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Avant-propos

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  • ISBN: 978-2-8124-2556-1
  • ISSN: 2103-5636
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-8124-2558-5.p.0007
  • Éditeur: Classiques Garnier
  • Date de parution: 26/03/2014
  • Langue: Français

  • Article de collectif: 1/33 Suivant
Accès libre
Support: Numérique
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Avant-propos

Il n’est sans doute pas fortuit que le projet de cet ouvrage ait pris naissance précisément à Grenoble, où s’est déroulée dès le 7 juin 1788 la fameuse « journée des tuiles », sorte de coup d’envoi de la Révolution française, et plus particulièrement au Château de Vizille, où se sont tenus les États généraux du Dauphiné dès le 21 juillet 1788, soit un an avant la réunion des États généraux de la Nation. Terre d’élection du capitaine Mandrin, considéré à tort ou à raison comme le premier bandit au grand cœur et « le plus magnanime des contrebandiers », selon la célèbre formule de Voltaire, mais aussi comme l’un des brigands les plus sanguinaires, le Dauphiné apparaît comme territoire de résistances, dans toute leur ambivalence. Cette tradition s’est perpétuée jusqu’aux heures les plus sombres de la Seconde Guerre mondiale, dans le maquis alpin.

Cet ouvrage collectif a pour ambition d’ouvrir un champ nouveau d’investigation pour l’historiographie de la Révolution française : celui d’une culture populaire globalisée, qui se caractérise, dans l’espace de la mondialisation, par sa dimension transculturelle et transmédiatique. Elle féconde aussi bien la culture artistique que la culture matérielle ou l’industrie du divertissement. À l’heure où la star pop rock d’origine italienne Lady Gaga, entreprenant une série de « GAGA portraits » à mi-chemin entre performance et création vidéo, au moment même où sort son nouvel album fortement médiatisé sous le titre « Artpop », est immortalisée dans la posture de la célèbre toile de David La Mort de Marat (1793), à l’occasion d’une carte blanche au musée du Louvre en novembre 2013, dans une composition projetée sur écran plasma conçue par l’homme de théâtre américain Robert Wilson, il semble que le référent historique fasse retour dans notre inconscient culturel contemporain : brouillant les contours de notre rapport à l’Histoire, mais aussi à notre présent, il bouscule les codes culturels, esthétiques et idéologiques, tout en lançant un défi nouveau au chercheur, incité à modifier ses objets, ses méthodes et ses approches.

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Sans être conçu comme des actes de colloque, ce volume a bénéficié des débats et échanges qui se sont déroulés à l’occasion de plusieurs événements scientifiques dans différents espaces largement ouverts sur la cité, associant acteurs scientifiques, partenaires culturels et conservateurs du patrimoine : d’abord, entre le 29 et le 30 mars 2011, à l’occasion du colloque intitulé « La Terreur révolutionnaire sur les planches aujourd’hui : réécriture, actualisation, projection, pratique scénique », qui s’est tenu à la Maison de la Culture de Grenoble (MC:2) ; ensuite, entre le 21 et le 23 mars 2012, à l’occasion du colloque « Mythologies révolutionnaires contemporaines » qui s’est déroulé au musée de la Révolution française –Domaine de Vizille et dans les universités Grenoble 1 et Grenoble 3, avec la complicité de l’université Grenoble 2 ; enfin, entre le 24 et le 25 avril 2012, à l’occasion des journées d’étude intitulées « La Révolution française aujourd’hui : mise en scène, mise en image », accueillies à la Cinémathèque de Grenoble et au Centre régional de documentation pédagogique. Ce programme de recherche avait pour partenaires l’American Society for Eighteenth-Century Studies, la Bibliothèque nationale de France, la Société des études robespierristes, l’Institut d’histoire de la Révolution française, la Société française d’étude du dix-huitième siècle, la Voltaire Foundation (Grande-Bretagne) et le Groupe d’études de la Révolution française (Suisse). Il a également été fortement influencé par l’exposition dont j’ai assuré le commissariat scientifique au musée de la Révolution française, sous l’intitulé « Culture populaire et Révolution française (xx-xxie siècles) », entre le 28 juin 2013 et le 28 avril 2014, ainsi que par la réalisation d’une salle permanente dédiée au cinéma réalisée en collaboration avec Alain Chevalier à cette occasion. Un prochain colloque permettra de poursuivre l’expérience et de prolonger la réflexion autour du thème « Collectionner la Révolution », lors d’un événement qui se tiendra entre les 24 et 25 avril 2015 au musée de la Révolution, à l’initiative de Gilles Bertrand, Michel Biard, Alain Chevalier, Martial Poirson et Pierre Serna.

Je tiens à exprimer ma reconnaissance envers les collègues et partenaires qui ont œuvré au bon déroulement de ce programme scientifique qui nen est quà ses débuts, en particulier Daniel Roche et Robert Darnton, présidents dhonneur du comité scientifique, mais également Bronislaw Baczko, Jacques Berchtold,

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Gilles Bertrand, Gregory Brown, Anne Buffet, Alain Chevalier, Yves Citton, Daniel Lançon, Pierre Frantz, Géraldine Garin, Florent Gaudez, Stéphanie Genand, François Genton, Jean-Marie Goulemot, Isabelle Krzywkowski, Caroline Lavenir, Daniel Lançon, Emmanuel Lefloch, Benoit Lepecq, Chantal Massol, Sarga Moussa, Isabelle Pailliart, Pascale Pellerin, Michel Porret, Hélène Puig, Jeffrey Ravel, Pierre Serna, Jean Serroy et Jean Sgard ; et pour la réalisation pratique, Élisabeth Baïsse-Macchi et Julie Ridard.

Martial Poirson