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Présentations des auteurs et résumés

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Présentations
des auteurs et résumés

Fabrizio Cigni, « Le manuscrit 3325 de la Bibliothèque de lArsenal de Paris (A1) »

Fabrizio Cigni sest occupé principalement de textes arthuriens franco-italiens, comme la Compilazione de Rusticien de Pise, dont il a publié lédition (Pise, 1994), et de la tradition et circulation de romans en prose comme le Guiron le Courtois et le Tristan, en sintéressant à laire italienne nord-occidentale de la fin du xiiie siècle. Il enseigne la philologie et la linguistique romanes à luniversité de Pise.

Larticle examine les caractéristiques codicologiques et linguistiques du ms. A1 et trouve dans laire génoise de la seconde moitié du xiiie siècle une possible origine du codex. Il met la lumière sur la production manuscrite liée à Gênes et à la Ligurie des années 1270, qui montre des liens indubitables avec A1. Ce témoignage du Guiron et de la Suite confirme son rôle de maillon entre la production française septentrionale des romans arthuriens en prose et le groupe de manuscrits chevaleresques et courtois de latelier « pisano-génois ».

Marco Veneziale, « Le fragment de Mantoue, L4 et la production génoise de manuscrits guironiens »

Marco Veneziale est chercheur à luniversité de Liège, où il mène une recherche sur la diffusion tardive de Guiron le Courtois représentée par les manuscrits de luxe qui circulaient dans les cours du nord de la France et de la Flandre. En plus du roman arthurien, ses travaux portent sur la littérature franco-italienne, la diffusion de la littérature française dans lItalie du Moyen Âge et la philologie matérielle.

Larticle présente un fragment guironien conservé aux Archives de lÉtat de Mantoue et en fournit une analyse et une édition interprétative. Ce fragment se révèle important pour comprendre lhistoire de la diffusion du Guiron en Italie, car il permet de comparer les manuscrits Londres, BL, 662Add. 36880 (L4) et Paris, Arsenal, 3325 (A1). Ces deux témoins ont un apparat iconographique très semblable, qui permet de les rattacher au même milieu de production. Sur cette base, une nouvelle datation et une nouvelle localisation pour L4 sont proposées.

Ilaria Molteni, « Les miniatures du manuscrit Londres, BL, Additional 12228 (L1) »

Ilaria Molteni est docteur de luniversité de Lausanne. Ses recherches portent sur lillustration des romans arthuriens copiés en Italie et sur linteraction entre contenus narratifs et appareils décoratifs. À ce sujet, en collaboration avec Annalisa Izzo, elle a édité le volume Narrazioni e strategie dellillustrazione. Codici e romanzi cavallereschi nellItalia del Nord (secc. xiv-xvi) (Rome, 2014).

Cette étude est consacrée à la décoration de L1, lun des plus luxueux manuscrits du Guiron le Courtois, dont la localisation est débattue. Lanalyse de la décoration du manuscrit a permis de repérer la présence de la devise de lOrdre du Saint-Esprit au Droit Désir, fondé par Louis de Tarente en 1352. Lidentification de cet emblème permet dattribuer la commande du manuscrit au souverain angevin et détablir des relations entre la série iconographique de L1 et celle du manuscrit Paris, BnF, fr. 4274.

Noëlle-Christine Rebichon, « Remarques héraldiques sur le manuscrit Paris, BnF, fr. 350 »

Noëlle-Christine Rebichon est docteur en histoire de lart, chercheuse associée au Centre détudes supérieures de la Renaissance de Tours (CNRS-UMR 7323). Ses recherches portent sur les thèmes des Neuf Preux, des Hommes illustres et sur les décors monumentaux dans lespace, à travers létude du rapport texte-image, de la composante héraldique et de larchéologie du bâti. Elle a publié Bien dire et bien aprandre (Lille, 2016).

