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Glossaire

  • Type de publication: Chapitre d’ouvrage
  • Ouvrage: Œuvres complètes. Tome V. Microcosme
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  • Pages: 319 à 353
  • ISBN: 978-2-8124-1251-6
  • ISSN: 2105-9950
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-8124-1253-0.p.0319
  • Éditeur: Classiques Garnier
  • Collection / Revue: Textes de la Renaissance, n° 189
  • Série: Studiolo humaniste, n° 3
  • Date de parution: 23/09/2013
  • Dernière édition: 2013
  • Langue: Français

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Support: Numérique
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Glossaire

Chaque mot est répertorié avec le numéro du livre puis du vers ; pour les deux sonnets (liminaire et final), on trouvera S1 et S2. Jusqu’à trois occurrences, toutes sont données, au-delà de trois, les premières sont suivies de la mention et passim. Aucun signal de mise au glossaire n’apparaît dans le texte car cela aurait trop surchargé les vers, au lecteur d’y venir, au besoin.

Les mots dont seule la graphie a changé mais qui ont toujours le même sens aujourd’hui ne sont pas enregistrés (vrayement, soy, estre, monstrer, intencion, hannissant, chauvesouri,…), sauf exceptions.

Une liste des 115 adverbes en « -ment » utilisés par Scève est ajoutée à la fin du glossaire. La plupart d’entre eux sont aujourd’hui inusités ; ils pourraient donc figurer au glossaire mais n’y sont pas (sauf exceptions comme « isnellement » ou « mesmement ») car ils sont de sens clair et plus parlants rassemblés que dispersés.

Pour établir ce glossaire, outre les dictionnaires cités ci-dessous, la Margarita Philosophica de Gregor Reisch dans son édition latine de 1535, augmentée et corrigée par Oronce Finé, a été une ressource permanente car c’est là, y compris dans ses appendices qui ne sont pas de Reisch, que Scève a puisé l’essentiel de son vocabulaire scientifique et technique, ensuite traduit en français, parfois pour la première fois. Sont aussi importants comme témoins les cinq ouvrages suivants en français, respectivement pour le vocabulaire géométrique, astronomique, architectural, arithmétique et musical. Un peu antérieurs à Microcosme, ils permettent d’apprécier par comparaison les libertés que prend ou non Scève pour franciser les termes latins de la Margarita philosophica :

– Charles de Bovelles, Geométrie pratique, R. Chauldière, 1547 (édition augmentée de La Geometrie en françois de 1511).

– Jacques Focard, Paraphrase de l’Astrolabe, Lyon, J. de Tournes, 1546.

– Jean Martin, Architecture ou Art de bien bastir, de Marc Vitruve Pollion Autheur romain antique mis de latin en Francoys, par Jan Martin Secretaire de Monseigneur le Cardinal de Lenoncourt, Paris, Jacques Gazeau, 1547.

– Jacques Peletier, L’Aritmetique, revuë et augmantée, Lyon, J. de Tournes, 1554.

– Pontus de Tyard, Solitaire second, Lyon, J. de Tournes, 1555.

Les mentions « première attestation » ou « hapax » sont données avec toutes les précautions d’usage : elles ne valent qu’en l’état des dépouillements lexicaux des dictionnaires et des bases électroniques ; elles ont l’avantage de renseigner sur l’inventivité scévienne et sa réactivité aux nouveautés.

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Dictionnaires et bases de données utilisés

Cotgrave, Randle, A Dictionarie of the French and English tongues, Londres, Impr. A. Islip, 1611.

DMF, Dictionnaire du moyen français, 1350-1500, base ATILF – CNRS, Nancy.

Du Cange, Charles, Glossarium mediae et infimae latinitatis, 10 vol., Niort, Favre, 1883-1887.

Felibien, André Des Principes de l’architecture, de la sculpture, de la peinture… avec un dictionnaire des formes propres à chacun de ces arts, Paris, Coignard, 1676.

Frantext, Base de données textuelles, ATILF – CNRS, Nancy.

Godefroy, Frédéric, Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du ixe au xve siècle, 1880-1902, Paris : Vieweg, puis Bouillon, 10 vol. et Complément du Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du ixe au xve siècle.

Grand corpus des dictionnaires, Classiques-Garnier numérique.

Huguet, Edmond, Dictionnaire de la langue française du seizième siècle, t. 1, Paris : Libr. Ancienne Édouard Champion, 1925 ; t. 2, Libr. Ancienne Honoré Champion, 1932 ; t. 3-7, Didier, 1946-1967.

Jaroszewska, Teresa, Le Vocabulaire du théâtre de la Renaissance en France (1540-1585) Contribution à l’histoire du lexique théâtral, Université de Łódź, Łódź, 1997.

Nash, Jerry C., Concordance de la Délie, deux tomes, North Carolina Studies in the Romance Languages and literature, Chapel Hill, 1976.

Nicot, Jean, Thesor de la langue françoyse, Paris, Douceur, 1606.

Ozanam, Jacques, Dictionnaire mathématique ou idée générale des mathématiques, Amsterdam, aux dépens des Huguetan, 1691.

TLF : Trésor de la langue française. Dictionnaire de la langue du xixe et du xxe siècle, sous la direction de Paul Imbs (vol. 1-7), puis de Bernard Quemada (vol. 8-16), Paris, CNRS (Gallimard), 1971-1994.

Wartburg, Walther von, Französisches Etymologisches Wörterbuch. Eine darstellung des galloromanischen sprachschatzes, 25 vol. parus en fascicules, Bonn / Leipzig / Bâle / Nancy, depuis 1922 (= FEW).

Accent ii, 692 : émission orale, forme de prononciation / ii, 804 : 3ème pers. sing. du présent du vb. accenter : accentuer, augmenter (pour les deux formes, FEW xxiv, 70b : accentus).

Accident ii, 705 : terme de logique (du latin accidentum), un des cinq universaux énumérés au v. 705 (voire entrée universel et Margarita philosophica, p. 130) ; l’accident est ce qui peut être présent ou absent dans le sujet, séparable ou inséparable ; il s’oppose au « propre ».

Accoler ii, 665 : embrasser, rejoindre ; voir FEW ii-2, 913a : collum.

Accort ii, 271 : adroit, avisé.

Accourager / acourager ii, 243 ; ii, 292 : encourager.

Acerer ii, 194 : garnir d’acier un instrument en fer (sur la pointe,

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le tranchant, sur une partie ou la totalité de sa surface) pour le rendre plus résistant ou plus tranchant ; ici il s’agit plutôt de travailler l’acier à haute température avant immersion dans la « trempe », voir FEW xxiv, 105a : aciarium.

Acoup / à coup : i, 743, ii, 121 : subitement, soudain

Action ii, 707 : terme de logique (du latin actio) : un des dix prédicaments (= catégories) énumérés aux v. 706-708.

Adextré ii, 422 (adj.) : rendu propice à.

Adonc ii, 433 : alors, de ce fait.

Agravé / aggravé i, 476 ; ii, 54 (adj.) : alourdi ; du latin gravis.

Aguet (d’) i, 296 : par ruse, par surprise.

Agu i, 652 ; ii, 194 ; ii, 709 et passim : aigu.

Aigret i, 294 ; i, 572 : légèrement aigre.

Ains i, 475 ; i, 570 ; i, 718 et passim : au contraire.

Aix ii, 269 : ais, planche de renfort.

Alainer iii, 341 : reprendre son souffle.

Alchimistique iii, 880 (adj.) : qui relève de l’alchimie ; l’adj. apparaît au milieu du xvie selon FEW, chez Pontus de Tyard, Du Pinet et Scève.

Alencontre (de) ii, 212 : à l’encontre de.

Alentir ii, 468 : ralentir.

Algorithme ii, 839 : (math.) système de numération décimale emprunté aux arabes (de 0 à 9), voire tout système de règles permettant des calculs complexes ; le mot algorithme est une déformation du nom du mathématicien persan Al Khuwarizmi approximativement latinisé en Algoritmi ; voir la définition dans Margarita philosophica, p. 290 : « arithmetica practica quam algorithmum dicimus numerum practice considerat » ; ici « l’algorithme physical » est un algorithme naturel, fondé sur la nature (physis), plus précisément un algorithme sexagésimal qui sert en astronomie, voir Margarita philosophica, p. 317 sq.

Alidade iii, 671, (subst. fém.) (astr.) : règle mobile du dos de l’astrolabe servant à mesurer la hauteur d’un corps céleste. Empr. au lat. médiév. alhidada, alidada, de l’ar. al idāda ; attesté au xve s. en français chez Fusoris. Voir la Margarita Philosophica de 1535 (appendices, p. 1367-1370).

Allegrer (s’) ii, 841 : se réjouir.

Alloy iii, 791 : aloi = titre légal des monnaies, c’est-à-dire proportion fixée des métaux dans les monnaies.

Almicantarah iii, 673 (astr.) : cercle de la sphère céleste parallèle à l’horizon ; présent dans la Margarita Philosophica de 1535 (appendices, p. 1372-1373) ; déjà chez Fusoris au xve sous les formes almicantharas, almicantharat, almichantharat almincantharaz.

Almur iii, 670 (astr.) : sur l’astrolabe, index fixe de l’araignée qui permet de lire la position des étoiles par rapport aux heures représentées sur le limbe par des arcs de 15° (synon. ostenseur) ; le mot existe en français depuis la fin du xive siècle ; présent dans la Margarita Philosophica de 1535 (appendices).

Alteration i, 918 : brûlure, dessèchement (sens médical).

Altimetre (echelle) iii, 667 (astr.) : instrument en forme de carré géométrique divisé en douze segments servant à mesurer l’élévation ou la profondeur, l’expression « echelle altimetre » est dans la Margarita Philosophica, annexes, p. 1344 (scala geometrica / scala altimetra) et déjà en français chez J. Focard en 1546, contrairement à la date donnée par le TLF ; on trouve déjà chez Fusoris dans

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La Composition de l’astrolabe, « eschelle althimetrée ».

Alzimuth iii, 674 (astr.) : azimut, angle formé par le plan vertical d’un astre et le plan méridien de l’observation ; sur l’astrolabe : chacune des lignes rayonnant d’un point qui marque le zénith et allant vers le cercle de l’horizon, déjà en français fin xive s. ; dans la Margarita Philosophica de 1535 (appendices, p. 1374-76) ; de l’arabe az-samt.

Ambligone ii, 883 (géom.) : « Amblygone est tout triangle ayant un angle obtus, et plus grand que l’angle droict : et peult estre isocele et scalène ». (Bovelles, Geom. prat., éd. 1547, fo 15 vo (ce n’est donc pas une première attestation contrairement à ce que donne FEW xxiv, 409a : amblys) ; voir aussi dans la Margarita philosophica, p. 418 « Triangulus autem obtusum angulum, amblygonius nominatur »).

Amencie iii, 469 : démence, folie, FEW xxiv, 431b : amentia, 1re attestation sous cette graphie. (amanci xiiie, amence xve).

Amorti i, 816 ; ii, 462 (adj.) : terni, éteint, rendu comme mort.

Analytique ii, 713 (adj.) : qui procède par voie d’analyse, qui relève de l’analyse logique de la prédication ; voir FEW xxiv, 520a : analysis, subst. attesté en 1578, adj. en 1642, donc 1re attestation. Ici le sens précis est : ce qui relève en logique de l’art de manier universels et prédicaments.

Anguste ii, 517 : étroit, resserré ; du latin angustus.

Anichilant i, 258, (vb. « anichiler ») : annihilant.

Apart ii, 192 ; ii, 343 : à part, séparément.

Apitancer ii, 122 : pourvoir de pitance, FEW viii, 441a : pietas, hapax chez Scève.

Apoge iii, 308 : synonyme de « oge », désigne l’apogée (voir Margarita philosophica, p. 565 : « aux sive apogium planetæ ») mais ici l’expression « opposé apoge » désigne a contrario le périgée, le point de l’orbite où l’astre (la lune ou le soleil) est le plus proche de la terre, ce que semblent confirmer les vers 311-312 ; (voir entrée oge et note dans le texte).

Apoint ii, 222 (adv.) : de façon idoine, comme il se doit.

Apotome ii, 950 (subst.) : partie de ton ; selon le TLF, 1re attestation chez Scève mais le mot est déjà chez Pontus de Tyard dans le Solitaire second. Selon Furetière : « Apotome, en termes de Musique, est la partie qui reste d’un ton entier, quand on en a osté le demi-ton majeur. La proportion en nombre de l’apotome est de 20. 48. à 2187. Les Grecs ont crû que le ton majeur ne pouvoit être divisé en deux parties égales, et ils ont appellé la premiere partie apotome, et l’autre lemma, suivant Pythagore et Platon. Les Anciens ont appellé Apotome le demi-ton imparfait. Quelques-uns divisent encore l’apotome en majeur et en mineur. Ce mot vient du grec apotemno, abscindo ».

Apperoit ii, 801 : 3e pers. du sing. du présent du vb « apperoir » (= apparaître), FEW xxv, 24a-b : apparere.

Aptené iii, 209 (adj. composé) : né apte.

Araigneux (voir « Reth araigneux »).

Architecteur i, 74 : architecte (ici pour qualifier Dieu). Attesté en 1404 chez Christine de Pizan dans DMF ; voir dans FEW xxv, 96b : architector. La forme architecteur est un emprunt à

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l’italien architettore. Le terme désigne Dieu aussi bien qu’un architecte humain, puisque c’est aussi le titre qu’a reçu Philibert Delorme auprès d’Henri ii, celui d’« architecteur du roy ». Jean Martin, dans sa traduction de Vitruve en 1547, en revanche, n’emploie jamais ce mot mais toujours la forme « architecte ».

Architrave iii, 731 (archit.) : « Architrave est comme un sommier de pierre, ou de charpenterie qui se met au dessus d’un estage, pour en continuer des autres en montant », telle est la définition de Jean Martin dans la « déclaration des mots difficiles » qui clôt sa traduction du De Architectura de Vitruve, en 1547.

Ardoir i, 936 (vb) : brûler.

Arithmetiq ii, 831 : arithméticien, hapax ; FEW xxv, 236a : arithmetica ; (arithmetique est attesté en 1547 chez Budé mais au sens moderne).

Artiste iii, 764 (adj.) : ici « de main artiste » ; l’emploi comme adjectif est neuf ; il apparaît chez Thevet vers 1554-56 selon le TLF.

Asclépiade ii, 755 (adj. subst.) : qui se dit d’un vers grec ou latin, composé d’un spondée, de deux coriambes et d’un iambe.

Aspect / aspet iii, 149 ; iii, 167 (astron. et astrol.) : situation respective des astres et influence liée à cette situation sur la destinée humaine.

Astrolabe iii, 654 ; iii, 669 : instrument astronomique qui sert à mesurer la hauteur des astres au-dessus de l’horizon (voir Margarita philosophica, p. 1362 pour la définition).

Atourné iii, 742 (part. pass. du vb « atorner ») : paré, orné, arrangé ; FEW xiii-2, 71b-72a : tornare.

