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Résumés

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  • ISBN: 978-2-406-06646-0
  • ISSN: 2103-5636
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-406-06648-4.p.0573
  • Éditeur: Classiques Garnier
  • Date de parution: 22/08/2018
  • Langue: Français
Accès libre
Support: Numérique
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Résumés

Louis de Saussure, « Des présuppositions stricto sensu aux présuppositions discursives »

Cette étude rappelle les principales propriétés des présuppositions, en accordant une attention particulière au problème complexe de laccommodation présuppositionnelle. Sont ensuite considérés des cas de présuppositions entièrement pragmatiques, inférées à partir dun énoncé entier, aux effets persuasifs notables. Enfin, une typologie des niveaux de sens est proposée, qui revisite la distinction traditionnelle entre contenus posés, présupposés et implicites.

Jacques Moeschler, « Présupposition et implicature. Où passe la frontière ? »

La question de la frontière entre sémantique et pragmatique constitue une problématique centrale depuis lapparition des concepts dimplicatures conversationnelle et conventionnelle. Les conséquences de lapparition de ces concepts, qui recouvrent partiellement le domaine des présuppositions, sont discutées, en proposant une frontière nouvelle entre sémantique et pragmatique, incluant les relations de sens comme limplication, la présupposition, lexplicature et limplicature.

Sandrine Deloor et Jean-Claude Anscombre, « Faut-il présupposer lhumanité du roi de France ? »

Cet article oppose la définition de la présupposition en termes de savoirs partagés (approche issue des travaux de R. Stalnaker et majoritaire actuellement) à une approche énonciative inspirée des recherches dO. Ducrot et J.-C. Anscombre. Les auteurs montrent que les problèmes de délimitation du phénomène présuppositionnel soulevés par la première approche peuvent être résolus en adoptant une conception énonciative du sens et en mettant en avant la dépendance du posé par rapport au présupposé.

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Pierre-Yves Raccah, « De la présupposition logique à la présupposition argumentative. Étude dun outil de manipulation idéologique »

Ce texte réexamine la notion de présupposition. On y voit dabord que, même dans un cadre vériconditionnel, le présupposé ne peut pas être une phrase, mais relève du domaine du signifié. On y propose ensuite une conception instructionnelle de la sémantique, dans laquelle une réélaboration du concept de présupposition, en termes de points de vue nécessaires à la construction dun sens, est présentée. On y montre enfin le rôle de la présupposition dans la manipulation idéologique.

Jacques Jayez et Robert Reinecke, « La loi denchaînement dans une perspective expérimentale »

On analyse ici les résultats dune expérience comportementale utilisant des phrases dites factives (du type Marie sait que Paul vient) pour détecter une différence éventuelle de saillance cognitive entre la partie concernant le contenu principal (Marie sait) et celle concernant la présupposition (Paul vient). Les résultats suggèrent que les propriétés discursives (voir Ducrot, 1972) sont un facteur de différenciation plus plausible que la saillance.

Georges-Elia Sarfati, « De la présupposition au sens commun. Morphogenèse et sémiogenèse de lévidence discursive »

Cette étude plaide pour une extension de la problématique présuppositionnelle, au profit dune théorie des formes de lévidence sémantique, qui prend notamment en compte la description des formations pré-énonciatives et énonciatives du « sens commun » à partir dune conceptualisation des « états du discours ». Elle intéresse particulièrement lanalyse des discours et des textes, à partir des récents développements du modèle de la pragmatique topique.

Corinne Rossari, « La présupposition discursive dans les structures concessives »

Cette contribution porte sur le statut discursif de la notion de présupposition en relation avec lamorce des séquences concessives. Lauteure prend appui sur un corpus comprenant des constructions déclenchant une interprétation concessive pour identifier des indices signalant quun élément relatif au contenu concédé est déjà présent dans le background discursif. Cest par le biais de ces indices que la présupposition concernant le contenu en jeu dans de tels énoncés est activée.

