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Index des correspondants

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  • ISBN: 978-2-8124-0395-8
  • ISSN: 2108-9884
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-8124-3962-9.p.0521
  • Éditeur: Classiques Garnier
  • Date de parution: 27/03/2012
  • Langue: Français
Accès libre
Support: Numérique
521
INDEX DES CORRESPONDANTS


Cel index renvoie aux numéros des lettres ; ceux-ci apparaissent en
italiques pour les lettres adressées à Vigny.

ABRAHAMS (Nicolaï Christian hevin). — 32-43.

Né en 1798. —Mort en 1870.

N. C. L. Abrahams, professeur et littérateur danois, était en relations
avec Van Praët et Foucher. L'adresse indiquée sur la lettre de Vigny
à lui adressée était celle de l'hôtel de Valois, rue de Richelieu. On lui
doit une Description des rnarzuscrits français du Moyen Age à la Biblio-
thèque royale de Copenhague (Copenhague, 1844). Dans un livre de sou-
venirs, Medelser of mit liv (Copenhague, 1876), il mentionne longuement
un premier séjour à Paris en 1827 et signale celui de 1832.

AUOULT (1Vlarie-Catherine-Sophie DE FLAVIGNY, comtesse d'). — 35-33,

'35-34, *35-43, 35-51.

Née àFrancfort-sur-le-Main le 30 décembre 1805. — Morte à Paris
le 5 mars 1876.

Née d'un père émigré et d'une mère allemande a aux confluents de
deux nations, de deux langues, de deux cultures, de deux confessions
(Ch. Dupêchez, Marie d'Agoult, Perrin, 1989), Marie d'Agoult fut long-
temps —sinon toujours — en quête de son identité. Son existence tour-
mentée fut marquée principalement par sa rupture avec le faubourg
Saint-Germain, au printemps 1835, lorsqu'elle abandonna mari et fille
(âgée de cinq ans) pour s'enfuir avec Liszt à Genève. Quand elle se sépara
du compositeur (dont elle avait eu trois enfants) en 1839, elle s'installa
à Paris, accueillit dans son salon artistes et écrivains, et entra en litté-
rature sous le pseudonyme de Daniel Stern. Elle collabora à plusieurs
journaux (notamment la Presse), fit paraître Nélida (1846), roman large-
ment autobiographique, puis un Essai sur la Révolution de 1848 et des
Esquisses morales et politiques. Elle a laissé des Souvenirs (1806-1833),
publiés en 1877, et des Mémoires (1833-1854), qui parurent en 1927.

522 Cette femme orgueilleuse eut une expérience peu commune de la
souffrance et, ce qu'on a ignoré longtemps, elle « frôla parfois la maladie
mentale  » (Ch. Dupêchez). Vigny l'avait rencontrée au bal et s'était épris
d'elle vers 1823, mais son manque de fortune lui interdisait tout rêve+
matrimonial. Une amitié Fidèle demeura ainsi qu'une affectueuse compli-
cité, de plus en plus intime à partir de 1839, comme le prouve la

correspondance.


r\IMF.-Mnxrr :v (Louis). — '32-17, 32-28.
Voir Corr., t. 1, p. 493.

ArrcEr.oT (Virginie). — 35-90 D.

Voir Vigny et les siens, p. 397.


\v,rrr. (Gustave-(;onstant-Félix). — '31-52.

Né à Nanterre le 17 février 1810. — Mort à Paris le 6 janvier 1874.

Fils d'un ingénieur géographe, Félix _\vril, dès le début de la monar-
chie de Juillet, fut secrétaire de la Société des  :\mis du Peuple, et, à
ce titre, inquiété à plusieurs reprises. II appartint ensuite à plusieurs
autres organisations révolutionnaires, tout en vaquant à diverse+s entre-
prises ; en particulier à partir de 1843, au chemin de fer de Paris à Rouen.
Rédacteur de la Reuue indépendante, puis avocat, il habitait, ~+n 1848,
41, rue Richepanse. Sous la Seconde République, il fut commissaire du
gouvernement du Calvados le 8 rnars 1848, préfet (nommé par Ledru-
Rollin) le leT mai, confirmé le 2 juin, remplacé le 10 janvier 1849. On
perd ensuite sa trace.

Fontaney, qui l'avait rencontré le 20 aoîit 18 :-31 dans la loge de Marie
Dorval, où se trouvaient également Vigny, Brizeux et Soulié, le désigne
dans son Journal comme la « célébrité contemporaine n, le « décoré de
Juillet n. Le 29 août, il le rencontre encore, « toujours aussi grossement
gai et bonasse, avec un grand gilet blanc  », ainsi que le 16 septembre,
toujours dans la loge de Mme Dorval.


BnLLArrcrrn (Pierre-Simon). — 35-7"2.

Né à Lyon le 4 août 1776. — Mort à Paris le 12 juin 1847.

Cet homme timide, bon et modeste, qui voua pendant trente ans un
culte platonique à Mme Récamier et qui s'était installé auprès d'elle
dès 1813, était un penseur profond, rêvant du progrès de l'humanité.
Ge philosophe nourri de Rousseau et de Saint-Martin, formé au néo-
platonisme du mysticisme Lyonnais, fut l'un des tenants du libéralisme

523 catholique sous la Restauration et la monarchie de Juillet. _tuteur de
L'Homme sans nom, Le Vieillard et le jeune homme (1819), il avait écrit
dès 1814 Antigone, où il exprima sa mystique de l'histoire et annonce
déjà sa théorie de l'épopée, développée dans Orphée en 1829. Dans ses
Prolégomènes à la Palingénésie sociale (1827) et dans La Vision d'Hébal
(1831), qui représentent ses ouvrages les plus importants, il a décrit
les renaissances successives de l'humanité. «  écrivain de la race des
Fénelon, c'était un poète religieux des temps antiques, un peu four-
voyé dans notre époque sceptique et railleuse  », a dit de lui Auguste
Barbier qui l'avait bien connu (Souvenirs personnels, Dentu, 1883).

BALZAC (Honoré de). — '31-46.

 !'é à Tours le 20 mai 1799. — Mort à Paris le 18 aoùt 1850.

Il n'y eut guère d'affinités entre l'auteur de La Comédie hzzmaizze et
le poète des Destinées. On dit que Balzac n'apprécia guère Chatterton
et en fit ce compte rendu lapidaire  : « Acte premier  :j'ai envie de me tuer.
Acte second  : je me tuerai. Acte troisième  : je me tue  », si l'on en croit
Gaspard de Pons (voir la préface des Essais dramatiques, Librairie Nou-
velle, 1861, t. I, p. 196). II faut cependant signaler que lors de sa candi-
dature àl'Académie francaise en 1849, le 18 janvier, Balzac obtint seu-
lement deux voix, celles de Hugo et de Vigny, et que, dans ses Lellres
sur la Littérature, publiées dans la Revue parisiezuie (1840), le romancier
mentionne comme des exceptions dans l'époque les quatre auteurs qui,
seuls, « ont la faculté d'être poètes et prosateurs  »  :Hugo, Gautier, Musset
et Vigny.

BARBIER (Henri-Auguste). — `31-89, 35-1 i.

Né à Paris le 29 avril 1805. — Mort à Nice le 13 Février 1882.

Fils d'un avoué, il fit ses études au collège Henri-IV, puis à l'Lcole
de Droit. Avec Alphonse Royer, il écrivit un roman satirique  :Les Mau-
vais Garçons (avril 1830). Au lendemain de la révolution de Juillet, son
poème La Curée (paru dans la Revue de Paris), où il stigmatisait la
montée des solliciteurs du nouveau pouvoir, eut un grand retentissement.
D'autres satires suivirent  ;ces textes inédits furent réunis, à la fin de 1831,
dans les Iambes. Ce furent ensuite  : en 1833, Il Piazito (voyage en Italie) ;
en 1837, Lazare (peinture du prolétariat anglais), intégré aux Satires
et Poèmes. Parmi d'autres recueils, dont on s'accorde à dire c{u'ils mar-
quent une baisse d'inspiration, on citera les C,hanls civils et religieux
(1841). Il écrivit, en collaboration avec Léon de Wailly, le livret de
Benuenczto Cellini, opéra de Berlioz (créé le 3 septembre 1838). II traduisit
le Décaméron, le Jules César de Shakespeare, la Chanson du cieux marin
de Coleridge. II fut élu à l'_lcadémie française en 1869, et nommé che-
valier de la Légion d'honneur en 1878.

524 Barbier a évoqué dans ses Souvenirs sa première rencontre avec Vigny,
dans le salon de Hugo où il avait été amené par Paul Lacroix, le soir
de la lecture d'Hernani. Après 1830, il le vit chez Brizeux et le poète
l'invita a à ses jours de réception du mercredi  ». C'est ainsi qu'ils se lièrent.

BELMONTET (L0111S). — '35-53.

Né à Montauban le 26 mars 1798. — Mort à Paris le 13 octobre 1879.

Poète et homme politique. «  M. Belmontet est un des types carac-
téristiques de l'époque [...] Le côté bizarre, humoristique, facile à ridi-
culiser aseul àpeu près survécu chez cet homme dont toute la vie a été
dévouée à un double culte envers la littérature classique et la dynastie
impériale. M. Belmontet est un grognard des lettres  » (P. Foucher, Entre
coca et jardin, Amyot, 1867). Dès l'adolescence son exaltation pour le
régime impérial porta préjudice à cet enfant du siècle. Malgré les efforts
de son père pour faire de lui un avocat, il se consacra à la poésie et rem-
porta plusieurs couronnes aux .Jeux floraux. Ses provocations rendirent
inévitable son départ de Toulouse où il s'était fixé. Il vint à Paris, fré-
quenta les poètes de la nouvelle « école  » et fut l'un des fondateurs de
ta Muse frangaise. I1 se lia avec le comte d'Houdetot auquel il dédia
son recueil poétique Les Tristes (1829) et collabora avec Soumet en par-
ticulier pour Une fëte de _Néron, tragédie qui remporta un éclatant succès
à sa création, le 28 décembres 1829. Après 1830 il continua à célébrer
le culte de Napoléon, écrivit une Biographie de Joseph-Napoléon Bona-
parte, un poème héroïque, édita les Mémoires de la reine Hortense. I1
tit une active propagande en faveur de Louis-Napoléon et sous le Second
Empire composa des Poésies guerrières (1858), Chants de ,guerre (1867)
et autres écrits. S'il connut de son vivant la notoriété, la médiocrité de
son talent littéraire ne lui assura pas l'immortalité.

BE1rLIOZ (Louis-Hector). — 33-39, 33-100 D, '33-101, 35-11 D, 35-12.

Né à La Gôte-Saint-André (Isère) le 19 frimaire an XII (11 décem-
bre 1803). — Mort à Paris le 8 mars 1869.

Selon Dupuy, Berlioz fut amené par Barbier ou Brizeux aux mer-
credis de Vigny. C'est en septembre 1833, peu avant le mariage de Berlioz
avec Harriet Smithson, que le poète et le compositeur se lièrent d'amitié.
Dans plusieurs de ses lettres, Berlioz a indiqué Vigny comme un des
auteurs du livret de son opéra Benuenufo Cellini, qui ne fut cependant
signé que des noms de Léon de Wailly et Auguste Barbier. La Corres-
pondance de Berlioz (Flammarion, t. II, 1975) retrace le détail de l'his-
toire  :Berlioz avait demandé le livret d'un opéra en deux actes sur les
Mémoires de Benvenuto Cellini à Léon de Wailly, qui avait choisi A. Bar-
bier pour l'aider. Crosnier, devenu directeur de l'Opéra-Comique, refusa
l'aeuvre. Le 21 septembre 1835, Berlioz annonça à A. Du Boys que
Vigny avait refait le livret et que l'affaire allait s'arranger avec Duponchel,

525 nouveau directeur de l'Opéra, où il avait succédé à Véron. Finalement,
le nom de Vigny avait disparu lorsque fut enfin représenté en 1838

Benvenulo Cellini.


BERTON (Jean-Michel). — '35-103.

Né à Cahors le 13 juillet 1794. — Mort à Paris le 20 octobre 1845.

Publiciste et littérateur, J.-M. Berton fut aussi un écrivain politique.
Reçu avocat à Paris en 1815, il conquit une place honorable dans la
littérature politique de la Restauration grâce à quelques publications
juridiques (Considérations sur les élections prochaines, 1818 ; Observations
critiques sur la procédure crineinelle, 1818). Ce libéral, plutôt favorable
à la monarchie de Juillet, avocat à la Cour de cassation de 1825 à 1835,
élu trois fois député du Lot, était aussi attiré par la littérature. II publia
un recueil de poésies, Éleuthérides (1839) mais surtout fonda en 1825
avec son beau-frère Saulnier l'intéressante Revue britannique, à laquelle
il collabora activement pendant de longues années. En 1834 il lança la
Revue poétique française et élranyère, dont il fut le directeur et presque
l'unique rédacteur. Pour cette revue dont le premier numéro parut le
15 février 1835 et qui vécut jusqu'en 1837, il sollicita des concours célèbres,
entre autres celui de Vigny.

BLANC (Adolphe-Edmond). — `33-53.

Né à Paris le 3 ou 4 octobre 1799. — Mort à Paris le 4 avril 1850.

avocat à la Cour de cassation de 1825 à 1830, maître des requêtes
au Conseil d'État en 1830, député, secrétaire général des ministères du
Commerce puis de l'Intérieur, inspecteur général de la Liste civile en 1840,
directeur des Travaux publics, président du conseil des bâtiments civils
et des haras, il ne fut pas réélu en 1848.

BocnuE (Pierre-François Touzi : dit). — 35-100.

Né à Rouen le 11 novembre 1799. — Mort à Paris le 30 auût 1862.

Après des débuts dans la vie difficiles, ouvrier cardeur à Rouen, puis
comédien en quête d'emploi à Paris, enrôlé un temps dans une troupe
ambulante, Touzé devenu Bocage. réussit à se faire engager en 1822 à
l'Odéon. où il joua plusieurs années. Mais le drame l'attirait  : il connut ;
quelques succès à la Gaieté en 1829 et surtout rencontra la gloire
à la Porte-Saint-Martin, où il créa, après L'Incendiaire, ~L2tony avec
Mme Dorval. I1 apparut alors comme le type même du héros roman-
tique « Mélancolie, misanthropie, égoïsme (...) il a tout senti et tout
fait sentir  », disait l'auteur, Alexandre Dumas. I1 triompha encore dans
1Vlarion Delorme, La Tour de Nesle et autres drames romantiques, fit
une fugue à la Comédie-Française, mais chassé par l'hosf,ilité de ses

526 camarades revint à la Porte-Saint-Martin en 1833. Ce grand acteur de
drame était un instable et il passa sans cesse d'un théâtre à l'autre. Il fut
un médiocre directeur lorsqu'il obtint en 1845 le privilège de l'Odéon
qu'il dut, malade, céder en 1847. Il retrouva sa direction en 1849 mais
dut y renoncer dès l'année suivante et reprit sa vie errante, à Paris
et dans les départements. Ruiné, malade, vieilli, il engloutit ses dernières
économies dans la direction éphémère du théâtre Saint-Marcel, en 1859.
Il dut donner pour vivre quelques représentations sur des scènes obscures
et mourut dans l'isolement et l'oubli en 1862.

Voir de IVlanne et Ménétrier, Galerie historique des acteurs français,
Sche.uring, 1877, p. 248 sq.


BONNAllt13 (Pierre-Félix). — '33-70.

Né le 21 décembre 1794. — Mort à Paris le 8 mai 1865.

Fils du baron Bonnaire (1767-1844), préfet sous l'IJmpire et ami de
Fouché, Félix Bonnaire profita de la fortune amassée pour soutenir
financièrement la Reuue des deux mondes de François Buloz dont il fut
l'associé jusqu'en 1845 et qu'il remplaçait en son absence. S'occupant
tout particulièrement des relations extérieures, il était surnommé le
« Juge de paix de la Reurre.

BONNLI'O1VT (Philibert-Hippolyte). — 35-8, 35-22.

Né en 1806. —  ?

Bonnefont fit ses débuts de journaliste dans le Mercure ségusien,
à Saint-Étienne, en 1828. Devenu en 1831 rédacteur en chef du Journal
de Saine-et-Loire à Mâcon, il gagna rapidement Paris, fonda en 1833
un journal en vers, Mineroe (où il signait « Max  »), et fit lire au Théâtre-
Français successivement une tragédie en vers, Cinq-Mars, et une comédie
en vers, Falstaff, qui ne furent pas reçues. Il s'était lié avec Vigny et
c'est lui qui porta à Fortoul les remerciements de l'auteur de Chatterton
pour son article dans le Bon Sens. Sous divers pseudonymes il collabora
à plusieurs journaux (le Ternps, le Courrier des Électeurs, le Pour et le
Contre), et de 1846 à 1848 à la Revue biographique ainsi qu'à la Biographie
Pascallet. De 1832 à 1852 il multiplia les demandes de secours au ministre
de l'Intérieur, avec le soutien de Hugo, Sainte-Beuve, Émile et surtout
~lntoni Deschamps, Vigny, Lamartine, etc. (nrr, F1' 3123). À Vigny,
le 30 octobre 1845, il rappelait en lui adressant un poème («  À Alfred
de Vigny  »), et en sollicitant son appui, qu'il avait assisté aux trente
premières représentations de Chatterton et applaudi « autant du coeur
que des mains  » (1rch. Sangnier).

527 BORNSTEDT (Adalbert de). — 35-36, 35-63 D, 35-64, 35-75 D, 35-76.

Né en Allemagne en 1808. — Mort à Illenau en septembre 1851.

