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Tableau chronologique de la vie et des écrits de Jean Galli de Bibiena

  • Type de publication: Chapitre d'ouvrage
  • Ouvrage: Romans
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  • Pages: 95 à 100
  • ISBN: 978-2-8124-2987-3
  • ISSN: 2109-7623
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-8124-2989-7.p.0095
  • Éditeur: Classiques Garnier
  • Collection / Revue: Bibliothèque du xviiie siècle, n° 25
  • Date de parution: 16/07/2014
  • Année de publication: 2014
  • Langue: Français

  • Chapitre d'ouvrage: Précédent 4/28 Suivant
Accès libre
Support: Numérique
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TABLEau CHRONOLOGIQUE DE LA VIE
ET DES ÉCRITS DE JEAN GALLI de BIBIENA

1709

15 juillet : Mariage de Francesco Galli Bibiena, premier intendant des bâtiments de S.M.I., et dAnne Mitté, âgée de 16 ans, fille de Charles, garde des meubles et tapissier du duc Léopold de Lorraine.

septembre-décembre : Francesco Galli Bibiena sinstalle à Vienne. Il est premier architecte et scénographe de lempereur Joseph Ier.

1710

avril : Naissance de Giovanni Galli Bibiena. Il francisera son prénom en Jean.

1711

17 avril : Joseph Ier meurt de la petite vérole. Son successeur, Charles VI, renvoie Francesco Galli Bibiena et donne au frère de ce dernier, Ferdinando, la charge de premier architecte.

1713 ou 1714

Francesco Galli Bibiena rentre en Italie, à Bologne.

1730

Jean Galli de Bibiena part de Bologne (daprès sa lettre à Beccari de 1739).

Il sinstalle probablement entre Lunéville et Nancy. Les lettres de Devaux à Madame de Graffigny le laissent supposer : en effet il lui écrit que, avant quelle parte de Lunéville pour Paris, en 1738, des amis communs appelaient Bibiena le « Généreux Borgne », à cause de ses troubles oculaires. Bibiena parle de ses problèmes de santé dans sa lettre au docteur Beccari du 15 mars 1736. Lappellatif serait issu du titre dune pièce de Devaux.

De plus, en 1745 Madame Bibiena dit à Madame de Graffigny que « des architectes [leur] ont rebâti une maison tombée à Nancy » (Lettre de Madame de Graffigny à Devaux, 7 novembre 1745).

1735

Publication des trois premières parties du roman Mémoires et aventures de monsieur de ***, traduits de litalien par lui-même, à Paris, chez Prault.

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1736

Publication de la quatrième partie du roman Mémoires et aventures de monsieur de ***, traduits de litalien par lui-même, à Paris, chez Prault.

1739

15 mars : Bibiena écrit de Nancy au docteur Beccari (voir annexes).

22 mai : Bibiena écrit à nouveau de Lyon au docteur Beccari (voir annexes).

1741

Publication du roman Histoire des amours de Valérie et du noble vénitien Barbarigo, à Lausanne et Genève, chez Marc Michel Bousquet. Madame de Graffigny parle de la parution dun nouveau roman de Bibiena dans une lettre à Devaux datée 18 novembre 1740.

10 janvier : Devaux écrit à Madame de Graffigny. « Jai lu le premier tome du Barbarigo. Je vous dirais ce que jen pense si je navais peur de vous ennuyer, ou de choquer vos sentiments ». Dans une lettre du jour suivant, il laisse entendre son appréciation pour ce roman et il met en doute que son auteur soit Bibiena.

31 janvier : Madame de Graffigny écrit à Devaux ; elle lui dit quelle a lu Barbarigo et quelle sest moquée de son correspondant, qui avait trouvé bon ce roman.

3 mai : daprès le Journal inédit de Nicolas Durival (B.M. de Nancy, MS 1310.863), une lettre de cachet prévoit de faire renfermer à Maréville (banlieue de Nancy – actuellement une partie de la commune de Laxou), « Galli de Bibiena, Italien, auteur de Romans, accusé davoir fait lhistoire des amours du Prince Charles et de Mlle. » Il est mis en liberté, selon la même source, le 6 juin.

1745

5 novembre : Madame Bibiena rencontre Madame de Graffigny afindobtenir une aide pour parvenir à la publication dun manuscrit de son mari, vraisemblablement Le Petit Toutou.

