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Nehmetallah Abi-Rached, « Le traducteur enchaîné »

Dans une perspective d’évaluation du rôle effectif du traducteur dans le dialogue des cultures, le rapport du traducteur professionnel aux textes qu’il traduit soulève trois importantes questions qui balisent le traduire en lui imposant des limites significatives : le filtrage de la langue ; le mode opératoire de la traduction passée aux filtres historique, politique et commercial ; les exigences du lecteur.

Kawthar Ayed, « La science-fiction arabe. Une transgression littéraire pour une transgression politique »

La littérature de science-fiction arabe croise, dans ses multiples formes, une expression de crise dans un contexte de dictatures locales et d’hégémonie occidentale. À travers le choix de deux romans, Miroirs des heures mortes du tunisien Mustapha Kīlanī et Les Temps ténébreux du syrien Ṭālib ‘Umrān, nous interrogeons un genre nouveau qui transgresse la sphère de la littérature classique pour transgresser le seuil de l’interdit politique et du non-dit.

Sylvie Chraïbi, « Traduction et limites. Le cas de R. R. al-Ṭahṭāwī »

Dans un contexte politique de réformes institutionnelles, al-Ṭahṭāwī insère dans L’Or de Paris sa traduction de la Charte Constitutionnelle française de 1814. L’auteur entend mettre en place en arabe un discours progressiste au profit de la modernisation de son pays. Il travaille la langue en profondeur, puisant, pour dénommer les concepts humanistes et libéraux, tantôt dans la terminologie arabe classique, tantôt dans le vocabulaire commun, qu’il exploite sans relâche pour créer un lexique nouveau.

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Laurence Denooz, « Ḫātim ou la transgression des limites »

Dans son roman Ḫātim (1991, Rağā’ ‘Ālim fait le récit de la lutte de trois enfants, dont la volonté de liberté totale est entravée par des limites spatiales, physiques, sociales et psychologiques. Hermaphrodite et adolescente, entre deux sexes et entre deux âges, la protagoniste de Ḫātim représente à la fois le symbole du transgresseur de la limite divisant le monde en deux et l’allégorie d’une quête métaphysique de la transcendance, possible uniquement au prix de multiples franchissements de limites de tous types.

Salam Diab Duranton, « La poésie arabe contemporaine entre continuité et rupture. L’exemple de la qaṣīda mudawwara »

De l’abandon de la rime et du mètre uniques dans la poésie arabe moderne, au rejet métrique systématique, pratiqué particulièrement par Adonis, Ḥasab al-Šayḫ Ğa‘far, et Maḥmūd Darwīš, le poème arabe contemporain pousse ses limites jusqu’à l’extrême et annihile toute frontière afin de devenir un vers infini. Une nouvelle forme poétique arabe est ainsi née : la qaṣīda mudawwara.

Géhane Essawy, « La chute de l’autre dans le mythe de Pygmalion. Pour une poétique du rêve »

La Femme de marbre (1900) de Henri de Régnier et Pygmalion (1942) de Tawfīq al-Ḥakīm reprennent le mythe de Pygmalion : le thème de l’amour du mortel pour l’éternelle devient hallucination et l’objet créé devient sujet despotique et destructeur. Provoquant la chute de son créateur et la sienne propre, la créature fatale marque à la fois la chute du rêve, de l’art et de l’amour. La transgression des limites qui séparent réel et rêve est conjurée par la chute de l’un et de l’autre.

Miloud Gharrafi, « Le corps en immigration. Au-delà des limites »

S’appuyant sur quelques romans arabes qui portent sur le thème de la migration, cet article tente de cerner la dimension symbolique et littéraire

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du corps de l’immigré et met en relief les fonctions sociales, sexuelles et culturelles du personnage immigré avec soi-même et avec l’autre.

Hanan Hashem, « Limites et destruction identitaire du dandy chez Mohammad Teymour »

Les pièces de théâtre de l’égyptien Mohammad Teymour portent témoignage de l’Égypte des débuts du xxe siècle. Dandy, l’auteur privilégie dans ses pièces le thème de la destruction identitaire du dandy cairote tiraillé entre ses traditions et l’occidentalisation en vogue depuis la fin du xixe siècle. Teymour recourt aux procédés dramatiques de la catastrophe et du tragique quotidien, pour présenter des portraits contrastés de jeunes dandys. Les limites de la destruction dramatique du dandy forment l’objet de cette analyse.

Nabil Hobeika, « La Malédiction ou l’asphyxie, mode d’emploi »

L’article aborde le thème de la limite tel qu’il s’inscrit dans le récit de Hala, le personnage principal du roman La Malédiction de Hyam Yared. Il analyse à la fois les manifestations des limites, les tentatives désespérées de leur échapper et leurs conséquences désastreuses, sur les êtres humains, la femme en particulier, dans la société libanaise emportée dans la tourmente de la guerre.

Abdenbi Lachkar, « Pratiques socio-discursives urbaines et ethnotypie lexicale. Catégorisation et représentations »

En contact, les langues et les parlers en usage à Fès s’adaptent, de nouvelles variantes apparaissent, d’autres perdent leur espace pour d’autres koinès plus puissantes… L’identité régionale des Marocains est souvent perceptible dans les pratiques discursives : une stéréotypie expressive qui exprime la diversité ethnoculturelle de l’espace urbain fassi, mais qui peut démarrer un processus qui met en danger les langues parlées et leurs usagers. L’étude des locutions contenant l’ethnonyme jebli ou jbala en usage à Fès illustre cet aspect.

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Bénédicte Letellier, « Des univers infinis. Jusqu’où lire le roman arabe contemporain ? »

Certains romans arabes contemporains présentent des univers infinis aux lectures infinies qui ébranlent les conceptions structuralistes, historiques et sociologiques de la littérature. Pour ces romans, on aimerait, à la manière d’Umberto Eco, établir les limites de l’interprétation littéraire et s’arrêter sur un sens commun, défini par une cohérence rationnelle. L’analyse de quatre romans arabes qui brouillent les frontières les rend lisibles selon une pensée hermétique qui échappe aux limites du jeu herméneutique.