Attendre (s’- à) ii, 276 : s’appliquer.

Atterrer (s’) iii, 578 : tendre vers le bas ; (FEW xiii-1, 250b : terra).

Aucun(s) iii, 345 (pronom) : quelque(s)-un(s) ; iii, 221 ; iii, 712 : les uns (par opp. à « autres »).

Aucun iii, 494 (adj.) : dans une phrase affirmative : un, un certain.

Axée ii, 861 (géom.) : adj. formé sur « axe », ligne qui divise une forme sphérique en deux parties égales, Margarita Philosophica, p. 406 ; voir corde).

Balancé iii, 141 (adj.) : placé sous le signe de la Balance (néologisme).

Bande ii, 554 : rive, bord, côte, déjà attestée dans le DMF.

Barche ii, 553 ; ii, 579 : graphie pour « barge » (DMF), embarcation large et à fond plat, à voile carrée ou à rames.

Basteroyent ii, 236 (vb. baster, de l’italien bastare : suffire) : suffiraient.

Baston pastoral iii, 700 (astron.) : aussi « bâton de Jacob », instrument astronomique qui permet de mesurer l’angle entre l’horizon et un astre (Voir Focard, Paraphrase de l’Astrolabe, 1546, p. 107 ou Margarita philosophica, p. 477).

Bergeron i, 687 : diminutif de « berger ».

Berseaux iii, 832 : voûte végétale artificielle.

Bienviennes i, 533 (divers formes d’infinitifs au Moyen Âge : « bienvegnier, bienvenier, bienvenir ») ici à l’impératif : sois bienvenu (voir TLF « bienvenir »).

Binome ii, 874 (géom.) : ligne irrationnelle ; Scève reprend à la Margarita Philosophica de 1535, p. 410, le terme « binomium », nom d’une ligne irrationnelle selon la géométrie euclidienne (cf. Livre x des Eléments – voir annexe II, ill. 5).

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Bisnediaux ii, 873 (géom.) : lignes irrationnelles ; Scève reprend deux expressions de la Margarita Philosophica de 1535, p. 410, qui apparaissent sous les formes « bimediale primum » et « bimediale secundum », noms de deux lignes irrationnelles en géométrie euclidienne (cf. Livre X des Eléments) ; la graphie voulue par Scève est étrange ou bien est-ce une coquille pour « bismediaux » ? (voir annexe II, ill. 5).

Borimos ii, 786 : nom d’un chant funèbre, chanté en souvenir de la mort de Borimos, fils d’un roi Bithynien, mort dans sa prime jeunesse ; le borime était chanté en période de moisson comme le lithyerse (voir les entrées Lythiersé et Manere).

Bornoyé i, 46 (part. passé) : exemple scévien unique donné dans Huguet, avec le sens de « limité », mot supposé formé sur « borner » : c’est sans doute bien le sens de ce néologisme de Scève ; il existe encore aujourd’hui un verbe bornoyer dans le TLF : « regarder de travers » mais aussi « connaître à l’œil si une chose est droite, plane », sens technique attesté depuis 1676 dans Félibien, Des Principes de l’architecture, de la sculpture, de la peinture… (voir FEW i, 57 : brunna) mais ces sens ne sont pas pertinents ici.

Bosfore ii, 516 (nom commun) : selon l’étymologie grecque, passage pour les bœufs, passage étroit, détroit (ici de Gibraltar).

Bosse (tailler en -) iii, 789 : sculpter, graver de manière à laisser apparaître un relief, tailler un haut-relief (par opposition à « basse taille » ; voir entrée Taille).

Bouïs ii, 789 : buis ; voir FEW i, 666 : buxus.

Boyaulé iii, 746 (arch.) : en forme de bourrelet épais, forme du tore en boyau, le terme technique est « rudenté » pour définir cette manière d’ornement torsadé au bas des cannelures d’une colonne (l’adj. boyaulé n’est pas dans J. Martin, 1547 ; pas dans le DMF, ni chez Cotgrave, mais on trouve chez Félibien, à l’entrée Tore : « Tore veut dire lit ou bourlet… » et à l’entrée Boudin : « il y a des ouvriers qui nomment ainsi le Tore de la base d’une colonne » ; FEW i, 464a donne « boyaulé » comme un hapax).

Branchues i, 464 (subst.) : brassées de branches coupées.

Brandiller ii, 531 : vb formé sur « brandeler » : agiter, remuer ; voir FEW xv-1, 246a : brand.

Breie ii, 263 : forme de présent du vb « broyer » : graphie pour « broie ».

Brossant ii, 137 (vénerie) : part. prés. du vb « brosser » : parcourir les bois, traverser les taillis (Godefroy, TLF).

Brutaux i, 152 ; i, 371 ; i, 990 (subst. plur.) : bêtes brutes.

Caballin(e) ii, 770 (adj.) : chevaline, du cheval ; ici, la fontaine Hippocrène, source d’inspiration pour les poètes, creusée par le sabot de Pégase.

Calamite iii, 640 : aiguille aimantée et, par métonymie, boussole ; dans Délie sous la forme « calamyte », de l’italien calamita, v. FEW ii-1, 54a : kalamita.

Calatoïde iii, 292 : qui a la forme d’une corbeille, FEW ii-1, 62a : calathus, 1re attestation ; voir dans la Margarita Philosophica de 1535, p. 583-584 par ex. (voir annexe II, ill. 9).

Calculaire ii, 839 (adj. subst.) : vient de « ars calculatoria » (p. 327 dans la Margarita philosophica) ; il s’agit du calcul en base décimale par position,

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défini par Reisch comme « algorithmus cum denariis proiectilibus » (Margarita philosophica, titre du Liv. iv, traité v, chap. 1, p. 323).

Caldées iii, 80 : les Chaldéens.

Cameaux i, 369 (plur. de « cameil ») : chameaux ; archaïsme.

Can ii, 456 : graphie pour Khan, titre de l’empereur Mongol.

Cannelé iii, 746 (arch.) : strié, terme employé (ainsi que « cannelure ») par Jean Martin dans sa traduction du De Architectura de Vitruve en 1547.

Caracteré ii, 693 : gravé, dessiné (pour une lettre) dans FEW ii-1, 623b : character ; 1re attestation ici.

Carreau iii, 731 : élément carré du chapiteau de la colonne, dalle carrée placée sous l’architrave ; pas dans Jean Martin, 1547 ; FEW ii-2, 1401-1403 : quadrus.

Carriere ii, 391 : terrain pour les courses de chevaux.

Cathete ii, 863 : droite menée perpendiculairement sur une autre ; « La ligne élevée perpendiculairement dans une figure plane est dite cathète (cathetus) », dans Margarita philosophica, p. 407 (cathecus en latin classique) ; se trouve déjà en français chez Jean Martin dans sa traduction du De Architectura de Vitruve en 1547 et chez Bovelles en 1542.

Caut i, 288 ; i, 737 ; i, 859 et passim : prudent, avisé, malin.

Celibe iii, 437 : célibataire ; FEW ii-1, 34a : caelebs, 1re attestation.

Celle i, 33 ; i, 65 ; i, 196 et passim (15 occurrences au total) (déterminant démonstr.) : cette ; il s’agit peut-être d’un marqueur stylistique scévien à cette date où il n’est plus guère employé.

Cendrira i, 862 du verbe « cendrer » : réduire en cendres, donné uniquement par Huguet et FEW ii-1, 686b : cinis, chez Papon, Pastorelle, 1588 ; première attestation.

Cereux iii, 883 (adj.) : de la nature de la cire, cireux ; voir FEW ii-1, 597a : cera.

Cerne i, 55 ; ii, 868 ; ii, 899 et passim (astr.) : cercle.

Ceste i, 180 (subst.) : ceinture ; ici souvenir du « ceste de Venus ».

Chanu ii, 449 (adj.) : graphie pour « chenu », blanchi, couvert de neige ; FEW ii-1, 239a : canutus, la graphie chanu est bien attestée, du xiie au xvie siècles.

Chappelle i, 465 (subst. fém.) : ce qui abrite, recouvre, abri protecteur ; FEW ii-1, 285b-286a : cappella.

Charroy ii, 430 : chariot, charrette ; FEW ii-1, 430b : carrus.

Charpenterie iii, 778 : charpente ; le mot « charpenterie » est utilisé par Jean Martin dans sa traduction du De Architectura, iv, 1 en 1547.

Chevestrer i, 655 : soumettre au chevêtre (Huguet), passer le licol ; voir FEW ii-1, 251 : capistrum ; le DMF n’enregistre que le substantif « chevestre ».

Chronique iii, 112 (adj. subst.) (astr.) : seul l’adj. est attesté et désigne un type de lever ou de coucher d’un astre distinct d’un lever ou coucher héliaque et d’un lever ou coucher cosmique ; voir Margarita philosophica, p. 554-556 qui reprend alors J. de Sacrobosco : « Le lever Chronique ou temporel est quand le signe ou étoile après le coucher du Soleil, se lève temporellement sur l’horizon de la partie d’Orient ; et s’appelle temporel, pour ce que le temps des Mathématiciens commence au Soleil couchant » (J. de Sacrobosco, La Sphère, Paris, 1607) voir FEW ii-1,

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657b : chronicus ; Scève substantive l’adj. pour désigner l’endroit où apparaît un astre après le coucher du soleil ; voir entrée Héliaque et Cosmique.

Ciclice ii, 838 (adj. subst.) (arithm.) : le nombre « ciclice » ou cyclique (ou encore nombre sphérique) est un nombre entier terminé par le même chiffre que son carré : 5, dont le carré est 25, et 6, dont le carré est 36, sont des nombres cycliques ; terme défini dans la Margarita Philosophica, p. 289 ; voir aussi entrées Lineal et Cube.

Circonduccion iii, 157 : trajet circulaire, révolution.

Ciller + c. o. d. iii, 925 (fauconnerie) : aveugler (un faucon).

Circuit ii, 259 ; iii, 53 : cercle / ii, 105 ; iii, 503 : enceinte circulaire.

Clause ii, 684 : une phrase ou un membre de la période oratoire, fait de « dictions » réunies ; voir entrée diction.

Cliné ii, 58 (adj.) : penché.

Cloccissans i, 588 : gloussant, dans FEW iv, 160b : glocire, note 6, p. 162a : « seulement chez Scève », donc hapax (peut-être à l’imitation de la forme médiévale « glatissans »).

Cloans / cloant i, 55 ; iii, 995 (part. prés. de « clore ») : effectuer un cercle, clore.

Coalterve (coquille pour coalterne ?) ii, 879 (géom.) : l’angle coalterne résulte de deux droites qui se coupent et forment des angles opposés à leur sommet ; du latin « coalternus », voir FEW xxiv, 359b : alternus, hapax (voir annexe II, ill. 6).

Cole i, 944 : bile (du grec cholê passé en latin).

Collurans iii, 101 (part. subst.) : synonyme de collure (voir entrée ci-dessous).

Collure iii, 73 (astr.) : chacun des deux grands cercles qui se coupent à angle droit aux deux pôles de la terre, passant l’un par les équinoxes, l’autre par les solstices. Déjà en français depuis le xive siècle ; FEW ii-2, 935a : coluri.

Combien que : S1 ; iii, 424 : quoique.

Comede ii, 759 : comédien, acteur comique ; déjà attesté dans La Rhétorique de Fouquelin en 1555 ; voir Teresa Jaroszewska, Le Vocabulaire du théâtre de la Renaissance en France, Łódź, 1997, p. 221.

Companage ii, 122 : nourriture qui accompagne le pain ; FEW vii, 548 : panis.

Compartir iii, 130 : répartir, distribuer (entre).

Compassé i, 12 (adj.) : mesuré, délimité / ii, 349 : équilibré, harmonieux.

Complexional iii, 243 et iii, 265 (adj.) : composé ; FEW ii-2, 984a : complexio, 1re attestation ; l’adj. latin complexionalis est dans la Margarita Philosophica, ex : p. 525.

Complexionant iii, 267 : composant, mélangeant.

Composite iii, 768 (subst. fém.) (archit.) : l’ordre composite, appelé par Jean Martin « l’ordre Composé, ou Latin » (Vitruve, De Arch., iv, 3) s’ajoute aux ordres dorique, ionique, corinthien et toscan ; c’est, en matière de colonne, une combinaison d’une base ionique, d’un fût de colonne dorique, d’un chapiteau ionique ou corinthien ; dans les Reigles generales d’architecture de Serlio en 1545 on trouve le subst. masc. « Du composite », 58 vo.

Concent ii, 946 ; iii, 909 : accord de sons ; du latin concentus (dans la Margarita philosophica, p. 334) ; déjà dans Délie, d. 127 et passim.

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Condigne iii, 333 (adj.) : justement proportionné, convenable, idoine ; FEW ii-2, 1021a : condignus.

Confidence iii, 427 : confiance.

Confuter ii, 712 : réfuter.

Congeler iii, 897 : ne signifie pas ici « geler » mais « figer, réduire un liquide à l’état solide » ; voir des exemples chez B. Palissy ou chez A. Paré, O. C., éd. Malgaigne, Slatkine Reprints, 1970, t. iii, L. 26, p. 14, qui évoque l’huile qui, sous l’action du feu, se « congèle comme beurre ».

Connillant (vb « conniller ») ii, 133 : se cacher, se blottir, se tapir, chercher une retraite ; FEW ii-2, 1539b : cuniculus.

Conniver (à) ii, 71 : s’allier à, se faire complice de ; selon FEW ii-2, 1051b : conivere, apparaît en 1580 chez Montaigne et dans La Satyre Ménippée selon Huguet ; c’est donc peut-être une 1re attestation ; Cotgrave enregistre plutôt le sens de « faire un clin d’œil, consentir, tolérer, faire comme si de rien n’était », ce qui ne semble pas le cas ici.

Conoïde iii, 291 (adj.) : en forme de cône ; selon le TLF, le mot vient d’entrer en langue en 1556 dans la traduction du De Subtilitate de Cardan par Richard Leblanc ; emprunt au grec.

Conquereur ii, 432 : propice aux conquêtes, conquérant (Godefroy).

Consolatif ii, 70 (adj.) : consolateur, qui exerce une consolation.

Consone / consonne ii, 662 ; ii, 936 (adj. fém.) : qui s’accorde avec, qui est consonnant (latin de la Margarita philosophica : consonae pour la deuxième occurrence).

Consorte ii, 44 : épouse (du latin consors).

Content ii, 208 : satisfait.

Contourner ii, 466 : faire le tour ; FEW xiii-2, 73a : tornare.

Contrister (se - de) ii, 52 : s’attrister de, compatir au sujet de.

Controuvé iii, 481 ; iii, 799 (adj.) : découvert, imaginé, inventé

Converser iii, 578 : habiter ; il s’agit d’un calque français du verbe latin conversor qui signifie : se tenir habituellement dans un lieu.

Convexé iii, 152 (adj.) : convexe.

