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Table des matières

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  • ISBN: 978-2-8124-5267-3
  • ISSN: 2114-1223
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-8124-5267-3.p.0791
  • Publisher: Classiques Garnier
  • Parution date: 02-28-2007
  • Language: French
Free access
Support: Digital
791 TABLE DES MATIÈRES
PRÉSENTATION 7 PREMIÈRE PARTIE LA MORT INTRODUCTION 11
CHAPITRE III - D'UN SIÈCLE À L'AUTRE : L'ENTRÉE DANS L'HISTOIRE 17
I - LA NOTION DE PLÉIADE APRÈS 1585 17 L'apothéose de Ronsard. Cl. Binet et la naissance du « mythe » de la Pléiade. Persistance de ce « mythe » à l'intérieur d'une tradition savante. - La notion d'École ronsardienne : image commune d'un groupe qui s'impose dès la fin du XVIe siècle.
II - PREMIÈRE IMAGE POSTHUME DE LA PLÉIADE :
L'ÉCOLE HÉROÏQUE DE 1550 22 L'image d'une « Pléiade » héroïque élaborée par les humanistes.
La coupure historique de 1550 25 Les précurseurs infortunés : les Marotiques, M. Scève et l'École lyonnaise, J. Peletier - Le sort singulier de Pontus de Tyard.- L'image de la Révolution de 1550.
Le bilan posthume de la Pléiade 30 Un critère fondamental : la notion d'« initiateur ». - L'« initiateur » par excellence : Dorat. - La distinction entre Coqueret et Boncourt. - La Péruse, Jodelle et Belleau. - L'« heureux triumvirat » de Coqueret : Du Bellay, Baïf et Ronsard. - Conséquences du prejugé humaniste.
III - DE L'IMAGE D'UNE ÉCOLE À CELLE D'UNE PÉRIODE 42
L'élargissement de la Pléiade. 42
La « seconde volée ». Sort comparable des successeurs et des précurseurs. L'incorporation de Jamyn et de Garnier. L'« embrigadement » de Desportes et la confusion des générations. - L'assimilation de Florent Chrestien et de Du Bartas. Unanimité des milieux protestants et catholiques. L'aube de d'Aubigné. - L'image de l'École ronsardienne
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s'hypertrophie : l'enrôlement de disciples attardés. - La gloire de Ronsard éclipse partiellement la mémoire de ses satellites. - L'image d'une École se confond avec celle d'une période de l'histoire littéraire.
Un âge d'or révolu 48 Le prolongement de l'idolâtrie ronsardienne jusqu'au début du XVIIe siècle. L'éloignement de la Pléiade : les admirateurs et les éditeurs de Ronsard préparent la rupture. L'obsession d'une décadence fatale de la littérature et de la civilisation. Motifs de ce pessimisme : crise politique et littéraire. Malherbe confondu avec les poètes « baroques »; deux critiques qui remontent à Ronsard : « enflure » et « mignardise ». Une philosophie de l'Histoire.
Une certaine poétique 62 La poésie ronsardienne définie par les humanistes de la fin du siècle : prédilection pour la « doctrine » et la grandeur. Sens du mot « doctrine » : son évolution. - Opposition entre poésie grave et poésie légère. Secret dédain des Amours. Critique des « émendations » de Ronsard. - Image compromettante que les humanistes donnent de la poétique de la Pléiade.
CHAPITRE II. LE TOURNANT DE L'OPINION (1600-1628) 69
I - L'ÉVEIL DE L'ESPRIT MODERNISTE JUSQU'À MALHERBE : MÉTAMORPHOSE DE L'IMAGE DE LA PLÉIADE 70
Découverte de la notion de progrès en littérature. Réaction des historiens contre le pessimisme humaniste. Les promesses d'un renouveau poétique. Le goût de la « douceur ». Ruine du mythe de l'âge d'or chez Des Yveteaux, Du Perron et Deimier. La Pléiade considérée comme une aurore.
II - MALHERBE ET L'OPINION (1605-1620) 78
Régnier et Malherbe : sens et portée du débat 78 Ce que Régnier reproche à Malherbe : son mépris aveugle de l'« antiquaille » et son parti pris de « nouvelleté »; son culte exclusif de la technique et de la règle. - L'idéal de la liberté dans l'art selon Régnier : ses limites; les « licences » et la théorie des « négligences ». Le débat n'est point entre l'anarchie et la discipline, mais entre le « goût » et la doctrine. Malherbe instaure le rationalisme, mais aussi le conformisme du « bon goût ».
