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Résumés

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  • ISBN: 978-2-406-09977-2
  • ISSN: 2428-713X
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-406-09977-2.p.0321
  • Éditeur: Classiques Garnier
  • Mise en ligne: 23/09/2020
  • Langue: Français
Accès libre
Support: Numérique
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Résumés

Marie-Laurence Desclos, « Préface »

Dans la continuité du précédent volume sur La poésie archaïquecomme discours de savoir, cet ensemble de communications a pour ambition de prendre la mesure des survivances et des innovations qui, chez un Eschyle, un Euripide ou un Aristophane, trahissent les continuités ou marquent les différences quil sagisse des représentations théologiques, politiques, médicales, éthiques, dramaturgiques ou – selon la dénomination que nous leur donnons aujourdhui – « philosophiques ».

Xavier Gheerbrant, « La poétique de Choérilos de Samos. Remarques sur loriginalité compositionnelle dun poème historique de la fin du ve siècle et sur son interprétation »

Dans le poème des Persika, Choérilos justifie louverture dun nouveau type de discours de savoir dans la poésie épique de son temps : il donne lhistoire récente pour thème à son poème. La relecture de ce poème, éclairée dune étude de la poétique des fragments, montre que le poète exprimait ce matériau original dans le cadre dune poétique qui ne se laisse pas réduire à la simple reproduction dune forme qui lui aurait préexisté.

Sandrine Coin-Longeray, « Σοφα et σοφς chez Eschyle »

Les emplois quEschyle peut faire de la famille de sophos sont dun grand intérêt, le poète sinscrivant dans le cadre politico-culturel de la jeune démocratie athénienne, et dialoguant également avec la sophistique à linfluence grandissante. Se côtoient des emplois très « techniques », comme celui de la divination, et des emplois plus abstraits, dont le point commun reste la sagesse, lexpertise née de lexpérience qui donne à lhomme sa faculté dadaptation dans un monde sombre et changeant.

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Nuria Scapin, « La Grâce Violente du dieu. Une interprétation du Zeus de lOrestie dEschyle à la lumière de la théologie présocratique »

Cet article propose une interprétation du Zeus dEschyle à la lumière de la théologie présocratique. Il se focalise sur les facultés cognitives et opératives de ce dieu en relation avec la théologie de Xénophane, sur la fonction abstraite dunité des opposés par rapport à Héraclite et met laccent sur la représentation de cette unité comme source ultime du savoir tragique, à travers laquelle Eschyle semble revendiquer la primauté dun discours de connaissance qui ne peut pas être réduit au savoir philosophique.

Maria Michela Sassi, « Le savoir de Médée »

Quen est-il de la conduite de Médée dans le drame dEuripide ? Comment la vengeance quelle espère tirer de Jason peut-elle prendre la forme dun infanticide, en dépit de la claire conscience de la souffrance quil lui faudra alors endurer ? Au moment culminant de son célèbre monologue, Médée nenvisage même pas la dimension « morale » de son acte, parce que la passion qui la domine lempêche de prendre en considération lattachement dune mère envers ses enfants.

Maria Paola Castiglioni, « La sophia de Mélanippe. Théâtre athénien et discours de savoir féminins »

Une partie des fragments de la Mélanippe philosophe, pièce dEuripide malheureusement perdue, font allusion à un savoir cosmogonique transmis à lhéroïne par sa mère Hippè dont le contenu nest pas sans rappeler les théories dAnaxagore. Lanalyse de ces fragments permettra de sinterroger sur le sens de ces discours de savoir, sur losmose entre philosophie et théâtre au ve siècle et sur les raisons du choix dEuripide de confier à une voix féminine une rhésis au contenu philosophique.

Magali Année, « De lélégie dAndromaque au σῶμα dHélène. Le réinvestissement dramaturgique du savoir-faire koinôgonique de lancienne élégie parénétique »

Le savoir poétique de Tyrtée, « générateur de communauté », eut une influence plus grande quon est habitué à le penser. En dépit de la différence 323du contexte de sa performance, des modes métriques et des particularités thématiques, la poésie dEuripide en témoigne : sabotant la forme tyrtéenne originelle (Andromaque), il sen réapproprie le pouvoir koinôgonique pour le mettre au service de son logos dramaturgique et de la corporéité théâtrale dont il dépend (Hélène).

Valeria Melis, « La maladie dOreste. Réalité et apparence entre sophistique et littérature médicale (Euripide, Oreste, 235 sqq.) »

Les vers 235 sq., 258 sq., 311-315 et 408 de lOreste dEuripide sinsèrent dans le débat critique sur la connaissance et sur le rapport entre δξα et ἀλϑεια qui remonte au milieu présocratique (voir par exemple le F2 Pendrick dAntiphon et le fr. 82 B 11 DK de Gorgias) ; ils offrent également un témoignage du lien étroit entre sophistique et médecine hippocratique. Des vers de lOreste émerge par ailleurs la conscience que les perceptions sont liées aux changements des conditions psycho-physiques.

Sandro Passavanti, « Crise de la mantique et pathologie de la perception dans lOreste dEuripide »

Les traits cliniques de la scène de folie de lOreste sont interprétés dordinaire comme des signes de la dette de son auteur envers la médecine de son temps. En sappuyant sur lanalyse dautres scènes théâtrales de folie visionnaire ainsi que sur le compte rendu platonicien de la divination et sur les textes hippocratiques relatifs aux altérations de la perception, nous mettons ici en question cette lecture univoque du rapport entre poésie et art médical chez Euripide.

Davide Susanetti, « Allégorie du mythe et étude de la nature dans le théâtre dEuripide »

Des Troyennes aux Bacchantes, les multiples références au langage de la philosophie et aux propos tirés de létude de la nature finissent par remettre en question le sens du mythe qui définit lidentité des personnages tragiques. Sur la scène, le mythe apparaît soit comme dispositif de pouvoir soit comme discours dune élite intellectuelle qui réécrit la théologie et limaginaire partagé.

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Ghislaine Jay-Robert, « Étude de σοφς chez Aristophane »

À partir dune étude des occurrences de sophos, sophia et de leurs composés chez Aristophane, on définira la notion quils traduisent pour comprendre lutilisation quil en fait dans ses comédies. Employés aussi bien pour dénigrer Socrate et ses disciples que pour louer le poète et les spectateurs, ils ne désignent jamais la sagesse, et qualifient un certain type de savoir en prise directe avec la « révolution culturelle » que constituent la diffusion du « livre » et limportance donnée à lécrit.

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