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Résumés des contributions

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  • ISBN: 978-2-406-08315-3
  • ISSN: 2494-8470
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-406-08317-7.p.0429
  • Éditeur: Classiques Garnier
  • Date de parution: 29/05/2019
  • Langue: Français
Accès libre
Support: Numérique
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Résumé des contributions

Yvon Houssais, « Histoire et poétique la nouvelle de langue française (I). La nouvelle au xixe siècle : une nouvelle façon de raconter »

Avec Stendhal et Mérimée, la nouvelle effectue dans la première moitié du xixe siècle une métamorphose de grande ampleur qui lamène vers la brièveté et la dramatisation. La production est donc, tout au long du siècle, riche, régulière, variée. La nouvelle doit ce succès au fait quelle bénéficie dun mode de publication privilégié : les revues. Lœuvre de Maupassant illustre cette collusion entre la presse et la nouvelle.

Michel Viegnes, « Histoire et poétique sur la nouvelle de langue française (II). La nouvelle au xxe siècle : le paradoxe français »

Cet article rend compte des grandes évolutions du récit bref dans la littérature française du xxe siècle, à la fois selon sa dynamique propre et en fonction des grands mouvements de lhistoire littéraire. Si peu dauteurs se présentent comme des spécialistes du « format court », les trois dernières décennies montrent un profond renouvellement de la théorie comme des pratiques, la nouvelle et dautres formes narratives caractérisées par la brièveté réapparaissant comme un cadre privilégié pour lexpérimentation.

Pierluigi Pellini, « Épiphanies domestiquées. Le micro-récit dans lItalie contemporaine »

Le micro-récit, sous-genre aux contours flous – entre petit poème narratif en prose et courte nouvelle – a connu un essor remarquable dans lItalie du xxie siècle. Lanalyse des recueils les plus représentatifs dauteurs tels que Vanni Santoni, Tiziano Rossi, Ugo Cornia, Andrea Bajani, Luca Ricci et Vitaliano Trevisan, permet den étudier la structure et les thèmes, ainsi que den souligner certaines apories.

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Florence Olivier, « Une poétique du détail. Entretien avec Alain-Paul Mallard »

Lécrivain et cinéaste mexicain Alain-Paul Mallard (Mexico, 1970) aborde dans un premier temps la poétique du détail quil pratique. Se pose la question de leffet dunité que la mise en recueil confère à des textes hétérogènes (nouvelles, fragments, essais narratifs) ainsi que celle de la tension entre fragments et totalité. Dans un second temps, sont évoqués la tradition de la forme brève en Amérique Latine et les attributs du genre de la nouvelle : mémorabilité et vitesse.

Claire Colin, « Voix de nouvellistes français. Table-ronde avec Alain Absire, Georges-Olivier Chateaureynaud et Marie-Hélène Lafon »

Trois écrivains français parlent de leur pratique du récit bref par rapport au roman. Le processus décriture dune nouvelle est comparé à « lhuître et la perle », ou encore assimilé à un fonctionnement « en réduction continuelle » (Châteaureynaud), du « texte bandé » (Lafon), une « histoire », ou un « laboratoire » (Absire). Les écrivains échangent également leurs vues sur létat du récit bref aujourdhui, les auteurs quils aiment (re)lire, et la composition dun ensemble, quon lappelle recueil ou non.

Christine Lorre-Johnston, « Quelque chose dirrégulier. Entretien avec Mark Anthony Jarman »

Lécrivain canadien nous parle de ses liens à lOuest nord-américain et à lAncien Monde, de son goût du voyage, ainsi que des ateliers décriture – celui quil a suivi et ceux quil anime aujourdhui en tant quenseignant –, des écrivains qui lont inspiré, du rapport entre narration et culture visuelle, de limportance des muses… et des échéances.

Tumba Shango Lokoho, « De la brièveté dans la littérature francophone africaine »

Le format court, hier apanage de loralité en Afrique, est aujourdhui intégré dans le roman comme discours gnomique ou récit à visée sapientiale, comme exemplum ou fragment à visée éthique. Ces discours brefs constituent des nœuds de discontinuité narrative et des lieux de convergences esthétiques et éthiques au cœur des œuvres romanesques contemporaines. Cet article les 431analyse dans le passage de loralité à lécriture comme modalité de remotivation et de revitalisation esthétique contemporaine.