Le retentissement du débat 83 Silence des Maiherbiens et apathie des Ronsardiens. - Naissance d'une opposition à Malherbe, dominée par Cl. Garnier et A. Hardy : le problème de la liberté devient le centre du débat. - Les Ronsardiens ne prennent pas au sérieux les insolences de Malherbe à l'égard de Ronsard : disproportion réelle des forces en
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présence; Malherbe considéré comme un « versificateur » et un baroque décadent. - La fin de la cour de la reine Marguerite : dispersion des Ronsardiens.
Le mouvement de l'opinion 93
Éditions des poètes du XVIe siècle entre 1600 et 1620. - Diversité de l'opinion. - Les problèmes posés : situation de la Pléiade dans l'histoire; art ancien et art moderne; les « licences » et la régularité. - Les partisans des « anciens » l'emportent. Révérence de Malherbe pour le « génie ».
III - LA CRISE : L'ÉPOQUE DE THÉOPHILE (1620-1628) 99
AJ THÉOPHILE ET LE MODERNISME LIBERTIN 99
La position de Théophile 99
Le premier acte d'accusation publique contre Ronsard : la Préface de la Première Journée (1623). Le modernisme de Théophile : son admiration pour Malherbe; critique de Ronsard, de la poésie humaniste et de l'imitation en tant que telle. - Son idéal de liberté : critique du dogmatisme esthétique de Malherbe; admiration profonde du « génie » de Ronsard.
Autour et au-delà de Théophile 105 La génération de 1620. Développement d'un mouvement d'opposition à Malherbe, unissant l'idéal moderniste à l'exigence de liberté. Mais les Théophiliens se rallient progressivement à Malherbe. Sévérité croissante à l'égard de Ronsard. Gomberville. Besançon. Sorel. Angot de l'Eperonnière. Les seuls véritables fidèles de Théophile sont Boisrobert et Saint-Amant : ce dernier condamne violemment la poésie humaniste, mais admire profondément Ronsard.
B/ COLLUSIONS ET DIVERGENCES 113
Les « Ronsardiens » 113 Ils forment une cabale contre Théophile; leurs attaques : le Satyrique françois (1623) et l'Atteinte (1624). - Développement d'une polémique anti-moderniste entre 1624 et 1626 : Cl. Garnier, A. Hardy, N. Frénicle, M. Marillac, Cotignon de la Charnaye, de nouveau Hardy, et Mlle de Gournay. Cette polémique suscite peu de réactions. - Echec des Ronsardiens : ils se trompent d'adversaire, s'allient aux défenseurs de l'ordre contre la licence et ressassent des critiques périmées. Leurs coups portent sur les « ultras » plutôt que sur Malherbe. Ils sont contraints aux concessions.
L'Humanisme chrétien 123 Les humanistes dévots s'opposent à Théophile en tant qu'humanistes et chrétiens. Ronsard, type du grand poète humaniste et catholique pour Carasse, Hilarion de Coste, Camus, Binet. Leur argumentation vient de Du Perron; la théorie de la « conversion des Muses ». - Cependant l'humanisme chrétien est un humanisme moderne : efficacité
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apologétique de la « douceur ». Divergences avec le parti ronsardien. - La plupart de ces humanistes dévots gardent néanmoins le culte de la liberté et du « génie ».
Malherbiens et « ultras » 131 Les « Puristes » de chez Piat Maucors. Partisans de la prose poétique, ils sont en fait plus opposés à Balzac qu'à Malherbe. Ils reprennent les critiques de ce dernier contre Ronsard et plus encore contre les Ronsardisants. - Pourtant, ils reprochent à Malherbe son manque de « génie ». Ils condamnent moins le principe de l'imitation que la technique servile de Ronsard; ce faisant, ils annoncent l'esprit classique.
CHAPITRE III. LE DÉNOUEMENT (1628-1640) 137
I - LA FIN DES LITIGES 137 La mort de Malherbe et son triomphe. - Les deux dernières querelles. La première, opposant A. Hardy à J. Auvray et P. du Ryer, prouve l'impuissance des Ronsardiens. La seconde, entre Balzac et le P. Goulu, résout le problème de l'imitation des Anciens : en dégageant le principe de l'imitation libre, Balzac désarme les Ronsardiens et assure la victoire du Goût sur l'Humanisme. Condamnation implicite de la Pléiade. H. d'Urfé et Ogier fondent l'imitation moderne sur la relativité du goût; Ogier condamne allusivement la Pléiade. - Après Ogier, N. Faret fixe les rapports du « génie » et du « jugement ». - Un bilan critique de l'oeuvre de la Pléiade : la préface de Godeau aux Œuvres de Malherbe (1630).
II - LE GOÛT ET LES GOÛTS 151
La Province 152 Retard de l'opinion. Premières réactions polémiques après 1623. Les satiriques normands. Vogue nouvelle de Ronsard comme « Bembo français ». La province adopte Malherbe et associe son nom à ceux de Ronsard et de toute la Pléiade. - Polémiques à retardement. - La fin de l'influence de la Pléiade.