Corausquée ii, 863 (géom.) : droite menée parallèlement à une autre ; « la ligne superposée parallèlement est dite corusquée » dans la Margarita Philosophica, p. 407, sous la forme latine « corauscus » ; dans Du Cange, on trouve la forme coraustus. Hapax en français selon Huguet. Le mot n’est utilisé ni par Jean Martin ni par Bovelles.

Corde ii, 861 (géom.) : la corde est une ligne droite qui sépare le cercle en deux parties non égales ; définie par Reisch, p. 406, comme « linea recta circulum non dividens in duo æqualia » ; voir Axée.

Cordelé iii, 783 (maçonnerie) : aligné, rendu horizontal grâce à une corde.

Cornice iii, 738 (archit.) : corniche ; voir aussi entrée coronice ; Jean Martin dans sa traduction du De Architectura de Vitruve (1547) emploie toujours « cornice » et Scève déjà dans La Magnificence de la superbe et triumphante entrée…

Coronice iii, 760 (archit.) : corniche ; voir aussi entrée cornice.

Corserot ii, 370 (subst.) : est enregistré seulement sous la forme « courserot » diminutif de coursier, petit cheval de guerre (FEW, ii-2, 1576b : cursus) ; diminutif affectif.

Cosmique iii, 111 (adj.) (astron.) : désigne un type de lever ou de coucher d’un astre distinct d’un lever ou coucher

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chronique et d’un lever ou coucher héliaque ; voir Margarita philosophica, p. 554-556, qui reprend alors J. de Sacrobosco : « Lever Cosmique ou mondain, c’est quand un signe ou une étoile monte sur l’horizon de la partie d’Orient. Et combien qu’en un chacun jour artificiel six signes se lèvent ainsi ; ce néanmoins spécialement celui signe est dit être levé cosmiquement, avec lequel et sous lequel le soleil se lève le matin » (J. de Sacrobosco, La Sphère, trad. française, Paris, 1607) ; voir entrée Chronique et Heliaque.

Coup (à) i, 743 : soudain (voir « acoup »).

Coup à coup ii, 375 : par des coups répétés.

Coy/coye i, 52 ; ii, 17 ; ii, 56 et passim : paisible, au repos.

Coyement i, 475 ; ii, 372 : paisiblement.

Courtaut ii, 430 : cheval à courtes jambes.

Courtine i, 47 ; iii, 98 : rideau, tenture.

Credule i, 859 ; ii, 522 ; iii, 188 : disposé à croire (sans dimension péjorative).

Crepuscule ii, 74 : lueur qui précède ou qui suit le coucher du soleil ; ici aube ; on trouve aussi bien « crepuscule vesperin » que « crepuscule matutin » (Fusoris, Usages de Astrolabe, ca 1407-1412) ; attesté depuis le xiiie ; voir FEW ii, 2, 1323a : crepusculum ; dans les appendices de la Margarita philosophica, p. 1393, un chapitre intitulé De inventione crepusculi duplicis décrit les deux crépuscules.

Cresté ii, 209 (adj.) : pourvu d’un faîte, d’une arête supérieure, d’une saillie supérieure.

Cristalin iii, 89 (adj. subst.) (astr.) : habituellement employé comme adj. dans sphere cristalline, ciel cristallin. Désigne la neuvième sphère du ciel, celle qui contient les eaux, située en dessous de l’empyrée, sphère du feu et séjour de Dieu, et au-dessus des huit sphères qui portent les étoiles fixes (la 8e) et les planètes (les sept autres) – le système de Ptolémée comporte deux cieux cristallins ; le mot est déjà en français chez N. Oresme ; chez Scève, qui numérote à l’envers, le « cristalin » est le second ciel.

Cromatique ii, 955 (adj.) : qui procède par succession de demi-tons ; Scève suit peut-être ici Pontus de Tyard : « La seconde [espèce de musique] est nommée Chromatique (comme on diroit colorée) », Solitaire second, p. 88, mais il peut aussi tout à fait emprunter encore à Reisch : « chromaticum, id est colorabile », p. 352.

Crome ii, 949 : c’est le « coma » ou dièse que Scève appelle « crome », paraphrasant la phrase de Reisch, p. 345 : « Nam si à tono dato intendatur semitonium majus, et remittat semitonium minus (quod diesis dicitur) habetur coma in parte acuta » ; FEW ii-1, 656a : chroma, 1re attestation.

Crozet iii, 896 : creuset, récipient destiné à calciner ou fondre des matières minérales ; FEW ii-2, 1356b : *croceolus.

Cube ii, 838 (adj. subst.) (arithm.) : le cube ou nombre cube est le nombre produit de trois nombres identiques, de sorte qu’on peut disposer les points qui le compose en cube. Reisch donne l’exemple : 3 x 3 x 3 = 27 ; il s’agit d’un nombre figuré correspondant à une figuration en solide ; voir Margarita philosophica, p. 289 et les entrées Lineal et Ciclice.

Cuidier i, 455 ; ii, 101 : croire, avoir l’illusion de.

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Cure i, 68 ; i, 689 ; kii, 960 et passim : souci, soin.

Curer + c. o. d. iii, 851 : soigner, tailler, ici sens botanique ; voir FEW ii-2, 1558b : curare.

Curieux (mot-clé dans Microcosme dont les occ. sont détaillées ci-dessous) ; adj. de sens complexe dans la langue du xvie siècle et a fortiori dans Microcosme pour désigner une capacité psychique tantôt positive, tantôt négative puisque l’adj. qualifie parfois l’intérêt, le soin attentif (i, 648 « tendrement curieux ») et parfois le désir de savoir indiscret voire dangereux (ii, 176 « curieuse rage » ; iii, 469 « De curieux cerveau forsenée amencie » et i, 258 « De l’homme anichilant le curieux pouvoir / Qui par son libre arbitre ose la loy tenter ») mais tout de même moteur de la connaissance (ii, 89 « De curieux desir toujours insatiable » ; iii, 887 « Espérant curieux de pouvoir reussir »). Le subst. « curiosité » est absent de Microcosme. Dans la Margarita philosophica, le mot « curiositas » est lui affecté d’un fort coefficient négatif, p. 1076-77, 1079 sq., opposé, en tant que vice, à la studiositas qui est une vertu.

Curseur iii, 664 (astron.) : pièce mobile adaptée à l’astrolabe, on trouve un chapitre « De cursore » dans la Margarita Philosophica, p. 1341-1343 ; 1re attestation sémantique chez Scève selon TLF ; chez Focard, dans la Paraphrase de l’astrolabe, il est nommé « index ou ostensor », p. 33 (voir entrée Almur) ; FEW ii-2, 580a : cursus.

Cyclope ii, 924 (subst.) : semble désigner non le monstre antique mais un objet en acier, peut-être une enclume, à partir de laquelle produire des sons ; il est peut-être repris à Virgile, Enéide, viii, 425 où l’un des cyclopes forgerons s’appelle Pyracmon (d’après acmon = enclume) ; aucune autre attestation, pas dans Corneille, Dictionnaire des arts et des sciences, 1694 ; hapax.

Cytharede ii, 743 : joueur de cithare, chanteur, dans FEW ii-1, 718b : cithera, attesté en 1562, 1re attestation isolée. On trouve citharœdas dans la Margarita Philosophica, p. 336, pour désigner les musiciens instrumentaux et les chanteurs, par opposition aux poetas, musiciens du verbe.

Dam i, 354 ; i, 738 ; ii, 184 : damnation.

Dangereux iii, 856 : soumis au danger, susceptible d’être violenté.

Debeller i, 31 : soumettre par la guerre, dompter, vaincre (du latin debellare).

Deception ii, 312 : tromperie.

Deceptive ii, 460 (adj.) : illusoire, trompeuse.

Deceu ii, 211 ; ii, 322 ; ii, 522 et passim (part. passé) : trompé, abusé / deceue (la) i, 337 (adj. subst.) : la trompée.

Decevoir (se) ii, 88 ; iii, 807 : se tromper.

Decourant iii, 835 (vb decourir) : courant (pour l’eau), s’écoulant ; existe en Mfr.

Definitive ii, 703 (subst.) : la science de la définition (ce n’est pas le sens en Moyen français selon le DMF pour qui le subst. désigne ou bien une conclusion ou bien une « sentence définitive »). Hapax ? Le mot se distingue ici de « divisive » ; la « définitive » et la « divisive » réunies forment la dialectique, telle que définie par Platon dans Phèdre, 266a : art de définir et de diviser pour atteindre à la vérité.

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Defortune ii, 66 : infortune.

Deliberatif ii, 722 (adj. subst.) : au sens rhétorique, le genre délibératif est celui dans lequel on délibère sur ce qui est opportun ou non de faire dans le futur ; calque du latin deliberativus (voir entrées demonstratif et judicial).

Demon i, 261 : le diable / Demons ii, 910 ; ii, 988 ; iii, 467 : esprits bons ou mauvais.

Demontrant ii, 94 : représentant, prenant la forme de.

Demonstratif ii, 722 (adj. subst.) : au sens rhétorique, le genre démonstratif est celui qui considère au présent ce qui est bon ou mauvais, beau ou laid, recourant au blâme ou à l’éloge (voir entrées deliberatif et judicial).

Departir (se) ii, 488 : s’en aller.

Déroidir (se) i, 479 : s’étirer.

Desdormi i, 693 : ayant fini de dormir, réveillé.

Designateur i, 73 (adj. subst.) dessinateur (pour qualifier Dieu).

Desiné iii, 77 (adj.) : désigné.

Desrompu iii, 829 (adj.) : ouvert, retourné, labouré.

Destroit ii, 158 : lieu ou passage resserré.

Dessiré ii, 160 : déchiré.

Detrancher iii, 780 : scier, couper.

Diafanité i, 43 : la propriété d’être diaphane.

Diatessaron ii, 943 (musique) : la quarte ; voir Margarita philosophica, p. 345 : « Dico diatessaron vocum est quatuor, intervallorum trium » ; attesté dès fin xiiie, voir DMF.

Diction ii, 684 (rhétor.) : mots, expressions qui assemblés font une « clause » (voir entrée clause) ; FEW iii, 71b : dictio.

Differe ii, 705 : est-ce une forme du verbe « différer » (3e pers. sing. du présent) ou une forme libre du substantif « différence » ? En contexte, il est clair que le terme relève du vocabulaire logique (du latin differentia), il désigne un des cinq universaux, tous énumérés au v. 705 (voir entrée universel et aussi Margarita philosophica, p. 129) ; la différence est ce qui distingue un groupe à l’intérieur d’une même espèce, comme la rationalité est la différence qui sépare l’homme des autres animaux à l’intérieur de l’espèce animale (ex. de Reisch).

Differenter ii, 918 : faire la différence entre, distinguer.

Digite ii, 823 : doigt ; hapax selon Huguet. Pas dans FEW ni TLF, calque du latin digitus.

Diminue ii, 837 (« nombre diminue ») (adj.) (mathém.) : nombre déficient ; l’origine du mot est dans la Margarita philosophica, p. 273 : « de numero superfluo, diminuto et perfecto » ; nous disons aujourd’hui « nombre abondant », « déficient » et « parfait » pour définir le rapport d’un nombre avec la somme de ses facteurs ; si la somme est inférieure au nombre, il est déficient (tel le 8), si elle est supérieure, il est abondant (tel le 12), si elle est égale, il est parfait (tel le 6) ; voir entrées parfait et superflu.

Dine iii, 968 (adj.) : digne.

Disciplinable iii, 191 : apte à être enseigné.

Discrete (quantité -) ii, 813 (adj.) : séparée, donc ici : quantité composée de parties discontinues, s’oppose à « continue ».

Dispute iii, 198 : du latin disputatio, débat contradictoire, confrontation d’arguments.

Disputer ii, 714 ; pratiquer la disputatio, argumenter pro et contra.

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Distraire ii, 819 (mathém.) : soustraire, ôter.

Dition ii, 234 : puissance, emprise, domination, autorité (du latin ditio).

Divisive ii, 704 (subst.) : la science de la distinction (n’existe pas en Mfr), la « définitive » et la « divisive » forment la dialectique, telle que définie par Platon dans Phèdre, 226a : art de définir et de diviser pour atteindre à la vérité.

Dizainant ii, 804 : multipliant par 10.

Domifier iii, 398 (astrol.) : diviser le ciel en douze maisons correspondant aux signes du zodiaque pour dresser un horoscope ; ce serait une première attestation sémantique selon FEW, iii, 135b : domus et selon le TLF (domifier au sens de « construire, édifier » attesté en 1476 dans le DMF). En fait « domifier » au sens astrologique est déjà dans la Paraphrase de l’astrolabe, de Jacques Focard, Lyon, J. de Tournes, 1546, p. 88.

Dore ii, 951 : Dorien, mode musical « qui est meslé de gravité et d’allegresse, inventé par Thamyras de Thrace » selon Furetière ; voir les entrées Lydien et Phryge ici.

Doucereux i, 572 : de saveur douce, sucrée.

Douxriant i, 339 (adj. composé) : d’une douceur enjouée.

Douxcoulant ii, 59 (adj. composé) : se répandant de manière agréable, plaisante.

Dragon (teste ou queue) iii, 168, iii, 280 (astron.) : point ascendant et descendant d’intersection de l’orbite lunaire avec le plan de l’écliptique ; est utilisé pour la prédiction astrologique, déjà en Mfr.

Drapeau i, 561 : drap, linge.

Duc ii, 293 : chef (latinisme).

Duire ii, 224 : plaire / ii, 720 : convenir.

Duisant iii, 393 ; iii, 512 (adj.) : plaisant.

Duodegone ii, 888 (géom.) : polygone à douze côtés, non attesté dans les dictionnaires ; hapax. Scève francise en l’abrégeant la forme duodecagonus qui apparaît chez Reisch, p. 421.

Durée (à la) i, 600 : durablement (seule l’expression « à durée » se trouve dans le DMF avec ce sens).

Dyachisme ii, 956 (musique) : graphie scévienne pour « diaschisme ». Le mot signifie : moitié d’un semi-ton mineur. Voir Margarita philosophica, p. 345 : « rursus à tono dato semitonium minus intende et majus remitte, et habebis comam in parte graviore, cuius dimidium schisma nominatur ».

Dyapentant ii, 942 (musique) : formant une quinte ; Margarita Philosophica, p. 345 : « Diapente est quinque vocum, intervallorum quatuor ».

Dyatone ii, 955 (musique) : « dyatone » est un choix graphique, voire métrique, de Scève, pour « diatonique » ; on trouve déjà chez Oresme : dyatonique et « diatonicus » dans le latin de Reisch, distingué de deux autres genres musicaux, Margarita philosophica, p. 348 : « Boetius Monocordi divisionem in triplici genere, Diatonico scilicet, Chromatico et Enarmonico » ; selon Furetière, 1690 : « Diatonique. adj. m. et f. est une épithète qu’on donne à la Musique ordinaire, qui procede par des tons differents, soit en montant, soit en descendant. La Musique se divise par les Auteurs en diatonique, chromatique, et enharmonique. La Musique diatonique ne contient que les deux tons majeur et mineur, et le demi-ton majeur » ; 1re attestation ; Jean Martin, en 1547 dans sa traduction de Vitruve, recourt à « diaton ».