Cet ofpicier prussien qui devint journaliste eut une vie mouvementée.
Ayant pris une part active à l'agitation qui s'était développée en Alle-
magne dans le sillage de la révolution française de juillet 1830, il dut
émigrer et s'installa à Paris où il devint rédacteur du journal Deutsche
Zeitung in Paris, correspondant d'Augsburger Allgemeine Zeitung et
collaborateur de divers journaux français. Amnistié en 1840, il revint en
Allemagne, mais regagna Paris (où il reprit contact avec Vigny, dont il
avait fait connaissance au moment de Chatterton) dès 1841, puis, après son
expulsion, vécut comme journaliste à Bruxelles de 1845 à 1848, avant de
revenir à Paris puis de retourner en Allemagne où son activité politique
malheureuse le conduisit en prison. Devenu fou, il mourut à l'asile
d'aliénés d'Illenau. Il a laissé deux ouvrages Reise von London über
Paris usru in die Schu~eiz, 1834, et Pariser silhouetten, 1836.

BOULAY-PATY (Évariste-Félix-Cyprien). — *34-35.

Né à Donges (Loire-Atlantique) le 19 octobre 1804. — Mort à Paris
le 7 juin 1864.

Fils d'un ancien membre du Conseil des Cinq-Cents, il fut d'abord
avocat à Rennes. En 1829, il vint à Paris à la suite d'une liaison scan-
daleuse qu'il alui-même en partie transposée dans Élie Mariaker, publié
sans nom d'auteur en 1834. Dès la Restauration, il s'était fait remarquer
par divers poèmes  :Les Grecs (1825), La Chute des empires (1827). Pré-
senté en décembre 1829 au futur Louis-Philippe, il devint l'année suivante
bibliothécaire du Palais-Royal. Ses Odes nationales (1830), vendues au
profit des victimes des Trois Glorieuses, et L'Arc de triomphe de l'Étoile
(1837) firent de lui l'un des poètes officiels de la monarchie de Juillet.
Après 1848, il publia les Sonnets de la vie humaine (1851) dont il adressa
un exemplaire à Vigny qui lui répondit par un sonnet (Pl., t. I, 1986,
p. 224). Ses dernières années furent très solitaires, marquées par un
penchant mystique. Sainte-Beuve dit de lui  : « Jeune, il se cachait pour
aimer et être heureux ; plus tard, il se cachait pour vieillir  » (Nouveaux
Lundis, t. X, p. 180). Hippolyte Lucas, très lié avec ce Breton, avec lequel
il avait quitté Rennes pour Paris à la veille de la révolution de 1830 et
collaboré à une comédie, a longuement évoqué dans ses Portraits et
Souvenirs littéraires l'imagination exaltée et l'enthousiasme du jeune
Boulay-Paty que les épreuves familiales amenèrent plus tard à un complet
et mélancolique détachement des plaisirs terrestres.

Voir Dominique Caillé, Un romantique de la première heure. Journal
intime du poète Évariste Boulay-Paty, Nantes, 1901.

528 BOULLAND (Auguste-Félix). - *32-53, *32-54 M.

Né à Metz en 1799. -  ?

Fils d'un employé du Trésor qui devint percepteur à Paris, d'opinion
ultra-libérale comme son beau-frère le graveur Ambroise Tardieu, ce
n'est pas sans mal qu'il avait obtenu en raison de ses opinions politiques
son brevet de libraire. Il avait publié en 1823 les premières livraisons
de la Muse française avant de passer la main à Ambroise Tardieu.
En 1824, la page de titre d'Éloa ou la Saur des anges est à l'adresse
d' « Auguste Boulland et C1e libraires n (le verso du faux titre portait
«  Ambroise Tardieu éditeur  »). Les relations avec Vigny sont donc fort
anciennes, sans correspondance conservée. Ami de Latouche, éditeur à
la fin de 1829 des Poésies de Marceline Desbordes-Valmore (2 vol. in-8~
et 3 vol. in-16), en relation avec Balzac, il était surtout très lié avec
Philippe Buchez, saint-simonien rallié au catholicisme. On a signalé
au t. 1 de la Corr. (p. 360) une note de Vigny en 1830 : « Efforts et luttes
de l'École saint-simonienne. Lettres de mes amis Buchez, Robert,
Bois-le-Comte, Boulland.  » Rédacteur en chef du journal de Buchez,
l'Européen, il renoue avec Vigny à la suite d'un article sur Stello dont il
désapprouve les termes. Auguste Boulland a publié en 1845 Doctrine du
christianisme et en 1852 Mission morale de l'art.

BREULIER (.~dolphe). - 35-65.

Né à Évreux le 29 mai 1815. - Mort à Paris le 6 octobre 1886.

Longtemps avoué à Dreux, Adolphe Breulier fut ensuite avocat à
Paris. En 1862, il était avocat à la Cour impériale de Paris et membre
du Comité de l'Association des Inventeurs et Artistes industriels. Auteur
de divers ouvrages juridiques (Du droit de perpétuité de la propriété intel-
lectuelle, 1855 ; Du régime de l'invention, 1862), il écrivit en outre Une
douzaine de contes et une histoire craie (1874) et publia des études d'archéo-
logie et de numismatique. Ami dévoué de Vigny, il l'assista, dès 1845,
dans des affaires litigieuses (voir Vigny et les siens, p. 57).


BRIZEUX (Auguste). - '30-53, *31-8, *31-12, '31-14, '31-16, '31-20,

`31

*31

*31

*31

*31

'31

*31

*31

*3Y

-21,

-28,

-34, -36, -37, -44, -50,

-51, -55,









31-57,

*31-61,

'31-62, 31-69, *31-79, `31-80, *32-29,

'32-41,

*32-42,

'32-44,

*33-58,

*32-45,

*34-33,

'32-62, '32-63, *32-67, `33-30, *33-31,

`3535'35'35-120.

-13, -2g, -44,

*33-55,

`33-56,



Voir Corr., t. 1, p. 498.

BROT (Charles-Alphonse). - 33-46, '35-18.

Né à Paris le 12 avril 1809. - Mort à Paris le 3 janvier 1895.

Clerc d'avoué, puis commis chez un banquier, Brot entra en litté-
rature par la poésie en 1830 avec Chants d'amour° et poésies diverses. Puis

529 ce fut, à partir de 1833, une longue série de romans, la plupart histo-
riques ;nombre de ces romans parurent ou reparurent dans la série des
«  Veillées littéraires illustrées  ». Brot écrivit en outre plusieurs pièces de
théâtre en collaboration. II fut en 1837 un des fondateurs de la Société
des Gens de Lettres avec Louis Desnoyers. En 1848, il entra au ministère
de l'Intérieur où il devint chef du bureau de l'imprimerie et de la librairie.

De 1850 à 1854, il sollicita et obtint plusieurs fois des secours du
ministère (AN, F1' 3127). Son second volume, Un coin du salon (1833),
est dédié à Vigny, et cette dédicace se veut une «  eeuvre d'amitié  ».


BÜLOZ (François). - "31-30, 31-92 D, *31-95, 31-96 D, *31-97, '32-9,

* 32-11, ' 32-49, ' 32-60, ' 32-66, 32-68 D, ' 32-69, ' 32-70, '32-71,

32-72 D, 33-1, `33-2, '33-3, *33-5, 33-6, '33-7, '33-19, *33-25, '33-26,

* 33-65, ' 33-104, ' 34-8, ' 34-16, ' 34-17, 34-23 D, * 33-24, ' 34-32,

'34-38, 34-55, '35-9, 35-21, *35-36, 35-37, `35-58, 35-81, '35-109,

'35-122, 35-126.

Né à Vulbens (près de Genève) le 20 septembre 1804 (3e jour complé-
mentaire an XI). - Mort à Paris le 12 janvier 1877.

Dernier d'une famille de huit enfants, François Buloz, à la mort de
son père en 1814, fut appelé à Paris par son frère aîné, alors élève de
l'École normale, et fit ses études au lycée Louis-le-Grand. Chimiste dans
une fabrique de Sologne que commanditait Etienne de Jouy, il fut ensuite
employé par ce dernier à la Biographie nouvelle des contemporains, puis
apprit le métier de typographe. Comme correcteur, il entra, en 1825,
à l'imprimerie de l'Archevêché  ; en 1828, à l'imprimerie d'Éverat. Sol-
licité par un ancien camarade de collège, l'imprimeur Auffray, qui venait
d'acheter une revue fondée quelques mois plus tôt, mais assez mal en
point  : la Revue des deux mondes, il signa avec lui, le lQ1 février 1831, un
acte le nommant rédacteur en chef. En 1834, il acheta la Revue de Paris,
fondée en avril 1829 par le Dr Véron ;mais la revue disparut (absorbée
par l'Artiste) en juillet 1845. Parallèlement, la Revue des deux mondes
passait de 350 abonnés en 1831 à 1 500 en 1838. A cette date, sans cesser
de s'occuper de la revue, il fut nommé commissaire royal près du Théâtre-
Français, et en devint administrateur en 1847 ; à la suite de ses prises
de position en faveur de la Seconde République, les comédiens l'obligèrent
à démissionner. En 1868, la revue comptait 25 000 abonnés. Il s'en
occupa jusqu'à sa mort.

Voir Marie-Louise Pailleron, François Buloz et ses amis la vie litté-
raire sous Louis-Philippe, Calmann-Lévy, 1919.

BUNBURY (Hugh Mills et Alicia). - 30 59 D, '32-25 M, *32-27.
Voir Corr., t. 1, p. 500.

530 BUNBURY (Philip Mills Peter). — *34-25.

Né entre 1824 et 1826. —  ?

Deuxième des huit enfants de Hugh Mills et d'Alicia Bunbury, il
était donc le beau-frère de Lydia et d'Alfred de Vigny. I1 fut apparem-
ment fort peu en relation avec eux  : à part celle de 1834, on ne connaît
qu'une lettre datée de Munich dans les années 1850, par laquelle il faisait
part du décès de son jeune frère Hamilton Francis.


BusoNl (Philippe-Gérard). — *35-23.

Né à Saintes le 15 avril 1804. — Mort à Paris le 30 janvier 1883.

A ses débuts, Busoni fut l'ami de Brizeux avec lequel il composa une
comédie en un acte et en vers, Racine, publiée en 1828. Auteur d'un
roman, A~ISelme (Gosselin, 1835, 2 vol.), éditeur des Mémoires de la
duchesse d'Orléans, mère du régent, Busoni fut, comme poète, le meilleur
élève de Vigny, dit Séché (Alfred de Vigny, Mercure de France, 1913,
p. 266 sq. ). Son recueil Les Étrusques (1843) rappelle la manière concise
de l'auteur des Destinées. Busoni fit partie du cercle des intimes de Vigny
et se montra en toute circonstance l'ami le plus fidèle et discret du poète,
qui portait un tendre intérêt à la fragile Clotilde, née le leT janvier 1832
et morte poitrinaire, le 25 septembre 1871. Busoni, qui collabora à de
nombreux journaux, notamment au Temps, avant de devenir, de 1845
à 1860, le spirituel chroniqueur de l'Illustration, écrivit toujours des
articles très favorables à Vigny.

CALLAGI-IAN (MargLlCrdC–/~délalde ~iOPPINGER, VeUVe de LUC). — *32-21,

32-22 D, * 32-23, * 32-24.

Née à Bordeaux le 24 février 1780. — Morte à Paris le 10 mars 1847.

Épouse du banquier Luc Callaghan, né à Cork (Irlande) en 1780,
mort à Paris (rue Neuve-des-Mathurins, n~ 26) le 2 janvier 1832, elle
reprit les affaires de son mari à sa mort. Cela la conduisit à entrer en
relation avec Vigny  :c'est par son intermédiaire que la rente annuelle
versée par Hugh Mills Bunbury à sa fille Lydia était payée.


CiANEL (Urbain). — *31-90.
Voir Corr., t. 1, p. 501.

CAPITAINES DU 4e BATAILLON DE LA lre LÉGION DE LA GARDE NATIONALE

(LES). — 30-57 D.

531 CavÉ (Hygin-Auguste). — *33-52, *34-46, *35-85, 35-86.

Né à Doudeville (Seine-Maritime) le 24 décembre 1794. —Mort à
Paris le 30 mars 1852.

Un moment avocat à Rouen, Cavé, tenté par la fortune littéraire,
vint à Paris. Secrétaire de la Commission de surveillance de l'Opéra,
il se mit sur les rangs pour la direction de l'Opéra en 1833 lors de la
démission de Véron, mais ce fut Duponchel qui l'obtint. Lui-même était
devenu après la révolution de Juillet chef de la division des Beaux-Arts
au ministère de l'Intérieur, où il resta jusqu'en 1848. Il fut ensuite chargé
de la Direction des Palais et Manufactures de l'État. Il avait épousé
le 4 novembre 1843 Élise Blavot, peintre et maîtresse de Delacroix.
Publiciste, il avait collaboré au Globe, à la Reucze de Paris, aux Lettres
normandes ; il écrivit avec Dittmer les Soirées de Neuilly (publiées en 1827
sous le pseudonyme de Du Fongeray), et avec d'autres collaborateurs
quelques vaudevilles et comédies. Au dire de Rémusat (Mémoires de
ma vie, Plon, 1959, t. II, p. 143), il avait «  du goût et de l'esprit mais
point de talent  ».

CHASLES (Philarète). — 32-6 D ( ?).

Né à Mainvilliers (près de Chartres) le 8 octobre 1798. —Mort à
Venise le 19 juillet 1873.

On retrouvera ultérieurement dans la Correspondance, au moment
de ses candidatures académiques, ce célèbre érudit, qui développa la
littérature comparée en France.

CHAUDESAIGL'ES (Jacques-Germain). — *34-58,'34-59, 35-24 D, *35-104,

* 35-107.

Né à Santhia (près de Turin) le 7 février 1814. — Mort à Paris le
25 janvier 1847.

«  Pas de plus aimable et de plus joyeux compagnon que Chau-
desaigues  », écrit H. Lucas dans ses Portraits et souvenirs littéraires
(Pion, s.d.). Attiré par la littérature, il composa très jeune des vers à
Grenoble, où il vivait avec sa famille. Il arriva à Paris vers 1833 et dépensa
avec insouciance l'héritage de son père (mort en 1831). Élégant, spirituel
et gai, il gaspilla son temps et son argent dans des fêtes, au jeu, et dans
une passion malheureuse. Rompant alors avec son passé, il se consacra
dès lors au journalisme. Dès 1834 il avait fait paraître un premier roman
Élisa de Rialto, suivi d'un autre, Sous le froc (1836). En 1835, il avait
publié à ses frais un charmant volume de vers, Le Bord de la coupe (chez
Werdet, sans nom d'auteur). C'est en août de cette année-là que Sainte-
Beuve rencontra chez Vigny ce « petit nouveau poète n (lettre du 14 août),
bien peu connu encore dans le monde des lettres. En 1836, il se fit le
disciple de Planche qui avait amené à la critique le jeune poète, et lui

532 emprunta ses doctrines et ses jugements. Plus qu'un créateur, c'était
en effet un imitateur, note M. Regard qui lui a consacré une étude, dans
son ouvrage sur Gustave Planche (t. I, Nouvelles 1Jditions Latines, 1955,
p. 204 sq.), et qui rappelle le surnom que lui donnait le journal la Silhouette
(article du 6 décembre 1856)  : «  le clair de lune de M. Planche  ». Sa vraie
place, remarque M. Regard, eût été aux côtés de Lassailly, Fontaney et
autres, « parmi les faiseurs de variétés et de contes aux ;;râces bou-
levardières  ».

CORRESPONDANTS NON IDENTIFIÉS. - 30-52 D, '32-4, '32-5, 32-~i6 D,

33-98, 33-103, `34-57, 35-7 D, 35-G1, 35-67, 35-91.

CDiTSTIS DE LA RIVIÈRE (Angélique DE VIGNY, Mme Clément). — '33-71.

Née en 1778 à ( :hâlo-Saint-Mars (Essonne). — Morte à Joué-les-Tours
le 30 janvier 1835.

Fille de Claude-Louis-Victor de Vigny et d'Adélaïde-Angélique-
Charlotte Lemaire de Montlivault, elle était la soeur d'Augustine de Vigny
(plus tard Mme de Boësnier) et donc la cousine germaine d'Alfred de Vigny.
Elle épousa Clément Coustis de La Rivière, chef d'escadron (10 jan-
vier 1770 - 26 septembre 1834) avec qui elle demeura d'abord à La C ;roix-
en-Touraine (Indre-et-Loire), puis au château de Rigny à .Joué-les-Tours
(Indre-et-Loire), avec leurs trois fils.

COUTURIER DE VIENNE (Amable-Félix). — '31-84, `32-13.

Né à Versailles le 30 octobre 1789. — Mort à Paris le 12 février 1879.

Garde surnuméraire (août 1816), puis garde en pied (août 1818),
dans le Corps de Monsieur, ce jeune officier dut faire la connaissance
de Vigny quand celui-ci était dans la Garde royale. Entré à l'école d'appli-
cation du Corps royal d'état-major en janvier 1820, il appartint ensuite,
comme sous-lieutenant aide-major, puis comme lieutenant aide-major,
à différents régiments (chasseurs à cheval, infanterie de ligne, artillerie
à cheval, infanterie légère), et même, pendant quelques mois (de janvier
à octobre 1828), au 4e régiment d'infanterie de la Garde royale. Ayant
fait la campagne de 1823 en Espagne, participant, en 1824 et 1825, à
l'armée d'occupation en Espagne, il fut fait chevalier de l'ordre de Saint-
Ferdinand d'Espagne le 29 septembre 1824. Il épousa, le 15 mai 1833,
Louise-Esther de Malleville (née le 16 juillet 1816). De leur union naquit
une fille, qui épousera un M. de Saint-Aulaire. Il devint ensuite auditeur
au Conseil d'État.