L'Humanisme 158 Étendue et diversité de la tradition humaniste. Milieux universitaires en province et à Paris. Le Collège de Boncourt. Le Collège Royal. Le cercle des Du Puy et celui des De Mesmes : filiation directe entre ces humanistes et les « doctes » de la fin du XVIe siècle. Les goûts : culte de la Pléiade, de l'Antiquité et de la liberté dans l'art. - Humanisme et Modernisme. Chapelain et l'Académie. Le sens de l'histoire. Colletet. Le P. Mersenne. - Avènement de l'histoire littéraire. Du Ryer; Colletet; Ménage. La « résignation » des humanistes.
Les « Illustres Bergers » 174 L'esprit de conversation ou d'« entretien ». - Les vieux Ronsardisants. Une lecture de Ronsard fait l'effet d'une
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révélation. - Les Modernes : Malherbe, Godeau et « Arcas ». - Les Ronsardiens modernes, le « coeur » du groupe. Les contradictions de Mauduit; celles de Villeneuve et de l'Estoille. Le double culte de Malherbe et de Ronsard. Attitude de Malleville; Ronsard garant des « licences ». Colletet et Frénicle : l'union de l'art et du génie.
Le « Goût » contre le « Bon Goût » 181
L'opposition moderne à Balzac. Décadence de la poésie. Réaction de Desmarets. Discours de Colomby et de Racan à l'Académie : les Malherbiens défenseurs de la Pléiade. L'apologie de la Poésie et de la « Fureur ». Voiture. Vers une distinction de genres. La Ménardière.
LIT - LA CONTROVERSE ENTRE BALZAC ET CHAPELAIN 188 Le ton. La lettre latine de Balzac à Silhon : jugements critiques et schémas historiques. - La Controverse. Balzac étonné. Audace de Chapelain : Ronsard rival des Modernes. Riposte de Balzac. La dernière lettre de Chapelain : palinodie; effort de conciliation : le « génie » et le « jugement »; dernières audaces. Ronsard condamné.
ÉPILOGUE 201 Après 1640, la question de Ronsard est classée. L'influence de Balzac. Situation de la Pléiade : image historique et littéraire. Ronsard baroque, burlesque, précieux.
DEUXIÈME PARTIE
L'ÉVOCATION
CHAPITRE I. DE L'OUBLI AU SOUVENIR (1778-1813) 211 I - CE QU'ON APPELLE « L'OUBLI »
La Tradition érudite 211 L'érudition régionaliste. Erudits à l'étranger. L'Académie d'Isaac Bullard. - Avènement de l'esprit critique. Teissier et ses « Additions ». Baillet : bilans de l'opinion. Le P. Niceron choisit dans Baillet les jugements les plus sévères. Bayle : la biographie critique; guerre aux légendes; comment il contribue au discrédit de la Pléiade. L'abbé Goujet : une synthèse.
La critique historique 220 Le Recueil de Fontenelle : le principe d'une anthologie historique; le « dépouillement » du goût; reflet du goût classique et prédilection pour la poésie galante. - Les trois degrés d'indulgence de la critique historique. La sévérité limitée à l'ouvrage : louables intentions de Ronsard; le « génie » sans le « goût ». L'indulgence positive : Ronsard pré-classique  ? De l'utilité du mauvais goût. La critique compréhensive fondée sur
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la relativité : hostilité à Ronsard : l'abbé du Bos excuse le public du XVIe siècle aux dépens de Ronsard. Un admirateur isolé : Vaillant.
Le règne du « Bon Goût » 232
L'indifférence, forme d'« oubli ». - L'esprit moderne, allié du « Bon Goût », renchérit sur la condamnation de Ronsard. Critique de la « naïveté ». Marot, « l'Anti-Ronsard ». - Voltaire, arbitre du « Bon Goût ». Le mythe du « Grand Siècle ». La Pléiade exclue de notre histoire littéraire. Le Théâtre, genre privilégié : sort de Jodelle. - L'esprit philosophique : le dédain du XVIe siècle « obscurantiste ». D'Alembert et Condillac revalorisent l'Erudition renaissante, mais condamnent la Pléiade : le « goût », « aurore » de la Philosophie.
II - DE SAUTEREAU DE MARSY ET IMBERT À LA HARPE 239
Les Annales poétiques (1778) 239 Origine de cette publication. Le dessein historique; le goût des « exhumations ». - La Pléiade comme Révolution dans l'histoire de la Poésie. Une « dialectique » des fortunes littéraires : l'infaillibilité de la postérité récusée. - Les minores de la Pléiade : bilans nuancés : critique de sympathie, sans enthousiasme. - Du Bellay et Ronsard : poètes de « Génie ». Renouvellement de l'image de Du Bellay. Le point névralgique de la question de Ronsard : la langue; hésitation de de Marsy. Le choix des textes. - Retentissement des Annales. Emerveillements et rétractations de Geoffroy. Influence de De Maray.