Eaufort iii, 877 : eau-forte ou eau

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mercurielle, préparations chimiques (dont l’acide nitrique) servant à des mutations alchimiques (peut servir pour la gravure, mais pas ici).

Eccentricité iii, 154 (astron.) : distance des centres de cercles non-concentriques ; dans le système de Ptolémée, distance du centre de la terre au centre du cercle parcouru par un astre autour d’elle ; FEW ii-1, 587b : centrum ; mot déjà usité au xive siècle.

Ecliptique ii, 91 (astron.) : trajectoire circulaire que le soleil décrit dans son mouvement apparent sur la sphère céleste. L’écliptique est donc la projection de l’orbite terrestre sur la sphère céleste ; on l’appelle aussi « le nœud du Dragon » ; voir entrée Dragon.

Efforcement ii, 247 (adv.) : avec effort.

Effrené i, 638 (part. passé) : qui n’a pas encore porté de frein, de mors, donc pétulant, indompté.

Eleccion iii, 356 : (astrol.) manière d’élire astrologiquement l’heure de commencer un voyage ou une entreprise quelconque.

Elegue ii, 757 (susbt. masc.) : élégie ; Cotgrave n’enregistre qu’élégie, mot attesté depuis 1500 ; on trouve « eleges » chez Clément Marot et chez Jean Doublet mais Scève semble le seul à recourir à la forme « elegue » ; FEW iii, 212b : elegia.

Elementer i, 544 : créer les éléments ; le verbe avec ce sens semble un hapax chez Scève ; voir FEW iii, 212b : elementum (qui donne seulement le vb elementar en ancien provençal pour dire composer d’éléments).

Elevation iii, 680 : (astron.) position des astres au-dessus de l’horizon.

Elique ii, 872 (adj.) : en forme de spirale. Le latin de Reisch donne « elica » comme équivalent de « linea spiralis » ; Scève calque exactement le mot latin. On trouve déjà dans Délie l’expression « corroyes heliques », d. 418 et dans Microcosme « helique voluteau », iii, 748 ; la graphie scévienne est donc plutôt avec l’« h » sauf quand il suit Reisch ; voir ici entrée helique et annexe II, ill. 4 et 5.

Embrider (s’) ii, 371 : tirer les brides.

Embu ii, 395 (adj.) : enivré ; FEW iv, 568a : imbibere.

Embuché i, 271 (adj.) : embusqué.

Empescher (s’- de) i, 902 : s’efforcer de ; FEW iv, 579 : impedicare.

Empirique iii, 890 (adj. subst.) : praticien de la médecine ou de l’alchimie qui n’est pas un savant, pas un docteur, et parfois un mauvais praticien ; FEW iii, 221b : empiricus ; attesté comme substantif dans Cotgrave.

Enaprès ii, 222 : ensuite.

Enarmonique ii, 956 (adj.) (musique) : qui progresse par quarts de ton : « Le diapason des basses est composé de sept cordes immuables […] ainsi surnommees pour ce que diatoniquement, chromatiquement et enharmoniquement, elles tiennent tousjours mesme longueur » (Pontus de Tyard, Solitaire second, p. 89.) ; « enarmonique » est déjà en français chez Oresme, voir DMF.

Encontre ii, 728 (adv.) : contre.

Encourtiner i, 609 : garnir à la façon de rideaux, de couvertures.

Enfanton i, 533 : diminutif de « enfant » ; FEW iv, 659b : infans ; déjà attesté en Mfr.

Engin(s) ii, 654 : invention(s) ; du latin ingenium.

Engorger (s’) ii, 494 : se jeter dans (la mer).

Enné I, 905 (adj.) : inné.

Ennosigée ii, 412 : épithète homérique francisée et substantivée à partir du

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grec « ennosigaios » : celui qui ébranle la terre. Chez Homère, l’épithète qualifie Poséidon (Iliade, xiii, 43 ; Odyssée, ix, 518) ; ici c’est le cheval qui est un ennosigée. Hapax.

Ennuy ii, 60 : désespoir, tourment.

Entalenté ii, 84 (adj.) : disposé à (ici « à bien ou à mal »).

Enter iii, 852 : greffer.

Entrerompu iii, 212 ; iii, 812 : interrompu.

Envermeillé i, 254 (adj.) : coloré de vermeil.

Envieillir iii, 407 : vieillir.

Epicyclant iii, 154 : accomplissant un épicycle (voir ci-dessous).

Epicycle iii, 261 ; iii, 280 (astr.) : révolution d’un corps céleste décrivant un petit cercle dont le centre trace lui-même un cercle plus grand autour de la terre, dans le système géocentrique, pour expliquer les mouvements apparents des planètes ; déjà en français depuis le xive siècle.

Epilogue ii, 720 : terme de rhétorique, définit ici la péroraison de l’oraison (voir « principe »).

Epitrite ii, 944 (musique) : qui est dans le rapport de 4 à 3 ; selon Huguet, 1re attestation. Dans la Margarita Philosophica, p. 341 : « epitritus dicitur quia super tot in tertiam continet partem ejusdem ». Le mot grec « epitritos » n’est pas traduit par Jean Martin qui le conserve tel quel et le glose dans la « déclaration des mots difficiles » placée à la fin de sa traduction de Vitruve en 1547 : « Epitritos en Grec signifie aux Latins une sesquitierce, et a nous une tierce et demye ».

Equalibre iii, 548 (subst.) : état de corps maintenus en repos sous l’influence de plusieurs forces qui s’annulent ; attesté dans Délie, d. 419, au sens de « équivalence, égalité » ; FEW xxiv, 218b : aequilibrium.

Equant iii, 153 ; iii, 261 : à l’équerre.

Equation iii, 308 : (astron.) l’équation du soleil (ici évoquée) est l’arc du zodiaque compris entre deux lignes qui partant du centre du monde passent l’une par le centre du soleil, l’autre par son bord en tangente (voir Margarita philosophica, p. 589 et schéma p. 590 ; ici en annexe II, ill. 10).

Equinoccial iii, 52 ; iii, 225 (adj.) : qui relève de l’équinoxe.

Erraciner i, 483 : déraciner, arracher.

Esbraché ii, 124 (adj. formé sur le vb « esbranchier ») : ébranché, épluché, taillé (pour le chanvre) (peut-être s’agit-il du teillage du chanvre).

Esclerement ii, 286 : clarté.

Esmerveillable ii, 90 : extraordinaire, digne d’admiration, apte à émerveiller ; FEW vi-2, 146a : mirabilia. Voir Délie, d. 2 et 275.

Espacier (s’) ii, 810 : sortir de, prendre du champ ; FEW xii, 145 b : spatium.

Espece ii, 705 : terme de logique (du latin species), un des cinq universaux énumérés au v. 705 ; voir entrée universel et Margarita philosophica, p. 126 : l’espèce réunit des êtres de même nature mais différents, comme Pierre et Paul (ex. de Reisch).

Esperance ii, 465 ; ii, 524 : attente, désir.

Espie i, 406 : espion.

Esplanader ii, 259 ; ii, 988 : aplanir, niveler (à partir de 1556 selon FEW ix, 33a : planus).

Espraintes i, 522 ; ii, 168 (subst. plur.) : douleurs oppressantes, tranchées, (= douleurs de l’accouchement) ; FEW iii, 314a : exprimere.

Espuisé i, 577 (adj.) : puisé (pour de l’eau).

334

Esquarrer ii, 201 ; ii, 865 ; ii, 894 : construire, établir, construire une figure géométrique.

Essourdir i, 412 : assourdir.

Estoc ii, 160 : souche.

Estranger ii, 980 : rendre extérieur à, déposséder de.

Etassonner i, 464 : étayer.

Eterniser i, 2 ; iii, 1000 : gratifier de l’éternité.

Eversion iii, 416 : renversement ; du latin evertere.

Exahedron ii, 895 (géom.) : hexaèdre ; volume à six faces ; exacedron chez Oresme, hexacedron chez Bovelles ; 1re attestation de graphie chez Scève.

Exametre ii, 742 : ou bien hexamètre, vers de six pieds ou bien 3e pers. sing. du présent du vb. exametrer (néologisme scévien) : faire des hexamètres (voir note).

Exanimé i, 824 : inanimé.

Exclorre iii, 902 : garder à l’extérieur.

Exent i, 16 : exempt.

Exerciter (s’) I, 487 ; iii, 195 ; iii, 969 : s’entraîner, devenir expérimenté.

Exigone ii, 884 : non attesté dans les dictionnaires sous cette graphie (sauf Huguet qui donne l’exemple de Scève) ; sans doute exagone, attesté sous cette forme depuis Oresme, avec le sens de figure à six angles, hexagone.

Expectation i, 958 : attente.

Experiment iii, 872 : expérience scientifique, d’où habileté acquise par l’expérience ; FEW iii, 309b : experimentum.

Exterminement ii, 214 : extermination.

Extravaguer (s’) ii, 206 : s’écarter de la route.

Fabrile iii, 721 (adj.) : fait par un ouvrier, un artisan, du latin fabrilis, forgé sur faber.

Facer ii, 896 (vb) : former les faces (d’un polyèdre), selon TLF, emploi isolé : 1re attestation ou hapax ?

Fagotté i, 711 : réuni en fagot.

Falarique iii, 916 (adj.) : de la nature d’un javelot garni de filasse et de poix, tel un trait enflammé, qu’on lançait à l’aide de baliste (du latin falarica) ; voir note.

Feres i, 629 ; i, 994 : bêtes sauvages.

Fermer (se) ii, 369 : s’affermir, prendre de l’assurance ; FEW iii, 569b : firmare.

Ferrement II, 198 : outil de fer.

Festier ii, 561 : (vb) faire fête à quelqu’un (ici à son cheval) ; déjà attesté aux xive et xve siècles.

Feuiller iii, 759 (arch.) : garnir de feuilles (d’acanthe) ; Jean Martin (1547) n’emploie pas ce verbe mais il est déjà sous la forme de l’adj. « fueillé » dans La Magnificence de la superbe et triumphante entrée…, éd. Quignard, p. 534.

Feuilleux iii, 747 (arch.) : feuillu, garni de feuilles (dans l’ordre corinthien) ; Jean Martin (1547) n’emploie pas cet adjectif.

Fevre iii, 863 : forgeron, du latin faber.

Figurée ii, 920 (adj.) : qui qualifie la musique (musique figurée par opposition à musique spéculative), musique réalisée, jouée, chantée.

Filaftique iii, 923 (adj.) : ami de soi-même ; formé sur philautia ; hapax. (Voir Paradoxe contre les lettres, 1545 où apparaît philaucie pour la première fois en français).

Filosofe iii, 958 : philosophe ; cette graphie est donnée pour être celle de l’ancien provençal dans FEW viii, 387b : philosophus.

Fixes iii, 96 ; iii, 678 (adj. subst.) : étoiles fixes, sur la huitième sphère (par opposition aux planètes errantes des sphères inférieures).

335

Flairans iii, 858 : qui sent bon, qui exhale une odeur suave.

Flechible i, 115 ; i, 655 ; iii, 759 (adj.) : souple ; voir FEW iii, 618b : *flecticare (Scève invente l’adverbe flechiblement, voir tableau des adverbes).

Folatrer (ses couleurs) i, 674 : user avec fantaisie (proche du verbe fantasier au xvie siècle)

Folatrie i, 550 : action folle, insensée (Huguet).

Forgettée iii, 737 (part. pass.) : en saillie.

Formidable ii, 324 : effrayant.

Forsener i, 931 : rendre fou.

Fors que ii, 731 ; iii, 179 : sinon que.

Fossoyer i, 246 : creuser une fossette (dans la joue) / ii, 999 : mettre en fosse, enterrer / iii, 847 : fossoyer sa vigne = sarcler, biner.

Foulé(e) ii, 652 (adj.) : fatigué, blessé, contusionné (FEW iii, 847b : fullare).

Frenesie ii, 779 : inspiration divine, fureur poétique, voir Fureur ; voir aussi Délie, d. 71, 393, 428 et Paradoxe contre les lettres, p. 3 et 13, pour ces deux œuvres avec la graphie « phrenesie ».

Frequence ii, 717 : société, compagnie, affluence (déjà au xive siècle).

Friandise i, 300 : gourmandise.

Frissant ii, 135 : du verbe « frisser » ; dans FEW xxiii, 195a, étymologie inconnue : mfr « frisser » siffler, passer avec une sorte de sifflement ; il s’agit ici du sifflement de la flèche une fois tirée dans l’air (on trouve frissement = sifflement chez Du Bartas et dans Cotgrave, 1611).

Fuïtif ii, 48 : fugitif ; Scève emploie aussi « fugitif » en ii, 78.

Fureur ii, 734 : du latin furor, enthousiasme, état d’inspiration. Voir frenesie.

Fuser ii, 261 : fondre ou mêler à l’eau (pour la chaux) ; déjà dans Délie, d. 81 ; FEW iii, 866a : fundere ; première attestation chez Scève.

Fusés i, 895 : décomposés, fondus.

Gades iii, 642 : île devant le détroit de Gibraltar, voir Margarita philosophica, p. 1058 : « Gades, insula est ubi sunt columnes Herculis inter Aphricam et Europeam » ; autre sens, proche, dans DMF : nom de lieu pour désigner Cadix.

Galant ii, 810 : hardi, vaillant, habile.

Garbin ii, 646 : léger vent du sud-ouest sur les côtes méditerranéennes (« Guarbin » dans Rabelais, Quart Livre, XLIII) voir FEW xix, 51b : garbi (arabe), ancien provençal garbin, voir DMF.

Genethliaque iii, 445 : horoscope.

Generans iii, 512 (susbt.) : créatures qui se reproduisent.

Gentement iii, 748 : élégamment.

Gentil i, 549 (adj.) : païen, hérétique / Gentil (adj.) iii, 202 ; iii, 719 ; iii, 837 : noble, subtil, raffiné.

Genre ii, 705 : terme de logique (du latin genus), un des cinq universaux énumérés au v. 705 (voir entrée universel et Margarita philosophica, p. 125) ; le genre est ce qui peut se dire de plusieurs qu’on peut ainsi réunir, comme l’animal peut réunir l’homme et l’âne (ex. de Reisch) / Genre ii, 107 : descendance ; FEW iv, 116a : genus.

Getter i, 492 (vb.) : faire des rejets, faire pousser.

Gironneux ii, 871 : qui tourne, monte en rond ; hapax selon Huguet, pas dans FEW ni GDF, (seul gironné est donné à partir de 1694 avec sens technique : marches gironnees dans TLF).

Glazon i, 702 : gazon, motte de terre revêtue d’herbe (la forme « glazon »

336

est enregistrée par La Porte dans les Epithètes au sens de gazon) mais on trouve aussi « glaizon » motte de terre glaise (FEW xvii, 543 b : *waso).

Globant iii, 46 (vb. glober) : donnant la forme d’un globe ; hapax (FEW iv, 158a : globus).