CRAON (princesse de). — `31-18, '32-73.

Voir Corr., t. 1, p. 496. L'année de la naissance de la princesse de
Craon a été omise ; il s'agit de 1806.

533 CnozE (Jules-Alexandre-Pierre-Joseph, baron de). — *3Y-59.

Né à Brioude le 22 février 1787. — Mort à Chassaignes le 22 juin 1869.

Son père, Jean-Joseph (1753-1836), avait été sous-préfet à Brioude
de 1806 à 1813. Lui-même fit des études de droit, devint avocat auditeur
au dernier Conseil en 1810, fut sous-préfet à Gênes de 1811 à 1814. Juge
suppléant au tribunal de première instance de la Seine en 1812, il épousa,
la même année, Marie-Virginie Lemercier, dont le père (1755-1849),
président du Conseil des Anciens le 18 brumaire, sénateur et comte de
l'Empire en 1808, siégea à la Chambre des Pairs sous la Restauration et
le gouvernement de Juillet. Sous-préfet de Corbeil en 1819, puis préfet
des Basses-Alpes en 1827, Croze fut créé baron par lettres patentes du
6 novembre 1829. Après la révolution de 1830, il fut révoqué, se retira
dans son château de Chassaignes, près de Brioude, et donna son concours
à l'opposition légitimiste. Il a laissé des poésies inédites et publié des
articles dans divers journaux royalistes. Son fils Jean-Joseph-Gustave
(1821-1882) épousa en 1848 la fille d'Alexandre Guiraud, Louise.

DELAROCHE (Hippolyte dit Paul). — *34-14.

Né à Paris le 17 juillet 1797. — Mort à Paris le 4 novembre 1856.

Fils d'un expert en tableaux, il entra en 1816 à l'École des Beaux-
 :lrts où son maître Gros l'orienta vers la peinture d'histoire. Ce sont ses
toiles représentant. l'histoire d'Angleterre qui le rendirent célèbre  :Les
Enfants d'Édouard (triomphe au Salon de 1831), Jane Grey (1834). Élu
membre de l'Académie des Beaux-Arts en 1832, il regut commande
d'une décoration pour la nef de la Madeleine, pour laquelle il entreprit
un voyage en Italie. A son retour, il apprit que Jules Ziegler s'était vu
attribuer les travaux. Cependant d'Italie il aura rapporté savoir et femme
le 28 janvier 1835, il épousa la fille d'Horace Vernet qui l'avait accueilli
à Rome. Il tint dès lors un salon où l'on rencontrait les tenants de la
peinture d'histoire. En 1837, il entreprit la décoration de l'hémicycle
de l'École des Beaux-Arts, achevée en 1841. À partir de cette date, sa
peinture s'orienta vers les scènes religieuses, qui n'obtinrent qu'un accueil
réservé.

DELAULNOY (Charles-Edme). 30-46.

Né à Paris entre février 1787 et février 1788. — Mort à Paris le
11 février 1843.

Receveur particulier des finances, il habitait, au moment de sa mort,
12, rue de Ponthieu. Il devait habiter, en 1830, sinon le même domicile,
du moins le même quartier ; d'où son appartenance à la lTe légion de
la Garde nationale.

534 DESCHAhiPS (Antoni). - *32-65, *33-24, 33-27 D, '34-21, *34-43, 35-31,

35-93, *35-110.

Voir Corr., t. 1, p. 504.

DESCHAMPS (Émile). - *31-33, *31-58, *31-88, 31-91, 31-93 D, *31-94,

* 32-1, 32-19 D, * 32-20, * 32-40, * 34-28, 35-19, * 35-88, 35-92.

Voir Corr., t. 1, p. 504-505.

DESPREZ (Étienne, prénommé Antoine en famille). - *35-71.

Né à Champniers le 27 décembre 1801. - 1Vlort à Mainfonds le 13 sep-
tembre 1868.

Propriétaire du domaine du Poitevin, à Mainfonds. Célibataire.

DITTb1ER (Adolphe). - *31-71, *33-59.

Né à Landres (Moselle) le 13 mai 1795. - Nlort à Paris le 10 mai 1846.

Il fut condisciple de Vigny à la pension Hix et entra, en même temps

que lui, dans la Garde royale, où il fut lieutenant de cuirassiers. II fit

la campagne d'Espagne, puis démissionna en 1825. II s'occupa de sciences

naturelles et de médecine, prit part à la rédaction du Globe, et publia,

entre 1826 et 1829, avec Hygin-Auguste Cavé, plusieurs oeuvres, sous

divers pseudonymes ; entre autres, en 1827, sous le pseudonyme de

Du Fongeray, les Soirées de iVeuilly, « esquisses dramatiques et histo-

riques  ». Après la révolution de Juillet, il gagna la confiance de Casimir

Périer et fut chargé de missions diplomatiques en Italie. Il devint ins-


pecteur général des haras de 1833 à 1840, puis directeur de l'agriculture

et des haras de 1841 à 1845. Il fut officier de la Légion d'honneur.

DORVAL (Marie ~Améhe-1`homase DELAÜNAY, épollse ALLAN-DORVAL pll15
MERLE, connue sous le nom de). - *31-63, 32-58, *33-4, *33-15,

*33-17, 33-20 D, *33-21, 33-22 D, *33-23, *33-28, *33-29, *33-32,

*33-34, 33-36 D, *33-37, *33-38, 33-39, 33-40 D, *33-41, *33-42,

33-44 D, * 33-45, * 33-51, * 33-57, * 33-67, 33-68, 33-69, * 33-76, * 33-77,

33-78 D, *33-79, *33-80, 33-81 D, *33-82, 33-83 D, 33-84, *33-85,

33-86, 33-87, * 33-88, ' 33-89, * 33-90, * 33-91 ; 33-92 D, * 33-93, `33-94,

33-95 D, '33-96, *33-97, *33-112 M, 34-1 D, 34-2, *34-3, 34-4 D,

34-5 D, *34-6, *34-7, 34-9 D, *34-10, 34-11 D, *34-12, 35-87.

Née à Lorient le 7 janvier 1793. - Morte à Paris le 20 mai 1849.

Marie Dorval «  appartenait à ce prolétariat comique des troupes
ambulantes qui a couru les provinces tout au long du xv1lle siècle
(F. Ambrière, Le Siècle des Valmore, Seuil, 1987, t. I, p. 489). Sa mère,
la comédienne Marie Bourdais, vite abandonnée par son séducteur,

535 comédien lui aussi, avait tout juste dix-sept ans quand elle naquit.
Elle-même à l'âge de dix-huit ans était déjà mère de deux filles mais,
enceinte de la première, elle avait épousé, le 12 février 1814, le père,
Allan dit Dorval, régisseur de théâtre de dix-neuf ans son aîné. Le
ménage, après un séjour à Strasbourg, s'installa à Paris, mais Allan-
Dorval accepta un engagement à Saint-Pétersbourg où il mourut le
30 mai 1821. Engagée à la Porte-Saint-Martin, Marie Dorval devint la
maïtresse du compositeur Piccini, dont elle eut en décembre 1821 une
troisième fille. Elle connut là ses premiers succès, triompha en particulier
dans Les Deux Forçats et Trente ans ou la vie d'un joueur qui l'imposèrent
comme la meilleure actrice du mélodrame. Devenue la maîtresse de Merle,
directeur du théâtre de la Porte-Saint-Martin de 1822 à 1826, elle l'épousa
en 1829 alors qu'il était couvert de dettes. Les deux époux s'étant donné
une liberté mutuelle, il s'agissait plutôt d'une association mais leur
sincère et réciproque attachement ne se démentit jamais.

Marie Dorval avait connu bien des épreuves et des amours médiocres
quand elle rencontra Vigny, auquel A. Soulié, qui fut rédacteur avec
Merle à la Quotidienne et ami du ménage, la présenta en 1830. En 1831,
le rôle d'Adèle dans Antony de Dumas fit d'elle la reine incontestée du
drame moderne. Engagée au Théâtre-Frankais, elle fut l'inoubliable
Kitty Bell de Chatterton en 1835 et, actrice sublime, devint l'incarnation
même du drame romantique dont elle joua tous les grands rôles. « Elle
avait un talent tout passionné. L'art lui venait de l'inspiration  ; elle se
mettait dans la situation du personnage, elle l'épousait et devenait lui

(Th. Gautier, Histoire de l'art dramatique en France depuis vingt-cinq ans,
Hetzel, 1858, t. I, p. 322). Plus tard elle joua au Gymnase, à la Renaissance.

A lire le témoignage de Th. Muret (Souvenirs et causeries d'un jour-
naliste, Garnier Frères, 1862, p. 55) on comprend ce qui en elle séduisit
Vigny « Nature passionnée, fiévreuse, exaltée, Mme Dorval alliait
d'étranges contrastes, le laisser-aller d'un monde peu rigide, et des élans
vers les idées religieuses qui se manifestaient par des crucifix, par des
Madeleines, par des gravures, des tableaux ou des statuettes de dévotion
dont sa chambre et son boudoir étaient peuplés. De la part de Mme Dorval,
femme d'imagination et d'impression au coeur aimant, de toute manière,
il n'y avait là ni jeu ni comédie  :elle était du petit nombre des femmes
de théâtre qui possèdent au moins des qualités du coeur..

Les amours platoniques du poète et de l'actrice firent place en 1831
à une ardente liaison, bientôt traversée d'orages. Les nombreuses tournées
en province que Marie Dorval dut accepter pour des raisons financières,
une liaison avec Dumas, puis avec Sandeau, les escapades de Vigny,
furent fatales à leurs relations, et la mort de Mme de Vigny porta le
dernier coup à ces amours moribondes qui prirent fin en 1838. En 1840,
Marie Dorval reprit La Maréchale d'Antre et Chatterton, mais le déclin
s'amor~ait, pour elle et pour le drame romantique, qui mourut avec elle
en 1849. Ses dernières années furent encore assombries par la mort de
son petit-fils, Georges Luguet. Elle eut une fin édifiante et demanda que
sur sa tombe son nom fiit suivi de la mention « morte de chagrin  ».

536 DRAGUR. — 35-ô~.

Peut-il s'agir de l'obscur Joseph Drague, auteur sans succès d'un
drame joué et édité à Dijon, Urbain Grandier, et qui écrivit en 1835
une nouvelle pièce, Oue deviendra-t-elle  ?, non représenté mais conservé
(selon le catalogue Soleinne) dans les recueils manuscrits du Théâtre-
Fran~ais. Il y eut aussi un Prosper Drague, « improvisateur  », qui parut
sur la scène du Vaudeville en 1846.

DUCHAMBGE (Marie-Barbe-Charlotte-Antoinette-Pauline, épouse). —

31-31, '32-30, 35-59.

i~ée à Strasbourg le 7 octobre 1776. — Morte à Paris le 29 avril 1858.

Appartenant à une famille de tradition militaire (son père était alors
lieutenant-colonel au Royal Suédois), elle ne tenait aux Antilles que
par sa mère, née Marie-Françoise Dubuc, et naquit à Strasbourg (et non
à la Martinique, comme l'afiirme une tenace légende). Son mariage malheu-
reux avec Ph. Duchambge, baron d'Elbhecq, s'acheva en 1807 par un
divorce et une rupture complète avec la famille Duchambge (y compris
sa fille Clémentine). Pianiste et musicienne, elle cultiva les arts et, intime
avec Mme Tallien devenue princesse de Chimay, fréquenta assidûment
le château de Chimay où elle rencontra des artistes, notamment Auber,
avec qui elle eut une longue liaison, pleine d'orages et de tourments.
La chuta de l'Empire la priva de la pension qu'elle avait obtenue par
protection et elle se. fit, pour vivre, professeur et compositeur de,, musique.
Ses romances avaient fait fureur sous l'Empire et même sous la Res-
tauration mais son existence, à partir de 1825, fut assez solitaire et
misérable. Il faut dire que cette femme jadis ravissante ne sut pas vieillir
et que son caractère sentimental ne pouvait dissimuler son profond
égoïsme et son goût de l'intrigue. Dans sa longue amitié avec Marceline
Desbordes-Valmorc, elle répondit souvent par l'indifférence au sincère
attachement de Marceline. Elle joua, dans les amours de Marie Dorval
— dont alle étai{; l'amie — et de Vigny, un rôle pour le moins ambigu
et incontestablement négatif au moment de leur rupture.

Voir F. Ambrière, Le Siècle des Valmore, Seuil, 1987, t. I, p. 296 sq.


DUbfAS (ldolphe). — `35-105.

1~Té à I~ompas l0 5 janvier 1806. — Mort à Puys, près de Dieppe, le
15 août; 1861.

Poète et auteur dramatique, ce grand tourmenté, aigri par son infir-
mité (il boitait) et par ses amours malheureuses (avec l'actrice Mlle Plessy),
Adolphe Dumas eut une vie aussi décousue que son oeuvre. Né dans le
Midi, il partagea sa vie entre Rouen (où demeura longtemps sa soeur
Mme de Méreaux, liée avec Mme Dorval) et Paris. Mêlé dès 1830 au

537 mouvement romantique, il fréquenta Chateaubriand, Lamartine, Hugo,
obtint d'illustres encouragements et conquit de solides amitiés (notam-
ment celle de Vigny, qu'il avait connu par l'intermédiaire de Mme Dorval),
mais connut aussi des brouilles (par exemple avec Sainte-Beuve, qui lui
reprochait ses exagérations, son lyrisme excessif, et avec des directeurs
de théâtre que rebutaient ses abstractions et ses fougueuses utopies).
Poète, il publia La Cité des hommes (1835) et le recueil Provence (1840).
En août 1836, il présenta à la Comédie-Franc~aise un drame en cinq actes
et en vers regu à l'unanimité, mais qu'il retira, le ministre ayant demandé
la suppression d'un personnage  : La Firt de la Comédie oie la Mort de Faccst
et de Don Juan. Le 3 février 1838 il fit représenter à l'Odéon Le Camp des
croisés (avec Mme Dorval), qui fut bien accueilli, puis en 1842 à la Porte-
Saint-Martin illademoiselle de La Vallière et surtout, en 1847, au Théâtre
historique, L'École des farnilles, son plus grand succès. «  Ce Descartes
exalté, ce Tasse méconnu, ce sublime estropié de notre terre  » (Lamar-
tine) fut bien, comme le définit avec sympathie Frédéric Mistral neveu
dans l'ouvrage qu'il lui a consacré (Un poète bilingue Adolphe Dumas,
Belles-Lettres, 1927), a une sorte de Don Quichotte héroïque du roman-

tisme  ».


DUMAS (Alexandre). — 30-62, *31-24, *31-42, 31-74, 33-43 D, 33-49,

* 34-41.

Voir Corr., t. 1, p. 507.


DURAND (A.). — *35-128, 35-130 D.

En l'absence d'indication précise de prénom, il a été impossible
d'identifier ce marchand de biens d'Angoulême, qui demeurait Maison
des Bains Martin au faubourg de L'Houmeau, et qui offrit ses services
à Vigny pour lui trouver des acquéreurs pour le Maine-Giraud.


É' BRARD (Dominique). — *35-106.

Né àSaint-Laurent-du-Cros le 20 octobre 1790. —  ?

Lorsqu'il fut breveté libraire, le 6 septembre 1831, il travaillait déjà
depuis sept ans dans la librairie. Son dossier de librairie (AN, F18 1761)
mentionne l'annulation de son brevet, sans précision de date.


EsQuiROS (Henri-Alphonse). — *35-46.

Né à Paris le 23 mai 1812. — Mort à Versailles le 10 mai 1876.
Journaliste, écrivain, homme politique, Esquiros fit partie du groupe
des Jeune-France et débuta en littérature par un recueil de vers Les

538 Hirondelles (1834) dont Victor Hugo vanta les mérites (a C'est un essaim
de vers charmants qui s'envole  ;c'est un vrai livre de poète que celui-là.  »)
mais qui n'eut aucun succès. Son premier roman, Le Magicien (1835),
n'en eut pas davantage. Après Charlolle Corday (1840), L'Évangile du
peuple (1841) lui valut huit mois de prison àSainte-Pélagie où, stimulé
par sa vr~rvc de poète, cet audacieux pamphlétaire composa les Chants
du prisonnier (1841). Il écrivit eucore Les Vierges martyres (1841), Les
Vierges folles (1842), ainsi que Paris ou les Services, les institrttions et les
ma;urs du XI_le siècle (1847), le plus intéressant de ses ouvrages. Jour-
naliste, il collabora à la P,evue des deux mondes, la Revue de Paris, l'Artiste,
le ./ournal des connaissances Miles. II participa activement à la révolution
de 1848, milita à l'extrême gauche ~~t dut quitter la France après le
coup d'Ltat du 2 décembre 1851. A son retour en France ;, fidèle à ses
idées républicaines et socialistes, il reprit son activité politique, devint
député de Satine-ct-Loire, fut; réélu en 1869 et entra au Sénat en 1876.

Voir J. Van der Linden, Alphonse I;squiros, de la Bohême romantique
à la répr.cblique sociale, 1948, et l'article de St. Micbaud dans le n~ 24 de
Romanlisrne (1979).


Europe littéraire (l'~. — 33-i1.