Réaction de la critique dogmatique : La Harpe 252 La Harpe prend à partie les éditeurs des Annales; motifs personnels et littéraires. À travers Ronsard, il vise la littérature moderne. Critique de la versification; les partisans du vers libre. Critique de la langue : le mouvement archaïsant. Les « nouveaux Ronsards ». L'envers de la critique d'indulgence. La critique vétilleuse. La théorie des beautés éparses. - Influence de la Harpe. Dogmatisme littéraire des Révolutionnaires : mépris et ignorance de la Pléiade. A. Chénier.
III - UNE RENOMMÉE DISCUTÉE JUSQU'EN 1813 257
Évolution de la critique classique 258 Restauration des « antiquités gauloises » comme rempart contre les périls de l'anglomanie et de la germanomanie. Archaïsme contre néologisme. Dussault, Estimbert, de Féletz brandissent le drapeau du nationalisme littéraire : origines gauloises du génie classique. Ronsard n'est pas français : article de Dussault. - Réhabilitation partielle de l'histoire et de la littérature du XVIe siècle sous le signe du Pré-classicisme. La « naïveté » et l'« énergie », vertus inquiétantes du style gaulois. Redécouverte
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des poètes du XVIe siècle. Proscription de la Pléiade, à l'exception de Du Bellay. Prédilection pour Marot. Scrupules de Ginguené.
Une nouvelle tentative de réhabilitation : Guizot (1813) 263 L'Introduction à une Vie des poètes français du Siècle de Louis XIV. Guizot ou Pauline de Meulan  ? Le principe : continuité et nécessité de l'évolution littéraire. Guizot découvre dans la Pléiade l'« avant-garde » du classicisme. L'oeuvre de Ronsard justifiée historiquement. Ronsard précurseur de Malherbe. Le mépris des Classiques expliqué. - La tentative reste sans échos : rares comptes rendus dans la presse; tous méconnaissent les intentions de Guizot.
La période qui va de 1778 à 1813 est celle des occasions manquées.
CHAPITRE II. PRÉJUGÉS NOUVEAUX 271
I - LA CRITIQUE ALLEMANDE ET LA DÉCHÉANCE DE
LA RENAISSANCE FRANÇAISE 272
La Renaissance et « la Romantique » 273 La théorie historique de Sismondi. La Renaissance française, fondatrice du Classicisme : pierre d'achoppement de la civilisation romane ou « romantique ». Notre Renaissance opposée d'une part au Moyen Âge, de l'autre aux civilisations européennes, héritières de « la Romantique ». - Les critiques de Schlegel et le silence de Mme de Staël.
Le rebut des Classiques et des Romantiques 275 La riposte des critiques français : ils rejettent sur la Pléiade les griefs de la critique germanique contre le classicisme. Mme Necker de Saussure, la propre traductrice de Schlegel, oppose. l'imitation servile de la Pléiade à l'imitation libre et « française » de nos grands classiques. Les critiques classiques reprennent son argumentation. Brifaut, Dussault, Jay, Saint-Chamans repoussent la paternité infâmante de la Pléiade, en la renvoyant à la barbarie « gothique », c'est-à-dire « romantique ».
II - PRÉJUGÉS HISTORIQUES ET POLITIQUES 277
Préjugés libéraux et royalistes 278
III - PRÉJUGÉS LITTÉRAIRES 279
Persistance du préjugé classique 279 L'histoire littéraire ignore le XVIe siècle, à l'exception de Marot pour la poésie, de Rabelais, Montaigne et Amyot pour la prose. Le manuel scolaire de Noël et de La Place. Le XVIe siècle jugé par De Féletz au nom de l'Académie. Condamnations sommaires de Ronsard. Sentences de Daunou, mépris de François de Neufchâteau. Un discours de distribution
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des prix au concours général en 1822 : triste bilan du XVIe siècle. Le concours académique de 1822 sur « la restauration des lettres » : ignorance des lauréats; leur mépris pour la Pléiade. Dictionnaires et anthologies poétiques.
