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Résumés et présentations des auteurs

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  • ISBN: 978-2-8124-5101-0
  • ISSN: 2103-5636
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-8124-5103-4.p.0531
  • Éditeur: Classiques Garnier
  • Date de parution: 13/07/2016
  • Langue: Français
Accès libre
Support: Numérique
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Résumés et présentations
des auteurs

Pierre Frantz, « “Fini, cest fini, ça va finir, ça va peut-être finir”. Quelques réflexions sur le dénouement “classique” »

Pierre Frantz enseigne à luniversité Paris-Sorbonne. Il a notamment publié LEsthétique du tableau dans le théâtre du dix-huitième siècle (Paris, 1998), Le Siècle des théâtres (Paris, 1999), Beaumarchais (Paris, 2015), dirigé Marivaux : jeux et surprises de lamour (Paris, 2009), Tragédies tardives (Paris, 2002) La Fabrique du théâtre (Paris, 2010) et une Anthologie du théâtre du xviiie siècle (Paris, 2009).

La réflexion sur les dénouements au théâtre engage la théorie de laction dramatique : leur réécriture défait la conception aristotélicienne qui prône lorganicité de laction, propose une conception du drame qui englobe texte et représentation, et suggère que le drame a toujours été postdramatique.

Renaud Bret-Vitoz, « Les dénouements dAntoine-Marin Lemierre à lépreuve de la scène (1758-1791) »

Renaud Bret-Vitoz, ancien élève de lENS, agrégé de lettres modernes et docteur en littérature française et arts du spectacle, est maître de conférences à luniversité Toulouse II – Jean-Jaurès. Il a publié sa thèse sous le titre LEspace et la scène : dramaturgie de la tragédie française (Oxford, 2008), plusieurs ouvrages sur le xviiie siècle et une vingtaine darticles.

Lemierre change ses dénouements qui aboutissaient à des fins spectaculaires. Le poète redonne la primauté au discours dans les moments dapothéose visuelle pour une résolution à suspense, ouverte sur un prolongement heureux et qui balance lidée dun destin inéluctable, comme en témoigne Barnevelt.

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Sophie Marchand, « Savoir finir un drame. Les dénouements du Déserteur de Louis-Sébastien Mercier, entre enjeux idéologiques et enjeux esthétiques »

Sophie Marchand est maître de conférences en littérature française du xviiie siècle à luniversité Paris-Sorbonne. Elle a publié Théâtre et pathétique au xviiie siècle (Paris, 2009), Marivaux (Paris, 2009), codirigé lAnthologie du théâtre français du xviiie siècle (Paris, 2009). Elle a édité Le Déserteur, dans le Théâtre complet de Louis-Sébastien Mercier (Paris, 2009).

Les versions successives du dénouement du Déserteur illustrent à la fois la manière dont Louis-Sébastien Mercier met au point sa formule du drame et les enjeux esthétiques et idéologiques liés aux différentes manières (tragique ou optimiste) de finir une pièce et dancrer celle-ci dans la société de son époque.

Florence Naugrette, « Le mot de la faim. Retravail esthétique et infléchissement politique des dénouements hugoliens »

Florence Naugrette, professeur à luniversité Paris-Sorbonne, est lauteur de Le Théâtre romantique (Paris, 2001) et Le Plaisir du spectateur de théâtre (Paris, 2002). Elle a codirigé Le Théâtre français du xixe siècle (Paris, 2008), Choses vues à travers Hugo (Vincennes, 2008), Victor Hugo. Le Théâtre et lexil (Caen, 2009). Elle dirige lédition en ligne de la correspondance de Juliette Drouet à Victor Hugo.

Quand Hugo remanie ses fins, cest pour les adapter aux attentes de son public : il accentue leur registre tragique pour la Comédie-Française, et leur sensibilité mélodramatique pour la Porte-Saint-Martin. En exil, loin de la scène, il réécrit un dénouement pour en radicaliser la portée militante.

Violaine Heyraud, « Feydeau au troisième acte. LHôtel du Libre-Échange et les (dé)réglages rythmiques de la “pièce bien faite” »

Violaine Heyraud est maître de conférences en littérature française à luniversité Sorbonne nouvelle – Paris 3. Spécialiste de Feydeau et de la comédie-vaudeville, elle a publié Feydeau, la machine à vertiges (Paris, 2012). Elle poursuit ses travaux sur lesthétique et la poétique de la comédie et sintéresse aux rapports du théâtre aux sciences, plus particulièrement à la médecine et à la psychiatrie.

