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Avant-propos

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  • ISBN: 978-2-406-10061-4
  • ISSN: 1971-4882
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-406-10062-1.p.0009
  • Éditeur: Classiques Garnier
  • Date de parution: 04/03/2020
  • Périodicité: Annuelle
  • Langue: Français
Accès libre
Support: Numérique
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avant-propos

Au milieu du xixe siècle, à partir des expériences graphiques audacieuses de Mallarmé (La dernière mode, Un coup de dés jamais ne abolira le hasard), la distance entre le texte et lillustration, littéraire et visuelle, samincit progressivement. Le cloisonnement entre les différents arts sanéantit et se faisant une des données fondamentales de lépoque moderne, en particulier dans le contexte français.

Ce numéro des Cahiers de littérature française a pour objectif daborder, dans une perspective interdisciplinaire et sous plusieurs points de vue, le thème de la porosité des frontières entre les paroles et les images. Les contributions présentées dans ce volume tracent idéalement un chemin qui, du xixe siècle, nous conduit à la deuxième moitié du xxe siècle, à partir de la relation entre lespace poétique et sa visualisation, telle quelle surgit de la correspondance de Rimbaud, et de la réécriture par images du chef-dœuvre de Mallarmé, Un coup de dés jamais nabolira le hasard, réalisé à la fin des années 1960 par Marcel Broodthaers, en passant par le changement apporté à lhistoire du livre dartiste par le premier roman en images de Max Ernst, La femme 100 têtes. Il est également question de la crise picassienne de 1935, année où lartiste abandonne la peinture pour se consacrer à lécriture et explorer les principes de lautomatisme. La relation entre la littérature et limage filmique se déploie dans lénonciation particulière et constitutive de ladaptation cinématographique, notamment du roman Véhi-Ciosane et du court métrage Niaye de Ousmane Sembène, et de la série télévisée de Samuel Beckett Trio du fantôme et… que nuages…, œuvres tardives dans lesquelles Beckett propose de faire ressortir à la fois les limites du langage et de limage, tout en soulignant leurs croisements mutuels.

Jacques Dürrenmatt
et Elio Grazioli

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