinette à Trianon.

Marianne de Meyenbourg, « Les bibliothèques du duc et de la duchesse du Maine »

Les bibliothèques du duc et de la duchesse du Maine, connues uniquement par leurs inventaires après décès, sont très conformes à ce que lon attend dune bibliothèque princière du xviiie siècle, avec pourtant quelques traits particuliers témoignant de leurs goûts personnels.

Marie-Emmanuelle Plagnol-Diéval, « Le théâtre de société à Paris dans la seconde moitié du xviiie siècle »

Véritable phénomène au xviiie siècle, la théâtromanie touche un grand nombre de groupes sociaux. La pratique est à comprendre comme lancêtre du théâtre amateur. Lœuvre de Paulmy, le Manuel des châteaux ou Lettres contenant des conseils pour former une bibliothèque romanesque, pour diriger une comédie de société, et pour diversifier les plaisirs dun salon se situe dans ce contexte en plein épanouissement. Lengouement se prolonge avec des anthologies et des catalogues de pièces proposés à ces « sociétés damateurs ».

Valérie De Wispelaere et Thomas Vernet, « Les annotations du marquis de Paulmy sur le fonds “Musique” de sa bibliothèque »

Les notes laissées par le marquis de Paulmy, tant dans ses volumes quen marge de son Catalogue raisonné dune grande bibliothèque, éclairent la nature du travail dannotateur du marquis en même temps quelles aident à définir la place occupée par le « livre de musique » dans sa collection.

Dominique Quéro, « Paulmy auteur dramatique »

Lintérêt du marquis de Paulmy pour le théâtre ne se limita pas à la constitution dune bibliothèque réunissant nombre dœuvres dramatiques. 741Dès sa jeunesse, le collectionneur sessaya à la composition de plusieurs pièces, parmi lesquelles le Prix de Cythère et les Antres de Trophonius peuvent lui être attribuées avec certitude.

Dominique Coq, « “Poésies anciennes en caractères gothiques”. Le Moyen Âge quaimait le duc de La Vallière »

Après Chastre de Cangé ou Guyon de Sardière, le duc de La Vallière porta un intérêt particulier à la littérature médiévale. Mais contrairement au marquis de Paulmy, ce sont principalement les « pièces gothiques », poésies ou pièces de théâtre en français dune dizaine de pages environ qui retinrent son attention et qui furent préservées grâce à lui.

Danielle Muzerelle, « À la recherche du “bon vieux temps”. Le marquis de Paulmy et ses collections médiévales »

Les travaux du marquis de Paulmy et la constitution de sa bibliothèque médiévale, manuscrits et imprimés, témoignent dune approche savante et dune connaissance sûre de la littérature et de lhistoire médiévales, mises au service de son désir de vulgariser les « antiquités nationales », dans un esprit proche de celui de ses amis du Cabinet des chartes ou de lAcadémie des inscriptions et belles-lettres.

Fanny Maillet, « Petites mains et grandes plumes. Le marquis de Paulmy face à ses collaborateurs »

Lexamen des deux périodiques dans lesquels Paulmy sattacha à partager ses trésors avec le public révèle, à la lumière des documents préparatoires, de la correspondance des contributeurs et de leurs papiers personnels, que la générosité du propriétaire fut aussi entachée par la possessivité, et son sens du partage contrôlé.

Maria Colombo-Timelli, « Le marquis de Paulmy lecteur des “romans” du xve siècle. Entre la Bibliothèque universelle des romans et les Mélanges tirés dune grande bibliothèque »

Dans la BUR et dans les Mélanges, le marquis de Paulmy fait une large place à la littérature des xve et xvie siècles, en accompagnant ses « miniatures » de 742commentaires tirés des notes manuscrites qui se lisent toujours dans certains volumes conservés à lArsenal. Néanmoins, les deux collections se distinguent dans leur présentation : si la BUR opte pour une chronologie « historique », dans les Mélanges cest lordre de parution des œuvres qui est adopté, dans le but doffrir au public une « histoire de la lecture ».

Xavier Bisaro, « De la cathédrale au salon. Le médiévalisme musical à lépoque du marquis de Paulmy »

La redécouverte des chansons médiévales dans les années 1770, par le marquis de Paulmy et son entourage, est à la fois matière scientifique et prétexte à une (re)création. La « naïveté » de ces chansons, renvoyant à létat naturel de la société aristocratique, sinscrit dans le contexte de la crise de lidentité nobiliaire dans la France des Lumières.