Glout i, 321 ; i, 777 ; ii, 120 (adj) : glouton.

Gloutonnie ii, 147 : gloutonnerie.

Gnome iii, 697 (astr.) : gnomon, carré des ombres du dos de l’astrolabe servant à mesurer une chose par son ombre portée, aiguille d’un cadran solaire (synon. carré, carrure, esquerre) ; voir FEW iv, 177a : gnomon. C’est sous la forme gnomon que le mot est attesté, comme chez Jean Martin en 1547 ; on trouve cependant gnome à côté de gnomon dans le Traité de la composition et fabrique de l’astrolabe, traduit du latin de Jean Stofler par Jean-Pierre de Mesmes, 1560, p. 196.

Goderonné i, 63 (adj.) : plissé.

Gramment iii, 940 (adv.) : grandement (forme archaïque).

Grever ii, 464 : fatiguer, alourdir.

Grison ii, 352 : de couleur grise.

Grumeux ii, 167 : grumeleux, voir FEW iv, 287a : grumus ; 1re attestation.

Guerdonné iii, 437 : récompensé.

Gueule ii, 148 : péché de gourmandise (du bas latin gula, nom retenu pour l’un des sept péchés capitaux).

Guigner ii, 305 : faire un clin d’œil (voir « guin » ci-dessous).

Guin i, 73 : dans Huguet, « clin d’œil » ; donné chez Scève dans FEW xvii, 590a : *wingjan, au sens d’« action de cligner de l’œil, de guigner », le sens est à nuancer ici, plutôt « regard attentif », on trouve déjà guin d’œil chez Lemaire de Belges.

Gymnase ii, 716 : vient du grec, puis du latin classique ; voir FEW iv, 355a : gymnasium ; lieu public destiné à la formation physique (déjà en français au xive), par extension lieu public de formation, d’où établissement d’enseignement secondaire (fin xvie, Suisse, Allemagne). Ce sens de « lieu de formation intellectuel » semble bien une nouveauté en 1562.

Habit : ii, 706 ; iii, 566 (logique) : du latin habitus ; un des dix prédicaments (= catégories) énumérés aux v. 706-708. Voir entrée Prédicament ; l’habitus est une disposition acquise, cause efficiente de l’action. Le mot persiste en français moderne, chez les sociologues comme Mauss, Bourdieu.., mais toujours sous sa forme latine ; le français « habit » n’a pas fait école. Au vers iii, 566, Scève emploie le doublet « habit et habitude ».

Harié iii, 438 (part. passé) : haï.

Hautonant (adj. subst.) ii, 414 : celui qui tonne dans le ciel, Dieu.

Hebré(e) ii, 815 (adj.) : hébraïque ; ici « note Hébrée » signifie « représentation des nombres par des lettres en hébreu ».

Heliaque iii, 112 (adj. subst.) (astron.) : seul l’adj. est attesté et désigne un type de lever ou de coucher d’un astre distinct d’un lever ou coucher chronique et d’un lever ou coucher cosmique ; voir Margarita philosophica, p. 554-556, qui reprend J. de Sacrobosco : « Le lever héliaque ou Solaire, c’est quand un signe ou une étoile commence être vu par l’éloignement et grande distance qui est du Soleil à ladite étoile, laquelle ne pourrait être vue auparavant à cause de la proximité du Soleil. » (J. de Sacrobosco, La Sphère, Paris,

337

1607) ; voir FEW iv, 398b : helios ; Scève substantive l’adj. pour désigner le moment où apparaît un astre à son lever ou à son coucher ; voir entrée Chronique et Cosmique.

Helique iii, 748 : qui est spiralé (dans Délie : corroyes heliques, d. 418) ; on trouve aussi corroyes heliques en 1550 dans Raison d’architecture antique, extraite de Vitruve… traduicte d’Espagnol en françoys, Paris, Imprimerie de R. Chaudiere et Claude son filz, (34 vo) ; voir entrée elique ici et annexe II, ill. 4 et 5.

Hemispere II, 433 : hémisphère ; graphie usitée aux xive et xve s. (Oresme, Ch. de Pizan) peut-être sous influence de l’italien emispero ou hemisperio ; déjà dans Délie, d. 282. La Margarita philosophica donne hemispherium.

Heurtoyer i, 520 : heurter.

Hontoyer (se) i, 222 : avoir une attitude pleine de retenue

Horologe iii, 693 : horloge

Hortolage ii, 112 : jardin potager, et par extension, productions du jardin potager (FEW iv, 489b : hortus)

Hostie i, 720 : victime (latin hostium) ; voir Délie, 1er dizain.

Houseau ii, 164 : bottes ou guêtres en cuir.

Houssine i, 600 : baguette de houx, verge de houx ; FEW XVI, 262a : *hulis.

Huis i, 467 : ouverture, porte.

Huller i, 618 : hurler (une des graphies usitées aux xive et xve s.).

Hullements i, 836 : hurlements.

Humectante iii, 559 : qui humecte, qui humidifie ; attesté chez Paré dans FEW iv, 510a : humectus, 1re attestation ici.

Hurt ii, 538 (subst.) : heurt.

Hydraule iii, 703 : horloge à eau, voir Délie, d. 331. Mot scévien. Le DMF ne l’enregistre pas ; Cotgrave ne donne que hydraulique et FEW iv, 523a : hydraulis renvoie seulement à Scève.

Iambe ii, 756 : Pied d’un vers latin de deux syllabes, dont la première est brève et la seconde longue. Se dit également d’un vers dont le second, le quatrième et le sixième pieds sont des ïambes.

Icohedron ii, 896 (géom.) : solide à vingt faces, formant des triangles équilatéraux égaux entre eux, FEW iv, 531b : icosahedrum (icosaèdre), icocedron (Oresme), icosaedre (1551), icosahedre (1587), la graphie de Scève est unique.

Ignografe iii, 775 : graphie scévienne pour ichnographe, « celui qui pratique l’ichnographie » (= plan horizontal et géométral d’un édifice). Scève crée l’adj. à partir d’un emprunt à Vitruve, De Architectura, i, 4, (précisément au début du chapitre 4), dans la traduction de Jean Martin, 1547 : « Ichnographie donques est l’usage ou practicque de la regle et du compas, par laquelle on faict sur le plan ou terrasse les descriptions et lineamens des plattes formes ». Hapax chez Scève car J. Martin n’emploie que le substantif et sous la forme « ichnographie » ; il en va de même dans la traduction des Reigles generales d’architecture (« l’Aucteur aux liseurs ») de Serlio en 1545.

Impiteux i, 407 : inaccessible à la pitié, impitoyable.

Impropere i, 393 : reproche, affront, offense, du latin improperium (dans Délie, vb. « impropérer »).

Inflatif ii, 111 : qui fait gonfler, qui fait péter ; FEW iv, 675a : inflare ; selon

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DMF et FEW, le mot est utilisé à partir du xve s. et jusqu’en 1562.

Inimiquer (s’) i, 372 : devenir ennemi de ; dans FEW iv, 694b : inimicus, donné comme première attestation du pronominal chez Scève ; un ex. antérieur non pronominal en 1538 : inimicquer qqun, contre qqun.

Intentif i, 195 ; ii, 574 ; ii, 788 (adj.) : attentif.

Interrogation iii, 355 (astrol.) : requête astrologique dont la réponse est chiffrée dans les astres.

Intestiner (la guerre) ii, 195 : faire pénétrer à l’intérieur, insérer en son sein ; FEW iv, 765a : intestinus, peut-être 1re attestation.

Introductoire iii, 351 (adj.) (astrol.) : qualification des pratiques premières de l’astrologie : l’astrologie introductoire concerne l’observation des astres et de leurs influences ; elle précède l’astrologie de jugement ou judiciaire, que Scève qualifie de « résolue » ou « déclarée », celle qui répond aux interrogations sur ce qui va advenir ou ce qu’il faut choisir, elle-même suivie d’une autre forme d’astrologie, condamnable, celle des superstitions.

Irritement ii, 148 : irritation, titillation ; FEW iv, 817a : irritare ; enregistré par le DMF vers 1500.

Isnellement ii, 392 : promptement, vivement (archaïque)

Isosceler (s’) ii, 883 (géom.) : devenir isocèle, FEW iv, 820b : isosceles : 1562 Scève, 1re attestation du verbe.

Isopleurant ii, 881 (géom.) : formant un triangle avec trois angles et trois côtés égaux ; selon FEW iv, 819a : isos, ce serait une première attestation mais on trouve déjà chez Bovelles, Geom. prat., (en 1547 et déjà en 1511) la forme « isopleure » au fo 13 vo et la forme « isopleurique » au fo 14 ro.

Issedonscythe ii, 455 (subst. composé) : Scève compose le mot « Issedonscythe » pour désigner le peuple des Essédons, lui-même partie du peuple des Scythes (Pline, Hist. Nat. vi, 19, 50), vivant à l’est de la mer caspienne.

Ithyphalique ii, 786 (adj. subst.) : nom d’un vers, composé de trois trochées, utilisé lors des cérémonies des mystères grecs et pour le culte ithyphallique. Voir note.

Ja iii, 190 : déjà.

Jayet iii, 885 (alchimie) : le jayet est « la substance noire » résultant de la calcination, première étape alchimique, qui débouche ensuite sur une décomposition en « eau » (= mercure) et « huile » (= soufre), avant l’obtention de l’« élixir » (voir contexte) ; « jayet » est aussi le diminutif de « jais », qui désigne précisément une pierre fossile bitumineuse noire luisante ; Scève décrit-il l’obtention du pétrole (huile de pierre) puisque le jayet est un bitume solide à l’origine et que l’huile de jayet est un bitume redevenu liquide ou une opération alchimique ?

Jeun i, 295 (adj.) : qui est vide, à jeun. Qui n’a pas mangé depuis le commencement de la journée ou depuis le début d’une diète ; FEW v, 34a : jejunus ; déjà usité en Mfr.

Jointes ii, 968 (subst.) : articulations, jointures (des doigts) ; FEW v, 68b : jungere. Mot très usité aux xive et xve siècles.

Journalier iii, 68 (adj.) : diurne et/ou quotidien.

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Judicial ii, 722 (adj. subst.) : au sens rhétorique, le genre judicaire, qui détermine le vrai et le faux concernant le passé (voir les entrées deliberatif et demonstratif).

Labouré iii, 717 : travaillé, élaboré.

Labourieux ii, 301 (adj.) : qui coûte de la peine, du labeur, fatigant, voire pénible.

Lairra i, 798 : vb « laisser » au futur, 3e pers. sing : il laissera.

Lambiquer iii, 881 : distiller, alambiquer, (très rare), 1re attestation.

Lampegeans (feux) i, 202 : étincelants ; FEW v, 146a : lampein, attestations chez Pontus de Tyard, Des Autels et Bugnyon.

Largue (faire) ii, 401 : faire place ; italianisme (italien : largo) attesté depuis 1553 ; FEW v, 184a : largus.

Lauré ii, 782 : couronné de laurier, relevant d’Apollon (ici, les prophètes d’Apollon).

Lebech iii, 646 : lebèche, (provençal, de l’italien lebeccio, libeccio) vent du sud-ouest ; attesté chez Amyot, Vie d’Antoine ; sous la forme Besch chez Rabelais, Quart Livre) et déjà en ancien fr. lebech dans Brunet Latin, v. FEW xix, 104b : labag (arabe).

Licencier (se) ii, 210 : s’abandonner à la licence, perdre toute retenue.

Licencieux ii, 486 : propre à la licence, à la jouissance.

Limaceux / lymaceuse ii, 259 ; ii, 869 (adj.) : en spirale ; néologisme.

Limbes i, 779 ; i, 966 (théol.) : lieu de séjour post mortem pour les âmes innocentes mais non baptisées (ici, lieu où va séjourner Abel) ; voir Margarita philosophica, vii, 1, p. 602 qui, sans recourir au mot limbes, définit deux des quatre lieux de l’enfer comme « locus puerorum sine baptismatis lavacro decedentium. Super hunc igitur tertius est quem Purgatorium dicunt » dont le premier semble bien désigner les limbes ; Cotgrave donne deux acceptions pour Limbes « A low, and vnsauorie roome in prisons ; also, the Purgatorie of vnbaptized children ». Cotgrave combine dans son deuxième sens les deux lieux évoqués par Reisch, limbes et purgatoire.

Linéal iii, 838 (adj. susbt) (arithm.) : un nombre est dit linéal ou linéaire lorsqu’il peut être figuré par une succession de points disposés en ligne droite ; les nombres linéaires successifs se forment par l’addition d’une unité ; tout nombre est linéaire selon cette définition ; FEW v, 354 a : linea ; attesté depuis 1522 ; défini dans la Margarita philosophica, p. 282 ; voir entrées Cube et Ciclice.

Lityersé ii, 785 : adjectif néologique forgé sur le nom propre Lithyersas, bâtard du roi Midas et grand moissonneur, qui a donné son nom à un genre de poème de deuil, le lytierse, qu’on chantait en période de moisson pour consoler Midas de la mort de son fils, qui avait défié Hercule à la moisson et fut décapité par lui. Le lityerse est aussi parfois simplement un chant de moissonneurs. « Lytiersé » signifie ici sans doute « transporté, affecté par le lytierse ». Voir note.

Los ii, 600 ; iii, 743 : louange.

Lucide iii, 375 : lumineux.

Lustré i, 196 : regardé, admiré / Lustrer iii, 289 : briller.

Lydien ii, 951 : un des trois principaux modes musicaux grecs, le lydien est le mode de fa, propre aux chants funèbres ; voir Margarita Philosophica,

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v, i, 19 ; voir aussi entrées Dore et Phryge.

Lyrique ii, 981 (subst. masc.) : un poète lyrique.

Machine i, 67 ; iii, 550 : la terre.

Maignie i, 407 : ensemble de tous ceux qui habitent une même maison, des maîtres aux valets et servantes, maisonnée, famille ; FEW vi-1 : mansio.

Maison iii, 362 ; iii, 403 (astrol.) : les douze parties du ciel correspondant aux douze signes du zodiaque.

Majeur ii, 874 (géom.) : Scève reprend une expression de la Margarita Philosophica, p. 410, sous la forme « linea major », nom d’une ligne irrationnelle selon la géométrie euclidienne (cf. Livre x des Eléments). Voir Annexe II, ill. 5.

Maltalent i, 766 : mauvaise volonté, mauvaise disposition, mauvaise intention ; voir DMF, très usité aux xive et xve s.

Manere ii, 786 : vient de Maneros, chant funèbre, lié au mythe de Maner, fils unique du premier roi d’Egypte mort tout jeune et dont ce chant pleurait la mort. Voir note.

Manifacture iii, 721, (subst. fém.) : graphie pour « manufacture ».

Mathemate iii, 807 (subst.) : le mot existe au pluriel chez Pontus de Tyard ou Cholières pour désigner les mathématiques, mais ce n’est pas le sens ici, au singulier, où il désigne le mathématicien (le mot « mathematicien » est attesté depuis Oresme vers 1370-72) ; donc hapax chez Scève ; voir FEW vi, 1, 491b : mathema.

