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Résumés

  • Type de publication: Article de collectif
  • Collectif: Autour de Philippe Auguste
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  • Pages: 215 à 217
  • ISBN: 978-2-406-06738-2
  • ISSN: 2103-5636
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-406-06740-5.p.0215
  • Éditeur: Classiques Garnier
  • Collection: Rencontres, n° 285
  • Série: Histoire, n° 2
  • Date de parution: 06/10/2017
  • Année d’édition: 2017
  • Langue: Français

  • Article de collectif: Précédent 13/14 Suivant
Accès libre
Support: Numérique
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Résumés

Yves Sassier, « Lhéritage paternel. Bilan négatif, mitigé, positif ? »

Le règne de Louis VII, souvent considéré comme terne, voire calamiteux comparé à ceux de son père et de son glorieux fils, a en de multiples domaines – retour en force de la paix du roi, retour de certains parmi les plus grands dans les assemblées royales, lente ouverture de lentourage royal aux détenteurs de nouveaux savoirs, utilisation de techniques juridiques et de concepts politiques nouveaux – préparé les mutations du règne suivant et lessor monarchique des siècles futurs.

Martin Aurell, « Philippe Auguste et les Plantagenêt »

Philippe Auguste est le fossoyeur de lEmpire Plantagenêt, grâce aux moyens militaires, financiers et administratifs accrus sous son règne. Mais sa politique envers la maison dAnjou est aussi avisée. Si ses légistes savent user du droit féodal pour lentériner sur le plan juridique, sa propre habilité pour jouer de lamitié et de linimitié avec les Plantagenêt, des stratégies matrimoniales ou de la révolte aristocratique explique largement sa victoire.

Olivier Hanne, « La papauté face à Philippe Auguste, à travers les registres des lettres pontificales »

Plusieurs sujets opposent Philippe Auguste et la papauté : mariage royal, élections épiscopales, lutte contre lhérésie. Sa personnalité ne facilite pas les accommodements, surtout avec Innocent III (1198-1216). Pourtant, entre 1191 et 1227, les lettres pontificales présentent positivement le roi, sa responsabilité et son éminente dignité, avec de légères inflexions de Célestin III à Honorius III. Le roi apparaît toujours comme un souverain à part et mieux aimé que les autres.

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Xavier Hélary, « Les ressources militaires de Philippe Auguste »

Philippe Auguste na pas les moyens humains ni fiscaux de mener de longues campagnes. Il préfère des expéditions brèves, y compris à la croisade quil a quittée avant lheure. Sa bureaucratie en hausse lui permet certes de lister les membres de son armée, qui reste cependant composée par le noyau dur et permanent des fidèles de sa cour, auxquels sajoutent sporadiquement les grands vassaux avec leur ost. En son sein, les mercenaires et les milices communales jouent encore un rôle discret.

Luc Guéraud, « Administrer le Poitou au temps de Philippe Auguste. Le sénéchal en Poitou (xiie-xiiie siècles) »

Les Plantagenêts essayent de faire du sénéchal lagent de la centralisation administrative pour contrôler le Poitou. À partir de Jean Sans Terre, il devient une institution et non plus un officier domestique. Il faut percevoir le sénéchal comme lagent dune déconcentration administrative soumis au contrôle hiérarchique du roi. Le choix des hommes et leur action laissent penser que le résultat est en partie un échec, la noblesse poitevine continuant elle-même à mener ses affaires.

Elisabeth Carpentier et Georges Pon, « Relecture de Rigord »

Selon Rigord, les épithètes christianissimus et augustus définissent le roi Philippe. « Très chrétien » ne renvoie pas à sa piété, mais à la fonction royale de protection des églises et de la paix. En employant Augustus, Rigord se réfère au modèle impérial romain, quil a connu par les Étymologies (IX, 16) dIsidore : le Sénat a conféré le titre dAugustus à Octavien-César qui « avait augmenté le territoire ». La fin de son règne a largement justifié lattribution de ce surnom.

Catalina Girbea, « Culture littéraire à la cour de Philippe Auguste »

Contrairement à lidée reçue selon laquelle la cour de Philippe Auguste a longtemps ignoré le mécénat littéraire, à la différence des brillants voisins Plantagenêt, son entourage proche, et en particulier ses oncles, stimulent ou commanditent de nombreuses œuvres littéraires. Dans la première phase du règne, Guillaume de Champagne et les siens promeuvent un modèle littéraire 217à tendance pro-hellènes, pour laisser la place après la troisième croisade à un tournant religieux de la fiction.

Olivier Descamps, « Lessor des droits savants à lépoque de Philippe Auguste »

Lessor des droits savants à lépoque de Philippe Auguste est notable. En plein développement, les universités sont le vecteur dune culture juridique commune. La France est un pôle majeur et Orléans pour le droit romain comme Paris pour le droit canonique simposent comme des centres de formation incontournables. Le travail doctrinal est utilisé dans les chancelleries et les entourages royaux pour justifier des prétentions politiques.

Thierry Dutour, « Lengagement civique et lidéal de la prudhommie (xiiie-xive siècles) »

Le prudhomme apparaît dans les écrits de la pratique dès quils sont rédigés en langue vulgaire. Il inspire une confiance appelée par la probité et la prudhommie est une condition de la participation à la vie publique car contribuer aux tâches de gouvernement nest pas dominer mais servir. Envisager lengagement civique au prisme de conceptions inspirées dauteurs de lAntiquité grecque et romaine oblitère la perception de limportance sociale et politique attachée à la compétence morale.

Jean-Marc Joubert, « Quest-ce que vouloir ? »

La lecture de Spinoza, Marx, Schopenhauer, Nietzsche et Kant éclaire philosophiquement la notion de puissance de la volonté. Celle de volonté est analysée à partir de lentrée du Dictionnaire Lalande : elle ne saurait être libre. Pour autant, elle est bien une puissance (nécessaire, donc), laquelle, pour rendre raison de nombre dévénements historiques, nautorise pas à donner à lHistoire un sens moral, sauf à postuler ce dernier selon une exigence a priori.