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Résumés/Abstracts

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  • ISBN: 978-2-406-07115-0
  • ISSN: 2556-756X
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-406-07116-7.p.0163
  • Éditeur: Classiques Garnier
  • Date de parution: 12/08/2017
  • Périodicité: Annuelle
  • Langue: Français
Accès libre
Support: Numérique
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RÉSUMÉS/Abstracts

Bruno Pinchard, « Trasumanar tra terra e mare »

Cet article montre limportance des Météorologiques dAristote dans lœuvre de Dante, une œuvre traversée par des vents, des tremblements de terre, des foudres, des météores. Mais ce traité noffre pas seulement un cadre physique au poète : lensemble de sa vision, son Trasumanar, repose sur une poétique des métamorphoses pour laquelle il mobilise la théorie aristotélicienne des phénomènes météorologiques.

This article shows the importance of Aristotles Meteorology in the works of Dante, an oeuvre filled with wind, earthquakes, thunder, and meteors. But this treatise offers not only a physical framework for the poet: his whole vision, his Trasumanar, rests on a poetics of metamorphosis for which he mobilizes the Aristotelian theory of meteorological phenomena.

Ruedi Imbach, « La gracieuse lumière de la raison. Variations et portée de largumentation philosophique chez Dante »

Les grands principes aristotélicien, nature, causalité ou adéquation entre les moyens et la fin sont fréquemment repris par Dante, qui les utilise dans différents domaines, comme les langues, la réflexion politique ou encore la question du désir et de la finitude humaine. Lexamen de ces principes permet de montrer avec quelle liberté, quelle rigueur et quelle audace Dante conduit son argumentation, comme lors de la discussion sur les vertus théologales dans les chants XXIV et XXV du Paradis.

The great Aristotelian principles of nature, causality, and adequacy between means and end are frequently taken up by Dante, who uses them in different domains, such as language, political reflection, and the question of human desire and finitude. Examining these principles allows us to show the freedom, rigor, and audacity with which Dante develops his argument, as he does in the discussion of the theological virtues in cantos XXIV and XXV of Paradiso.

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Christophe Libaude, « Le mythe dOrphée chez Dante »

Le passage du Banquet sur le sens allégorique évoquait le pouvoir dOrphée. Mais cest en insistant sur le risque de la perte de ce pouvoir (la mort dOrphée), quon peut retrouver des signes dune présence du mythe dans différents passages de lœuvre de Dante, de la Vita Nova au Purgatoire, des « pierres qui crient » au mythe de Philomèle. Car le poète ne peut accomplir son voyage vers Béatrice que sil parvient à échapper à létat de stupeur dans lequel la mort dEurydice a plongé Orphée.

The passage from Il convivio on allegorical meaning evoked the power of Orpheus. But it is by insisting on the risk of the loss of this power (the death of Orpheus) that we can find signs of a mythic presence in different passages of Dantes work, from Vita Nova to Purgatorio, from the “stones that cry out” to the myth of Philomela. After all, the poet can only complete his journey to Beatrice if he successfully escapes the sort of stupor in which Eurydices death plunged Orpheus.

Marco Veglia, « “Il consigliere di Dio” (Postilla Mon. I, xii-xiii) »

Partant dun article dO. Capitani, « Dante e la società comunale », cette contribution analyse lidée dun « fonctionnalisme » social et politique de Dante, dans ses écrits politiques, en particulier les chapitres xii et xiii du livre I du De Monarchia, et dans son engagement dans la vie politique de Florence. Cette étude montre ainsi la continuité entre le Dante conseiller politique à Florence et le Dante « conseiller » en exil, entre le Dante prieur et le Dante « conseiller » de Dieu dans la Divine Comédie.

Using an article by O. Capitani, “Dante e la società comunale”, as its point of departure, this contribution analyzes the idea of a social and political “functionalism” in Dante by examining his political writings, especially chapters XII and XIII of Book I of De Monarchia and his involvement in the political life of Florence. This makes it possible for this study to show the continuity between Dante as a political adviser in Florence and Dante “the adviser” in exile, between Dante as a prior and Dante as Gods counselor in the Divine Comedy.

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Sabrina Ferrara et Enrica Zanin, « “Io vidi la speranza de beati” (V.N., XIX, 8). Dante en France »

Cet article reprend lhistoire des études sur Dante, de Claude Fauriel et de Frédéric Ozanam à nos jours, étudiée dun point de vue institutionnel, ce qui permet dévoquer lhistoire de litalianisme français. Les recherches et les traductions menées récemment sont citées de manière précise, jusquà la fondation de la Société Dantesque de France. Larticle est suivi dun florilège des traductions des deux premières terzine de la Divine Comédie.

This article takes another look at the history of Dante studies, from Claude Fauriel and Frédéric Ozanam to the present day, studied from an institutional point of view, which allows us to describe the history of French Italianism. Accurate citations are provided for recent research and translations. The article is followed by an anthology of translations of the first two terzine from the Divine Comedy.

Yoann Loir, « Le procès du “Dante français”. Baudelaire ou lEnfer sans Vita Nova »

Que vaut la caution dantesque inventée pour défendre limmoralité de Baudelaire ? Larticle montre que la critique du xixe siècle qui le consacre « Dante français » déplore quil nait su être quune perversion du Dante catholique et angélique. Contre ce portrait, Baudelaire peint un visage sombre de Dante, allant jusquà déceler lemprise de lEnfer sur la Vita Nova. La Béatrice baudelairienne, paradoxalement idéalisée pour sa cruauté, devient une allégorie du pouvoir de destruction de lamour.

What is the value of the Dantesque commendation invented to defend the immorality of Baudelaire? This article shows that the nineteenth-century criticism that calls him the “French Dante” deplores the fact that he could only be a perversion of the Catholic and angelic Dante. In contrast with this portrait, Baudelaire painted a dark vision of Dante, going as far as to detect the grip of Hell on the Vita Nova. The Baudelairean Beatrice, paradoxically idealized for her cruelty, becomes an allegory of the destructive power of love.