Périodique littéraire fondé et dirigé par Victor Bohain ; le rédacteur
en chef c+n ét~.tit Alphonse Roger, et le gérant Prosper Delasalle. Le
premier numéro, précédé de plusieurs prospectus, parut le leT mars 1833 ;
69 numéros suivirent, les lundi, mercredi et vendredi, chacun sur quatre
pages grand in-folio, jusqu'au 9 août, date à laquelle il fallut dissoudre
la sociél;é et vendre le journal aux enchères ;une nouvelle formule in-8°,
sous la rédaction de Louis Lefèvre et Capo de Feuillide, parut du
15 août 1833 au 6 février 1834. Ce a journal de la littérature nationale et
étrangère  », luxueux et ambitieux, s'était assuré la collaboration des
plus grands écrivains, dont des lettres avaient été publiées dans les

prospectus.

Voir Thomas R. Palfrey, L'Europe littéraire (1833-1834), un essai
de périodique cosmopolile (Paris, Champion, 1927).


FwrErt (Auguste-Louis). — '34-3i'.

Né à Paris le 14 juin 1785. —  ?

Entré au ministère de la Guerre comme commis auxiliaire le
7 avril 1804, Favier fut chargé près le prince de Neuchâtel du travail
général du personnel des troupes de la 98 armée, dans les campagnes
de l'Empire de 1806 et 1807. En récompense, il fut nommé chef du bureau
de l'Infanterie au ministère de la Guerre le 15 septembre 1807. En 1813,
il était commissaire des guerres de seconde classe. Écarté du ministère
dès août 1815, il fut mis en non-activité le 15 octobre 1817. Il ne reprit
du service qu'en 1823, lors de la campagne d'Espagne à laquelle Vigny

539 souhaitait participer, et fut fait officier de la Légion d'honneur le
14 juillet 1823. Sous-intendant militaire à partir de septembre 18'23, il
fut brusquement démis de ses fonctions le 12 novembre 1835. Un rapport
en date du 8 août 1835 lui reprochait « deux idées fixes  : [...] l'une de
rentrer au ministère de la Guerre comme chef du bureau de l'Infanterie,
e.t l'autre de se livrer à une poésie élevée  ». En 1834, en effet, il avait
publié une plaquette de vers, inspirée notamment de la Jane Grey de
Delaroche. Réintégré dans son cadre d'activité le 25 novembre 1836, il
fut admis à faire valoir ses droits à la retraite par décision ministérielle
du 5 juin 1837.

FEUILLET (Laurent-François). — *32-39.

Né à Paris en 1768. — Mort à Paris (à l'Institut) le 5 décembre 1843.

Fils du sculpteur Jean-Baptiste Feuillet, il avait été militaire avant
d'entrer à la Bibliothèque de l'Institut dont il devint bibliothécaire en
chef en 18'23. Il devint en avril 1833 membre libre de l'Académie des
Sciences morales et politiques que Louis-Philippe avait rétablie en 1832.
Collaborateur de la Biographie universelle de Michaud, son bagage litté-
raire est mince, mais il jouait son rôle à l'Institut.

FONTANGES (GarOlme LEFEBVRE, vicomtesse de). — '30-48.

Née àSaint-Domingue (paroisse des Gonaïves) en 1767. —Morte
à Paris le 11 février 1847.

Ayant épousé à l'âge de quinze ans François, vicomte de Fontanges
(maréchal de camp en 1789, lieutenant général en 1815, mort en 1822),
Caroline Lefebvre fut, sous l'Empire, dame d'honneur de Madame mère  ;
nommée baronne par décret impérial du 3 décembre 1809, elle fut la
mère d'Amable, comte de Fontanges (1783-1826), qui, par deux fois,
au 5e régiment d'infanterie de la Garde royale (comme major), puis
au 55~ régiment de ligne (comme colonel), eut sous ses ordres Vigny,
et mourut àSaint-Sébastien le 24 octobre 1826.

FONTANEY (Antoine-Étienne). — '31-7, 31-17 D, 32-7.

Né à Saint-Denis le 22 septembre 1801. — Mort à Paris le 11 juin 1837.

Ses premiers vers, teintés d'une mélancolie quelque peu maladive,
sont à l'image de sa vie désenchantée, marquée par les chagrins, parfois
l'amertume. Il perdit jeune son père (qui l'avait reconnu par acte notarié
passé devant Me Riant, notaire, le 17 août 1816), fit des études de droit
et devint clerc d'avoué tout en consacrant ses loisirs à la poésie. Il fit
la connaissance de Sainte-Beuve qui l'introduisit chez 1Vodier et chez
Hugo, et il publia en 1828 Ballades, mélodies et poésies diverses. Le comte
d'Harcourt qui s'intéressait à lui le prit pour secrétaire lorsqu'il fut
nommé ambassadeur en Espagne en décembre 1830. Mais Fontaney

540 d'abord séduit s'ennuya bientôt et rentra à Paris en août 1831. Découragé
par son insuccès à obtenir une autre nomination, il tenta de vivre de
sa plume et fit paraître dans la Revue des deuæ mondes une suite d'articles
sur son voyage en Espagne. Inquiet de son avenir, mais facilement abattu,
il s'abandonnait souvent à la tristesse. Sa vie sentimentale fut marquée
par sa passion malheureuse pour Marie Nodier (qui épousa Jules Mennessier
le 17 février 1830), puis par ses amours tourmentées avec Gabrielle
Dorval. C'est en août 1832 qu'il commenta à fréquenter la maison de
l'actrice, en proie aux avances de Louise Dorval et même de sa mère,
mais n'ayant d'yeux que pour Gabrielle. il n'avait pas renoncé à la
diplomatie et regut e,n août 1833 un ordre de départ pour l'Espagne
d'où il revint e.n mars 1834. I1 enleva Gabrielle Dorval qu'il emmena
en Angleterre où il vécut de tâches journalistiques. Les jeunes gens
rentrèrent découragés et malades, tous deux phtisiques. Gabrielle
s'éteignit le 15 avril 1837 (à l'âge de vingt et un ans) et Fontaney la
suivit dans la tombe le 11 juin. Outre ses piquants Souvenirs de la vie
castillane et andalouse (1833) publiés sous le pseudonyme de Lord Feeling,
et divers articles et feuilletons littéraires, il a laissé un précieux Jour~ral
intime (éd. Jasinski, Les Presses Franc~aises, 1925) où il est souvent
question de Vigny et de Mme Dorval.

FotiCHER (Paul). — '35-27.
Voir Corr., t. 1, p. 507.

FOURNIER (Henri). — "31-86.

Né à Rochecorbon (près de Tours) le 19 novembre 1800. —Mort à
Tours le 8 mars 1888.

Après des études à Tours et à Paris, il entra, en 1818, comme élève à
l'imprimerie Firmin Didot, et y devint prote en chef (1820-1824). Ayant
obtenu son brevet d'imprimeur en 1824, il fonda avec Taschereau une
imprimerie (qu'il mit en société en 1836). Il publia, en 1825, dans sa
propre maison un Traité de la typographie qui fit autorité le siècle durant
(réédité en 1854, en 1870 ; 4e éd., revue par A. Viot, en 1904). Ses éditions

compactes  » (publiées par livraisons) furent célèbres  : ~uures complètes
de Rousseau en un volume, chez Sautelet (1826, 1 708 p.), (Euures com-
plètes de Voltaire en trois volumes, chez Sautelet, Verdières, Furne et
Dupont (1827, respectivement, 1 848 p., 2 168 p., 2 236 p.). De même,
ses « classiques illustrés  »  :par exemple La Fontaine, illustré par Grand-
ville (1842-1843, 2 vol., chez Furne). Il céda son affaire à Jules Claye
en 1846 pour prendre la direction de la maison Mame à Tours. Ils réali-
sèrent ensemble de beaux ouvrages, un Don Quichotte (1848) et surtout.
La Touraine. Histoire et Monuments (sous la direction de l'abbé Bourrassé).
Il fut fait chevalier de la Légion d'honneur à l'occasion de l'Exposition
universelle de 1855. I1 abandonna ses activités en 1868.

Voir Nicole Felkay, Balzac et ses éditeurs, Promodis, 1987, p. 295 sq.

541 Fxom~t~orrn Dis FAnGES (Élie-Pierre-Jean-Jacques-Alfred de). —

30-55 D, "30-60.

Né à la Dominique (Antilles anglaises) le 23 septembre 1793. —Mort
au château de Beaujour (commune de Pontoise) le 27 janvier 1876.

D'une famille remontant au xvre siècle, son père, Élie, seigneur des
Farges (né en 1751), avait vendu sa terre, le 22 septembre 1780, à son
cousin de la branche cadette, Joseph-Antoine de Froidefond du Châtenet
(né en 1744) ;sous la Révolution, il était dans les îles. Élie-Pierre devint
conseiller à la Cour royale de Paris, cependant que son frère Honoré
(la Martinique, 1795 -Bayonne, 1881) faisait toute sa carrière dans
l'armée±, jusqu'à sa retraite en 1860 (commandeur de la Légion d'hon-
neur en 1854). Llu chef de bataillon en premier dans la Garde nationale
parisienne, il cesse d'apparaître à ce poste dans l'Almanach royal de 1833.
Il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur le 31 août 1831. En 1873,
il habitait rue Billault (actuellement rue de Washington) ; on admettra
qu'en 1830 il habitait déjà dans ce quartier, qui est celui de Vigny.

GEFFROY (Edmond .Aimé-Florentin). — 35-30.

\Té à Meignelay (Oise) le 29 juillet 1804. — Mort à Saint-Pierre-
lès-Nemours le 8 février 1895.

Peintre et comédien. Élève d'Amaury Duval, il exposa de nombreux
portraits au Salon de Paris, , de 1837 à 1868, et on lui doit également
quelques sujets historiques. A la scène il se montra toujours très préoc-
cupé de la démarche et du costume. Il débuta à la Comédie-Française
par le rôle d'Oreste dans Andromaque en 1829, mais c'est avec le rôle
de Chatterton qu'il conquit sa réputation. Le 31 janvier 1835 Vigny
notait dans son Joarnal « Intelligent, mémoire sûre et facile ; trop
habitué aux rôles de vieillards. Manque d'enthousiasme et d'amour
dans le talent.  »Lors de sa représentation de retraite, le 18 février 1865,
Gautier rendit hommage à sa carrière « Pour occuper tout à fait la
première place, pour dominer absolument la foule, il n'a manqué à
Geffroy qu'un peu de charme naturel, car tout ce que peuvent conquérir
la volonté, l'intelligence et le savoir, il le possédait. n

GEORGE (Marguerite-Joséphine WEIDfER, dite Mlle). — '31-41.

Née à Bayeux le 23 février 1787. — Morte à Paris (Passy) le 12 jan-
vier 1867.

Son père, chef d'orchestre, dirigeait des troupes de théâtre en pro-
vince ;elle commença dans des rôles d'enfants. Élève de Mlle Raucourt,
elle fit ses débuts à la Comédie-Française, où sa beauté fut remarquée
avant son talent, à l'âge de quinze ans et demi, et fut reçue sociétaire
le 17 mars 1804, le même jour que Mlle Duchesnois. Depuis quelques
mois, elle était la maîtresse du Premier Consul ;elle le resta, semble-t-il,

542 durant deux ans. Partie sur un coup de tête, en mai 1808, en Russie,
elle y demeura cinq ans, puis retrouva sa place au Théâtre-Français,
mais ses caprices entraînèrent son départ en 1817. Elle joua à Londres,
puis en 1818 à Bruxelles, où elle se lia avec Harel. Ille entra en 1821 à
l'Odéon, dont Harel prit la direction en 1829  ; elle y tint le rdle-titre
de La Maréchale d'Antre. De 1833 à 1840, elle suivit Harel à la Portc-
Saint-Martin. Tournées à l'étranger, nouvel engagement à l'Odéon
de 1832 à 1845, mort de Harel en 1846, fausse sortie le 27 mars 1849
(où, dans Iphigénie, elle écrasa Rachel). En 1852, elle fut nommée ins-
pectrice au Conservatoire en remplacement de Mlle Mars. Le 17 décem-
bre 1853, dans une représentation à bénéfice au Théâtre-Français, elle
triompha encore dans Rodogune. Mais ses dernières années furent tristes,
ses imperfections n'ayant fait que s'accroître. Elle mourut dans la
détresse. « Cette tragédienne ne fut certainement pas une actrice sans
gloire ; mais elle ne prendra jamais rang dans les fastes du Théâtre-
Français au titre d'artisl ;e de génie  » (de Manne et Ménétrier, Galerie
historique de la Comédie-Française, Scheming, 1876).

G[GOUX (Jean-François). —  :32-2.

Né à Besançon le 6 (et non le 8 comme on l'a souvent indiqué) j~m-
vier 1805. — Mort à Paris le 11 décembre 1894.

Fils de Claude-Faienne Gigoux, maréchal-ferrant, et de Françoise
Samarche, peintre, lithographe, illustrateur et collectionneur, élève de
l'licole des Beaux-Arts de Besançon, il tenta sa chance à Paris en com-
pagnie de son compatriote Gabriel Laviron qui l'introduisit dans le
salon de Nodier ; il fit le portrait de Marie Nodier ~+n 1830 (musée de
Besançon) et exposa pour la première fois au Salon de 1831. On a vu
(C;orr., t. 1, p. 300-301) qu'en février ].828 Pauthier de Censay se proposait
de le présenter à Vigny. I1 a exécuté plusieurs portraits de Vigny, un
dessin popularisé par la lithographie de Frey publiée dans l'Artiste
du 24 juin 1832, une huile sur toile après 1833 (voir la couverture de ce
volume). Il fut définitivement reconnu comme artiste romantique en 1835
par son grand tableau La Mort de Léonard de Vinci dans les bras de
François IeT exposé au Salon et par un Gil Blas illustré de six cents
vignettes.

A l'automne de 1851, il fit un premier portrait de la veuve de Balzac,
d'autres suivirent, ainsi qu'une longue liaison. Resté en bon rapport
avec Vigny, il lui suggéra en 1863 d'offrir son portrait peint à la veuve
de Balzac (voir les articles de R. Pierrot. AAAV, n~ 16 et n~ 20). II a légué
quatre cent soixante tableaux et près de trois mille dessins au musée de
Besançon, collection attestant un goût éclectique et sûr.

GossEt,rv (Charles). — 31-4, '31-64, 31-68 D, *33-47, "33-48 M.
Voir Corr., t. 1, p. 508-509.

543 Guicxnxv (Pierre). — '35-116.

Né à Voulgezac le 30 mars 1786. —  ?

Pierre Guichard épousa à Champagne-de-Blanzac Marie Baluteau,
le 22 juin 1808. Ils eurent plusieurs enfants. L'aîné, Jean (qui signe
Guichards fils), né à Voulgezac le 8 juillet 1809, épousa à Lignières
le 22 juin 1835 Anne-Adèle Lézard-Fontbrune. On perd leur trace
après 1836, année de la faillite mentionnée par Vigny.

HAREL (Jean-Charles dit Tom). — 31-53.

Né à Rouen le 5 novembre 1789. — Mort à Paris le 16 août 1846.

Auditeur au Conseil d'État à l'âge de vingt ans, préfet de l'Empire
et des Cent-Jours, Harel fut frappé l'exil le 24 juillet 1815. Réfugié à
Bruxelles, il rencontra en 1818 Mlle George et de cette période datent
leur liaison et leurs aventures. L'actrice obtint le retour d'Harel en France
et ils promenèrent à travers les départements une troupe théâtrale.
En 1828 il sollicita la direction de l'Odéon, qu'il réussit à avoir au prin-
temps 1829. I1 fit mal ses aiïaires et vit diminuer ses subventions. En
décembre 1831 Crosnier lui céda l'exploitation du théâtre de la Porte-
Saint-Martin et jusqu'à l'expiration du privilège de l'Odéon (en avril 1832)
il s'occupa des deux théâtres. En 1840 il dut abandonner la direction de
la Porte-Saint-Martin, avec plus de 300 000 F de perte par suite de la
décision du ministre lui interdisant une pièce antérieurement permise.
I1 emmena alors Mlle George et son répertoire en Allemagne, en Autriche,
en Russie et même jusqu'à Constantinople, mais le périple ne fut guère
fructueux. Mlle George tenta sa rentrée à la Gaieté puis à l'Odéon, où
elle réussit à revenir en janvier 1843. Harel, lui, s'était mis à écrire. I1
donna une comédie à l'Odéon, Le Succès (1843), et pour un discours sur
Voltaire fut couronné par l'Académie en 1844. Atteint de folie, il mourut
à l'asile de Châtillon pendant une tournée de Mlle George en province.

HÉDOUIN (Pierre-Frangois-\Ticolas). — 35-96.

Né àBoulogne-sur-Mer le 28 juillet 1789. — Mort à Paris le 20 décem-
bre 1868.

Après des études de droit à Paris, Hédouin devint en 1813 avocat à
Boulogne. Il était aussi littérateur et musicien. Il fit paraître un recueil
de romances Les Délassements de la uie (1815), puis Le Bouquet de lys (1816),
poésie et musique, il composa des opéras et collabora au Ménestrel et
aux Archiaes du Nord de la France (avec un article sur Gluck notamment).
En 1854, parurent ses Mosa'iques, qui regroupaient presque toutes ses
notices. A Boulogne il avait fondé en 1828 l'Annotateur, journal dont il
était le principal rédacteur, créé une école de musique et une Société
des Amis des Arts. b;lève et ami de Grétry, il conserva toute sa vie des
liens avec les milieux artistiques et littéraires (il fut très lié avec Marie

544 Dorval et les siens) et accueillit dans sa maison de nombreuses célébrités.
En 1842 il quitta Boulogne où il était devenu bâtonnier, pour entrer au
ministère des Travaux publics, dans la division des chemins de fer, et
il résida longtemps à Valenciennes, sollicit :znt vainement une direction à
Paris. Mis en disponibilité en 1866, admis à la retraite le ler janvier 1867,
cet homme frivole qui avait progressivement perdu toute sa fortune
n'eut pas wie vieillesse heureuse (AN, F14 2794).


