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Première partie
Contextes

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  • ISBN: 978-2-8124-5263-5
  • ISSN: 2114-1223
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-8124-5263-5.p.0016
  • Publisher: Classiques Garnier
  • Parution date: 02-28-2007
  • Language: French
Free access
Support: Digital
16 PREMIÈRE PARTIE
CONTEXTES
Sponde n'avait pas encore vingt et un ans lorsqu'il entreprit de commenter Homère'. C'est pour une part l'enseignement reçu, on peut en faire l'hypothèse, qu'il met à profit, tout frais émoulu du collège et de l'université, dans cet énorme travail. Il faut donc replacer les Commentaires de Sponde dans un contexte culturel, celui de l'enseignement protestant à la fin du XVIe siècle, qui semble s'intéresser particulièrement à l'étude du grec, plus que son rival direct, l'enseignement jésuite. Ce constat initial peut expliquer en partie le grand nombre d'éditions protestantes d'Homère dans la deuxième moitié du XVIe siècle ainsi que le recours prudent de notre commentateur à l'exégèse antique.
Or, choisissant, pour glorifier Homère, le genre du commentaire érudit, Sponde inscrit son oeuvre dans une tradition bien établie  : celle que les humanistes, soucieux de redonner vigueur à la littérature antique, avaient abondamment exploitée depuis le début de la Renaissance et qui visait non seulement à restaurer la lettre du texte mais aussi à donner au profane les éléments culturels nécessaires à sa bonne compréhension. S'autorisant du désir de satisfaire l'immense curiosité des lecteurs, le commentaire érudit s'étendait souvent en digressions diverses, développant à partir du texte commenté une série d'«  articles encyclopédiques  », plus ou moins bien rattachés à leur objet premier.
On s'attachera donc à préciser les enjeux du commentaire à la Renaissance, en insistant à la fois sur une évolution du genre et sur les modèles qui s'offraient au jeune érudit désireux d'éditer et d'interpréter Homère, l'«  auteur récapitulatif  » par excellence2, source de tout savoir et, à ce titre, objet, depuis l'Antiquité, d'exégèses de tout ordre.
1 Dans la lettre dédicatoire au roi de Navarre qui ouvre ses Méditations sur les Psaumes, il évoqueainsi «  le travail de ma jeunesse sur l'Homère  » (Œuvres littéraires, éditées par A. Boase, Genève, Droz, 1978, p. 94).
2 J'emprunte la formule à Jean Lecointe, L'Idéal et la Différence. La perception de la personnalité littéraire à la Renaissance, Droz, Genève, 1992, p. 162.

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