Le préjugé romantique 291 Le XVIe siècle, siècle de décadence littéraire d'après Villemain, Abel Hugo, de Pétigny et Sainte-Beuve. Le mépris des Romantiques pour Ronsard est aussi sommaire que celui des Classiques : V. Hugo, Duvergier de Hauranne, Stendhal, Nodier sont unanimes. Attitude typique d'E. Deschamps. - Les sources de ce mépris : a/ le nationalisme chrétien : Ronsard a détruit la véritable tradition française du Moyen Âge; le « manifeste » de Guiraud; violent réquisitoire de Nodier contre le paganisme de la Pléiade. - b/ le « classicisme des Romantiques » : le pré- classicisme barbare de la Pléiade assimilé au post-classicisme du XVIIIe siècle par opposition au vrai Classicisme du Grand Siècle. Que les révolutionnaires de 1789 ont « ronsardisé ».
CHAPITRE III. VERS UNE RÉHABILITATION 305
I - LA RÉNOVATION DE LA RENAISSANCE 306
De l'histoire érudite à l'histoire philosophique : la Réforme et l'Humanisme 306 En marge des polémiques contemporaines, l'École de Guizot
s'efforce de repenser l'histoire de la Réforme et de l'Humanisme, à la lumière de la philosophie du XVIIIe siècle. Honneur aux grands hommes de la Renaissance : L'Hospital, De Thou, Montaigne. Fortune de la Satyre Ménippée.
De l'histoire anecdotique à l'histoire réaliste : les guerres civiles 315 Le goût de l'histoire narrative et pittoresque trouve, grâce à la publication des Mémoires, une matière privilégiée dans l'époque des derniers Valois. La curiosité d'Aignan; prise de conscience de l'injustice faite au XVIe siècle; le goût de l'histoire anecdotique. - Les drames historiques. L'oeuvre de L. Vitet : sa vision du XVIe siècle. Le théâtre de d'Outrepont, La Chronique de Mérimée. Roederer et Rémusat. - Engouement pour la Ligue.
L'histoire vivante et poétique : François Ier et la Renaissance 324 L'apologie de François Ier par les royalistes : « Preux chevalier » ou « Père des Lettres »  ? - Fusion du Renaissant et du Gothique dans les romans historiques et dans la poésie. - Le goût de la « naïveté ». Peintres et décorateurs : spectacles à l'Opéra. - Stendhal et le rêve de la Renaissance italo-française. Chateaubriand : le « sang des Valois », « pur sang des Muses ». Que le « Grand Siècle » est celui de la Renaissance.
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H - À LA RECHERCHE DE LA PLÉIADE 336
L'innovation de la vieille langue 337 Mouvement philologique en faveur de la recherche et de la résurrection des archaïsmes : les richesses perdues de la « langue d'Amyot et de Montaigne ». Travaux de François de Neufchâteau et de Pougens. Protestations de certains Classiques. Sympathie des libéraux pour cette langue réputée plus populaire. Circonspection de l'Académie; réticences de De Féletz. Curiosités de Ch. Chasles. Critique générale du style « troubadour » et néo-marotique. La langue du XVIe siècle opposée par les Romantiques à celle du XVIIe. Stendhal et le « mot propre ». Les pastiches de P.- L. Courier. La doctrine archaïsante de Nodier. Hugo prérère la langue de l'époque baroque à celle du XVIe siècle.
À la recherche d'un Pré-classicisme 346 Le mythe romantique d'un âge d'or gaulois entre le Moyen Âge et le classicisme; ses caractères littéraires : « énergie » et naïveté. Les Romantiques découvrent au coeur du « gaulois » un classicisme qui se moque du Classicisme. Que ce « classicisme » gaulois est aussi celui de Corneille, de Molière et de La Fontaine, voire d'un certain Racine. Continuité de la tradition française. - Les Classiques à leur tour rajeunissent l'image du classicisme, en le rattachant à ses sources gauloises. Important article de Tissot sur Mathurin Régnier. - En remontant la tradition : le classicisme du Moyen Âge; recherches de Villemain. - La Pléiade retrouve place dans cette tradition nationale.
Dans l'entourage de la Pléiade 361 Réhabilitation de Marguerite de Navarre, de Louise Labé et de l'École lyonnaise. La curiosité des minores : « réhabilitation » de Gilles Durand de la Bergerie. Viollet-le-Duc et la redécouverte des vieux poètes satiriques. Edmond Géraud trace une nouvelle image de Marot. Progrès de la critique historique.