Les manuscrits de LHôtel du Libre-Échange, comparés à ceux dUn fil à la patte et de La Dame de chez Maxim, montrent que Feydeau met à lépreuve et sapproprie le dénouement vaudevillesque : il le retarde et laccélère, le rend prévisible et surprenant, vraisemblable et incohérent, joyeux et amer.

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Olivier Goetz, « “Un coup de fusil parti lon ne sait doù et lon ne sait pourquoi”. Les variantes de fin dans Le Repas du lion, de François de Curel »

Olivier Goetz est maître de conférences au département Arts de luniversité de Lorraine, membre du Laboratoire Lorrain de Sciences Sociales. Il a notamment codirigé Le Spectaculaire dans les arts de la scène (Paris, 2006), Arts et usages du costume de scène (Paris, 2007), Chefs-dœuvre !/ ? (Paris, 2013), édité Le Gant Rouge dEdmond Rostand (Paris, 2009), Patrie ! et Spiritisme de Victorien Sardou (Paris, 2016).

Ayant à affronter, avec Le Repas du lion, la réalité scénique du Théâtre-Antoine, Curel fut contraint de tenir compte de la réception mitigée du dernier acte de ce chef-dœuvre dun « théâtre didées ». Quelles sont les conséquences littéraires et spectaculaires des modifications apportées ?

Mickaëlle Cedergren, « La conquête à tout prix et le salut coûte que coûte ! La réécriture du religieux dans Avent et Crime et Crime de Strindberg »

Mickaëlle Cedergren, docteur en langue française, est maître de conférences en littérature française à luniversité de Stockholm. Ses recherches portent sur Strindberg et limaginaire religieux de la fin du xixe siècle. Elle a publié LÉcriture biblique de Strindberg (Edsbruck, 2005) et a codirigé Le Naturalisme spiritualiste en Europe (Paris, 2012). Elle a publié des articles sur Strindberg, Huysmans, Péladan, Bourget et Barrès.

Le bon dénouement pour Strindberg se résume à choisir aussi bien une vision de Dieu quune voie théâtrale innovante. À travers les dénouements alternatifs proposés dans les manuscrits dAvent et de Crime et Crime, Strindberg amènera une double résolution au problème du mal.

Logan J. Connors, « Patriotismes à lépreuve des variantes finales dans Le Siège de Calais, tragédie de Pierre de Belloy (1765) »

Logan Connors est maître de conférences en études françaises et francophones à luniversité Bucknell. Il a publié Dramatic Battles in Eighteenth-Century France (Oxford, 2012) et édité Le Siège de Calais de Pierre de Belloy (London, 2014). Il sintéresse également à la conception des émotions et de la cognition dans les théories dramatiques des xviie et xviiie siècles.

Considéré comme « la première tragédie nationale », Le Siège de Calais fut remanié après 1789 pour un public postrévolutionnaire. Les variantes au dénouement rendent plus ambiguë son esthétique « patriotique », longtemps perçue comme propagandiste et univoque.

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André Leblanc, « Influence de la morale sur les changements au dénouement dans Le Séducteur du Marquis de Bièvre (1783) »

André Leblanc est maître de conférences à luniversité de Dalécarlie. Son intérêt pour les aspects moraux dans la réception des œuvres se reflète dans sa thèse de doctorat, « LExpression de la mauvaise conscience dans lœuvre de Benjamin Constant », ainsi que dans plusieurs articles. Il sest aussi intéressé à Amélie Nothomb dont il a étudié la réception des œuvres sous langle du rôle des préjugés culturels.

Les hésitations de Bièvre à propos du dénouement du Séducteur sont représentatives du paradoxe dun auteur ouvertement réactionnaire aux prises avec la modernité. Elles témoignent dune nostalgie certaine, mais la conduite scandaleuse de Bièvre manifeste une influence des Lumières souvent décriées par lui.

Stéphane Arthur, « Les deux fins du Bourgeois de Gand (1838) dHippolyte Romand [et Alexandre Dumas]. Mise en scène, mise en page de la révolution romantique »

Stéphane Arthur, enseignant en classes préparatoires au lycée Voltaire à Orléans, auteur dune thèse intitulée « La Représentation du xvie siècle dans le théâtre romantique », est lauteur darticles sur le théâtre romantique et lécriture de lHistoire. Il a collaboré au Nouveau Cahier de la Comédie-Française consacré à Hugo, et participe à la publication des œuvres de Pixerécourt (Paris, en cours depuis 2013).