HERBIN (Nicolas dit Victor). — 34-47.

Né àVitry-le-François le 14 août 1809. — Nlort à Paris le 6 mars 1865.

Professeur de langues à Rouen sous la Restauration, Herbin s'inté-
ressait surtout à la littérature et au journalisme. Après avoir collaboré
à la Revue de Rouen, il vint à Paris, écrivit des articles (dans le Journal
de Paris, le Moniteur des Théâtres, etc.) et fonda plusieurs périodiques

la France départementale (1834), Art et progrès, Journal des auteurs, des
artistes et des gens du monde (1834), plus tard le Journal des Théâtres.
Il eut une vie assez besogneuse et misérable et vécut à partir de 1848
surtout de secours accordés par le ministre en réponse à ses demandes où
il se recommandait de Hugo, Janin, Musset, Mérimée. Il avait fait repré-
senter —sans succès —trois pièces, et publia en 1847 Lutèce et Paris,
histoire de Paris, ancien et moderne, (voir nN, F~' 8165).

HUBERT 1115, pu1S HUBERT Di ~AINTE-CROIx (Alexandre-Edme). -

' 35-125.

Né à Châteauneuf (Charente) le 14 avril 1807. — Mort à Châteauneuf
le 15 décembre 1894.

Cet avocat, marié àChampagne-de-Blanzac le 6 janvier 1836 àMarie-
Claire, fille adoptive de Jean-Charles (aavaud, était le beau-frère de
Jean-François-Charles Montalembert, médecin des Vigny à Blanzac.


HUGO (Victor). — '31-15, '31-22, `31-38, 32-12.
Voir Corr., t. 1, p. 511.

JOANNY (Jean-Bernard BRISSEBARRE, dit). — 35-3.

Né à Dijon le 2 juillet 1775. — Mort à Paris le 5 janvier 1849.

Joanny avait débuté au théâtre de la République le 4 juin 1797
et à la fermeture du théâtre il accompagna Talma à Bruxelles. Revenu
seul en France, il mena la vie itinérante des comédiens de province, avec
une réputation grandissante. Rappelé à la Comédie-Française en 1807,
il ne réussit néanmoins pas à s'imposer et retourna à Rouen, Bordeaux,

545 Lyon, Marseille. Précédé d'une immense réputation, il revint en 1819
à l'Odéon, et le ter octobre 1825, définitivement, à la Comédie-Française.
I1 jouait les premiers rôles tragiques et se montra aussi à l'aise dans le
répertoire romantique (Henri III, Othello, Hernani) que dans le réper-
toire classique, dont il joua tous les grands rôles jusqu'à sa retraite,
lr; lQ7 avril 1841. Vigny appréciait beaucoup son talent « Mémoire
parfaite. Chaleur et force tragique. Marque de finesse et d'esprit. Sen-
sibilité, noblesse. Un des meilleurs acteurs de l'âme  :tragédien  » (Journal
d'un poète, 31 janvier 1835). E.-D. de Manne (La Troupe de Talma, Lyon,
N. Scheuring, 1866) reconnaît chez ce travailleur énergique qui sut
corriger ses défauts (trop de gestes, une diction mélodramatique) a un
des talents les plus consciencieux de notre époque  ».

JoxnNnoT (Tony). — '3â-47.

Né à Offenbach le 9 novembre 1803. — Mort à Paris le 4 août 1852.

Le plus jeûne des fils Johannot, graveur et peintre de genre et d'his-
toire, fut l'enfant gâté des romantiques. I1 se révéla essentiellement, et
avec un talent remarquable, vignettiste. I1 illustra plus de 150 ouvrages,
parmi lesquels un Molière, un Don Quichotte, un PaLtl et Virginie, les
Confes de Nodier, de Faust de Goethe, etc. Il fut le collaborateur attitré
de l'Artiste.


JousLrrr nE Ln SALLE (A.-F.). — '35-52, '35-77.

\Té à Paris en 1794. — Mort à Paris en juillet 1863.

Avocat, journaliste (dans les journaux d'opposition démocratique),
vaudevilliste de second ordre, il fit de la mise en scène à la Porte-Saint-
Martin, où il devint régisseur général sous la direction d'Haret, puis
directeur. Régisseur général de la Comédie-Française depuis le 15 avril 1831,
il fut nommé directeur-gérant le 8 juin 1833, révoqué (à la suite d'une
sombre histoire de trafic de billets) et remplacé par Vedel le leT mars 1837.
En 1839 il fut directeur des Variétés, mais à partir de 1843 il ne réussit
à vivre que grâce aux secours qu'il demanda (avec divers appuis dont
essentiellement celui de la comtesse Walewska) et obtint du ministre
(nrr, FEl 1014). Il a laissé des Souvenirs sur le Théâtre-Français (Émile
Paul, 1900).

JUBERT nE GLÈZE (Charles-Henri-Pierre-Guillaume). — '3I-49.

Né à Paris le let juin 1796. —Mort après 1844.

Entré en 1814 dans les gardes du corps de Monsieur, ( :harles Jubert
y demeura jusqu'en juin 1826, date à laquelle il passa dans les gardes
du corps du roi. Il fut licencié àSaint-Lô le 25 août 1830 et mis en solde
de congé en vertu de l'ordomiance du 11 août. Il fut admis à faire valoir

546 ses droits à la réforme par décret du 25 août 1844. II avait été fait che-
valier de l'ordre espagnol de Saint-Ferdinand le 25 avril 1824. Par désicion
du Conseil d'laat du 21 juin 1829, il avait été autorisé à ajouter à son
nom celui de de Gtèze, qui (moins la particule) était celui de sa mère.

LACOUDRÉE (Pierre-Célestin de). — '31-1, '33-66.

Né à Bordeaux le 17 juin 1783. — Mort à Bordeaux le 2~~ avril 1868.

Entré au service à l'âge de dix-sept ans  ; successivement soldat.,
caporal, fourrier, sergent, sergent-major, au 93e régiment d'infanterie
de ligne ; blessé à Colberg le leT juillet 1807, au pied gauche, puis à
Wagram le 5 juillet 1809, au bras gauche, il avait joui d'une solde de
retraite jusqu'à la fin de l'Empire. Reprenant de l'activité à la Restau-
ration, lieutenant au régiment de Marie-Thérèse, puis (après la disso-
lution de celui-ci) au 4e régiment d'infanterie de la Garde royale (en un
temps où Vigny était au 5e), il était passé, en 1816, à la légion de Seine-
et-Oise, devenue, en 1819, 55e régiment de ligne. I1 avait été nommé
capitaine en 1820. Quand Vigny rejoignit ce régiment en 1823, ils étaient
donc à égalité de grade. I1 fut admis sur sa demande au traitement de
réforme le leT décembre 1830 et obtint une pension en 1836. Le 28 mai 1831,
il épousa Marie-Louise-Pétronille Duchesne-Be.aumanoir, morte en couches
moins d'un an après leur mariage. II se remaria quelques années plus
tard avec Fortunée Horric de La Motte, soeur aînée d'un ofiicicr qui
avait été le. chef de bataillon de Vigny au die régiment de la Garde royale.

La CROIX (Jean-Hector de). — 33-64, 33-72, '34-44, '34-45.

Baptisé à Passirac le 19 mars 1775. — Mort à Sarrazin le 8 décem-
bre 1854.

Fils de Frangois, chevalier, seigneur de Saint-Cyprien, page du roi
Louis XV, et de Marie Sarrazin de La Nays, il épousa le 11 juin 1799
Marie-Jeanne Guillaumeau de Flavine, cousine germaine de la mère
de Vigny ; elle était fille du lieutenant de vaisseau Marc-Antoine Guil-
laumeau de Flavine et de Marie-Élisabeth de Nogerée. Ils résidaient
habituellement en Charente, soit au manoir de Flavine, commune de
Bonneuil, à une `~ingtaine de kilomètres du Maine-Giraud, soit à Sarrazin,
commune de Passirac, canton de Brossac. Leur fils aîné, Joseph, dit
l'abbé de Flavine, né le 26 janvier 1802, fut ordonné prêtre le 21 mars 1826
et devint directeur du grand séminaire d'Angoulême où il mourut le
6 janvier 1876. Leur second fils Louis (Bonneuil, 30 août 1804 -Ruelle,
6 mai 1875) a épousé le 22 août 1831. Anaïs des Roches de Chassay. Leur
troisième fils Charles, né à Flavine le 19 août 1808, épousa le 19 août 1833
Hermine Barreiron de Villamont (d'où lignée), et mourut àMaisonneuve-
de-Balzac (Charente) le 3 novembre 1865.

547 Ln GxnrrcE (comte puis marquis Édouard de). — '32-26, '32-33, '32-50,

33-33.

Voir Corr., t. 1, p. 512. Précisons que c'est aux Mousquetaires du roi
que La Grange a été maréchal des logis en 1815. Le 19 septembre 1863,
il note dans son carnet intime (coll. part.) « J'apprends aujourd'hui
par les journaux la perte de mon pauvre Alfred de Vigny après de si
longues souffrances. Il est mort le 17 septembre, rue des Écuries-
d'Artois, 6  ; il y habit :cit depuis plus de vingt-cinq ans. — Il est mort
seul avec ses gens, peut-être quelque ami, il avait perdu sa femme l'an
dernier. — I1 avait un cancer àl'estomac. — Éloa, Chatterton et Cinq-
Mars  ! —Génie pur et élevé, faisant peu mais bien, ayant besoin d'un
public d'élite e,t n'osant plus se risquer dans la bagarre littéraire au milieu
de la cohue actuelle, mais écrivant toujours, il a dû laisser beaucoup
de vers.

Ln GRANGE (comtesse puis marquise É. de). — '33-35.

Voir Corr., t. 1, p. 512. M. Olivier de Luppé a bien voulu nous
communiquer la date de naissance précise de Mme de La Grange le
20 mars 1801.

LnninRrrNE (_Uphonse de). — 32-10, '34-13.

Voir Corr., t. 1, p. 512-513.

LnssnriLY (Charles). — '31-85, '32-64, '35-25, 3~-~5.

Né à Orléans le 3 scpte.mbre 1806. — Mort à Paris le 14 juillet 1843.

Exemple typique des « enfants perdus  » du Romantisme, sans cesse
dépassés par leurs rêves, Lassailly, victime d'une croyance exaltée dans
sa mission de poète, d'une vanité excessive et d'une surexcitation céré-
brale consécutive à des travaux intensifs, au terme d'une brève existence
de misère et d'échec, sombra dans la folie en 1840 et mourut trois ans
plus tard. Confiants en son talent, d'illustres amis tentèrent vainement
d'aider le malheureux Gavarni, Karr, Balzac (qui voulut le prendre
comme secrétaire en 1839), Lamartine et surtout Vigny qui l'assista
jusqu'à sa mort avec une fidélité et une générosité dignes d'éloges. Las-
sailly, qui voulait réformer la littérature et fut tour à tour poète, roman-
cier, critique (parfois remarquable), a surtout laissé Les Roueries de
Trialph notre contemporain avant son suicide (1833), «  le plus complet
monument que nous ayons de la littérature Jeune-France  » (H. Castille,
Les Hommes et les ma;urs en France sous le règne de Louis-Philippe, 1853).

Voir H. Lardanchet, Les Enfants perdus du Romantisme, Perrin,
1905, et M.lmbrière, « Dans le sillage de Lamartine et de Vigny. Lettres
inédites d'un enfant perdu du Romantisme  :Charles Lassailly  », dans
Bretagne et Romantisme, Brest, 1989.

548 LAURENT. - "30-58.

Parmi les personnages de ce nom habitant le 1~T arrondissement,
donc susceptibles d'appartenir à la lre légion, le Bulletin du Commerce
indique, pour cette date, un bottier au 20, rue de la Madeleine, c1 : un
marchand de meubles, au 16 de la même rue.

LEMARIN (Ernest). — 35-102.

Ce collaborateur de Mathieu n'a pu étre identifié.

LEVnvnssrun (Alphonse). — "31-6.

Voir Corn, t. 1, p. 515.

LrszT (Anna. f AACrR, Mme  :1dam). — 35-11 y, "35-118, 35-119.

Née en 1788. — Morte à Paris le 6 février 1866.

Elle accourut de Hongrie pour soigner son fils, malade à Paris où
il s'était installé en 1823. Mêlée à la vie parisienne, elle fut en relation
avec tous les grands artistes et écrivains de l'époque. G'est elle qui éleva
les trois enfants de Liszt et de Mme d'Agoult, et c'est chez Blandine,
devenue Mme lmile 011ivier, qu'elle mourut.

Ltszr (Franz). — `33-111.

Né à Raiding (Autriche) le 22 octobre 1811.. — Mort à Bayreuth
le 31 juillet 1886.

G'est probablement en 1833 que Vigny a fait connaissance du fameux
pianiste et compositeur, avec lequel il semble s'être lié d'amitié, et qu'il
aimait retrouver chez Berlioz.

LOÈVE-VEIMARS (L Adolphe). — "35-20, 35-49, `35-54.

Né à Paris le 26 avril 1801. — Mort à Paris le 7 novembre 1854.

Littérateur et journaliste dont le plus grand titre de gloire est d'avoir
introduit Hoffmann en France en publiant en 1829-1830 ses Contes
fantastiques et Contes nocturnes. A la chute de l'Empire il avait accom-
pagné ses parents, d'origine allemande, à Hambourg, mais revint bientôt
à Paris. Il écrivit des articles dans l'Album, la Reuue encyclopédique,
le Figaro. En 1829, Véron, fondateur de la Reuue de Paris, le recruta
parmi ses collaborateurs, et à la fin de 1830 il fut chargé du feuilleton
dramatique du Temps (où il fit paraître en 1835 un article très élogieux
sur Chatterton). Homme du monde, brillant causeur, « plein de finesse  »,
note la comtesse Dash dans ses Mémoires des autres (t. V, p. 49), Loève-
Veimars était un habitué des salons parisiens. Fait baron par Thiers,

549 il fut envoyé en mission en Russie et entra dans la carrière des consulats.
Longtemps en poste à Bagdad, il fut destitué en 1848, obtint le consulat
de Caracas, revint en 1854 à Paris où il venait d'obtenir sa nomination
à Lima lorsqu'il mourut. Loève-Veimars a laissé un nombre considérable
d'ouvrages, entre autres de nombreuses traductions de contes et romans
allemands (de 7.schokke, Vandervelde, etc.), des résumés de littérature
française et allemande. I1 avait publié en 1833 un recueil de contes et
nouvelles Le Népenthès, auquel Sainte-Beuve consacra une étude.

Lucres (Hippolyle-Julien-Joseph). — '35-39, 35-42.

Né à Rennes l0 20 décembre 1807. — Mort à Paris le 14 novembre 1878.

Journaliste et auteur dramatique, il fut en relation avec de nombreux
écrivains et s'intéressa spécialement à ses compatriotes (Boulay-Paty,
Brizeux, Souvestre, etc.). I1 était venu de Rennes à Paris peu avant
la révolution de juillet 1830 en compagnie de Boulay-Paty, avec lequel
il composa un poème dramatique inspiré de Byron, Le Corsaire (publié
en 1830). I1 collabora à divers journaux et revues, le Bon Sens, le Cabinet
de lecture, la Reuue du théâlre, et fut chargé de la critique littéraire ou
dramatique au National et surtout au Siècle pendant de nombreuses
années. Il mourut en 1878, bibliothécaire à l'Arsenal. Il a publié un
recueil de poésies, Heures d'amour (1844), des pièces de théâtre et plu-
sieurs romans (Le Casur et le monde, 1834, L'Inconstance, 1838, Le Collier
de perles, 1845, etc.) et laissé un intéressant petit volwne de Portraits et
souvenirs littéraires (Plon, s.d.).

LUYNES (Amédée de). — '35-40.

Gc correspondant de Vigny n'est pas autrement connu que par la
plaquette de vers qu'il lui adressa en 1835  : Simples Motifs. Romances,
hallades et rondeaux, qui connut deux éditions, chez Rcnduel en 1832,
chez Delaunay en 1834.

MALIEN (Victor). — 35-45, 35-124.

Né à Paris le 28 mars 1808. —  ?

Lorsqu'il obtint son brevet de libraire, le ler juin 1837, V. Magon
exerçait .son métier sans autorisation depuis plusieurs années, 21, quai
des Augustins. I1 fut déclaré en faillite le 27 août 1846 mais son brevet
ne fut annulé que le 5 décembre 1859. Républicain militant de 1848 à 1851,
il fut, après le coup d'État du 2 décembre 1851, désigné pour la dépor-
tation en Algérie, mais la mesure se transforma en simple expulsion.
Magon se réfugia alors en Suisse, puis ~~n Angleterre avant de rentrer
en France en 1858 (Arr, F181797).

550 MAILLÉ (duchesse de). — *31-27, `31-4%, `31-66, 35-26 D, 3v-32.
Voir Corr., t. 1, p. 515-516.

MAIRE DU leT ARRONDISSEMENT DE PARIS (LE). — *31-29.

MARIE. — *34-20.

La destruction des Archives de la Garde nationale a rendu impossible
l'identification ~.Irécise de ce grenadier du 4e bataillon de la lre légion.