III - UNE DEMI-RÉHABILITATION 371
Les curiosités de la critique dogmatique : de concessions en découvertes 372 Alliance de la critique dogmatique et de la critique historique. -
Le Journal des Savants. Où la curiosité n'exclut point le mépris. Recherches philologiques de Daunou et de Raynouard sur Peletier, Ronsard, Baïf. - Les curiosités des « gens du monde ». Les Leçons latines modernes de Noël et de La Place : Du Bartas et les poètes néo-latins du temps de Ronsard. Le Gradus de Carpentier : Ronsard et les privilèges du « genre marotique ». Les « distingos » de la critique néo-dogmatique. Un manuel célèbre d'histoire littéraire à l'usage des « gens du monde » : les Eléments de Charbonnières. Un soi-disant novateur, plagiaire de La Harpe. Mépris pour Ronsard,
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indulgence pour ses disciples, précurseurs malgré eux du Classicisme. Les comptes rendus de la presse; remarquable article d'Aignan sur l'Eugène de Jodelle. - Développement d'une curiosité mi-historique, mi-littéraire jusqu'en 1825. Les contradictions de la critique classique à propos de Du Bellay, de Ronsard et de Jodelle. Raynouard et la redécouverte de Baïf. Le sort de Ronsard.
La montée des sympathies : « ni trop haut, ni trop bas » 401 Un courant parallèle : la critique de sympathie. - Ronsard redécouvert dans la perspective du pré-classicisme comme poète de la nature et de l'amour. Etonnements de Millevoye. Revirements de Nodier : l'« atticisme » de Ronsard. Les découvertes d'un lecteur-amateur, J. -P. Humbert. - Les articles du Révérend Cary dans le London Magazine : signification équivoque; influence nulle. - Le cours de Sorbonne de Pierrot- Deseilligny (1820-1821) : surprenant effort de sympathie pour Ronsard, Du Bellay, Belleau, Baïf et Du Bartas, mais qui cache un plagiat constant de Sautereau de Marsy; Pierrot n'en jette pas moins les bases d'une nouvelle critique à l'égard de la Pléiade. - La crise des valeurs et la mise en question des « fortunes » littéraires. Ronsard replacé en son temps. - Bilan. Schéma typique au fond de tous les jugements : Ronsard, trop exalté d'abord, trop méprisé ensuite.
TROISIÈME PARTIE LA RÉSURRECTION CHAPITRE I. LA « QUESTION DE RONSARD » 429
I - DEUX MISES AU POINT : VIOLLET-LE-DUC ET
EDMOND GÉRAUD 429 Viollet-le-Duc. Son dessein n'est pas radicalement nouveau : rendre justice à Ronsard, initiateur méconnu du classicisme; analogies entre son argumentation et celle d'Amar-Duvivier : reflets d'un même schéma. - Son originalité : a/ Il a repensé le rôle historique de la Pléiade : fécondité de la révolution accomplie; Ronsard précurseur conscient du classicisme; notion d'« École » ronsardienne. - b/ Il a réhabilité Ronsard comme poète satirique : sentiment de l'unité et de l'universalité de son génie.
Edmond Géraud. Étude parue dans les Annales de la Littérature et des Arts (1823). Réaction par rapport à Viollet-le-Duc : Géraud entend fixer des limites à la réhabilitation en cours. Il rend hommage au génie anacréontique de Ronsard et à la riche imagination de Du Bellay - en plagiant, à son tour, Sautereau de Marsy; il trace un portrait plus original de Belleau. - Mais il ne voit en eux que des précurseurs involontaires du classicisme. Il condamne surtout le « jargon » et le parti pris d'innovation : à
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travers l'École ronsardienne Géraud, Romantique repenti, vise le Cénacle.
II - LES « NOUVEAUX RONSARDS » 443 Ce sont les classiques qui, par mépris, assimilent le Romantisme à la Pléiade, au cours des polémiques de 1823-24. Origines déjà anciennes du rapprochement. Le premier parallèle systématique remonte à 1821 : article de L. V. Raoul dans les Annales Belgiques contre Smarra. - Géraud lance le thème dans les Lettres Champenoises (1823) : les circonstances. Son article reproduit dans d'autres journaux. - Justification du parallèle : le Romantisme « rétrograde » et « bizarre »; Préciosité et Pléiade. - Développement de la polémique contre le romantisme « artiste » : articles de Vienne et d'autres dans le Mercure, puis dans toute la presse classique; Hugo, Vigny, Lamartine, Nodier et les Romantiques en général qualifiés de « Ronsards » ou de « Du Bartas ». - Rebondissement de la polémique après les Odes et Ballades (1826); elle ne décline que vers 1828.
III - LES ROMANTIQUES ET LA « QUESTION DE
RONSARD » 456 Embarras des Romantiques. Riposte de Nodier : Ronsard est le pire des Classiques. Brève réplique d'E. Deschamps. - V. Hugo, le premier, avant Sainte-Beuve, relève l'injure, pour s'en faire gloire. Les épigraphes des Odes et Ballades : leur date exacte; leur source : l'anthologie de Champagnac. Intercesseurs de Hugo : Nodier, Neufchâteau, Jules Lefèvre  ? Ses « études » personnelles sur l'histoire de la poésie : le message esthétique de la Pléiade. Signification des épigraphes. Image que Hugo se fait de la Pléiade, le voyage de Blois, la composition des Deux Archers et la révélation de l'art renaissant. Synthèse du gothique et du « grotesque » : vision « baroque » de la Pléiade.