Sorte de Lorenzaccio à fin heureuse, cette pièce a deux dénouements : lun joué, lautre simplement imprimé. Cela traduit les difficultés et les enjeux (esthétiques, politiques) lorsquon représente lirruption du peuple sur scène, dans la création de ce drame protéiforme quest le drame romantique.

Patrick Berthier, « De Vautrin à Mercadet. Dénouements remaniés chez Balzac »

Patrick Berthier est professeur émérite de littérature française à luniversité de Nantes. Il a travaillé sur Balzac, Musset, et sur la presse littéraire et le théâtre à lépoque romantique. Il dirige la première édition de la Critique théâtrale de Théophile Gautier (Paris, en cours depuis 2007), et a publié Le Théâtre en France de 1791 à 1828. Le Sourd et la Muette (Paris, 2014).

La fin de cinq des six pièces achevées de Balzac, dont Vautrin (1840), La Marâtre (1848) et Le Faiseur (1840-1851), a connu des remaniements souvent dus à des adaptateurs plus ou moins scrupuleux, ce qui ne facilite pas la juste appréciation du génie dun romancier toujours méconnu comme dramaturge.

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Jean-Claude Yon, « La petite vérole comme punition. Les réécritures des dénouements dÉmile Augier par la censure »

Jean-Claude Yon, professeur dhistoire contemporaine à luniversité Versailles – Saint-Quentin-en-Yvelines. Il a notamment publié la biographie dOffenbach (Paris, 2010) et dEugène Scribe (Saint-Genouph, 2000), Le Second Empire (Paris, 2012) et Histoire culturelle de la France au xixe siècle (Paris, 2010). Il a dirigé Les Spectacles sous le Second Empire (Paris, 2010) et codirigé Tréteaux et paravents (Paris, 2012).

En sappuyant sur lexemple des Lionnes pauvres – pièce pour laquelle le pouvoir avait proposé un dénouement grotesque –, larticle analyse le combat mené par Augier contre la censure afin de laisser aux seuls spectateurs le soin de tirer la morale de ses pièces.

Marie-Pierre Rootering, « Alexandre Dumas fils et Émile de Girardin, deux auteurs, quatre dénouements. Le Supplice dune femme ou le péril du vrai »

Marie-Pierre Rootering est docteur en littérature française. Elle a consacré sa thèse aux adaptations théâtrales de romans français au xixe siècle. Chercheuse indépendante, ses travaux portent sur le rapport roman-théâtre, la poétique de la dérivation, le statut de lécrivain et les mécanismes de la production théâtrale au xixe siècle. Elle a publié en collaboration LOdéon, un théâtre dans lHistoire (Paris, 2010).

Le dénouement, écrit en collaboration, confronte deux conceptions du « vrai » au théâtre. En 1865, période de transition littéraire, le « vrai spectaculaire » de Dumas, écriture conventionnelle et sensationnelle, lemporte sur le « vrai idéal » de Girardin, transposition intime dinstants de vie.

Hélène Laplace-Claverie, « Pour en finir avec (la fin de) Lorenzaccio »

Hélène Laplace-Claverie est professeur de littérature française à luniversité de Pau, membre du Centre de recherches poétiques et histoire littéraire. Elle étudie les arts du spectacle en France aux xixe et xxe siècles, avec une prédilection pour des formes réputées mineures comme le ballet, la féerie ou la pantomime. Elle a notamment publié Écrire pour la danse (Paris, 2001) et Modernes féeries (Paris, 2007).

En 1896, lorsque Lorenzaccio est porté à la scène pour la première fois, ladaptateur Armand dArtois supprime le dernier acte de la pièce. Pour quelles raisons ? Et en quoi cet « attentat » est-il révélateur de lincroyable audace dramaturgique de Musset ?

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Michèle Sajous DOria, « La comtesse de Savoie doit-elle mourir ? Les réponses de Voltaire et de Stendhal »

Michèle Sajous DOria, professeur à luniversité de Bari, est spécialiste dhistoire du théâtre au xviiie siècle. Elle a publié Les Théâtres de Paris pendant la Révolution (Fasano, 1990), Le Siècle des théâtres (Paris, 1999), Bleu et or (Paris, 2007), La Description du Théâtre de Vicence de Pierre Patte (Bari, 2008). Depuis 2008, elle fait partie du Conseil dadministration de la Société dHistoire du Théâtre.