Le ms. Paris, BnF, fr. 350 se démarque des autres manuscrits guironiens et arthuriens par la présence caractéristique de nombreuses lettrines armoriées de couleur bleue et rouge. Lappareil héraldique invite à sinterroger sur lidentification des familles ou entités politiques représentées par ces emblèmes et sur les commanditaires. Létude vise à dresser linventaire des armoiries, procéder à leur blasonnement, repérer leur emplacement par folio et analyser leur répartition dans le manuscrit.

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Nicola Morato, « Formation et fortune du cycle de Guiron le Courtois »

Nicola Morato enseigne la littérature française médiévale à luniversité de Liège. Ses études portent sur les cycles narratifs en prose, la littérature narrative italienne entre Moyen Âge et Renaissance et la dissémination de la matière de Bretagne dans lOccident médiéval. Il est lauteur de la monographie Il ciclo di « Guiron le Courtois ». Strutture e testi nella tradizione manocritta (Florence, 2010).

Larticle offre une vision densemble de la structure du cycle et de la vie de la matière guironienne entre le Moyen Âge et la Renaissance. La première partie retrace litinéraire qui, des archétypes du Roman de Méliadus et du Roman de Guiron, porte à la formation de deux formes cycliques principales. La seconde partie examine la réception des textes, qui ont circulé de la Sicile aux Pays-Bas et de lEspagne à la Vénétie. On les retrouve en particulier dans les grandes collections seigneuriales.

Claudio Lagomarsini, « Pour lédition du Roman de Guiron. Classement des manuscrits »

Claudio Lagomarsini enseigne la philologie romane à luniversité de Sienne. Dans le cadre des recherches du « Groupe Guiron », il a déjà édité une compilation du xiiie siècle attribuable à Rusticien de Pise : Les Aventures des Bruns (Florence, 2014), ainsi que le corpus des Lais, épîtres et épigraphes en vers dans le cycle de « Guiron le Courtois » (Paris, 2015).

Après le classement des manuscrits du Roman de Méliadus, il fallait revenir sur la tradition manuscrite de la deuxième branche, déjà explorée par A. Limentani (1962) et par R. Lathuillère (1966). La contribution offre dabord un aperçu général des témoins et de la transmission du texte. Les stemmata codicum du Roman de Guiron sont présentés ici. La seconde partie de larticle comporte la discussion détaillée de 24 passages choisis du roman, dans lesquels les variantes de tous les manuscrits disponibles ont été examinées.

Francesco Montorsi, « Gli egregi fatti del gran re Meliadus de Torresani dAsola et le revival arthurien des années 1550 »

Francesco Montorsi est post-doctorant à luniversité de Zurich. Ses études portent sur les traductions entre Italie et France et sur la réception de la littérature médiévale à la Renaissance. Il a publié LApport des traductions de litalien dans la dynamique du récit de chevalerie (Paris, 2015). Il prépare une monographie sur les représentations du passé dans la littérature médiévale française entre 1150 et 1350.

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Létude porte sur Gli egregi fatti del gran re Meliadus, traduction de limprimé Meliadus (Paris, 1528 et 1532), qui paraît à Venise par les soins de Torresani dAsola vers 1558-1560. Cette version se distingue par une fidélité souvent littérale à sa source. Néanmoins, il est possible de déceler linterpolation dun assez long épisode. Favorisée par la structure du roman, elle témoigne dune réception renaissante du cycle de Guiron. Elle peut être mise en parallèle avec dautres lectures, dont celles de Boiardo et de LArioste.

Lino Leonardi et Nicola Morato, « Lédition du cycle de Guiron le Courtois. Établissement du texte et surface linguistique »

Lino Leonardi enseigne la philologie romane à luniversité de Sienne et dirige lInstitut du CNR Opera del Vocabolario Italiano à Florence. Il sintéresse aux textes et manuscrits italiens et français du Moyen Âge, dun point de vue philologique. À propos de Guiron le Courtois, il a publié trois articles : sur la méthode ecdotique, sur un manuscrit que lon croyait perdu et sur les principes adoptés pour lédition en cours.