CHAPITRE II. SAINTE-BEUVE ET LE CONCOURS ACADÉMIQUE DE 1828 475
I - DE L'ACADÉMIE AU GLOBE 476 Date et esprit du concours de 1826-28 : une innovation, l'abandon des « Éloges ». Conception du sujet d'après le rapport d'Auger : une conquête sur les sources du Classicisme. - Rôle du Globe dans le développement de cette nouvelle critique; importance que ce journal attache aux questions d'art. - Sainte- Beuve au Globe : premiers aperçus sur le XVIe siècle. Sa participation au concours; ses ambitions d'érudit; influence de Daunou. Sa rencontre avec Hugo. - Ses articles sur la Poésie au XVIe siècle reflètent-ils une évolution  ? Dates de composition et genèse; les lectures de Sainte-Beuve, ses poésies et ses articles à la même époque. Que son article préliminaire sur Malherbe n'est point, quant à Ronsard, l'oeuvre d'un disciple de Boileau.
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II LES ARTICLES DE SAINTE-BEUVE 489 La conversion de Sainte-Beuve à la Pléiade ne coïncide pas avec sa conversion au Romantisme. Unité de conception de l'étude découpée en articles. Que le jugement porté sur la Pléiade ne se modifie pas dans le cours de l'Étude. - Les critiques à l'adresse de la Pléiade : le mépris des Marotiques et de la tradition française, la révolution dans la langue, l'imitation des Anciens; ton modéré de ces critiques. Le principe de tous les griefs : non le respect du classicisme, mais l'idéal stadien d'une littérature nationale; la « thèse » de l'« esprit français ». - Tentative de réhabilitation historique. Sources de Sainte-Beuve; richesse de son information. Originalité de sa démonstration : a/ La « question de Ronsard » : réflexion sur l'admiration des contemporains du poète; chaque siècle est juge absolu de son goût; incompétence de la critique moderne. Crise de conscience critique de Sainte-Beuve : influence des Idéologues. - b/ Définition historique de la Pléiade en tant qu'École littéraire. Une double découverte historique : la « révolution littéraire de 1549 », dont l'Illustration de Du Bellay est le « manifeste »; le secret de la décheance finale : le lien de filiation caché qui va de Ronsard aux « poètes du règne de Louis XIII »; Desportes et Bertaut marquent, non un progrès, mais une dégénérescence; importance restreinte du rôle de Malherbe. - c/ L'oeuvre poétique de la Pléiade. Que Ronsard n'est pas un précurseur lointain du classicisme, mais un Classique avant la lettre. Jugements sur Belleau; sur Du Bellay : réhabilitation des Regrets; sur Ronsard : les deux Ronsard, grave et léger. Premier effort de sympathie en faveur du poète pindarique.
III - RETENTISSEMENT ET RÉSULTATS DU CONCOURS 509 Retentissement en province.
L'Académie des Jeux Floraux et celle des Inscriptions et Belles- Lettres de Toulouse. Sujets de concours depuis 1824 et travaux académiques sur la littérature du XVIe siècle. Concours de 1828 : écho de Paris. Les lauréats : J. P. Charpentier et J. B. de Xivrey; ce dernier s'inspire des articles de Sainte-Beuve parus dans le Globe.
Les résultats du concours de l'Académie française.
Le rapport d'Auger : une exécution de Ronsard. - Le Discours de Saint-Marc Girardin. Structure et intentions politiques. La « thèse » de l'« esprit français » : influence du nationalisme staëlien; condamnation de la Pléiade. Effort de réhabilitation limité : influence manifeste des articles de Sainte-Beuve; la « Révolution littéraire de 1549 » et le « manifeste » de Du Bellay; citations empruntées : méprises révélatrices; l'interprétation de la dégénérescence post-ronsardienne; jugement sur Ronsard. Deux découvertes originales : les Discours de Ronsard et les Tragiques de d'Aubigné. Fécondité de l'influence de Sainte- Beuve.
Le Discours de Ph. Chasles. Respect de Chasles pour l'orthodoxie classique. Ressemblances avec le Discours de
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Girardin : histoire de l'« esprit français », fusion du gaulois et du classique; la Pléaide condamnée au nom du principe staëlien. - La tentative de réhabilitation. Erreurs et insuffisances. Emprunts manifestes au cours de Pierrot. Jodelle : emprunts à la Biographie de Michaud; Du Bellay : plagiats conjugués de Pierrot et de Sainte-Beuve. Influence prédominante de Sainte- Beuve : la « Révolution de 1549 », la « dégénérescence » post- ronsardienne et le classicisme de la Pléiade. - Originalité de Chasles : le don de sympathie historique et d'évocation poétique : son étude de Ronsard va plus loin que celle de Sainte-Beuve.