La comtesse de Savoie, injustement condamnée à mort pour adultère, est sauvée dans le roman homonyme de Madame de Fontaines. Voltaire accepte ce même dénouement dans sa tragédie Artémire, qui transpose le récit dans une Macédoine antique, tandis que Stendhal condamne à mort la comtesse dans un projet de « tragédie romantique ».

Barbara T. Cooper, « Les Jane Shore des années 1820 et leurs dénouements différents. Les cas de François Andrieux et de Népomucène Lemercier »

Barbara T. Cooper, professeur émérite de français à luniversité du New Hampshire, a édité Cora ou lEsclavage (Paris, 2006), La Traite des Noirs (Paris, 2008), Le Tremblement de terre de la Martinique (Paris, 2014) et Sélico, ou les Nègres généreux, dans le tome I des Mélodrames de Pixerécourt (Paris, 2013). Elle a également codirigé le no 257 de la RHT, « Lautre théâtre romantique » (Paris, 2013).

Quand Andrieux remanie la fin de Jane Shore, tragédie anglaise de Rowe, cest pour ladapter aux attentes esthétiques et morales françaises. Lemercier en fait autant mais introduit une dimension politique à la deuxième version de son dénouement et semble annoncer la dramaturgie romantique à venir.

Georges Zaragoza, « Don Juan de Maraña (Dumas père) et Don Juan Tenorio (José Zorrilla). Questions de dénouements ou faut-il sauver Don Juan ? »

Georges Zaragoza, professeur émérite de littérature comparée à luniversité de Bourgogne, comédien et metteur en scène, étudie le récit fantastique et le drame romantique. Il a notamment publié Le Personnage de Théâtre (Paris, 2006), édité Promenade de Dieppe aux montagnes dÉcosse de Nodier (Paris, 2003), Le Trouvère de Garcia Gutiérrez (Paris, 2011), et une Trilogie écossaise (Paris, 2013).

Au seuil du xixe siècle, le mythe de don Juan est réinterprété : lhomme maudit voué à la damnation tend à devenir le symbole dune humanité éprise didéal et prisonnière de sa finitude. Dumas père – sous linfluence plus que

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probable du drame espagnol de Zorrilla – en composant deux dénouements pour son drame (1836/1863), exhibe cette mutation.

Angeliki Giannouli, « Le dénouement des tragédies inspirées de lantique au xixe siècle. Le cas des Atrides revisités »

Angeliki Giannouli est docteur en esthétique, sciences et technologies des arts (université Paris 8). Elle a publié La Grèce antique sur la scène française dans la première moitié du xixe siècle (Paris, 2013), et est membre de lInstitut international du théâtre en Grèce et de léquipe de recherche qui travaille à la création dun répertoire des mises en scène du théâtre antique en France (université Paris 13).

La réécriture de la fin du mythe des Atrides donne à voir comment la mort dAgamemnon, la culpabilité de Clytemnestre, le matricide dOreste sinscrivent dans les adaptations théâtrales, en apportant un témoignage précieux de lévolution esthétique et idéologique de lépoque.

Judith le Blanc, « Les dénouements de tragédies en musique à lépreuve de la scène. Vers une typologie des réécritures de la fin »

Judith le Blanc est lauteur dune thèse publiée sous le titre Avatars dopéras. Pratiques de la parodie et circulation des airs chantés sur la scène des théâtres parisiens, 1672-1745 (Paris, 2014). Elle est maître de conférences en littérature et arts à luniversité de Rouen.

La tragédie en musique remanie la matière mythologique ou romanesque pour les besoins du genre, lexigence de merveilleux et de spectacle. Le dénouement est lindice dun positionnement esthétique ou idéologique, mais varie aussi au gré des reprises et des réactions du public, les auteurs sadaptant de façon pragmatique aux caprices de la réception.

Sylviane Robardey-Eppstein, « Formes et sens des variations finales dans les premiers (mélo)drames. Instabilités oubliées (1797-1843) »

Sylviane Robardey-Eppstein, maître de conférences HDR en littérature française à luniversité dUppsala, est lauteur dune thèse sur la dimension métathéâtrale dans le théâtre de Victor Hugo (Uppsala, 2004). Elle a publié des articles sur les dramaturgies romantiques, les relations texte-scène et les didascalies. Elle participe à lédition des Mélodrames de Pixerécourt (Paris, depuis 2013).