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Mervi Helkkula, « La présupposition et les constructions pseudo-clivées »

Cette étude sur le rôle de la présupposition pour lanalyse des constructions pseudo-clivées trouve son point de départ dans larticle classique dEllen F. Prince, paru dans Language en 1978. Lusage de la pseudo-clivée est fréquemment motivé par le désir du locuteur dimposer un certain état de choses comme une vérité indéniable aux yeux de son interlocuteur. Les textes littéraires examinés offrent des exemples abondants de pseudo-clivées utilisées dans des fonctions persuasives.

Marc Bonhomme, « La présupposition dans le discours grammatical normatif des remarqueurs du xviie siècle »

À la base du français classique, les productions grammaticales des remarqueurs du xviie siècle (Vaugelas, Ménage et Bouhours) sont parcourues par des présupposés cadratifs qui imposent, sans vraiment le dire, une idéologie préconstruite du bon usage. En outre, ces productions grammaticales mettent en jeu des présupposés discursifs plus conjoncturels qui révèlent la gestion personnelle du bon usage effectuée par ces remarqueurs et qui orientent leur argumentation normalisante.

Marion Carel, « Présupposition et organisation du sens »

Ce texte montre que les présupposés ne sont pas indépendants des posés. Loin de constituer de simples préalables à lassertion de ceux-ci, ils sont communiqués par lénoncé et ils les complètent sémantiquement, influençant la construction textuelle. On distingue deux sortes de présupposés : les présupposés argumentatifs, qui forment avec leurs posés un unique enchaînement argumentatif, et les présupposés co-signifiés, qui constituent avec leurs posés deux facettes dun même Événement.

Amir Biglari, « La présupposition et la manipulation discursive dans Les Contemplations de Victor Hugo »

Cet article vise à étudier les effets manipulatoires de la présupposition dans Les Contemplations de Victor Hugo. Il cherche à montrer que la présupposition, en présentant un cadre discursif comme déjà connu et partagé, donc comme hors débat et hors doute, simpose au lecteur. Afin de poursuivre la 576lecture des poèmes, celui-ci doit croire aux contenus mis en œuvre et doit les éprouver. On souligne aussi que, sous certaines conditions, un effet semblable se produirait par les éléments posés.

Jean-Paul Dufiet, « Le présupposé dans le texte dramatique »

Cette étude dégage les caractéristiques discursives du présupposé dans un corpus de textes dramatiques contemporains. Lanalyse sémio-linguistique opérée montre que les rapports entre le posé et le présupposé nourrissent la fiction et la narration théâtrales. En outre, si le présupposé est actif dans la relation référentielle, il constitue également une structure féconde du dialogue, en raison de ses particularités énonciatives et de son rôle dans la dialogie externe du texte dramatique.

Anna Jaubert, « Modulations et modularité de la contrainte présuppositionnelle. Le dialogue exemplaire de Marivaux »

Lopposition entre présupposition et sous-entendu (Ducrot, 1972) se fonde sur un critère apparemment décisif : pour la première, limplicite est linguistiquement marqué, indépendant des circonstances de lénonciation ; pour le second, limplicite est livré aux aléas du contexte. Mais la réalité est moins tranchée. Cette étude défend une thèse continuiste révélant imbrication et enchaînements entre les deux stratégies phares de limplicite. Un dialogue de Marivaux en fera lillustration.

Catherine Kerbrat-Orecchioni, « La présupposition in situ »

Ce texte sintéresse à la présupposition envisagée dans son fonctionnement in situ, à partir dun corpus de débats présidentiels. On se demandera dans quelle mesure la distinction classique entre « présupposé » et « sous-entendu » est applicable à ce type de données, quels sont les principaux types de présupposés exploités dans ces débats, comment ils sont mis au service de la visée argumentative des débatteurs, et comment ils peuvent être négociés entre les locuteurs en présence.

Ruggero Druetta, « Quand la présupposition est dans la parenthèse. Analyse du débat de lentre-deux-tours de lélection présidentielle française de 2012 »

Cet article montre que la syntaxe et la prosodie des énoncés parenthétiques en font le lieu privilégié de la présupposition pragmatique, présentée comme 577partagée et consensuelle. Or le recours aux parenthèses dans un discours agonal tel que le débat politique correspond à un coup de force vis-à-vis de son adversaire, car cette stratégie soustrait leurs contenus à la possibilité de la réfutation, sous peine pour le rival dafficher un comportement non coopératif, nuisible à son éthos.