MARLET (Jean-Henri). — 31-48.

Né à Autun le 18 novembre 1771. —Mort en 1847.

Ce peintre de l'École de Dijon., qui fut l'élève de Regnault, est sur-
tout connu pour ses lithographias. Il a illustré l'Histoire. des Croisades
de Michaud, exécuté de nombreux portraits, dont celui de .Jean-Toussaint
Merle, et laissé une suite de soixante-douze lithographies sur le thème
des Tableaux de Paris, fort recherchée.

MARMIER (XaVICl'). — *30-51.

Voir Corr., t. 1, p. 516.


MARTIN (Alexandre). — *32-36.

Nous n'avons pu trouver de renseignement précis sur ce sergent-
major de la Garde nationale, les Archives de celle-ci étant perdues.
L'Almanach du commerce a fourni son prénom et sa profession  : il était
pharmacien at axerait à l'adresse indiquée par Vigny dans sa lettre.


MATHIEU. — 3J-102.

Ce Mathieu, auquel Vigny envoya un exemplaire de Challerlon (voir
p. 456), est difficile à identifier. Il semble peu probable qu'il s'agisse
d'Adolphe Mathieu, qui fit paraître diverses pièces dans les Keepsakes
et Annales (par exemple les Annales romantiques de 1831) et avait publié
à Mons en 1830 des Passe-temps poétiques, dont une pièce est dédiée à
Sainte-Beuve. En elFet, ce poète belge, qui devint avocat à Mons et plus
tard fonda plusieurs sociétés savantes, n'eut rien, semble-t-il, d'un «  nou-
veau Chatterton  ».

551 MENNESSIER-NODIER (Marie-Antoinette). — `35-6%.

Née à Quintigny (Jura) le 22 avril 1811. — Morte à Fontenay-aux-
Roses le leT novembre 1893.

Fille de Charles Nodier et de Liberté-Constitution-Désirée Charvc,
elle était née dans une maison appartenant à sa famille maternelle.
Adolescente, elle accompagnait au théâtre son père. Quand celui-ci fut
nommé bibliothécaire à l'Arsenal en 1824 et ouvrit salon, elle y parut
très vite, et fut l'objet de nombreux éloges poétiques de la part des
jeunes Romantiques (en particulier du sonnet d'Arvers). Fontaney s'éprit
d'elle, mais n'usa pas se déclarer. Le 17 février 1830, elle épousa Jules
Mennessier (né à Nancy en 1802), qui deviendra, en 1832, secrétaire du
garde des Sceaux. Les jeunes mariés continuèrent à habiter à l'Arsenal  ;
de leur union naquirent trois filles et un fils. Elle publia en 1836 un recueil
de poèmes  : Le Perce _l'eige. Aux Scènes de la oie privée et publique des
animaux, publiées sous la direction de Stahl, avec des vignettes de
Grandville (2 vol., 1842), elle collabora par un conte (son père, par deux).
Son père mort (en janvier 1844), son mari (au mois d'août) fut nommé
receveur particulier des finances àChâteau-Chinon, où elle l'accompagna  ;
puis ce fut Saint-Pol (en 1848), et Pont-Audemer (1853). Elle fit paraître,
en 1867, un livre sur son père. Après la retraite de Jules Mennessier,
en 1869, les époux habitèrent chez la plus jeune de leurs filles, receveuse
des postes, d'abord à Nonant-le-Pin .(dans l'Orne), puis (à partir de 1874)
à Fontenay-aux-Roses. Elle perdit son mari en 1877, et vieillit auprès
de sa fille, retraitée, el; d'une autre de ses filles, venue les rejoindre.

MERLE (Jean-Toussaint). — `30-50.

Né à Montpellier le 21 juin 1783. — Mort à Paris le 27 février 1852.

Ce Provenr~al transplanté à Paris eut une vie accidentée. Appelé à
Paris par son oncle, membre du Tribunat, il commenta en 1803 comme
surnuméraire au ministère de l'Intérieur, mais dès 1808 quitta son emploi
pour se consacrer au journalisme et au théâtre. Enfant du Caveau moderne,
Merle, de surcroît bel homme mis avec élégance, fit partie du groupe
des gais vaudevillistes à la tête desquels se trouvait Désaugiers, écrivit
en collaboration (avec 13razier et Dumersan notamment) un nombre
considérable de pièces (la plupart pour le théâtre des Variétés), débuta
dans le journalisme au Mercure et à la Gazette de France, et collabora
également aux Frmiles de Jouy. De 1822 à 1826 il fut directeur du
théâtre de la Porte-Sàint-Martin (où triomphait Marie Dorval dont il
s'éprit et qu'il épousa en 1829), prit en 1828 la direction du théâtre de
Strasbourg et revint dès 1829 à Paris fort endetté, après cette deuxième
expérience aussi désastreuse que la première. Cet homme bienveillant,
insouciant de l'avenir, victime de sa commensalité facile, vécut toujours
au-dessus de ses moyens et son mariage ne fit que l'encourager dans cette
voie  : il y avait chez eux « cette plaie rongeuse, le cotl.lage  », dit Th. Muret

552 (Souvenirs et causeries d'un journaliste, Garnier Frères, 18G2, p. 54-56).
«  Toute la différence, c'est que chez l'un cette insouciance était calme
et souriante, chez l'autre excentric{ue et échevelée, comme l'école dont
elle tenait.  »

J.-T. Merle ne varia jamais dans ses attachements pulitiques. Très
dévoué à la Restauration, il fut l'un des conseillers intimes du prina~
de Polignac et Bourmont le prit comme secrétaire particulier lors de
l'expédition d'Alger. Collaborateur de la Mode, il ubtint après 1830 le
feuilleton des grands théâtres à la Quotidienne. Homme d'esprit, « très
instruit des choses de théâtre, sans étre précisément un érudit, esprit
judicieux, écrivain élégant sans avoir la façon de Jules Janin ni le nerf
de Rolle, il était, avec ses deux collègues de ce temps-là, le critique le.
plus lu et le plus autorisé, surtout pour tout ce qui concernait le théâtre
français, le vieux répertoire et la lradilion  » (J. d' :^rçay, Indiscrétions
contemporaines, Calmann-Lévy, 1884, p. 184 sq.).

Sa fin de vie fut triste, accablée par la maladie, bient~t par la para-
lysie. Après la mort de Marie Dorval, il vécut avec le rnénage Luguet
(Caroline Dorval avait épousé le comédien René Luguet), puis il finit ses
jours chez sa s+nur. I1 avait publié, outre ses nombreux vaudevilles,
Anecdotes historiques et politiques pour servir à l'histoire de la conquête
d'Alger en 1830 (Dentu, 1831-1832) et Chambord (Ganel, 1832).

MEYENDORrF (Pierre Casimirovitch, baron de). — 33-18, 35-38 D.

Né le i~ août 1796. — Mort à Saint-Pétersbourg le 19 mars 186 :1.

Officier et diplomate russe, il était « très instruit ayant beaucou{>
étudié les littératures primitives et ayant une très jolie femme  » (Mérimée,
Correspondance, t. I, p. 261, 20 décembre 1833).

Descendant d'une famille saxonne établie en Russie depuis plusieurs
générations, fils d'un général de cavalerie, il fit, comme ollicier d'ét<.+t-
major, les campagnes de 1812 à 1814, puis embrassa la carrière diplo-
matique ; chargé d'affaires à La Haye, secrétaire de légation à Madrid,
puis conseiller d'ambassade à Vienne, il devint en 1832 ministre pléni-
potentiaire àStuttgart. Mais il séjournait volontiers à Paris, ainsi que
sa femme, demeurant 38, rue de Bellechasse. Il fut ensuite ambassade+ur
à Berlin de 1839 à 1850, puis à Vienne jusqu'en 1854, Il fut alors nommé
grand veneur de la cour, membre du conseil de l'Empire, puis rn 1857
chef du cabinet .privé du tsar Alexandre II.

C'est Édouard de La Grange qui le présenta à Vigny ~+n mai 1829

«  I1 a vu sir Walter Scott [... qui] l'a prié de me voir et de me dire qu'il
ne lisait d'autre livre français que Cinq-Mars  » (Pl., t. II, J948, {+. 891.).

MICHAUD (Bernard). — `35-50.

Né à Péreuil le 17 juillet 1809. —

Régisseur du Maine-Giraud de 1803-1831 à 1848, allié aux Soulet,
autre famille de régisseurs du Maine-Giraud. (Son frère Jean, notamment,,

553 épousa àChampagne-de-Blanzac le 8 février 1841 14larie Soulet, seeur
de Philippe.) En 1852, il demeurait à Bécheresse.


MONTALEMBERT (Charles FORBES, comte de). — "31-5, "31-19, `31-23,

"31-26.

Né à Londres le 29 mai 1810. — Mort à Paris le 12 mars 1870.

Son père, émigré et attaché àl'état-major des troupes britanniques,
fut choisi en 1814 pour annoncer à Louis XVIII son avènement, et fut
ensuite diplomate et pair de France ; sa mère appartenait à une famille
d'Écosse. Au collège Henri-IV, il se lia avec l'aumônier, le P. Lacordaire  ;
il fut présenté à Vigny un mercredi d'avril 1830. Il fit partir du comité
de rédaction de l'Avenir (16 octobre 1830 - 15 novembre 1831)  ; dès
février 1831, il fut question de la collaboration de Vigny «  pour y faire
de la littérature  ». En avril 1831, il ouvrit avec Lacordaire une école
publique sans autorisation, ce qui lui valut des poursuites judiciaires ;
mais la mort de son père lui donnant accès, par droit d'hérédité, à la
Chambre des Pairs, il s'y défendit, et ne fut condamné qu'à 100 F
d'amende  ; ce fut le début d'une longue carrière d'orateur. Il épousa
en 1836 une demoiselle de Mérode. Favorable à la liberté de la presse et
aux nationalités, mais ne cessant de combattre l'Université, il incarna
le parti catholique, qui ne laissait à part que les ultras de l'Univers.
En 1848, il se montra favorable à la République, mais, à la Constituante
où il fut élu, il siégea à l'extrême droite. En 1852, il fut candidat du
gouvernement à la Chambre ; mais, prenant ses distances, il ne fut pas
réélu en 1857 et, en 1858, fut condamné pour un article dans le Corres-
pondant. Il avait été élu à l'Académie française en 1852. Devenu le chef
des catholiques libéraux, il ne cessa durant ses dernières années de
batailler contre Veuillot, chef des ultramontains. ~ la veille de sa mort,
et à l'approche du concile de Vatican, il se prononça contre l'infaillibilité
du pape. Outre une traduction du Liure des pèlerins polonais de Mickiewicz
(1833, mis à l'index), il écrivit de nombreux ouvrages d'hagiographie
ou de polémique. Son livre le plus important est sans doute son histoire
des Moines d'Occident depuis saint Benoît jusqu'à saint Bernard (5 vol.,
1860-1867, et 2 vol. posthumes, 1877).

MONTCALbi (marquise de). — `32-14.

Voir Corr., t. I, p. 519.

MOREAU (Pierre-Jacques ROÜLLIOT, dit Hégésippe). — `35-115.

Né à Paris le 9 avril 1810. — Mort à Paris le 20 décembre 1838.
Hégésippe Moreau a eu une certaine gloire posthume, dont s'irritait
déjà Baudelaire, très sévère pour cet « enfant gâté qui ne méritait pas

554 de l'être  » et dont la poésie, selon lui, était faite de « poncifs voiturés
ensemble  ». Son recueil de contes et de vers, Le l~7yosotis, fut publié
avec succès en 1838 et réédité en 1840. Ce Chatterton faible, malheureux
et malade, rêveur et insouciant, manquait certes de souf[le, mais on
découvre parfois dans cette poésie mineure quelques éclairs d'inspiration.

MUSSET (Alfred de). — 31-32, 31-65, 32-48.

Voir Corr., t. 1, p. 521.

NARBONNE (comtesse de). — `31-35.

Voir Corr., t. 1, p. 521.


OGIER-DESGENTIS dlt DE LERCP~ (Pie)'re-FrançUls-Marg'UP,I'Ite). -- `35-1,

35-2 D, ' 35-4.

Né à Bordeaux en 1797. — ' ?

Ogier-Desgentis, neveu de Stanislasauguste Ogier-Desgentis, direc-
teur de l'Enregistrement à 131anzac, était lui-même directeur des Postes
à Blanzac, où il avait épousé le 21 février 1814 Marie-Marthe-Julie-
Élisabeth Ogier-Desgentis-Châteaubrun, fille du maire. Il habita ensuite
Pérignac où son épouse mourut le 28 aoiit 1856.


ORGLANDES (Armand-Gustave-Camille, comte d'). — 32-34 D.

1Vé en 1798. — Mort à Paris le 11 février 1871.

Fils de Camille comte d'Orglandes (1767-1857), pair de France, et
d'Anne-Catherine d'Andlau (1773-1855), petite-fille d'Helvétius, cor-
respondante et parente de Chateaubriand, il fut l'ami d'enfance de
Vigny (voir Mémoires inédits, p. 61). Capitaine aux lanciers de la Garde
royale, conseiller général de l'Orne durant de longues années, Peurs
relations amicales demeurèrent étroites toute leur vie, mais malheureu-
sement la quasi-totalité de leur correspondance a disparu.

Voir Albert de Luppé, « Lettres inédites d'Alfred de Vigny à Camille
d'Orglandes  », te Correspondant, 25 décembre 1923, p. 1115-1118.


ORTIGUE (Joseph-Louis d'). — `32-35.

Né à Cavaillon le 22 mai 1802. — Mort à Paris le 20 novembre 1866.

Avocat puis juge-auditeur à Apt (1828), il monta à Paris pour col-
laborer àdivers journaux la Quotidienne, l'Aoenir, la Reu~.ie de Paris.
Professeur de chant au lycée Henri-IV, il fut surtout musicologue
Du Théâtre italien et de son influence sur le goût musical fran~ais (1840);

555 Dictionnaire liturgique du plain-chant et de la musique d'église (1854).
Il s'était fait remarquer comme critique avec Le Balcon de l'Opéra (1833)
qui contient une biographie de Berlioz. En 1834, il avait publié un
roman, La Sainte Bazzme. Royaliste et catholique, il fut très lié avec
Lamennais et surtout avec Berlioz, à qui il succéda en 1863 comme
critique musical du .Journal des débats.

PAPION nu CHÂTEAU (Pierre-Nicolas-Ferdinand PAPION, dit b~.iron).

— 32-3.

Né à Tours le 4 janvier 1796. —Mort àSainte-Radegonde, près de
Tours, en 1876.

Il appartenait à une grande famille de manufacturiers de soie de
Tours (la maison Papion du Château est citée par Balzac au début du
Lys dans la vallée ; son vaste jardin se trouvait à l'emplacement de
l'actuel palais de justice de Tours). Lieutenant dans la compagnie de
Grammont des gardes du corps du roi sous la Restauration, il fut nommé
capitaine lors de la dissolution de ce corps (juillet 1830), puis mis en
congé (août 1830). II reprit du service en Algérie de 1843 à 1845. Homme
de lettres, il collabora régulièrement au Chansonnier des grâces, de 1826
à 1840. En plus des Messéniennes polonaises (1832) et des Esquisses
poétiques (1833), citées en note de la lettre que Vigny lui a adressée, il
publia un Recueil de poésies (1862). Il était très lié avec Gérard de Nerval.

Voir Nerval, ~uures complètes, éd. sous la dir. de C. Pichois et
J. Guillaume, Gallimard, «  La Pléiade  », t. I, 1989, p. 1932 et passim.


PARDEILHAN-MÉZIN (Jean). '33-102.
Voir Corr., t. 1, p. 522-523.

PÉHANT (Émile-Jules-Fulgence). — '33-105, '33-106, '35-78, 35-113,

35-129.

Né à Guérande le 19 janvier 1913. — Mort à Nantes le 6 mars 1876.

Fils de Jean-Claude Péhant, chirurgien à Guérande, et Victoire-
Jeanne-Agathe Étiennez, son épouse. Son père étant mort en 1817, sa
mère avait obtenu un bureau de tabac pour l'aider à élever ses trois
enfants ; Émile Péhant fit ses études au petit séminaire de Guérande,
puis au lycée de Nantes. Il vint à Paris faire son droit et tenter la car-
rière des lettres ; il y retrouva son ami Pitre-Chevalier. Après un roman,
Les Deux Jeunes Filles, qui ne trouva pas d'éditeur, Péhant se mit sous
la protection de Vigny et publia en 1834 (BF, 13 décembre 1834) chez
Ébrard un recueil de Sonnets, 114 sonnets dont sept sont dédiés «  _~
M. le comte Alfred de Vigny  ». II voulut provoquer en duel Gustave
Planche après son article sur Chatferton. Vigny, pour l'arracher à la

556 misère, intervint auprès de Villemain et Salvandy, et le fit nommer pro-
fesseur de rhétorique au collège de Vienne. I1 s'y lia avec le jeune Ponsal•d.
En 1837, il fut nommé au collège de Tarascon où il eut pour élève Joseph
Roumanille. Revenu à Paris en 1838, il obtint l'année suivante une
place de chef de bureau à la mairie de Nantes. En 1842, il épousa Céleste
Robin. Il tenta encore de faire fortune à Paris et fut relu au serment
d'avocat à la Gour de Paris le 24 mai 1844. Mais il dut revenir à Nantes,
où il fit représenter au Grand Théâtre le 10 mars 1846 un vaudeville,
Ucle nièce à marier. Nommé en 1848 bibliothécaire de la ville de Nantes,
il se consacra à l'enrichissement et au catalogage (6 vol., 1859-1874)
de la Bibliothèque publique de Nantes. Un article de Joseph Rousse dans
la Reuue de Bretagne et de Vendée (juillet 1867) vint arracher Péhant à
son obscurité et le ramener à la poésie. Péhant se mit alors avec ardeur
(jusqu'à 600 vers par jour) à rimer une grande chanson de  ;este bretonne
sous le titre général d'Olivier de Clisson, ou la Bretagne au XIVe siècle,
dont deux parties seulement virent le jour  :Jeanne de Belleville (Nantes,
1868) et Jeanne la Flamme (Paris, L. Hachette, 1872), cette dernière
précédée de lettres adressées à l'auteur par Ponsard, Vigny, Musset,
Sainte-Beuve, Hugo, etc. En 1875, Péhant donna une nouvelle édition
de ses Sonnets et poésies, préfacée par Victor de Laprade.