Philippe Met, « Horreur du court métrage »

Cet essai sintéresse à la riche histoire du court dans le domaine du fantastique et de lhorreur cinématographiques, sous les avatars du film dit « à sketches » (de Dead of Night à Tales from the Crypt), ainsi que du « néo-giallo » (à savoir des films français des années 2000, dus notamment au duo Cattet-Forzani). Entre intégration au sein dune formule « anthologique » et simples suppléments déditions DVD, la fonction et la réception de ces courts varient grandement.

Bruno Thibault, « Lart du bref et lécriture de la réticence dans Cant and Wont (2014) de Lydia Davis »

Cet article analyse la résistance ou la réticence au narré qui caractérise de façon frappante les nouvelles récentes de Lydia Davis. Reposant sur des exemples précis, la discussion examine successivement labsence d« épiphanie », lépuisement de lanecdote, le blocage et le dérapage de la voix narrative, le jeu avec lobstination et avec lobsession, lhumour et enfin le rejet des discours formatés (ceux du contrôle social et de la « doxa ») qui caractérisent ces textes extrêmement brefs.

Corinne Bigot, « Les long short stories, lart de la nouvelle selon Alice Munro (I). Une littérature de linconfort »

Cette étude, à travers la lecture de trois nouvelles dAlice Munro publiées entre 1994 et 2001, suggère que lart de la nouvelle selon Munro relève dune littérature de linconfort car ses nouvelles reposent sur une « écriture du doute », fondée sur les ellipses, les silences, et une réticence narrative. Celles-ci forcent une participation du lecteur, qui est amené à composer avec lincertitude, linachèvement et linconnaissable.

Christine Lorre Johnston, « Les long short stories, lart de la nouvelle selon Alice Munro (II). La novella comme rétrospective »

Dans le prolongement de larticle de Corinne Bigot, celui-ci étudie trois autres nouvelles dAlice Munro et sinterroge sur les enjeux de la désignation 432de ces nouvelles longues comme novellas, en rapport avec leur caractère rétrospectif. Il savère ainsi que la longueur se prête favorablement à un récit dans lequel sopère une prise de recul permettant une réflexion sur la vie, le bonheur, le vieillissement et la mort – et, comme toujours chez Munro, les rapports entre hommes et femmes.

Jean Anderson, « Lecture interstitielle et ellipse culturelle. Lire laltérité dans la nouvelle océanienne »

La nouvelle est déjà une forme elliptique, qui suggère plutôt quelle ne décrit. Dans le cas des textes dauteurs autochtones, ces ellipses opèrent souvent au niveau déléments culturels. À partir dœuvres de cinq auteurs océaniens, Patricia Grace, Tina Makereti, Alice Tawhai (Aotearoa / Nouvelle-Zélande), Waej Genin-Juni et Paul Wamo (Kanaky / Nouvelle-Calédonie), cette étude se penche sur la problématique de la lecture des références et allusions culturelles par un public peut-être mal ou partiellement informé.

Claire Fabre-Clark, « Les métamorphoses du quotidien dans la nouvelle américaine contemporaine »

En Amérique du Nord, la nouvelle, sous lappellation de « conte », se situait dès ses origines en bordure de létrange. Ces récits abondent encore actuellement et mettent en scène la défamiliarisation de la vie ordinaire : la représentation du quotidien y est facteur de construction et de déstabilisation simultanées du sujet et de la langue. À partir de plusieurs récits brefs, larticle revient sur limportance de la « maison » comme cadre diégétique et métaphorique privilégié pour de telles représentations.

Sabrinelle Bedrane, « Nouvelles étrangères dans ma langue française. Entretien avec Leïla Sebbar »

Leïla Sebbar décrit, dans cet entretien, ses nouvelles, en mettant laccent sur linfluence déterminante de ses origines. Elle défend la nouvelle, genre élu par un public choisi et, malheureusement, restreint. Nouvelliste et romancière, lauteur distingue nettement lécriture de la nouvelle de celle du roman, la violence étant, pour elle, lélément déclencheur de la nouvelle.

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Jaine Chemmachery, « Regards sur la société contemporaine indienne dans une sélection de nouvelles indiennes de langue anglaise »

Ce travail vise à remettre au goût du jour la nouvelle et à faire connaître des textes contemporains indiens écrits par des femmes. Sur une scène littéraire dominée largement par les hommes et le roman, ces écrits offrent un regard décalé sur la société contemporaine indienne qui mérite dêtre étudié. Centrés sur lécriture du secret et de lindicible, ils produisent un discours poétique et politique interrogeant aussi bien les tabous de lInde daujourdhui que les conventions décriture du genre.