Les échos dans la presse.
Les premiers échos dans le Mercure, les Débats, le Globe, les Annales de la Littérature et des Arts. - Compte rendu des Discours des lauréats dans la Revue française, la Revue Encyclopédique, le Journal des Débats, le Journal des Savants et le Globe. - Une nouvelle intervention de Viollet-le-Duc dans le Mercure : la Pléiade et la mode. - Les réflexions d'un de ses confrères, A. Bignan, sur Ronsard et André Chénier.
CHAPITRE III. LA RÉSURRECTION. 535
I - LE TABLEAU DE SAINTE- BEUVE 535 Evolution de Sainte-Beuve entre l'Étude parue dans le Globe et le Tableau : lectures, articles, poèmes dans l'intervalle. Maintien du dessein primitif. Amplification de l'effort historique. Changement de perspective : rapports entre le Théâtre, le Roman et la Poésie. - Un nouveau dessein, Prudence de Sainte- Beuve. Que le Théâtre du XVIe siècle n'est pas romantique. Signes d'une admiration croissante pour les poètes. Critique de Malherbe. Rapprochements entre la Pléiade et le Romantisme : langue et versification. Sens de ces rapprochements, d'après la Conclusion : nouvelle image de la Renaissance; renouvellement de la périodisation; le sens d'une tradition. - Les Œuvres choisies de Ronsard : rôle et portée des commentaires : le choix des oeuvres. Resurrection et réhabilitation
II - LE RETENTISSEMENT DU TABLEAU 558
Premières réactions 559
L'approbation des amis : leur attitude à l'égard de la Pléiade. Émile Deschamps et la Préface des Études françaises et étrangères. Réticences dans le clan des amis : Nodier. - Autres réactions. Le silence méprisant des Classiques. Les comptes rendus : l'incompréhension de la Pandore. Le Mercure de France : un Romantique conteste la réhabilitation de Ronsard. Adhésion chaleureuse du Globe. Enthousiasme de Victor Pavie dans les Affiches d'Angers. Palinodie du Globe : les trois articles ± Rémusat; une condamnation implacable sous des dehors aimables.
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La « Question de Ronsard » et la querelle autour du Romantisme
artiste 570 La Préface des Études françaises et étrangères de Deschamps est l'occasion pour Saint-Marc Girardin de condamner dans les Débats l'entreprise de Sainte-Beuve. La publication des Orientales déchaîne de nouvelles polémiques : campagne de parodies dans le Corsaire; important article de la Revue française contre les Orientales et le Tableau. Le Mercure en faveur de Sainte-Beuve. - Nouvelles critiques à l'occasion d'Henri III et sa Cour de Dumas. - Le scandale provoqué par Joseph Delorme : condamnation générale du romantisme artiste et des pastiches de Ronsard. La résurrection de Ronsard compromet sa réhabilitation. Interventions de Viollet-le-Duc et de Nodier. La crise de 1830.
III - LA PLÉIADE VERS UN NOUVEAU DESTIN. ÉPILOGUE 584
La cause de Ronsard dissociée de celle du Romantisme artiste. Les critiques contre Joseph Delorme ne retombent pas nécessairement sur Ronsard. Un remarquable plaidoyer en faveur de la Pléiade de Ch. Magnin dans le Globe. La campagne critique de Sainte-Beuve : une nouvelle vision du Classicisme. La vogue des exhumations et la réhabilitation des victimes de Boileau. Le rôle du Petit Cénacle. - L'étude de G. de Nerval et son choix de Poésies : il marque une conclusion et le début d'un nouveau destin pour la Pléiade. - Epilogue : prolongement du préjugé classique. Revirement de Sainte-Beuve. La cause de Ronsard définitivement jugée vers 1855. La montée d'un goût nouveau en faveur de la Pléiade et le développement de l'érudition. Rôle décisif de Sainte-Beuve et de V. Hugo.

CONCLUSION 597
APPENDICE 607
BIBLIOGRAPHIE 617
SOMMAIRE 617
I - POÈTES DU XVIe SIÈCLE 619
II - TÉMOIGNAGES ET DOCUMENTS 671
III - OUVRAGES CONSULTÉS 709
BIBLIOGRAPHIE COMPLÉMENTAIRE 723

BIBLIOGRAPHIE JUSQU'EN 1985 (d'après deux articles de Claude Faisant) 723
BIBLIOGRAPHIE RONSARDIENNE DEPUIS 1985 739
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INDEX 769
TABLE DES MATIÈRES 795
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