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[Épigraphe]

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  • ISBN: 978-2-8124-1286-8
  • ISSN: 2103-480X
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-8124-1288-2.p.0009
  • Éditeur: Classiques Garnier
  • Date de parution: 09/09/2013
  • Langue: Français
Accès libre
Support: Numérique
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Ach Ferdinand, teurer, innig geliebter Freund ! […] Was soll aus der Kunst werden in dieser rauhen, stürmischen Zeit ? Wird sie nicht, wie eine zarte Pflanze, die vergebens ihr welkes Haupt nach den finstern Wolken wendet, hinter denen die Sonne verschwand, dahinsterben ? – Ach Ferdinand, wo ist die goldene Zeit unserer Jünglingsjahre hin. Alles Bessere geht unter in dem reißenden Strom, der die Felder verheerend dahinstürzt ; aus seinen schwarzen Wellen blicken blutige Leichname hervor, und in dem Grausen, das uns ergreift, gleiten wir aus – wir haben keine Stütze – unser Angstgeschrei verhallt in der öden Luft – Opfer der unbezähmbaren Wut sinken wir rettungslos hinab !

E. T. A. Hoffmann, Der Dichter und der Komponist.

« – Ah ! Ferdinand, ami cher, ami si bien aimé ! […] Que va-t-il advenir de l’art en cette époque dure et agitée ? Ne va-t-il pas dépérir, telle une plante délicate qui tourne en vain sa tête languissante vers les sombres nuages derrière lesquels le soleil a disparu ?… Hélas, Ferdinand, où s’est enfui l’âge d’or de nos années de jeunesse ! Les meilleures choses sont englouties par ce torrent fougueux qui dévale et ravage les champs ; des cadavres sanglants surgissent parmi ses flots noirs ; l’horreur nous saisit, nous perdons pied, nous n’avons rien pour nous retenir, notre cri d’angoisse est allé se perdre dans l’espace désert qui nous environne, et sans espoir de salut nous glissons dans l’abîme, victimes de cette indomptable fureur ! »

E. T. A. Hoffmann, Le Poète et le Compositeur.