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Plusieurs versions finales pour un même mélodrame constituent autant de points de repères pour interroger la formation et la définition du genre dans ses dimensions morales et spectaculaires, notamment à travers le sort scénique réservé au traître, comme chez Hapdé, Pixerécourt, Hubert et Duval.

Vincenzo De Santis, « “Il ne faut pas sattrister par ces petits détails, au dénouement”. Pinto de Lemercier entre censure politique et réflexion esthétique »

Vincenzo De Santis a soutenu en 2013 une thèse en cotuelle (universités de Milan et Paris-Sorbonne) dirigée par Maria Giulia Longhi et Pierre Frantz, et qui consiste en une étude de lœuvre de Lemercier, suivie de lédition de deux pièces : Agamemnon et Pinto. Ses domaines de recherche sont lhistoire du théâtre, lecdotique théâtrale et les rapports entre théâtre et politique sous la Révolution et lEmpire.

Pinto de Lemercier a été censuré par quatre régimes politiques. Entre 1798 et 1834, lauteur na jamais cessé de travailler sa pièce et son dénouement. Les changements faits ne sont pas dus seulement à la censure : ils sont liés à une réflexion profonde sur les genres dramatiques et leur évolution.

Noémi Carrique, « Le sens du parricide dans les nuances de la fatalité, du Schicksalsdrama au mélodrame. Les avatars du Vingt-quatre février de Werner à Ducange »

Noémi Carrique, normalienne agrégée de lettres modernes, est doctorante aux universités de Rouen et Paris-Sorbonne. Sa thèse, menée sous la direction de Florence Naugrette et Sylvain Ledda, porte sur les représentations des figures de criminels sur la scène française du xixe siècle.

Entre 1810 et 1827, les réécritures du dénouement brutal de la tragédie domestique allemande et française charrient des enjeux esthétiques, politiques, religieux et ontologiques. Représenter sur scène la violence de la Providence interroge les choix et la liberté de lHomme, selon lissue adoptée.

Marianne Bouchardon, « Justice de Catulle Mendès. Le salut par la chute »

Marianne Bouchardon est maître de conférences en littérature française à luniversité de Rouen. Ses articles sont publiés notamment dans Études théâtrales, LInformation littéraire, La Revue des Lettres Modernes, La Revue des Sciences Humaines, Textuel. Elle a collaboré à lanthologie du Théâtre français du xixe siècle (Paris, 2008) et à Graphies en scène (Montreuil, 2010).

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Que cette pièce doive son succès au remaniement in extremis de son dénouement est doublement paradoxal : non seulement la nouvelle fin ne fait quaccentuer les défauts du drame, mais encore elle nen résout pas lintrigue.

Anna Swärdh, « Ladaptation des fins shakespeariennes dans lAngleterre du xviiie siècle. Lexemple des interventions de David Garrick »

Anna Swärdh est maître de conférences en littérature anglaise à luniversité de Karlstad. Elle a publié sa thèse Rape and Religion in English Renaissance Literature (Uppsala, 2003) et des travaux sur des productions contemporaines du théâtre de Shakespeare. Elle étudie le théâtre, la poésie de la première modernité et lélégie élisabéthaine tardive dans le cadre de la formation des genres.

Dans Roméo et Juliette, Le Roi Lear et Macbeth, Garrick cède à la tendance de son époque : il restitue la matière textuelle de Shakespeare avec plus de fidélité. Mais dans les dénouements, il opère au contraire des révisions plus marquées que jamais : morale simplifiée et impact émotionnel augmenté.

Florence Filippi, « “Je brûle de voir leffet de ce nouveau cinquième acte”. Adaptations françaises des dénouements shakespeariens par Ducis et Talma (1789-1809) »

Florence Filippi est maître de conférences en études théâtrales à luniversité de Poitiers. Elle sintéresse à lémergence du vedettariat théâtral et aux mythographies dacteurs aux xviiie et xixe siècles. Elle a notamment publié « Les vies de Molière », dans Les Ombres de Molière (Paris, 2012), et « Apparitions de Talma dans La Comédie humaine », dans le no 10 de LAnnée balzacienne (Paris, 2010).