Bibiena et sa femme sont désormais installés à Paris.

1746

janvier-mars : Publication du roman Le Petit Toutou, à Amsterdam.

19 mars : Madame de Graffigny reçoit de Madame Bibiena le dernier roman de son mari ; Graffigny écrit à Devaux que le livre « est si gros » quelle le lui enverra par le biais dun domestique.

25 mars : Madame de Bibiena apporte un exemplaire du Petit Toutou à Madame de Pompadour (Lettre de Madame de Graffigny à Devaux du 25 mars).

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2 avril : Bibiena rencontre Madame de Graffigny. Elle écrit à Devaux : « Je lai trouvé tout spirituel. Il a commencé à me lire un conte quil va faire imprimer [La Poupée] que je trouve très bien écrit. Il entend ce que cest que style. Je lai repris, il a corrigé, sentant le défaut. En un mot, je ne reconnais pas cet ancien Bibiane [nom dont Madame de Graffigny appelle Bibiena]. Il me semble quil a fait beaucoup de progrès. Il avoue que son dernier roman [Le Petit Toutou] nest pas bon – il en connaît les défauts – quil ne la donné que par besoin. Voilà ce que jen vois jusquici » (Lettre de Madame de Graffigny à Devaux du 4 avril)

4 avril : Bibiena termine sa lecture de La Poupée à Madame de Graffigny. « Il ma lu ensuite cet ouvrage quil mavait commencé, et son style se soutient toujours en beaucoup mieux : de limagination, mais point assez élevée. Je crois cependant quil deviendra quelque chose » (Lettre de Madame de Graffigny à Devaux du 4 avril).

15 mai : Bibiena écrit à Madame de Graffigny. « Jai fini laventure de la patte [Le Petit Toutou], et jen suis à La Poupée, qui grandit. En travaillant jai imaginé de nouvelles choses, et vous y verrez entre autres un discours neuf et singulier » (Papiers Duroselle1).

16 mai : Bibiena lit le roman quil est en train décrire, La Poupée, à Madame de Graffigny. Elle commente ainsi : « Effectivement, ce quil a fait depuis mes avis est incomparable avec le reste. Il y a une jouissance digne de Crébillon ; cependant, le tout ne sera encore quun mauvais livre. Il nest pas encore fini » (Madame de Graffigny à Devaux, lettre du 18 septembre).

17 mai : Bibiena écrit à Madame de Graffigny à propos de ses progrès. « Ma plume coule si rapidement, ma Poupée croît si vite que cela tient du prodige » (Papiers Duroselle2).

23 mai : Bibiena écrit à nouveau à Madame de Graffigny. « Ma Poupée nest encore quà lâge de seize ans ; il y a cependant près de quatre cahiers de [ce] nouvel ouvrage. Il mest venu de nouvelles idées qui rendront la fin intéressante. En cas, Madame, que vous voulussiez demain entre trois et quatre entendre la

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la lecture des quatre cahiers, vous sentez, Madame, combien je serais charmé davoir cet honneur. [] Que vos sentiments sont nobles, que vos pensées sont justes ! Que la tournure est délicate ! Que lexpression est bien ménagée ! Quand même on naurait jamais eu le bonheur de vous voir, pourrait-on sempêcher de vous rendre un hommage où le cœur ne fût intéressé ! » (Papiers Duroselle1).

septembre : Jean Bibiena prend congé de Madame de Graffigny en lui avouant quil a une « nouvelle passion, [] Lobjet est beau, jeune, spirituel » (Madame de Graffigny à Devaux, lettre du 16 septembre).

1747

mars : Publication du roman La Poupée, à La Haye, chez Pierre Paupie.

8 mars : Bibiena offre un exemplaire de La Poupée à Madame de Graffigny. Il laccompagne dune lettre : « Madame, Enfin voici La Poupée, que jai lhonneur de vous présenter. Cest lundi dernier [6 mars 1747] quon en a donné le premier exemplaire à Madame la Marquise de Pompadour ; je voulais avoir le bonheur de vous en faire hommage le même jour ; mais mon libraire na voulu men donner quaujourdhui » (Papiers Duroselle2).

1748

Publication du roman La Force de lexemple, à La Haye, chez Pierre Paupie.