Voir Léon Sc~ché, Alfred de Vigny, t. I, p. 227-339.

PITRE-CHEVALn3R (Plerre CHEVALIER, dit). — 35-101.

Né à Paimboeuf le 16 novembre 1812. — Mort à Paris le 15 juin 1863.

Pitre-Chevalier (Pitre étant la traduction bretonne de Pierre), ami
des lettres et caractère indépendant, débuta dans la littérature par un
poème, Anna, publié dans la Reuue de Paris. En 1837 il devint rédacteur
en chef du Figaro, après le départ d'Alphonse Karr, et à partir de 1845
dirigea le Musée. des familles. Ses romans (Les Jeunes Filles, mystère,
1835 ;Donatien, 1838), son Histoire de la Bretagne, ses comédies-vaude-
villes connurent un grand succès. II avait eu en 1835 (avec l'aide de
Vigny qui fut témoin à son mariage) la bonne fortune d'épouser Marie-
Rose Decan de Chatouville, fille du procureur général près le Parlement
de Paris et auteur de nouvelles (sous le pseudonyme de « Lady Jane  »),
et eut une vie heureuse et aisée. Grâce aux bénéfices qu'il dut au Musée
des familles, il fonda près de Trouville la station de Villers-sur-Mer.
Dans son appartement somptueux de la rue des Écuries-d'Artois, il
recevait le Paris mondain, littéraire ~~t artistique.

Voir Séché, Alfred de Vigny, Mercure de France, 1913, t. I, p. 2.33 sq.

PLANCHE (Jean-Baptiste-Gustave). — '30-54, *30-56 ; *31-77, '32-32,

'32-37, '32-46, 32-47, *32-52, '33-60, *35-48.

Né à Paris le 16 février 1808. — Mort à Paris le 18 septembre 1857.

Fils d'un pharmacien qui fonda en 1809 le Journal de Pharmacie,

Gustave Planche s'empressa d'abanbonner les études de médecine qu'il


557 avait entreprises contre son gré. Sainte-Beuve, qu'il connaissait depuis
le collège, le présenta à Victor Hugo. II rencontra Vigny et Deschamps,
se fit d'abord critique d'art puis se tourna vers la critique littéraire.
Au Globe, au _National, à la Gazette littéraire, il ne réussit pas à s'implanter,
et ses démarches pour obtenir une chaire de littérature anglaise à la
Sorbonne ou au Collège de France échouèrent. Vigny avait tenté de
l'aider et c'est lui qui l'introduisit à la Reuue des deux inondes dont il
devint un collaborateur assidu. En août 1833 il se battit en duel avec
Capo de Feuillide qui avait attaqué George Sand, mais elle le trouva
encombrant. Il s'éprit sans succès de Marie Dorval et sa hargne contre
Chatterton eut sans doute des raisons encore plus sentimentales que
littéraires. Il fit alors un séjour en Angleterre. De septembre 1840 à
juillet 1845, grâce à un héritage, il abandonna la Reuue des deux mondes
et voyagea en Italie, mais il reprit ensuite sa collaboration. Le Prince-
Président lui offrit la direction des Beaux _Arts, qu'il refusa. Il renonça
aussi à se présenter à l'Académie française. Sa vie de bohème s'acheva
dans la décrépitude physique. Ses articles furent réunis dans plusieurs
recueils (Portraits littéraires, Portraits d'artistes, Études sur les arts...).
Aigri par la solitude et les déceptions sentimentales, envieux et plein
de contradictions, ce « prince des pères fouetteurs  » (Ph. Audebrand) fut
un critique redouté. Esprit cultivé mais faillible, puriste ennemi du
lyrisme et de la grandiloquence, Planche fut bien tel que le définit
M. Regard « l'adversaire des Romantiques  ».

Voir M. Regard, Gustave Planche (1808-185%), 2 vol., Nouvelles
Éditions Latines, 1956.

PONS (Marie-Jeanne-Antoinette Gixon nE MONTIiOND, comtesse de). —

* 34-56.

Née à Avallon le 15 août 1778. — Morte à Paris le 2 juin 1859.

La mère de Gaspard de Pons avait épousé à Avallon le 30 mars 179'/
le comte Antoine-Louis de Pons (1774-1867). La lettre qu'elle adressa
à Vigny en 1834 indique qu'élle était sans doute fort dévote. Après la
mort de son épouse et de son fils unique (1861), Antoine-Louis de Pons,
lieutenant-colonel en retraite. adopta Maxime Lefèvre-Deumier, à qui
il transmit son nom et son titre.


REEVE (Henry). — '35-14.

Né à Norwich le 9 septembre 1813. — Mort à Brockwood le 21 octo-
bre 1895.

Cet Anglais, lettré doublé d'un juriste, eut des liens privilégiés avec
la société parisienne et les écrivains romantiques. Dès 1820, se trouvant
à Paris avec sa mère, il assista aux représentations de Talma. Après
avoir achevé ses études à Genève, il voyagea, séjourna en 1832 à Paris

558 où il rencontra Hugo et Ballanche, et surtout effectua un second séjour
qui lui donna l'occasion pendant plus de deux ans (1835-1837) de se
mêler aux milieux littéraires, grâce à Barbier (dont il avait fait la connais-
sance lors du séjour du poète en Angleterre, en 1833) et grâce à Vigny
à qui le présenta Amédée Prévost, son ami genevois, le 14 janvier 1835.
Il se rendit souvent aux mercredis poétiques de Vigny (lui-même écrivit
quelques vers) et fréquenta le salon des Circourt, où il connut Lacor-
daire, Montalembert et Tocqueville (dont il traduisit l'ouvrage, De la
démocratie en Amérique). En 1837 il rentra à Londres pour faire partie
du Conseil privé, où il siégea jusqu'en 1880. Rédacteur du Times à partir
de 1840, il dirigea l'Edinburgh Reuiecu de 1858 à sa mort. Après 1848
il fut le confident des princes d'Orléans. A sa mort, le duc d'Aumale
prononc~a son éloge (dans la séance du 16 novembre 1895) à l'Académie
des Sciences morales et politiques dont il était devenu membre associé
étranger.

Reeve a laissé d'intéressants IYlécnoires où il est, à différentes reprises,
question de Vigny. Lors du voyage en Angleterre de 1838, il introduisit
le poète dans la société littéraire de l'Angleterre, en particulier chez les
Austin (il était le neveu de Sarah Austin que Vigny revit souvent à Paris
lorsqu'elle vint s'y établir).

Voir E. Dupuy, Alfred de Vigny, 1914, t. I, p. 49 sq., et t. II,
p. 72 sq.


RESSÉGL'IER (Jules de). — `32-38, 35-62.
Voir Corr., t. 1, p. 526.


RicouxT (Achille). — `31-78.

Né à Lille en 1797. — Mort à Paris en 1879.

Après des études d'architecture à l'École des Beauxarts de Paris,
il fonda en 1818 une maison d'édition lithographique  ; il fut le premier
éditeur de Daumier. I1 fonda le 6 février 1831 l'Artiste, qu'il dirigea
jusqu'en 1838, date à laquelle il fit faillite avec un passif de 100 000 F.
Ruiné, il se tourna vers le théâtre, fonda en 1851 une école lyrique, et
dirigea le théâtre de la rue de La Tour-d'Auvergne jusqu'à sa dispa-
rition. en 1863.


ROBERT (Antoine-Charles-Maurice). — `31-98.

Né à Paris le ler avril 1777. — Mort à Paris le 12 décembre 1840.

Nommé le ler juin 1825 quatrième conservateur de la Bibliothèque

Sainte-Geneviève, il devint en juillet 1828, troisième conservateur, tandis

que Louis Aimé-Martin devenait quatrième conservateur à sa place. Il


559 demeurait à la Bibliothèque et prêta des livres à Vigny, Chateaubriand,
Lourdoueix, Buchez, avec lequel son fils fut très lié (voir Corr., t. 1,
p. 526).

ROCHER (Joseph). — `31-45.

Voir Corr., t. 1, p. 527.


ROGER DE BEAUVOIR (Ellgène-AllgUStln-Ci01as ROGER dit E.). — '33-10,

'33-12, 33-13.

Né à Paris le 28 novembre 1807. — Mort à Paris le 17 août 1866.

Fils de Nicolas Roger et de Marie-Geneviève-Françoise de Bully, il
avait fait ses études chez les oratoriens de Juilly, les jésuites de Saint-
Acheul et enfin au lycée Henri-IV où il fut condisciple d'Alfred de Musset.
II avait dû renoncer à se faire appeler Eugène Roger de Bully, à cause
de son oncle de Bully, député du Nord, et avait pris le pseudonyme de
Roger de Beauvoir, d'après le nom d'une propriété familiale en Normandie.
Après un essai de carrière diplomatique, il se lança dans le dandysme,
la débauche et les soupers fins, et fut un des plus fameux viveurs des
années 1830 ; cette existence, prolongée bien au-delà de la jeunesse, le
laissa au bord de la ruine à l'heure de la vieillesse. I1 débuta en littérature
en 1832 par un roman, L'Écolier de Cluny ou le Sophisme, d'où Dumas
et Gaillardet tirèrent leur drame La Tour de Nesle, et qui fut suivi par
de nombreux volumes de contes, nouvelles et romans historiques. Une
des nouvelles de L'Eccellenza, orr les Soirs arI Lido (1833), «  La Bague du
Marquis  », est dédiée à Vigny, tout comme le seront le long poème initial

Svaniga n, du volume de vers La Cape et l'Épée (1837), ainsi que le
poème « Les Poètes  » de Colornbes et Couleuvres (1853). Outre des recueils
de poésies, des pièces de théâtre — la plupart en collaboration —, Roger
de Beauvoir a fourni à une foule de journaux et revues des articles, cour-
riers, feuilletons et comptes rendus. Il épousa le 7 janvier 1847 une actrice
de la Comédie-Française, Éléonore-Léocadie Doze (1822-1859), contre
laquelle il intenta deux ans plus tard un procès en séparation pour adultère;
mais le jugement fut prononcé contre lui, et ses enfants lui furent retirés ;
il raconta en vers satiriques ses mésaventures dans D7on Procès (1850),
qui lui valut d'être condamné à deux mois de prison. En 1858, il tenta,
avec un acteur déguisé en secrétaire général de la préfecture de police,
de reprendre ses enfants ; il fut condamné à un an de prison, malgré
l'éloquence de son défenseur, Me Charles Lachaud. Atteint d'hydropisie
en 1861, Roger de Beauvoir donna en 1862 un dernier recueil de poèmes,
Les Meilleurs Fruits de mon panier, où «  Le Val de l'Osaya  »est dédié à
Vigny. Ses lYlémoires n'ont pas été publiés, à l'exception de souvenirs
préfacés par Alexandre Dumas, Profils et charges à la plume, Les Soupeurs
de mon temps (1868).

Voir Dupuy, t. II, p. 147-161.

560 RoQuES (Adrien). — 35-127.

L'un des nombreux jeunes gens qui écrivirent à Vigny après Chat-
terton. Si dans de nombreux cas cette correspondance fut sans lendemain,
Vigny garda le contact avec Adrien Roques dont l'adresse figure dans
son carnet de 1841 (Arch. Sangnier)  :chez M. Semen libraire à Moscou.

ROUSSEAU (René-Achille). — `32-55.

Né àSaint-Georges-des-Sept-Voies (Maine-et-Loire) le 4 mars 1805.
— Mort à Montigné-le-Brillant (Mayenne) le 13 août 1857.

Cet apôtre du P. Enfantin signa plusieurs chants saint-simoniens,
dont Je ne ceux plus être exploité, Peuple fier, peuple fort ou Retraite de
Ménilmontant. Le Retour du Père, mis en musique par Félicien David.
Il écrivit également, en collaboration avec Massol, une Explication de
la religion saint-simonienne (Nantes, V. Manque, 1833).

SAINT-FÉLIX (Jules de). — '35-28.
Voir Corr., t. 1, p. 527.

SAINTE-BEUVE (( :harles-Augustin). — `31-43, `31-54, 31-70, 31-100,

'33-61, "33-62, 34-26 D, '34-2i'ÿ "34-40, '34-54, 35-10 D, "35-16,

'35-4Y, '35-97, 35-98, '35-121.

Voir Corr., t. 1, p. 528-529.

âANn (Amandine-Aurore-Lucie DUPIN, épouse DUDEVANT, dite George).

— 33-73 D.

Née à Paris le 12 messidor an XII (let juillet 1804). — Morte à Nohant
le 8 juin 1876.

Vigny a connu George Sand au début de 1833, quand la romancière
s'est liée d'amitié avec Marie Dorval. _~ l'exception d'une soirée où
Vigny a raccompagné George Sand pour provoquer la jalousie de sa
maîtresse, leurs relations seront plutôt froides et distantes, voire mépri-
santes de la part de Vigny qui livre à son journal des réactions hostiles.
En 1861, il soutiendra cependant la cause de George Sand lors de l'attri-
bution du prix biennal de l'Académie franSaise.

SILVESTRE (Louis-Catherine, dit Adolphe). — `34-42, '34-48, `34-49,

Né à Paris le leT octobre 1792. — Mort à Chatou le 26 août 1867.

Fils de Jean-Charles Silvestre (libraire installé rue Neuve-des-Bons-

Enfants en 1797, démissionnaire en 1827 et remplacé par Mme Delion),


561 ce polytechnicien (promotion 1812) se détourna de la voie militaire pour
reprendre la salle des ventes de livres acquise par son père, rue des Bons-
Enfants, n~ 30, où l'on vendait aussi des autographes, estampes et
vignettes. Il augmenta considérablement la clientèle et acquit une répu-
tation européenne, mais il connut des difficultés financières qui le firent
se retirer des affaires en 1847. Ce bibliophile distingué, qui introduisit
des marques (gravées en taille-douce et imprimées en relief selon un
procédé secret) dans le texte de l'avant-dernière édition du Manuel du
libraire de Brunet, afin d'embarrasser la contrefaçon belge, fit réimprimer
divers ouvrages rares et anciens, publiés d'après les manuscrits originaux.

SOIILIÉ (Augustin). - *30-45, *30-49, *31-1, *31-25, *32-18, 32-51,

33-50 D, `34-15, *34-36, *34-39, 35-35.

Voir Corr., t. 1, p. 529.

SounzET (Gabrielle). - *33-8.

Née à Paris le 17 mars 1814. - Morte à Paris le 16 mai 1886.

Fille unique d'Alexandre Soumet, elle récitait des vers dans le salon
de son père et composa à neuf ans un chant biblique en prose. En 1834,
elle épousa J. Beuvain, natif d'Altenheim (Bas-Rhin), et commença sa
carrière littéraire par une nouvelle parue dans le Liure rose. Elle signa
ses nombreux ouvrages souvent de ses deux noms, Soumet et d'Altenheim
(ou Daltenheym)  :des nouvelles (Les Filiales, 1836) ; un roman poétique
en vers Berthe Berlha (1843) ; des poèmes, dont Les Anges d'Israël, ou
les Gloires de la Bible (1856), La Croiæ et la Lyre (1858) ; quantité de
récits d'histoire et anecdotes édifiantes à l'usage de la jeunesse, etc.
Elle collabora avec son père à deux tragédies, Le Gladialeur (Théâtre-
Français, 24 avril 1841) et Jane Grey (Odéon, 30 mars 1844)..

SOUVERAIN (Jean-Denis dit Hippolyte). - *35-66, '35-68, *35-69,

*35-70, *35-74, "35-79, *35-80, 35-83, *35-114, *35-123.

Né à Dijon le ter octobre 1803. - Mort à Nice le 21 janvier 1880.

Après avoir été commis chez un libraire de Dijon, il vint à Paris et
effectua un stage chez Roret, avant de s'installer à son compte, 5, rue
des Beaux-Arts, en 1830. Il édita de nombreux romans de Balzac, Georgé
Sand, Frédéric Soulié, Paul de Kock.

SOUZA (Adélaïde FILLEUL, épouse de). - *31-72, *31-73, *31-75, *31-76,

31-81 D, *31-82, '31-83, *31-87, *31-99, '31-101, *31-102.