Matineux i, 478 (adj.) : du matin.

Matinière iii, 304 (adj.) : du matin ; voir Margarita philosophica, p. 630-631 : matutinus

Matrice (de l’astrolabe) iii, 669 : la face de l’astrolabe, aussi dite « mère », par opposition à son « dos » ; les deux mots dorsum et matrix sont dans la Margarita Philosophica.

Marchiser iii, 688 : dominer.

Marineux iii, 914 ; iii, 930 (adj.) : marin.

Mediterrane ii, 646 (subst.) : vent de Méditerranée, sans doute la tramontane.

Megabyse ii, 784 : le Mégabyse (ὁ Μεγάβυζος) est le grand prêtre du temple d’Artémis à Ephèse ; de haut rang, il était, dit-on, castré lors de son entrée en fonction.

Meilleurer iii, 32 ; iii, 337 : améliorer.

Mensule ii, 887 (géom.) : trapèze, dans FEW vi-1, 710b : mensa, 1562, Scève, 1re attestation ; Trapeza, en grec, désigne la table, dite en latin mensa.

Meridien iii, 103 : cercle de la sphère céleste passant par les deux pôles et par le zénith et le nadir du lieu.

Mesgnie i, 553 ; ii, 17 : une des graphie pour « maisnie » ou « maignie » ; voir entrée Maignie

Mesmement i, 195 ; ii, 735 ; iii, 35 et passim : surtout, en particulier.

Mesprendre i, 974 : mal faire, se tromper, se méprendre.

Mestier (avoir) de iii, 715 : avoir besoin de (déjà usité au xive et xve siècles, voir DMF ; FEW vi-2 ministerium).

Mesprison iii, 444 (susbt.) : erreur, tort, dommage ; FEW ix, 348b : prehendere.

Mestral ii, 646 : vent de nord-ouest violent en Provence et sur les côtes de la Méditerranée, mistral ; v. FEW vi-1, 44a : magistralis ; forme du catalan ancien.

Metis i, 631 (subst.) : chien métis, engendré de deux espèces, sang mêlé ; FEW vi-2, 195a : mixticius.

Metope iii, 735 : intervalle carré entre

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les triglyphes de la frise dorique ; (« Celle espace donc qui est entre deux solives, lesdictz Grecs la signifient par metope », Jean Martin, Arch. de Vitr., iv, 2, éd. 1547), voir entrée Ope.

Mignarder ii, 562 : caresser, flatter (voir « Mignardement » en i, 208).

Milliars ii, 805 : le mot a son sens moderne mais il est nouvellement entré en langue grâce à J. Peletier dans son Aritmetique (éd. de 1554, p. 15 : « Milliart : c’ét a dire Million de Millions »), Scève le lui emprunte et c’est encore un néologisme en 1562.

Ministre ii, 61 : serviteur, auxiliaire.

Mirer ii, 134 : examiner, viser.

Mixtion iii, 236 : iii, 250 ; iii, 274 : mélange, voire accouplement.

Mypolidien ii, 952 : (musique) peut-être pour « Myxolidien », mode musical inventé par Sapho, à moins que Scève crée simplement un mixte par contraction de deux mots présents chez Reisch : myxolidien (mixolidius) et hypolidien (hypolidius) ; voir note.

Moleste ii, 960 (adj.) : pénible, désagréable, porteur de chagrin, du latin molestus.

Mouvoir ii, 720 : émouvoir.

Multiplier ii, 100 : se multiplier.

Narrer ii, 719 (rhétor.) : faire une « narration », c’est-à-dire énoncer le sujet du discours.

Nativité iii, 354 et iii, 399 : horoscope.

Naturaliste iii, 494 (subst.) : le savant en philosophie naturelle, en physique.

Navigage ii, 499 : navigation.

Nembrottique ii, 256 : adjectif forgé librement sur le nom de Nemrod, souverain biblique, arrière petit-fils de Noé fondateur de plusieurs villes dont Babel (Gn, 10, 8-10).

Necessité(e) i, 950 (adj.) : mené(e) par la nécessité.

Necessiteux i, 378 : soumis à la nécessité, misérable / iii, 712 : répondant à la nécessité (ici, des métiers qui répondent à des besoins non nécessaires ; voir plus bas, son antonyme : « voulentaires »).

Necessitude i, 905 : nécessité.

Nocher ii, 37 : navigateur ; FEW vii, 52b : nauclerus ; déjà utilisé au xve siècle, contrairement à ce qu’en disent Enzo Giudici et V.-L. Saulnier.

Nourriture ii, 48 : progéniture.

Oblique iii, 223 (adj. subst.) : désigne l’horizon oblique ; Voir Margarita philosophica, p. 543 ; selon Corneille (1694) : « on appelle sphere oblique en astronomie, celle qui a l’un de ses pôles élevé sur l’horizon et qui cause une inégalité des jours et des nuits, quand l’équateur ne coupe pas l’horizon à angle droit » ; c’est bien le sens ici.

Ocieux iii, 486 : consacré au loisir (ici « jour ocieux »).

Octehedre ii, 984 (géom.) : corps solide à huit faces ; chez Oresme et chez Bovelles sous la forme octocedron, dans FEW vii, 307a-b : octo ; 1re attestation de graphie.

Offensible iii, 395 : qui peut nuire ; FEW vii, 331a : offensa.

Offerte i, 722 (subst. fém.) : offrande.

Office iii, 841 : travail, fonction.

Oge iii, 152 ; iii, 307 ; iii, 309 et passim : auge, le point le plus haut d’une étoile ; FEW xix, 12b : aug (pers. arabe), judéofranc. auge ; mfr. oge. Voir Margarita philosophica, p. 565 : « Aux sive apogium planetae […] oppositum augis sive perigium ».

Oignement iii, 883 : onguent, pommade.

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Opaquer iii, 904 : rendre opaque ; hapax.

Ope iii, 784 (susbt. fém. ou masc.) : les « opes » sont des « entresolives » selon Jean Martin dans sa traduction de Vitruve, (De Architectura, iv, 2), qui les donne dans un doublet synonymique et les définit ainsi : « Or ce que les Grecz disent Opes, pour couches de soliveaux ou planches, noz Latins le nomment creux et troux de Colombier. Celle espace donc qui est entre deux solives, lesdictz Grecz la signifient par Metope ».

Opposite iii, 95 (adj.) : opposé.

Orbiculaire iii, 156 : en forme d’orbe.

Ordinaire i, 52 : (du lat. ordinarius) régulier, régulant de manière ordonnée.

Oreins (cheveux) ii, 27 : blonds, variante d’orin, dans FEW xxv, 1024b : aurum ; hapax selon Huguet.

Orse (à) iii, 637 : à bâbord (provençal et Languedoc), de l’italien Orza ; s’oppose à « poge »

Orthografe iii, 776 (subst.) : celui qui fait les plans d’un bâtiment ; orthographie est attestée en 1547 dans la traduction de Jean Martin du De Architectura de Vitruve, en i, 4 : « Ortographie est la representation de la figure ou relief du bastiment, pour demonstrer quel et comment il doit estre », mais pas orthographe, ni dans FEW ; 1re attestation.

Orthographé ii, 695 (adj.) : qui concerne l’orthographe, la droite manière d’écrire.

ii, 706 : terme de logique (du latin ubi) : un des dix prédicaments (= catégories) énumérés aux v. 706-708. Voir entrée Prédicament.

Ouailles i, 697 : moutons (du latin ovis).

Outrageux ii, 183 : qui outrage, qui viole.

Outrecuidé (cinq occ. au total) i, 254 ; i, 332 ; ii, 214, ii, 323, iii, 29 : présomptueux.

Oxigone ii, 884 : nom d’un triangle dont les trois angles sont aigus ; Bovelles nomme « triangle oxygone » « celui qui a tous les trois angles aigus » (Geométrie pratique, 1547, fo 13 vo).

Paître (se) ii, 557 : se nourrir.

Pallisser ii, 105 : garnir de pieux, de palissades.

Paonner (se) ii, 226 : faire la roue, se glorifier, se pavaner ; Scève, Délie, d. 58 et 318 ; le mot est scévien ; FEW viii, 84b : pavo : marcher d’une manière fière (renvoi à Scève)

Parenter ii, 996 : exercer un devoir familial ; ici sacrifier au mort (déjà dans le DMF).

Parfait ii, 837 (mathém.) : [nombre] parfait ; l’origine du mot est dans la Margarita philosophica, p. 273 : « de numero superfluo, diminuto et perfecto » ; nous disons aujourd’hui « nombre abondant », « déficient » et « parfait » pour définir le rapport d’un nombre avec la somme de ses facteurs ; si la somme est inférieure au nombre, il est déficient (tel le 8), si elle est supérieure, il est abondant (tel le 12), si elle est égale, il est parfait (tel le 6) ; voir entrées diminue et superflu.

Part iii, 988 (subst. masc.) : héritier ; FEW vii, 694a : partus.

Part iii, 43 (subst. fém.) : partie, division / Pars iii, 332 : partie, division, domaine imparti ; FEW vii, 669a-671b : pars.

Parti iii, 365 ; iii, 662 : divisé.

Partir ii, 819 : diviser.

Partroublé i, 525 (adj.) : excessivement troublé, inquiet, perturbé.

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Pas (le) ii, 512 ; ii, 611 (subst.) : passage, détroit, passe.

Passible i, 133 (adj.) : passif.

Passion ii, 708 : terme de logique (du latin passio) : un des dix prédicaments (= catégories) énumérés aux v. 706-708. Voir entrée Prédicament.

Pasté i, 210 : pétri ; « Miches et farain de bon bled froment passé aux bariteaux dessusdicts, bien pasté et bien cuict. », G. Paradin, Hist. de Lyon, 1573, p. 319.

Patienter (se) i, 994 : attendre avec patience.

Pedestal iii, 752 : piédestal.

Pellesmeslé(s) i, 95 (adj.) : assemblés pêle-mêle.

Pendant ii, 727 : dépendant de.

Pendre ii, 545 ; iii, 178 ; iii, 727 : dépendre de, être suspendu à.

Pennadant ii, 401 (vb. pennader) : voltigeant, sautant, gambadant.

Peregriner iii, 449 : voyager.

Periller + c. o. d. ii, 547 : affronter quelque chose (c. o. d.) comme péril.

Periode iii, 146 (susbt. masc.) (astron.) : la période propre à un astre, son temps de révolution.

Pernicie (en) i, 850 : perte, ruine ; selon FEW viii, 256b : perniciosus, le mot est chez Scève en 1545 [sic], ce qui est une erreur peut-être judicieuse car on trouve bien une première occurrence en 1545 mais dans l’anonyme Paradoxe contre les lettres ; on retrouve le mot en 1549, sous la plume d’A. Du Moulin, dans l’épître dédicatoire à Jean de Tournes de sa traduction de Jean d’Indagine, Chiromance et physiognomie. Le mot semble scévien.

Personné ii, 761 : portant le masque de théâtre (du latin persona) ; par extension, adonné au théâtre ; unique occurrence selon Teresa Jaroszewska, Le Vocabulaire du théâtre de la Renaissance en France, Łódź, 1997, p. 251.

Phryge ii, 951 (musique) : phrygien, mode musical (mode de mi) ; le Phrygien, plutôt propre à émouvoir la colère, censé avoir été inventé par Marsyas Phrygien ; voir les entrées Dore et Lydien.

Phyton iii, 471 : La graphie « phyton » existe au Moyen-Âge (voir DMF sous « Python », quatre occ. dont Songe du Vergier, 1378) pour désigner un python, un devin, un magicien ; voir aussi FEW ix, 649 : Pytho.

Piement ii, 996 (adv.) : pieusement.

Piteux i, 377 ; i, 434 ; i, 997 et passim : touché par la pitié, compatissant / ii, 47 déclenchant la pitié.

Pitoyable i, 845 : susceptible d’éveiller la pitié.

Plain (le) iii, 828 (subst.) : la plaine.

Plain(e) ii, 552 ; ii, 878 ; iii, 655 et passim (adj.) : plan(e) ; FEW ix, 32a : planus.

Plaisance iii, 842 : aspect plaisant, agrément.

Planetaux iii, 229 : planètes, « étoiles errantes » par opposition aux « fixes ».

Plasmateur i, 146 : créateur ; FEW ix, 35a : plasma ; déjà usité au xve siècle.

Plenier(e) S2 (adj.) : grand, long, vaste.

Plombelé (au niveau) iii, 784 : mis à l’équerre grâce au fil à plomb.

Poge (à) iii, 637 : à tribord, franco-provençal de l’italien poggia ; s’oppose à « orse ».

Pointu (angleii, 877 : angle aigu (< à 45°).

Poignans iii, 858 (du vb poindre) : piquants.

Polaires ii, 69 (subst. masc.) : les pôles.

Poligon ii, 866 (subst.) : polygones / Poligons iii, 697 : sens incertain car dans cette occurrence, le mot

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« poligons » ne semble pas désigner des polygones mais renvoie à des instruments de mesure du temps ; aucune trace dans les dictionnaires d’un sens lié à de tels instruments.

Pomme i, 299 : fruit, du latin pomum ; ici plutôt une figue.

Populas ii, 296 : bas peuple ; donné comme une première occurrence dans FEW ix, 180a : sous populus mais une autre occurrence préexiste chez La Boétie dans Le Discours de la servitude volontaire (datable entre 1548 et 1562).

Pourpris i, 103 : jardin, jardin clos (ici le cosmos).

Poux (à long -) ii, 357 (loc. adv.) : d’ample respiration ; à longue haleine ; « poux » est une graphie pour « pouls », le battement des artères ; FEW ix, 560b : pulsus.

Predicament ii, 707 : terme de logique (du latin prædicamentum) : les prédicaments sont au nombre de dix (ce sont les dix catégories aristotéliciennes qui permettent de diviser l’ensemble du créé) énumérés aux v. 706-708 (voir Margarita philosophica, p. 131) : substance, quantité, qualité, relation, action, passion, quand, où, position, habitus.

Preine (brebis -) i, 677 (adj.) : pleine, enceinte ; FEW ix, 296a : praegnas ; attesté dans Cotgrave sous la graphie preigne.

Presse ii, 411 : foule, affluence.

Primerailles i, 698 : fruits précoces, légumes printaniers, prémices ; selon FEW ix, 378b : primarius, le mot est attesté uniquement chez Scève dans Délie ; c’est une erreur du FEW car le mot n’est pas dans Délie ; Hapax dans Microcosme.

Primerain (agneau) i, 710 (adj.) : premier-né, le plus ancien, l’aîné (FEW ix, 378b : primarius).

Primevere iii, 137 (subst. fém.) : printemps.

Principe ii, 719 : le début de l’oraison, l’exorde.

Principians iii, 490 (part. prés. du vb principier) : étant au principe de / principiant iii, 993 : faisant retourner à l’origine.

Profligé ii, 411 : mis en déroute, abattu, renversé ; pas dans DMF mais attesté à partir de 1532 selon FEW ix, 431a : profligere.