Paola Paissa, « Majorité silencieuse. Une formule à fondement présuppositionnel dans les campagnes présidentielles françaises de 2007 et 2012 »

Cette contribution examine les présupposés liés à la formule majorité silencieuse, dont elle reconstruit la genèse. Létude en illustre les enjeux discursifs pour les campagnes présidentielles de N. Sarkozy de 2007 et 2012, en se focalisant sur lagencement de ses présupposés « constitutifs » et « occasionnels » dans le discours sarkozyen. À travers des conversations numériques, larticle montre aussi les réactions des blogueurs envers les fondements présuppositionnels de cette formule.

Ruth Amossy, « La présupposition à lépreuve du discours polémique »

La micro-analyse dun énoncé tiré dun article de B.-H. Lévy permet de sinterroger sur la présupposition en contexte polémique. Soustraite à la discussion, elle nen est pas moins destinée à un allocutaire qui peut lassimiler ou la rejeter : cest le sens de « laccommodation » des pragmaticiens. Quarrive-t-il alors en situation de controverse ? On tente de montrer que le refus des présupposés signale moins une rupture du dialogue que sa continuation sur le mode du dissensus.

Alain Rabatel, « Les parcours interprétatifs des présupposés et des sous-entendus, de la phrase au texte et à sa mise en page »

Cette étude met laccent sur la gradualité des relations entre présupposés et sous-entendus dans un article de presse, selon leur nature lexicale ou syntaxique, lordre des constituants, les régimes de lecture (au fil du texte ou globale), la prise en compte des stratégies de mise en page et de mise en discours, ces derniers paramètres étant davantage cruciaux pour les sous-entendus que pour les présupposés. En conclusion, le caractère éthique de certaines pratiques dimplicitation est interrogé.

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Karine Berthelot-Guiet, « Sous la publicité, la consommation. Discours publicitaires contemporains et présupposition »

On présuppose souvent que la publicité influence, mais les présupposés qui sont les siens ou quelle véhicule sont rarement examinés. La présupposition passée au filtre de la publicité est abordée en trois points : la présupposition au sens classique ; puis la présupposition du produit, de la marque et de la consommation ; enfin, la présupposition qui postule la reconnaissance du caractère publicitaire des discours et des tentatives que peuvent faire les marques pour sen démarquer.

Christophe Genin, « Présupposé et interprétation. Une image peut-elle sentendre sans prérequis ? »

À partir du sens logique de la présupposition comme condition dintelligibilité dune proposition, lauteur sinterroge sur les conditions dinterprétation des œuvres visuelles. À travers un comparatisme culturel (France/Chine), en sappuyant sur trois exemples, il cherche à comprendre comment une conception de lespace-temps pré-ordonne nos conditions de réception. De là il est amené à redéfinir le statut de la présupposition entre régression et interculturalité.

Nicole Everaert-Desmedt et Guy Everaert, « Magritte, je présuppose… ? »

Cet article propose dadapter la notion de présupposition pour interpréter une peinture de René Magritte. Lexposé est divisé en trois sections. Dans une première partie, les concepts généraux de la théorie néo-gricéenne sont présentés. Par la suite, ces concepts sont intégrés pour analyser le système de la peinture figurative, et finalement les auteurs montrent sur un exemple concret (La Durée poignardée de Magritte) ce que produit une telle approche.

Georges Roque, « Présupposés et images fixes. Deux approches »

Ce texte vise à sonder la pertinence de lapplication du concept linguistique de présupposition aux images fixes. Dans un premier temps, il analyse des cas de mixtes verbo-visuels où la présupposition est donnée par le texte. Dans un second temps, il traite de la possibilité pour une image seule dexprimer un présupposé, lorsquau plan narratif elle renvoie à un moment antérieur, ce qui conduit à insister sur lopposition entre présupposé et sous-entendu.

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