Sous linfluence de Talma, Ducis retouche la fin de ses imitations shakespeariennes pour les fondre dans le moule classique, afin dhabituer lœil du spectateur à cette dramaturgie inédite sur la scène révolutionnaire et impériale, et favorisant ainsi lentrée du répertoire shakespearien en France.

Marc Martinez, « Horreur et théâtralité. La domestic tragedy et ses dénouements en Angleterre et en France »

Marc Martinez est professeur de littérature anglaise à luniversité de Rouen. Il est co-auteur dun ouvrage, La Satire (2000), a publié des articles et contribué à des ouvrages en français et en anglais sur différents aspects du théâtre ainsi que sur le

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comique dans la littérature et les arts graphiques au xviiie siècle. Il travaille actuellement sur les rapports entre le théâtre et le roman.

Pour des raisons génériques, idéologiques et scéniques, les traducteurs et adaptateurs français de la domestic tragedy font subir de profonds remaniements au dénouement de ces pièces dont lhorreur, sublimée par le jeu de lacteur anglais, atteint son comble dans la scène finale.

Gianni Iotti, « Le dénouement de Zaïre de Voltaire dans les traductions et les adaptations italiennes »

Gianni Iotti, professeur de littérature française à luniversité de Pise, étudie lhistoire du théâtre français et les relations entre fiction et idéologie dans la littérature à lépoque des Lumières. Il a publié Virtù e identità nella tragedia di Voltaire (Paris, Genève, 1995) et Racconti, facezie, libelli (Turin, 2004). Il a coédité le tome 8 des Œuvres complètes de Voltaire, Essai sur les mœurs (Oxford, 2015).

Les changements du dénouement dans les adaptations italiennes de Zaïre, depuis Gasparo Gozzi jusquau livret de Felice Romani pour Vincenzo Bellini, portent sur les relations entre lélément tragique et lélément « mélodramatique », et renvoient à lécart entre deux systèmes esthétiques.

Maurizio Melai, « Comment assagir des dénouements sortis “de lenfer ou dune loge de fou”. Schiller adapté par les auteurs tragiques sous la Restauration »

Maurizio Melai, agrégé et docteur en lettres, est professeur de français dans le secondaire. Il a publié sa thèse sous le titre Les Derniers feux de la tragédie classique au temps du romantisme (Paris, 2015), et de nombreux articles publiés par exemple dans Orages, Littérature et culture 1760-1830, dans LAnnée stendhalienne ou encore dans la Revue dHistoire du Théâtre.

Dans leurs adaptations des drames de Schiller, les poètes tragiques français de la Restauration modifient et assagissent les dénouements originaux aussi bien sur le plan éthique questhétique, dans le but de gommer ce quils comportent dimprévisible et de grinçant, en un mot de romantique.

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Romain Piana, « Les dénouements des comédies dAristophane au xixe siècle en France. Adaptation ou normalisation ? »

Romain Piana, maître de conférences à luniversité Sorbonne nouvelle – Paris 3, est directeur-adjoint de lInstitut détudes théâtrales. Sa thèse sintitule « La réception dAristophane en France de Palissot à Vitez ». Il a publié des travaux sur la réception et la mise en scène du théâtre grec antique et de la comédie en particulier. Il est également spécialiste de lhistoire du théâtre français du xixe siècle.

Les adaptations des comédies dAristophane – peu jouées au xixe siècle – sont un observatoire intéressant de la normativité des genres comiques de lépoque. Leurs dénouements, informels et subversifs, sont systématiquement infléchis dans le sens dune correction moralisatrice révélatrice.

Marthe Segrestin, « Les dénouements de Maison de poupée. La tragédie dégradée »

Marthe Segrestin, maître de conférences en littérature comparée à luniversité Paris-Sorbonne, a soutenu en 2002 une thèse intitulée « Le théâtre français face à Ibsen, Hauptmann et Strindberg (1887-1928) ». Elle sintéresse à la réception de ces auteurs en Europe et a organisé un colloque sur lhéritage de Strindberg, dont les actes sont publiés dans le no 4 de la revue Études germaniques (Paris, 2013).

Alors que le dénouement de Maison de Poupée est ce qui permet à Ibsen daccomplir sa « tragédie contemporaine », il a fait lobjet à la fin du xixe siècle dun certain nombre de réécritures et de réductions qui ont effacé cette visée tragique et privé Nora de sa complexité et de sa grandeur.

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