Philippe Daros, « Vitaliano Trevisan, une poétique des marges »

Alors que la forme brève implique traditionnellement une rapidité, une efficacité dans lorganisation narrative, les récits brefs de Vitaliano Trevisan apparaissent comme une succession de segments digressifs dépourvus dactions, dintrigue unifiante, plus encore de dénouement. Une voix marginale rend compte dun rapport au monde énigmatique pour cette voix elle-même qui jamais ne cherche à traduire son dire, son faire, son « style de vie » en une manifestation de conscience de soi explicite.

Isabelle Roussel-Gillet, « Récits brefs en mouvement, du métro au musée »

Lapproche de lanthropos contemporain à travers des formes hybrides (Échenoz, Forest, Le Clézio, Sebbar, Suel), parfois en lien avec les nouveaux outils numériques (éditions Invenit et La contre-allée), interrogera le « capital mobilitaire » des récits brefs, leurs rapports aux images dobjets, leur provision dhumanité, leur intime, et leur mise en jeu dun sujet passant comme sujet de lentre-deux.

Claire Colin, « Microfictions numériques, sms, tweets et pictogrammes. Le récit à lheure de lextrême brièveté »

La brièveté narrative saccorde particulièrement bien aux évolutions du numérique et à lémergence des réseaux sociaux. Les contraintes de format dun tweet ou dun cliché dInstagram sont, à la manière des règles de lOulipo, des sources dinspiration qui peuvent expliquer la popularité des micro-récits. Tantôt traditionnels, tantôt originaux, ces récits – dont la qualité littéraire 434fait parfois défaut – permettent une réflexion sur la notion de communauté et de littérature plurielle.

Philippe Vilain, « En un mot comme en mille. Une esthétique de la brièveté »

Après avoir évoqué plusieurs idées reçues sur le rapport entre la longueur dun texte et sa qualité, lécrivain auteur de romans courts examine les liens entre forme brève et timidité, ainsi que léconomie verbale de son travail et la notion de « dire juste », son aspiration à la lucidité, et la valeur dun style décriture classique. Son fantasme serait décrire un seul livre, un « texte définitif », produit dune condensation ultime…

Claire Colin, « Lessai au format court. Entretien avec Belinda Cannone »

Lauteure analyse dans ses écrits réflexifs son rapport à la brièveté : celle-ci lui est essentielle pour instaurer le rapport voulu avec son lecteur, celui dune pensée en concomitance. À la fois souffle et instillation du doute, la brièveté savère essentielle pour lécriture des essais. Le fragment, léclat, laphorisme comptent en effet pour lauteure parmi les modalités décriture possibles pour aborder des notions aussi vastes que le désir, lamour, le couple.

Marie-Hélène Lafon, « Pièces et morceaux »

La romancière et nouvelliste a commencé par une nouvelle, comme si écrire était une histoire de souffle. Elle craignait de ne pas tenir la distance, comme pour la course. En courant, en écrivant : elle confie ses va-et-vient constructifs entre histoires longues et histoires courtes, encore et toujours une affaire de corps. 

Anne Sennhauser, « Le récit bref à lombre du roman ? Lart de la nouvelle chez Marie-Hélène Lafon »

Cet article cherche à appréhender lart de la nouvelle chez Marie-Hélène Lafon et à mesurer la place du récit bref au sein dune œuvre majoritairement romanesque. Si les nouvelles possèdent leur généricité propre, de par leur économie narrative elliptique et leur puissance évocatoire, elles donnent corps à des motifs obsédants qui ne cessent de dialoguer avec lœuvre romanesque, explorant un univers archétypal dont le pays denfance constitue lépicentre.

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Claire Colin, « Une poétique de la digression. Entretien avec Vitaliano Trevisan »

Lauteur est interrogé sur quelques points particuliers de son œuvre : sur le rapport singulier entretenu avec lespace et le temps en Italie. Puis il évoque limportance décrivains tels Thomas Bernhard et Samuel Beckett, pour rendre compte de son rapport à lécriture fait de digressions, dindirections, de variations. Enfin, cest son amour pour la musique de jazz ainsi que la nécessité – existentielle – de lhumour quil inclut dans ces fictions : romans, récits brefs, théâtre

Vitaliano Trevisan, « Becketts pen »

Un short de lécrivain, une vignette, constituée dun paragraphe narratif dune dizaine de lignes en hommage à Beckett, Paris et lécriture.

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