Prolation ii, 692 : prononciation, réalisation linguistique orale ; FEW ix, 439b : prolatio ; voir Délie, d. 157.

Proplastique iii, 468 : l’adj. « proplastique » n’existe dans aucun dictionnaire sinon dans le FEW ix, 35b : plasticus qui relève l’occurrence chez Scève en le supposant forgé sur plasticus, « qui concerne les ouvrages d’argile » ; on peut en déduire le sens suivant : malléable. Scève a-t-il aussi voulu jouer avec un calque français de protoplastus, (du grec protoplastos) « premier créé », adjectif latin plusieurs fois employé par Reisch (ex : p. 831) pour désigner les premiers parents : « protoplastos nostros Adam et Evam » à la manière des auteurs chrétiens médiévaux (voir Du Cange) ; « proplastique » est-il un mot-valise qui signifie à la fois malléable et premier créé (avec un jeu sur l’argile) ? Hapax.

Propre ii, 705 (logique) : du latin proprium, un des cinq universaux énumérés au v. 705 (voir entrée universel) et Margarita philosophica, p. 129) ; le propre s’oppose à l’accident.

Prospectiver (se) ii, 901 : être représenté selon la perspective mathématique.

Prouver i, 388 : faire l’épreuve de.

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Provide iii, 588 (adj.) : qui prévoit et pourvoit, attentionné ; FEW ix, 485b : providus ; déjà chez Jean Lemaire.

Provident ii, 142 ; iii, 34 (adj.) : prévoyant.

Quadrangulaire ii, 891 (subst.) (géom.) : tétraèdre, corps régulier à quatre angles solides.

Quadrant iii, 657 (subst.) : (astron.) Instrument astronomique formant un quart de cercle dont un des côtés porte deux pinnules de visée ; devant le limbe, gradué en degré, se déplace dans un évidement un curseur sous forme d’un secteur de cercle ; un fil de plomb est attaché au sommet ; il sert à la fois d’instrument géométrique et d’indicateur des heures inégales ; FEW ii-2, 1392a : quadrans.

Qualité : ii, 708 (logique) : du latin qualitas : un des dix prédicaments (= catégories) énumérés aux v. 706-708. Voir entrée Prédicament.

Quand II, 706 (logique) : du latin quando : un des dix prédicaments (= catégories) énumérés aux v. 706-708. Voir entrée Prédicament.

Quantes iii, 443 (adj. int.) : quelles, combien de.

Quantitative ii, 807 (subst. fém.) : la quantitative est ce qu’analysent les sciences du quadrivium : la grandeur continue (magnitudo) à savoir la géométrie, le mouvement des astres et la grandeur discontinue (multitudo) à savoir l’arithmétique et la musique ; voir Margarita Philosophica, p. 269.

Quantité ii, 707 (logique) : du latin quantitas : un des dix prédicaments (= catégories) énumérés aux v. 706-708. Voir entrée Prédicament.

Quatrivial ii, 810 : qui relève des sciences du quadrivium (en contexte : passage du « rang trivial » au « quatrivial ») ; Reisch parle de « triviales et quadriviales disciplinas », Margarita Philosophica, p. 689. Le mot quadrivium est inventé par Boèce dans L’Institution mathématique, ce que rappelle Reisch dans la Margarita philosophica, p. 269 ; voir Boèce, Institution arithmétique, 1, 1, 7, éd. J.-Y. Guillaumin, Belles Lettres, 2002, p. 8 : « Hoc igitur illud quadriuium est… » ; voir aussi entrée quantitative.

Quarrure (en -) i, 699 : en forme carrée.

Quinquemetre ii, 745 : vers de cinq pieds (voir entrées exametre et trimetre).

Quis iii, 891 (part. pass. de quérir) : recherché (sens scientifique).

Quotité ii, 824 (subst. fém.) : montant d’une somme, résultat d’une opération arithmétique ; FEW ii-2, 1547b : quot.

Raillans i, 617 (part. prés. du vb « railler ») : criant, hurlant pour un animal ; FEW x, 32a : ragere ; existe déjà au xive siècle.

Raire ii, 220 : raser.

Raison (par mesure et certaine -) ii, 751 : de façon mesurée et quantifiable (pour définir l’agencement du mètre poétique).

Rationaux (puissants -) ii, 874 (géom.) : reprise d’une expression latine de la Margarita Philosophica de 1535, p. 410 (Voir annexe II, ill. 5) : « potens in rationale », nom d’une ligne irrationnelle mais rationnelle en puissance, selon la géométrie euclidienne (cf. Livre x des Eléments) ; selon Huguet, hapax.

Rayer iii, 6 : rayonner.

Rebouché iii, 867 (part. passé) : le sens courant du mot est émoussé ; FEW, i, 583 a bucca ; ici, le sens fait

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problème dans le contexte (« marteau rebouché »).

Recès iii, 297 : marée descendante, reflux ; FEW x, 143b : recessus ; ici plutôt « éclipse ».

Recors (adj.) ii, 843 : se souvenant de.

Recru ii, 424 : épuisé.

Reduire S2 : condenser, abréger (au sens rhétorique).

Refleuronner S1 : refleurir.

Rembarrer iii, 137 : faire obstacle, mettre des barres à ; FEW i, 258a : *barr.

Rengreger (se) ii, 20 : se renforcer.

Resonner ii, 744 : faire sonner à nouveau.

Restaurement (de son erreur) i, 358 : réparation, effacement (de l’erreur) pour revenir à un statut originel de pureté ; voir en i, 440 : « restaurant le degast », même sens pour le verbe.

Restrainctes i, 438 (adj.) : resserrées, contenues.

Reth araigneux iii, 675 : araignée de l’astrolabe, c’est le nom donné à l’un des cercles de l’astrolabe, qui est percé à jour, et porte différents bras dont les extrémités marquent la position des étoiles. L’araignée tourne sur un planisphère où sont tracés les différents cercles auxquels on rapporte la position des étoiles, pour trouver leur lever et leur coucher. L’expression est déjà en français dès la fin du xive siècle ; voir dans la Margarita philosophica de 1535, appendices, p. 1382 « aranea vel rete ».

Revoquer iii, 24 : rappeler (en sa mémoire).

Roidement ii, 66 : rudement, durement.

Rompus (nombres) ii, 826 : nombres fractionnaires, fractions ; attesté dans FEW x, 567a : rumpere, dans Richelet 1680 ; 1re attestation selon FEW mais l’expression est déjà chez Peletier dans son Arithmetique.

Rouer iii, 257 : tourner, faire un cercle, ici la forme « est roué » signifie « est en rotation », FEW x, 496a : rotare ; voir pour l’infinitif, Délie, d. 42 ou 411.

Roueux (chariot) ii, 413 : qui a des roues, qui roule ; hapax selon Huguet, pas dans FEW.

Rouillans (yeux) ii, 418 : qui roulent ; dans FEW x, 507a : *roticulare : rouiller, rouler (les yeux) ; 1re attestation ?

Ruïneux ii, 186 : qui provoque la ruine, destructeur.

Sablon iii, 704 : sable.

Sacerdot(e) (subst.) : ii, 737 ; iii, 736 : prêtre, prêtresse.

Sacraire i, 200 : sanctuaire, reliquaire ; FEW xi, 40b : sacrarium ; déjà utilisé au xve siècle

Sacresaint ii, 737 (adj. composé) : sacrosaint ; qualifie ici le trépied de la pythie comme objet sacré.

Salmodier ii, 773 : psalmodier, art de chanter, notamment les psaumes, dans le rite juif et les rites chrétiens ; pas dans FEW avec cette graphie ; Huguet donne l’exemple de Scève comme hapax. De « psalmodiare » en latin ; on trouve en ancien fr. la forme « salmodie » pour le substantif à partir du xiie s. La graphie de Scève pourrait donc être à la fois un archaïsme et un néologisme.

Sapience i, 22 : sagesse ; du latin sapientia.

Satif (-ve) iii, 833 (adj.) : (agriculture) cultivé ; du latin sativus.

Sauteler ii, 416 : sauter violemment, s’agiter, sursauter / Sauteller ii, 560 : sauter à petits sauts ; existe déjà en Mfr.

Scabreux iii, 480 : difficile, raboteux ; du latin scaber.

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Scalene ii, 883 (adj.) : dont les trois côtés sont inégaux ; le mot « scalene » est chez Bovelles, Geom. prat., fo 14 vo et 15 vo, éd. 1547 et en latin dans la Margarita philosophica, p. 418. 

Scenographe iii, 652 : celui qui fait des cartes et représente des lieux / iii, 776 : celui qui dessine des sites, des édifices en perspective ; le mot est attesté selon FEW xi, 295b : scenographia pour la première fois en 1829 ! Le substantif « scenographie » est attestée en 1547 dans la traduction de Jean Martin du De Architectura de Vitruve, en i, 4 : « scenographie est l’adumbration ou renfondrement avec la racourcissure du front et des costez d’un Edifice, faicte par lignes qui respondent toutes a un Centre et cela se nomme communement Perspective », mais il n’emploie pas scenographe ; première attestation ici.

Scioterique (trait) iii, 706 : adj. forgé sur le nom grec du cadran solaire, sciotericon ; le « trait scioterique » est la marque des degrés et des minutes sur le cadran horizontal d’une lunette (ou le limbe d’un quadrant) pour observer le temps vrai au soleil ; FEW xi, 313a : sciotherion.

Scorte i, 676 : escorte ; de l’italien scorta ; déjà dans Délie, d. 417.

Secous ii, 368 (adj.) : subissant des chocs, secoué.

Sedentaires (arts) iii, 711 : du latin artes sellulariae : arts vils et métiers artisanaux nécessaires à la vie ; c’est la définition qu’en donne Politien dans son Panepistemon, qui ajoute au binôme habituel arts libéraux/arts mécaniques, les artes sellulariae pour évoquer le petit artisanat et les « métiers vils » comme la cuisine, l’art du cirque…

Sedulité i, 69 : empressement, application ; du latin sedulitas.

Seigneurier i, 160 ; ii, 196 ; iii, 933 : dominer.

Sein ii, 518 : golfe, baie ; du latin sinus.

Semiton ii, 948 ; ii, 950 (musique) : demi-ton ; du latin semitonium dans la Margarita philosophica, p. 343 sq.

Senestre (à) ii, 489 : à gauche.

Sens (bas) ii, 787 : synonyme de « bon sens », activité rationnelle non soumise à influence surnaturelle (par opposition à « fureur »).

Sentu i, 921 (part. passé) : senti.

Sextile iii, 392 (adj.) : sixième.

Seye i, 161 : soie(s) d’un porc, d’un sanglier, d’un âne ; FEW xi, 47b-49a : saeta.

Sferal ii, 880 (adj. subst.) (géom.) : angle créé par deux cercles qui se coupent ; du latin sphæralis ; voir Margarita philosophica, p. 411.

Siccité iii, 522 ; iii, 586 : sécheresse ; du latin siccitas.

Silentes i, 274 (adj.) : silencieuses ; du latin silentes ; voir Délie, d. 75, pour la même expression « umbres silentes » et d. 228 pour l’oxymore « silentes clameurs ».

Sillonner i, 651 : tracer des sillons, labourer.

Sinistres (esprits) i, 31 : mauvais esprits, ici les anges déchus.

Siroc iii, 646 : vent de sud-est, en franco-provençal, de l’italien Sirocco ; on trouve siroch dans Rabelais, Quart Livre ; voir FEW xix, 172a : sarqi.

Soler ii, 356 ; ii, 359 : pour un cheval, avoir le sabot muni, garni (d’ongle v. 356 ou de fer v. 359) ; voir FEW xii, 41b : solea ; ce n’est pas un hapax chez Scève puisqu’on trouve un peu plus tard : « La forme de leurs piez differe fort entr eux, / Pour autant

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que plusieurs les ont fenduz en deux, / Aucuns non : toutesfois tous solez d’ongle forte » dans La Création, poème hexaméral anonyme du xvie siècle, chant x, v. 25-27 (éd. Banderier).

Solide ii, 879 : en trois dimensions, ici « angle solide » par opposition à « angle superficiel »

Solider i, 126 : consolider (l’argile en y insérant os et chair).

Somme (en) iii, 25 : en résumé.

Songeart (le) ii, 315 (adj. susbt.) : le songeur.

Sonner ii, 912 ; ii, 927 ; i, 930 : chanter, faire de la musique (voir entrée resonner).

Soucieux iii, 191 : curieux, attentif.

Soudain à ii, 130 (adj.) : prompt à.

Soulacieux ii, 421 : qui soulage, donne du réconfort.

Soulageux ii, 190 : qui soulage.

Soulas i, 785 ; i, 18 ; ii, 513 et passim : plaisir, réconfort.

Souloir i, 424 ; ii, 12 : avoir l’habitude.

Soustenement iii, 726 (arch.) : soutien (terme employé par Jean Martin dans sa traduction de Vitruve en 1547).

Speculant ii, 921 (sens musical) : ayant une approche intellectuelle de la musique ; voir entrée ci-dessous.

Speculative (musique) ii, 920 : il s’agit de la théorie musicale (musica speculativa est le titre d’un traité de la Margarita philosophica, Liber v, tractatus 1) ; cette théorie musicale se distingue de la pratique musicale.

Spyre iii, 223 (astron.) : un parallèle ? Nulle attestation de ce mot dans un sens astronomique ; spire (de speira en grec) désigne une spirale en architecture ; Jean Martin y recourt dans sa traduction du De Architectura de Vitruve, 1547, fo 47 vo ; dans les dictionnaires du xixe siècle comme La Châtre et Larousse, « spire » a le sens aussi en géométrie de « un seul tour d’une ligne spirale », donc pourrait représenter un parallèle en astronomie ; pas dans Reisch, hapax.

Squadron ii, 411 : escadron (de l’italien squadrone).

Strage i, 845 : carnage, massacre (du latin strages).

Styptique iii, 380 (adj.) : astringent ; vient du latin stypticus ; voir Margarita Philosophica, p. 627.

Suasion ii, 239 : persuasion.

Substance ii, 707 : terme de logique (du latin substantia) : un des dix prédicaments (= catégories) énumérés aux v. 706-708. Voir entrée Prédicament.

Succeder i, 754 : revenir en succession à quelqu’un (?).

Succès ii, 695 : progression, cheminement.

Successif ii, 680 : qui se transmet (c’est le propre du savoir).

Suffisance ii, 208 : capacité.

Suivir ii, 732 : suivre (les autres occ. à l’infinitif apparaissent sous la forme « suivre »).

Surjoint i, 309 (utilisé en incise entre parenthèses) : de plus, ajouté à cela que.

Superbe i, 332 ; ii, 175 ; ii, 228 (adj.) : orgueilleux (latinisme).

Superficiel ii, 879 (adj.) : plan, en deux dimensions (en géométrie) par opposition à « solide », en trois dimensions ; ici « angle superficiel » par opposition à « angle solide ».