Raynal commente La Force de lexemple dans ses Nouvelles littéraires : « Le sujet en est simple []. Le style de cet ouvrage manque également de naïveté, délégance et de correction. Les mœurs en sont bonnes, les caractères soutenus, mais sans dignité [] ». Il cite toutefois un épisode qui ne fait pas partie de ce roman, mais de Le Petit Toutou.

1749

Publication du roman Le Petit Toutou sous le titre Le Barbet Mignon, ou le Chien Turc, à Francfort, chez Daniel Chrétien Hechtel. Lauteur est indiqué comme M. de Mugetto.

1750

Publication du roman Le Triomphe du sentiment, à La Haye, chez Pierre Paupie.

Raynal écrit à propos de ce roman : « M. de Bibiena, italien naturalisé en France et connu par plusieurs mauvais romans, vient den donner un dont lidée ma paru agréable : il est

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intitulé Le Triomphe du sentiment. Lauteur suppose une femme coquette qui aime léclat et qui a du tempérament, une petite-maîtresse enfin. Une des fantaisies de cette femme est de voir un homme à sentiment, espèce rare et ridicule dans le siècle où nous sommes. Après bien des recherches, lamant de cette belle vient à bout de déterrer cette espèce de monstre, il est présenté et parvient à changer le cœur et lesprit de cette femme. Il la rend raisonnable et tendre. Cest dommage que cette idée, qui est neuve et assez belle, ait été mise en œuvre par un homme qui ne sait pas écrire, et qui na pas assez desprit pour sentir quil dégradait trop son héroïne en la réduisant à accepter de largent de ses amants. »

Publication du roman La Force de lexemple dans la Bibliothèque choisie et amusante, t. VI, à Amsterdam.

1751

Joseph dHémery, inspecteur de la Librairie, rédige une fiche sur Bibiena, « un protégé de Madame de Pompadour », qui « demeure ordinairement à Versailles et à Paris rue de la Comédie française chez un perruquier au premier ». Il dit lui trouver « une physionomie affreuse et les yeux de même. »

1761

Publication du roman Histoire des amours de Valérie et du noble vénitien Barbarigo dans le Supplément à la Bibliothèque de campagne, t. I, Genève. Ce volume est ailleurs indiqué comme le t. 18 (et non pas le 19, comme le voudrait Quérard) de la Bibliothèque de campagne.

1762

23 juin : Première représentation de La Nouvelle Italie, comédie héroï-comique italienne et française, en trois actes en prose, mêlée dariettes et de spectacle, au Théâtre de lHôtel de Bourgogne, Rue Mauconseil.

25 septembre : Fréron, dans la lettre II publiée dans Lannée littéraire, VI, commente ainsi La Nouvelle Italie : « Il y a du talent, de lesprit, de linvention même dans La Nouvelle Italie. Mais je pense que M. de Bibiéna na pas su tirer de son projet tout le parti dont il était susceptible. [] À légard du style, litalien est bien supérieur au français, qui cependant ne manque pas délégance. », et il conclut : « Je conseillerais à M. de Bibiéna, qui a des talents, de les consacrer à un autre genre plus analogue à notre théâtre. Il mérite dêtre encouragé, et sa pièce a été vue du public avec plaisir. »

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1763

25 octobre : Arrêt du Châtelet qui condamne Jean Galli de Bibiena à mort avec laccusation de viol sur une fillette de trois ans, Anne-Marguerite Roberdeau, fille de ses propriétaires. La peine prévoit, après un public repentir, « en demand[ant] pardon à Dieu, au Roi et à [la] justice », quil soit « conduit en la place de Grève où il sera pendu et étranglé. » (Archives nationales de France Y10251). Il senfuit pour échapper à la mort.

1779 ?

Les nouvelles sur le sort de lécrivain sont incertaines et contradictoires. Certains le voudraient en Hollande, certains en Italie, dautres présument quil serait mort à Paris. Lannée supposée de sa mort serait 1779 : en 1785 le marquis dArgenson écrit que Bibiena est « mort il y a peu dannées. »

1 Lettre du 15 mai, p. [1], Papiers Duroselle, collection privée.

2 Lettre du 17 mai, p. [3]-[4].

3 Lettre du 23 mai, p. [1]-[4].

4 Lettre du 8 mars, p. [1].