Née à Paris le 14 mai 1761. - Morte à Paris le 19 avril 1836.
Mariée en 1779 àAlexandre-Sébastien de Flahaut de La Billarderie
(né en 1726), elle se lia à Talleyrand, tint un salon de 1786 à 1791, puis

562 émigra à Londres en 1792 ;son mari fut guillotiné en 1793. Elle voyagea
en Suisse (1794) ; en Allemagne avec Louis-Philippe, duc d'Orléans
(en tout bien tout honneur..., 1795), puis rentra à Paris en 1797. On la
vit dans le salon de Mme Tallien et de Mmc de Beauharnais. Elle épousa
en 1802 José-Maria de Souza Botelho (1758-1825) qu'elle avait rencontré
à Hambourg, et qui édita les Lusiades de Camoens en 1817. De 1793
au début des années 1820, elle multiplia les romans ;ses (Euures cornplèles,
en six volumes, parurent en 1821-1822 ; La Duchesse de Guise, drame en
trois actes, vint s'y adjoindre au début de 1832. Son fils, Charles-Joseph
de Flahaut (1785-1870, en fait le fils de Talleyrand), officier de l'état-
major de Bonaparte, avait eu, en 1811, d'IIortense de, Beauharnais, un
fils, Charles-Auguste, inscrit sur les registres de l'état civil comme le
fils d'Auguste Demorny et de Louise Fleury (le futur duc de Morny)  ;
émigré en Angleterre de 1815 à 1827, ily épousa en 1817 la fille de Lord
Keith ; rappelé définitivement par Louis-Philippe en 1830, il retrouva
son rang de général de division, et siégea à la Chambre des Pairs.

Voir baron André de Maricourt, Mme de Sorcza ei sa famille, h~mile
Paul, 1907.


Srortzrrrt (Gaspare-L uigi-Pacifico). — `31-2, 31-3.

Né à Majolati, près de Jesi (marche d'Ancône) le 14 novembre 1779.
— Mort à Majolati le 24 janvier 1851.

D'une famille pauvre, mais refusant de s'engager dans la prêtrise ;, il
fit ses études musicales à Naples. De 1795 à 1802, il donna ses premiers
opéras à Rome, Naples, Palerme, Venise, puis s'installa à Paris en 1803.
Multipliant les opéras-comiques, musicien attitré de Joséphine, il triornpha
en décembre 1807 avec La Vestale (livret de Jouy). De 1810 à 1812, il
fut directeur du Théâtre-Italien, mais se brouilla avec Napoléon. Rallié
à la Restauration, naturalisé français en 1817, mais en butte à de nom-
breuses attaques, il accepta, en 1820, un contrat de dix ans, à Berlin,
comme directeur général de la musique. Il y resta jusqu'en 1842 (non
sans revenir de temps à autre à Paris), mais fut constamment en rivalité
avec Weber, puis Meyerbeer, qui lui succéda. Il revint à Paris de 1842
à 1847 puis, devenu sourd, finit sa vie dans sa ville natale.

TnnurEnu (Jean-Louis-Didier). — '35-6, 35-82 D.

Né à Châteauneuf (Charente) le 27 novembre 1802. — Mort à Châ-
teauneuf le 18 septembre 1842.

Notaire à Châteauneuf de 1829 à sa mort, M8 Tabuteau avait épousé
à Blanzac, le 20 septembre 1832, Adeline Tilliard (née à Blanzac le
2 juin 1807), soeur du notaire de Blanzac, Me Jean Tilliard.

563
TASTU (Amable-Sabine-Casimir VoïnRT,. Mme Joseph). — *32-57, *32-59.

Née à Metz le 30 août 1795. — Morte à Palaiseau le 11 janvier 1885.

Elle avait épousé en 1816 Joseph Tastu, imprimeur à Perpignan.
Ils s'étaient établis à Paris où elle tenait salon, tandis qu'il imprimait.
Ruiné par la Iévolution de Juillet, l'imprimeur devint bibliothécaire,
la femme de lettres se consacrant surtout à la littérature enfantine. Trois
fois lauréate des Jeux floraux (1821-1823), elle a collaboré à tous les
recueils poétiques de la Restauration. Ses Poésies, ornées de vignettes
par Achille Devéria (1826), ont été rééditées en 1832 (BF, 15 décembre).
Elle a donné un Cours d'histoire de France (2 vol., 1836-1837). Bien oubliée
maintenant, elle avait l'estime et même l'admiration de beaucoup de
ses contemporains. Sainte-Beuve a cité ses vers avec éloge dans un article
recueilli dans les Portraits contemporains.

TILLIARD (Jean). — *34-52, 34-53 D, *35-5.

Né à Blanzac (Charente) le 22 février 1793. — Mort à Péreuil (Cha-
rente) le 27 novembre 1858.

Fils de Jean Tilliard, notaire à Blanzac, il reprit l'étude de son père
à sa mort en 1816. Jusqu'à la cession de sa charge en 1838, il fut l'un des
interlocuteurs privilégiés de Mme Léon-Pierre de Vigny, puis de son
fils Alfred, qui lui avaient confié leurs intérêts. Le 6 juin 1822, il avait
épousé Marguérite-Frangoise-Virginie Ogier-Desgentis. ~ sa charge de
notaire, il ajouta les mandats de maire de Blanzac et de conseiller général
de la Charente.

ToussnlrrT. — *33-54.

Employé de bureau de la Chancellerie de la Légion d'honneur.

TRIQUETI (Henri-Joseph-Franr~ois, baron de). — *34-34.

Né à Conflans (Loiret) le 24 octobre 1807. —Mort à Paris le
11 mai 1874.

Après avoir débuté sans vrai succès dans la peinture en 1831, il
s'orienta vers la sculpture, produisant des groupes et des reliefs d'inspi-
ration religieuse et historique. En 1833, il fut particulièrement remarqué
pour son oeuvre La Ville de Paris personnifiée sous la figure de la Charité
secourant les victimes du choléra, qui en fit l'un des tenants de la nouvelle
école en sculpture. Son goût pour l'orientalisme le rapprocha de Vigny
alors que ce dernier préparait Daphné. A partir de 1840, il connut un
succès continu, marqué notamment par les portes de bronze de l'église
de la Madeleine et le tombeau du duc d'Orléans.

564 TRUDIN (Jean-François-Antoine). — '30-47.

Né àBoulogne-sur-Mer le 17 août 1785. — Mort à Paris le 16 sep-
tembre 1849.

Employé au ministère de la Marine, il épousa en 1822 Arsène-Phi-
lippine-Claudine de Laroche, fille d'Antoine-Joseph de Laroche, décédé,
ancien chef de bureau à ce même ministère. II devint lui-même sous-chef
de bureau en 1830. Au 4e bataillon de la 110 légion de la Garde nationale
parisienne, il fut d'abord (ayant été élu lieutenant) secrétaire du conseil
de discipline, puis (étant; élu capitaine) rapporteur de ce même conseil
de discipline.

VALLEY. — 35-94.

Ce correspondant (éphémère), en relation avec le ménage Vigny
en 1835, n'a pu être identifié.


VAN PRAET (Joseph-François-Bernard). — "32-31, ` :32-61.

Né à Bruges le 27 juillet 1754. — Mort à Paris, à la Bibliothèque
royale, le 5 janvier 1837.

Fils d'un imprimeur-libraire de Bruges, il avait fait sc~s études à
Arras, s'étant très jeune passionné pour les livres. ~~ Paris, vers 1779,
il travaillait chez les frères de Bure et publia des études, en particulier
sur Colard Mansion, imprimeur à Bruges au xve siècle ; il collabora au
catalogue de la Vente La Vallière. Engagé à la Bibliothèque royale,
comme « écrivain aux Imprimés  », le leL juillet 1784, il y consacra sa vie,
sous tous les régimes, jouant un rôle essentiel dans son développement,
dirigeant les Imprimés, sous divers titres de 1795 à sa mort. Sous la
Restauration et la monarchie de Juillet, il prêtait fort libéralement —trop
peut-être —des livres aux écrivains et gens de lettres, les inscrivant
lui-même d'une écriture souvent indéchiffrable, sur de gros registres de
prêt. Son ouvrage le plus connu est le Catalogue des liures irnprirnés sur
uelin de la Bibliothèque du Roi (5 vol., 1822-1828).

VERDIER. - `35-73.

Négociant à Bordeaux, beau-frère de Jean Blais qui avait épousé sa
soeur Marie Verdier. Blais, né à Saint-Bonnet le 21 novembre 1797,
propriétaire du domaine du Maine-Sérier, voisin du Maine-Giraud,
domicilié ensuite à Aubeterre, devint à partir de 1849 l'adjoint du maire
à Champagne-de-Blanzac, où il mourut le 30 septembre 1877.

VICENCE (duchesse de). — `35-89.
Voir Corr., t. 1, p. 532.

565 VIEL-CiASTEL (Horace de). — 32-8.

Voir Corr., t. 1, p. 533.


VIGNY (Mme Léon-Pierre de). — *31-9, '31-10, *31-11, '31-39, '31-40.

Voir Corr., t. 1, p. 533.


VIGNY (Lydia de). — '32-15, '32-16.

Voir le « Dossier biographique  » du volume Viyny ei les siens.

VILLEMAIN (Abel-François). — 34-29 D, '34-30, '35-95 M, '35-99,

'35-108, '35-111 M, '35-112.

Voir Corr., t. 1, p. 533-534.

VOLNYS (Jeanne-Louise BnnoN dite Léonfine FaY, Mme JOLY dite). —

'33-14, '33-16.

Née à Toulouse le 9 novembre 1810. — Morte à Nice le 29 août 1876.

Fille de deux artistes lyriques, Étienne Fay également compositeur
(Tours, 1770 - Versaille, 1845) et Jeanne Rousselois, elle naquit à Tou-
louse où ses parents jouaient au Capitole. Elle monta sur scène dès
l'âge de huit ans à Namur en mai 1818 et remporta un grand succès lors
de ses débuts au Gymnase en juin 1821 dans Peiite soeur de Scribe qui
fit croire que la jeune actrice de dix ans et demi était aussi l'auteur de
la pièce. Après avoir joué les petites filles, elle incarna les jeunes pre-
mières avec le même bonheur au Gymnase de 1826 à 1834. Elle eut alors
une liaison avec le vicomte Charles de Montalivet (1810-1832), rompue
à la demande de la mère du jeune vicomte en juillet-août 1832. Ayant
épousé le 29 septembre 1832 l'acteur Claude-François-Charles Joly dit
Volnys dont elle prit alors le surnom, elle entra avec lui à la Comédie-
Française où elle fit ses débuts le 11 avril 1834. En 1840, elle quitta
les Français pour le Vaudeville. Séparée de son mari, elle partit pour
la Russie où elle devint lectrice de la tsarine. Revenue en France vers 1873
pour raisons de santé, elle mourut à Nice d'une maladie de coeur.

WAILLY (Léon de). — 30-61, 35-15, 35-57.

Né à Paris le 28 juillet 1804. — Mort à Paris le 25 avril 1863.

Sous la Restauration, Léon de Wailly, chartiste distingué, fut secré-
taire de Sosthène de La Rochefoucauld au département des Beaux-Arts.
Après la chute de Charles X, il demeura quelque temps .chef de bureau

566 du Mobilier de la Couronne mais dut démissionner à la suite d'une malheu-
reuse affaire d'héritage dans laquelle sa femme se trouvait compromise.
Il s'imposa dès lors un labeur énorme pour gagner sa vie. On lui doit
plusieurs romans (Stella et Vanessa, Les Deux Filles de M. Dubreuil et
surtout Angelico Kauf fmann, 1838), de nombreuses traductions (de
Shakespeare notamment et de Burns). Il écrivit dans divers journaux et
après 1850 fut le collaborateur assidu, avec Busoni, de l'Illustration.
Auguste Barbier, ami fidèle avec lequel il se lia sous la Restauration
(et avec lequel il écrivit pour Berlioz le livret de Benuenuto Cellini), a
esquissé un portrait ému de cet homme à l'esprit « charmant et profond  »,
libéral partout sincère, homme du monde parfait, ami sûr et dévoué
(malgré une apparence un peu froide), dont le talent distingué n'a pas
obtenu tout le succès qu'il méritait. «  La littérature du xlxe siècle le
comptera parmi ses hommes de lettres les plus honnêtes et ses écrivains
les plus fins et les plus sensés  » (A. Barbier, Souvenirs personnels ~l
silhouettes contemporaines, Dentu, 1883).

WffiTFIELD (Georgina-Fronces). — *33-108, 34-18 D, *34-19.

 ? —Morte en juillet 1895.

Fille de George Whitfield et de Georgina-Poulina Ross (Londres,
vers 1791 -Paris, 28 décembre 1880), elle-même fille d'Andrew et Ann-
Alexandra Ross, et qui épousa, en secondes noces, Jean-Marc-Eugène
Monod de Berenger. Cousine de Vigny par Lydia, et parente de Camilla
Maunoir (dont la mère était née Campbell), on la surnommait Fanny
ou Fanchon. Sa tante, Mme Warner, qui rendit visite à Vigny en 1833,
était encore en vie en 1862.

Elle épousa à Londres le 3 février 1835 Paul-Luuis-Jules de Peyronnet
(Bordeaux, 19 février 1805 -Paris, 29 décembre 1872), fils du ministre
de Charles X. Ils eurent quatre enfants  :Georges mort jeune ; Juliette-
Denise-Laure (dite Courette) qui épousa à Paris le 26 septembre 1865
Arthur-Joseph-Edward, Lord Russel ; Claire-Marie-Madeleine ; Céline-
Raymond-Isabelle qui épousa à Paris le 6 juin 1878 George-John Browne,
marquis de Sligo, pair d'Angleterre. En 1859, les Peyronnet déména-
gèrent de la rue de l'Arcade au 35, rue de l'Oratoire  ; ils avaient éga-
lement une campagne àMont-Gardé.

WHITFIELD (Elizabeth). — 33-107 D, *33-108.

Soeur de la précédente, elle épousa à Paris le 31 décembre 1844 Louis-
Georges-Joseph-Antoine-Auguste de Perpigna, fils de Jean-Frangois-
Joseph qui avait épousé en 1799 Mlle Godin de Soeer. Auguste de Per-
pigna avait eu de son premier mariage en 1838 avec Mélanie de Laborde
un fils Denis-Fabien-Marie-Gasfon mort en septembre 1863 ; il eut,
d'Elizabeth Whitfield, une fille, Julie-Georgina-IPrances (dite Georgette

567 ou tinette), et un fils, Joseph-Arthur-Stuart (né à Paris le 25 octobre 1850).
Les époux étaient toujours vivants en 1872, mais, semble-t-il, séparés
depuis 1859.

WITHERINGTON (Anna). — *33-63, 33-74 D, *33-75.

Née à Naples. — Morte à Paris le 30 novembre 1873.

C'est un personnage bien mystérieux que cette Anna Witherington,
que Vigny appelle volontiers sa « soeur  », évoquant avec elle « des atta-
chements et des impressions d'enfance  ».

En 1830, elle était mariée à un colonel, probablement attaché mili aire
à l'ambassade de Grande-Bretagne, et venait d'accoucher (6 mai).
En 1833, ayant déjà perdu son mari, elle restait seule à Londres avec
ses enfants, presque dans la misère, et très malade. Elle était vraisem-
blablement liée au colonel Hamilton Welch Bunbury (décédé en 1833),
l'oncle de Lydia de Vigny. Mais Lydia était alors brouillée avec elle.

Devenue plus tard Mme Eugénie Benjamin, elle reste pour Vigny
«  Anna  » et, sans doute, la « Belle Franc~aise d'Angleterre  » à qui il adresse
deux poèmes (Pl., t. I, 1986, p. 219 et 222), et avec qui il entretient une
correspondance jusqu'en 1863. Elle semble avoir beaucoup voyagé, entre
Londres, les eaux à Ems et Aix-la-Chapelle, et le soleil de l'Italie dans
les années 1840 ; en 1848 elle était à Paris et habitait rue d'Artois. En 1856
et 1857, elle fit des séjours à Hombourg, tout en résidant à Paris 49, rue
Neuve-des-Mathurins, puis 17, rue de la Madeleine, puis 38, rue de la
Ville-l'Évêque, avant de mourir 15, rue Montaigne. D'après son acte
de décès, qui n'indique pas son nom de jeune fille, elle serait morte à
cinquante-huit ans... mais il est peu vraisemblable qu'elle soit née
en 1815.

Sa fille, Seline ou Selnie, brouillée avec sa mère et devenue Mrs Sadler,
écrivit à Vigny en 1857 pour obtenir son adresse.


YOUNG (Charles M.). — 31-56 D, *31-60.

Voir Corr., t. 1, p. 534.


ZIEGLER (Jules-Claude). — *33-109, *33-110, *34-22, `34-31, 35-60.

\Té à Langres le 16 mars 1804. — Mort à Paris le 25 décembre 1856.

Peintre, élève de Morlot, Heim et Ingres, il exposa ses premières

oeuvres en 1828, puis voyagea en Italie et en Allemagne. I1 exposa régu-

lièrement au Salon à partir de 1831. En 1833, il grava une suite de dessins

au trait d'après Éloa. Il étudia en Bavière le vitrail et la céramique, et

peignit, de 1835 à 1838, la coupole de la Madeleine à Paris. En 1839, il

se consacra à la céramique et fonda à Voisinlieu, près de Beauvais, une

fabrique de grès ornés en relief. S'intéressant à la photographie dès ses


568 débuts, il fut un des fondateurs de la Société héliographiquc et du journal
la Lumière auxquels il collabora activement en 1851 et 1852. I1 a publié
des L+Sludes céramiques (1850) ;Traité de la conteur et de la lrzmière (1852)
et le Compte rerrdrr de la photographie à l'Exposition unioerselle de 1855.
Il était devenu en 1854 conservateur du musée de Dijon et directeur de
l'École des Beaux-Arts de cette ville. Fontaney, qui le rencontra souvent,
notamment chez les Devéria, était sans indulgence h son égard  : «  mau-
vais peintre, lourd et petit-maître, doucereux, fatigant  » (Journal,
11 novembre 1831).

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