Superflu ii, 837 (mathém.) : [nombre] abondant ; l’origine du mot est dans la Margarita philosophica, p. 273 : « de numero superfluo, diminuto et perfecto » ; nous disons aujourd’hui « nombre abondant », « déficient » et « parfait » pour définir le rapport d’un nombre

349

avec la somme de ses facteurs ; si la somme est inférieure au nombre, il est déficient (tel le 8), si elle est supérieure, il est abondant (tel le 12), si elle est égale, il est parfait (tel le 6) ; voir entrées diminue et parfait.

Supernel i, 962 : céleste (FEW xii, 442b : supernus) ; déjà utilisé aux xive et xve siècles

Suspend ii, 242 (adj.) : hésitant.

Tablette iii, 663 et iii, 672 (astr.) : chacune des deux plaques fixées perpendiculairement aux deux extrémités de l’alidade d’un astrolabe et percées de trous pour la visée (synon. de « pinnule ») ; voir Margarita Philosophica, p. 1367 (tabula).

Taille (basse -) iii, 789 : la « basse taille », par opposition à la « taille en bosse », est une manière de sculpter des bas reliefs, c’est-à-dire des objets qui ont peu de saillie (par opposition au haut relief) ; voir Félibien, Des Principes de l’architecture, de la sculpture, de la peinture…, p. 302.

Tant (un) ii, 389 (loc. adv.) : un peu.

Tarde ii, 673 ; iii, 239 (adj. fém.) : qui a du mal à opérer promptement, lente, tardive.

Tempesteux ii, 38 ; iii, 919 (adj.) : tempétueux ; on trouve l’adj. chez Christine de Pizan.

Tendron i, 610 : à l’origine jeune veau et, par extension, jeune enfant ; FEW xiii-1, 208a : tener.

Tesniere i, 629 : tanière.

Terminer iii, 77 : donner un nom (ici un nom mythologique) ; voir l’emploi latin dans La Magnificence de la superbe et triumphante entrée…, 1549, fo D3ro : « Nomen qui terminat Astris ».

Terrestreté iii, 575 (subst.) : éléments terrestres (dans la mer) ; le mot vient du latin de la Margarita philosophica, p. 599 ; il est attesté en français chez Paré ; dans le Cotgrave, 1611, il apparaît sous deux graphies, celle-ci et terresterrité ; FEW xiii-1, 262b : terrestris.

Terretrembles iii, 414 (mot composé) : tremblement de terre, attesté en 1477 sous la forme terretramble dans la Passion d’Auvergne, c’est un occitanisme, v. FEW xiii, 251a : terra.

Theme ii, 701 : (terme de logique) propos qu’on entend développer, le sujet, le thème ; s’oppose au prédicat (ce qui est dit du thème).

Thetrahedre ii, 893 (géom.) : graphie pour tétrahèdre (tétraèdre aujourd’hui), solide à quatre faces ; on trouve tetraedron chez Bovelles en 1547 ; voir FEW xiii-1, 288b : tetraedron, 1re attestation de graphie chez Scève.

Theoreme ii, 860 : proposition scientifique qu’une démonstration rend évidente. Le mot est récent en français, attesté depuis 1539 dans Le Troisième livre de la méthode thérapeutique de Jean Canappe. On trouve chez Rabelais « Teoremes de medicines » ; (Tiers livre, xiv, 1546). Le mot entre en français via la médecine et non via les mathématiques, ainsi quand Bovelles donne la définition du théorème de Pythagore, il l’appelle « proposition », Géométrie pratique, 1547, fo 16 vo. En revanche, il est associé à la géométrie par Scève, qui suit Reisch, énonçant des theoremata (ex : p. 431, 433, 439).

Theoremés ii, 900 : définis selon une proposition scientifique qu’une démonstration rend évidente.

Theorique iii, 624, (adj.) dans l’expression « théoriques des arts » : désigne le caractère scientifique

350

d’une connaissance qui donne des compétences pratiques / iii, 705-706 « theorique du trou et du filet » : Scève décrit ici en s’amusant (« tenter la théorique du trou et du filet ») un type d’horloge, l’horloge sciotérique ou horloge au soleil qui permet la recherche de l’heure par la position du soleil ; on se sert d’un quadrant (quart de l’astrolabe) ou du dos de l’astrolabe dans l’anneau duquel pend un fil à plomb pour mesurer les degrés et les minutes que marque le fil sur le limbe gradué du quadrant ; voir Pierre Humbert, « La détermination des coordonnées géographiques au début du xviie siècle » dans Ciel et Terre, vol. 54, 1938, p. 233-237 et Margarita philosophica, p. 1349, qui décrit l’usage du fil sur le « quadrant » : « si velis scire declinationem solis … pone filum super gradum in quo est sol… »).

Tintinnant ii, 972 (part. prés.) : tintant, résonnant, sonore. « Acier tintinant ; Clairon ou cleron tintinant ; voix tintinante » (La Porte, Epith., 1571.).

Tortu ii, 437 (adj.) : qui fait des méandres / iii, 844 : tors.

Tourment ii, 190 : du latin tormentum : machine de guerre, instrument de torture (avec un jeu sur le sens figuré).

Tournellé ii, 507 (adj.) : qui porte une « tournelle », c’est-à-dire une petite tour ; (FEW xiii-2, 436a : turris) ; hapax.

Tournoyé iii, 789 : tourné (terme de sculpture)/ Tournoyé (de) iii, 831 : entouré (de).

Tournoyer ii, 434 ; iii, 709 : faire le tour.

Torquete iii, 654 : (subst.) du latin torquetum ; instrument d’astronomie, décrit et même dessiné dans un des appendices à la Margarita Philosophica de 1535 sous le titre Formatio torqueti, p. 1424-1425. Il sert à représenter le mouvement de l’horizon par rapport à l’équateur. Hapax en français car aucun dictionnaire ne l’enregistre. Un torquetum figure sur le tableau d’Holbein, « Les Ambassadeurs », 1533.

Tragede (bouc -) ii, 760 (adj.) : consacré à la tragédie (du grec tragos qui signifie bouc, d’où le pléonasme ici) ; le subst. tragede pour désigner un acteur tragique est déjà attesté dans La Rhétorique de Fouquelin (1555) ; voir Teresa Jaroszewska, Le Vocabulaire du théâtre de la Renaissance en France, Łódź, 1997, p. 221.

Transi i, 999 (adj.) : mort.

Trapesie ii, 887 : trapèze (voir mensule), non attesté dans les dictionnaires, hapax sous cette forme. Trapeza, en grec, désigne la table, en latin mensa ; Bovelles recourt à la forme « trapèze » en 1547.

Travail S1 ; i, 881 ; iii, 691 et passim : labeur pénible, tourment.

Traversant (le) i, 71 (subst.) : sens incertain : la ligne de course du soleil dans le système ptoléméen ; nulle attestation dans les dictionnaires.

Traverser ii, 127 : placer en travers (pour la flèche sur la corde de l’arc).

Traversier i, 463 : (subst.) poutre traversière, mur transversal ; FEW xiii-2, 221a : transversarius/ Traversiers iii, 647 (adj.) : qualifie les vents qui traversent la Méditerranée.

Trempe ii, 194 (subst. fém.) : immersion dans l’eau froide (la « trempe ») d’un alliage d’abord chauffé à haute température (voir « acerer ») ; le mot « Trempe » et sa technique sont évoqués dans Délie, d. 343.

Triglice iii, 734 (archit.) : graphie pour

351

« triglyphe », ornement de la frise dorique creusé de rainures verticales, placé à l’extrémité des solives posées sur l’architrave (voir note dans le texte) ; on trouve triglisse en 1550 dans Raison d’architecture antique, extraite de Vitruve… traduicte d’Espagnol en françoys, Paris, Imprimerie de R. Chaudiere et Claude son filz, fo 37 vo ; en revanche, Jean Martin dans sa traduction de Vitruve (1547) n’utilise jamais « triglice » et toujours « triglyphe », on trouve « trigliphes » dans les Reigles générales de l’architecture traduites de Serlio en 1545, fo 17.

Trigone iii, 373 (astrol.) : aspect de deux planètes séparées par un angle de 120° (tiers du zodiaque) ; déjà chez Oresme vers 1377.

Trilatere ii, 882 (adj. subst.) : qui a trois côtés, FEW v, 205b : latus ; 1re attestation.

Trimetre ii, 745 : vers de trois pieds.

Trine i, 1 ; i, 24 (adj.) : trois / iii, 392 : troisième.

Trions (sept) iii, 109 (subst.) : les sept étoiles formant la constellation du Septentrion ou Petite Ourse, à laquelle appartient l’étoile polaire ; mot formé sur septem + triones, littéral. « les sept bœufs de labour » comme l’explique la Margarita philosophica, p. 544. Scève restaure l’étymologie en séparant les mots ; FEW xi, 481b : septentrio.

Triplicité iii, 369 (astron.) : groupement de trois signes, rattachés au même élément qui, joints par des droites, forment un triangle équilatéral inscrit dans le cercle zodiacal ; on trouve triplicitas dans la Margarita Philosophica, triplicité dans les Centuries de Nostradamus.

Tripode ii, 737 : trépied. Déjà attesté chez Octovien de Saint-Gelais dans sa traduction de l’Eneide ; FEW xiii-2, 298b : tripous.

Triser ii, 114 : obtenir par frottement, par trituration ; FEW xiii-2, 308 a : tritiare ; néologisme à partir du latin chez Scève, dès Saulsaye en 1547, au v. 687, vers traduit de la silve Rusticus de Politien : trisé = extritum.

Trivial ii, 809 : qui relève des sciences du trivium (très clair en contexte : passage du « rang trivial » au « quatrivial » ; voir quatrivial), Reisch parle de « triviales et quadriviales disciplinas », Margarita Philosophica, p. 68.

Trop (Par -) ii, 177, ii, 211, ii, 237 et passim : beaucoup trop.

Tropiquant iii, 139 : part. prés. forgé sur le subst. tropique pour les besoins d’un jeu de mots sur le tropique du Cancer « trop piquant » (rime équivoquée) ; hapax. Le verbe tropiquer n’existe selon le DMF qu’avec le sens d’argumenter, discuter (en usant de tropes).

Trop plus i, 301 ; i, 359 ; i, 639 et passim (douze occurrences au total) : renforcement de l’adverbe intensif = vraiment très.

Tuition iii, 458 : protection ; du latin tuitio.

Universel ii, 703 (logique) : du latin universale ; il s’agit de ce qui existe dans plusieurs « comme l’animal dans l’homme et dans l’âne » ; il existe cinq universels énumérés au v. 705 (voir Margarita Philosophica, p. 125 : « universale pro fundamento est quod aptum est esse in pluribus : ut animal in homine et asino […] Sunt autem universalia quinque : scilicet genus, species, differentia, proprium et accidens »).

Usuaire i, 644 (adj.) : qui se transmet

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pour usufruit ; qui est commun à une communauté ; FEW xiv, 82b : usuarius ; attesté depuis 1536.

Usiter (s’) ii, 970 : s’entraîner, s’habituer

Usure S2 : intérêt, profit.

Vaguer ii, 542 : faire des vagues (ici), flotter sur les vagues (ce deuxième sens est celui des d. 164, 243, 260 de Délie) ; FEW xvii, 418a : vagr.

Vaisseler iii, 795 : transformer (du fer) en vaisselle ; néologisme.

Varquer (se) ii, 578 : aucune mention dans les dictionnaires. C’est un italianisme, de varcare = passer, traverser (Dante, Purg. xix, 43, Pétrarque, Canz., sonnet 200…) ; Hapax en français.

Vefve i, 821 (adj. masc.) : veuf (voir Délie, d. 363).

Veneur iii, 143 : chasseur.

Venuste iii, 266 (adj.) : plein de grâce, du latin venustus.

Vespertin(e) iii, 304 (adj.) : du soir ; voir Margarita philosophica, p. 630-631 : vespertinus.

Vesture ii, 603 : vêtement.

Viande i, 503 : toute nourriture ; du latin vivanda.

Vinée iii, 133 : production de vin.

Visée (getter sa -i, 578 : jeter la vue.

Viste i, 425 (adj.) : rapide.

Visuale (ligne -) iii, 684 : en optique, la ligne ou le rai qu’on s’imaginait s’étendre de l’œil à l’objet vu (du latin linea visualis) (chez Reisch).

Voise i, 694 : verbe « aller », forme de subjonctif présent à la 3e pers. du sing. = aille.

Volte ii, 388 : tour ou demi-tour ; italianisme (de volta).

Voluteau iii, 748 (archit.) : volute ; néologisme de Scève ? Le mot « voluteau » n’est enregistré par aucun dictionnaire ; Jean Martin dans sa traduction de Vitruve en 1547 ne recourt qu’à « volutes ». Dans Délie, d. 418, Scève choisit l’expression « corroyes heliques » de sens proche de « heliques voluteau » : il s’agit dans les deux cas d’ornements spiralés sur le chapiteau de la colonne corinthienne.

Voulentaire iii, 712 : fruit de la volonté, choisi sans nécessité (ici, métiers qui répondent à des besoins non nécessaires ; s’oppose à « necessiteux ») ; voir note.

Vousseau iii, 757 (archit.) : graphie pour « voussoir » ; chacune des pierres qui forment le cintre d’une voûte. Voussoir est plus usité que Vousseau.

Voutoyé i, 40 ; iii, 832 : arrondi, disposé en forme de voûte, 1re attestation, exemple donné dans GDF et FEW xiv, 621b : volvere, qui cite Scève.

Vueil i, 72 ; ii, 230 ; iii, 15 : volonté.

Vulgue ii, 400 (subst.) : la populace ; du latin vulgum.

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Annexe au glossaire :
les 117 adverbes en -ment de Microcosme

aigrement

allegrement

amplement

ardemment

autrement

bellement

blanchement

brievement

bruyamment

cauteleusement

chaudement

clerement

convenamment

coyement

cruellement

delectablement

deliément

despiteusement

desertement

devotement

dextrement

dignement

distamment

distinctement

diversement

divinement

doctement

dolemment

doublement

doucement

durement

esblouïssamment

efforcément

ensemblément

estrangement

faintement

fertilement

fierement

flechiblement

fortement

froidement

furieusement

gayement

gentement

gramment

grandement

gravement

greslement

habilement

habitablement

hautement

heureusement

horriblement

humidement

incultement

infiniment

inutilement

irregulierement

isnellement

jounellement

justement

largement

legerement

lentement

longuement

maigrement

mesmement

mesurément

mignardement

mignonnement

miserablement

moderément

mollement

mornement

mortellement

naturellement

noblement

ornement

outrageusement

peniblement

pesamment

piement

plaisamment

povrement

premierement

proprement

providemment

pudiquement

puissamment

roidement

rondement

rougement

rudement

rustiquement

saintement

semblablement

sensiblement

seulement

seurement

simplement

soigneusement

subtilement

suivamment

tacitement

tardement

tardivement

tellement

temperément

tendrement

tristement

uniment

vainement

vermeillement

vistement

vivement

voisinement

vrayement