Dans quelle mesure peut-on établir la lettre du texte à partir dune tradition allographe en prose ? Pour les textes du cycle de Guiron, le modèle proposé permet détablir le texte à laide du stemma au niveau de la « substance » ; pour les questions liées à la forme, lédition adopte la surface linguistique dun « manuscrit de surface ». Cet article propose des critères pour distinguer « forme » et « substance » dans la tradition des textes médiévaux en langue romane.

Luca Cadioli et Elena Stefanelli, « Pour le choix dun manuscrit de surface. Une note méthodologique »

Luca Cadioli a obtenu son doctorat de philologie romane à luniversité de Sienne et est actuellement chercheur post-doctoral à la Fondazione Ezio Franceschini de Florence. Au sein du « Groupe Guiron », il soccupe de lédition de la première partie du Roman de Méliadus. Dans le domaine des études arthuriennes, il a publié lédition critique de la traduction italienne inédite du Lancelot en prose (Florence, 2016).

Elena Stefanelli a obtenu le titre de docteur à luniversité de Sienne et soutenu une thèse intitulée : « Il “Roman de Guiron”. Edizione critica parziale con uno studio sulle principali divergenze redazionali ». Ses recherches portent sur lecdotique, les romans arthuriens en prose et la lyrique italienne. Elle fait partie du « Groupe Guiron » et de la rédaction du projet Lirica Italiana delle Origini, à Florence.

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Cette introduction aux deux contributions qui suivent expose une méthodologie pour choisir les manuscrits les plus aptes à déterminer la surface du texte critique du Roman de Méliadus et du Roman de Guiron. Les manuscrits qui remontent aux niveaux supérieurs des stemmas sont identifiés. Leur « taux dinnovation » est ensuite mesuré. Enfin, la qualité des leçons, leur « plausibilité », est analysée. La langue et la datation des manuscrits sont prises en compte, mais les témoins composites ou contaminés sont écartés.

Luca Cadioli, « Lédition du Roman de Méliadus. Choix du manuscrit de surface »

Larticle établit quel manuscrit de surface adopter pour lédition du Roman de Méliadus. Les études de N. Morato sur les procédés de constitution du cycle permettent de restreindre le choix aux manuscrits de la famille α, qui transmettent la version originaire du roman. Parmi eux, tant L1 que F sont de bons candidats : tous deux transmettent le texte dans sa totalité, ont une « compétence stemmatique » égale et sont contemporains. La mesure du « taux dinnovation » montre que F est plus innovant et conduit à choisir L1.

Elena Stefanelli, « Lédition du Roman de Guiron. Choix des manuscrits de surface »

Larticle détermine les manuscrits aptes à définir la surface du Roman de Guiron. Une divergence rédactionnelle partage le roman en deux : lanalyse du « taux dinnovation » est donc menée deux fois sur la base des témoins les plus compétents stemmatiquement pour chaque partie (350 et Pr pour la première ; 350 et L4 pour la deuxième). Les échantillons montrent que 350 se caractérise par de fréquentes erreurs. Les données de lanalyse invitent à choisir Pr et L4, deux manuscrits plus ou moins contemporains.

Sophie Lecomte, « La tradition textuelle du Roman de Méliadus. Dynamique des variantes et établissement de lapparat critique »

Sophie Lecomte est docteur de luniversité de Namur en cotutelle avec luniversité de Sienne. Sa recherche doctorale, en lien avec le « Groupe Guiron », consistait en lédition et en létude de la seconde partie du Roman de Méliadus. Elle travaille également à lédition critique de la mise en prose du roman de Guy de Warwick et étudie notamment ses témoins imprimés.

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Larticle vise à déterminer les manuscrits qui serviront à établir lapparat critique du Roman de Méliadus, à travers létude de trois échantillons de la seconde moitié du roman. Sur la base du stemma, un aperçu de la dynamique des variantes est fourni. Cette évaluation permet ensuite de réfléchir au compromis recherché dans lapparat des variantes entre justification du texte critique et illustration du fonctionnement des différents groupes. Cinq témoins sont ainsi sélectionnés pour lensemble du Méliadus.