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Principes de cette édition

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  • ISBN: 978-2-8124-2793-0
  • ISSN: 2417-6400
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-8124-2793-0.p.0061
  • Éditeur: Classiques Garnier
  • Mise en ligne: 08/04/2014
  • 1ère édition: 2010
  • Langue: Français
Accès libre
Support: Numérique
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PRINCIPES DE CETTE ÉDITION



La présente édition est issue de la refonte de celle procurée par Raymond Naves'. Au cours de ce travail, il nous a semblé indis- pensable, sur bien des points, de revenir à l'édition de Gustave Lansonz, qui demeure actuellement l'édition de référence3. Les principes qui ont orienté l'élaboration de notre édition ont été les suivants.


CHOIX DU TEXTE DE BASE


Comme dans la plupart des éditions récentes depuis celle de G. Lanson, le texte de base retenu est celui de l'édition publiée par l'imprimeur-libraire rouennais Jore en 1734. Pour l'établissement du texte, qui a été systématiquement vérifié sur l'édition originale, nous nous sommes conformés aux principes retenus par R. Naves, qui pratique une modernisation intégrale
1 Voltaire, Lettres philosophiques, éd. R. Naves, Paris, Bordas, colt «Classiques Garnier», 1988.
2 Voltaire, Lettres philosophiques, éd. G. Lanson, 3` éd., Paris, Hachette, 1724, 2 vol. ; nouveau tirage, revu et complété par A: M. Rousseau, Paris, Didier, colt. «Société des textes français modernes», 1964.
3 Nicholas Cronk prépare une édition à paraître dans la collection des ouvres complètes de l~oltaire (Oxford, Voltaire Foundation), qui comprendra notamment, outre le texte des Lettres philosophiques, celui de l'édition anglaise de 1733. Pour ce dernier texte, que nous ne donnons pas ici, nous renvoyons à l'édition procurée par N. Cronk :Voltaire, Leuers concerning the English nation, Oxford ; New York, OUP, «The World's dassics», 1994.
62 de l'orthographe (y compris des noms de personnes et de lieux) ainsi que de la ponctuation :nous avons cependant étendu le principe de modernisation à l'emploi des majuscules, pour lequel R. Noves avait jadis fait une exception. Nous avons en outre ponctuellement corrigé le texte lorsqu'il présentait une incohérence manifeste.: ces passages sont indiqués entre crochets ; la version de l'édition originale fautive est donnée en note.
Les différences observées par rapport aux éditions antérieures' ont été répertoriées dans une rubrique proposant un «Choix de variantes» (ci-dessous, p. 191-250) :dans le texte, l'existence de l'une de ces variantes est indiquée par la présence, en exposant, d'une lettre alphabétique (a, b, c, etc.). Pour l'identification de ces variantes, nous avons cependant renoncé à la notion de « vulgate» introduite par R. Naves2, qui nous a semblé trop vague :quoique le texte de nombreuses variantes évolue peu à partir du moment où elles sont introduites dans l'ceuvre, nous avons préféré, en revenant au mode de présentation adopté par G. Lanson, recourir à des sigles3 qui permettent d'identifier l'édition dans laquelle apparaît chaque variante signalée. Contrairement à la solution retenue par R. Noves, qui plaçait dans un unique ensemble les notes, variantes et rapprochements, nous avons souhaité distin- guer le texte de ces variantes, qui ne prétendent d'ailleurs pas être exhaustives, des notes éditoriales proprement dites, à la fois par souci de clarté et parce que certaines de ces variantes, parfois assez longues, exigeaient d'être elles-mêmes annotées.
1 La description de ces éditions se trouve dans une section spécifique de la biblio- graphie, ci-dessous, p. 576.
2 Parmi les variantes collationnées par G. Lanson, R Noves explique n'avoir ~<retenu que celles qui sont parvenues jusqu'à l'édition de Kehl, c'est-à-dire, pratiquement, jusqu'à Moland, par l'intermédiaire de Beuchoh> :«J'appellerai couramment ce dernier état du texte la vulgate des Lettres philosophiques» (éd. citée, p. xiu).
3 Ces sigles sont précisés dans la section de la bibliographie évoquée ci-dessus, n. 1, p. 62.
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ORIENTATION DE L'ANNOTATION


Les notes éditoriales, appelées dans le texte par des chiffres arabes (1, 2, 3, etc.), figurent en fin de volume (ci-dessous, p. 359-573) on trouvera successivement les notes sur le texte, sur les variantes, sur les appendices, enfin sur les annexes.
Les principes qui ont guidé l'élaboration de cette annotation découlent de notre appréhension globale des LP, qu'il nous faut expliciter ici. Certes, comme le suggérait déjà G. Lanson, plusieurs passages du texte paraissent, sinon fondés sur les observations effectuées par Voltaire pendant son séjour en Angleterre, du moins inspirés par les conversations qu'il a eu l'occasion d'avoir avec différents personnages : il est dès lors difficile de les rapporter à d'autres sources que des sources orales souvent peu aisées àpré- ciseravec certitude. Nous considérons toutefois, avec N. Cronkt, que sur de très nombreux aspects de la culture et des moeurs anglaises l'information de Voltaire provient de sources écrites, qu'il s'agisse d'ouvrages imprimész ou bien de la presse3. Même si, comme en témoignent certaines des «esquisses4 », Voltaire a pu
1 N. Cronk, «Voltaire, Lord Hervey et le paradoxe du modèle anglais>, La Revue franFaise, numéro spécial /numéro électronique, La cukure des voyageurs k l'âge classique, <http ://revuefrancaise.free.fr/Cronk.htm>.
2 Les principaux ouvrages, signalés dans les notes, dont Voltaire s'est probablement
servi sont rappelés dans une section spécifique de la bibliographie :voir ci-dessous,
p. 577-581.

3 G. Lanson a le premier attiré l'attention sur l'importance de la presse dans la culture anglaise de Voltaire :non seulement il lit plusieurs périodiques pendant son séjour en Angleterre, mais, de retour en France, au moment où il met la dernière main à la rédaction des LP, il reçoit toujours certains de ces titres, en particulier The Craftsman, dirigé par Bolingbroke. Il ne faudrait pas non plus mésestimer l'influence, par exemple, du Spectator d'Addison, dont Voltaire connaît la traduction de plusieurs séries de feuilles avant son départ, mais qu'il lit surtout en anglais lorsqu'il se trouve outre-Manche :voir N. Cronk, <~ Voltaire rencontre Monsieur le Spectateur», art. cité.
4 Uoir, ci-dessous, la présentation des appendices.
64 être tenté, avant d'y renoncer, d'adopter ce genre, il nous semble en effet impossible de lire les LP comme une sorte de reportage sur l'Angleterre : le locuteur, qui n'a rien d'un Candide, se montre souvent très informé. Mieux, les LP nous paraissent présenter un fil directeur extrêmement conscient sur les questions abordées questions religieuses, politiques, scientifiques, esthétiques, bref qui relèvent de la «philosophie». Certes, les LPsont indéniablement l'une des premières grandes oeuvres en prose', après l'Histoire de Charles XII. Elles n'en demeurent pas moins, dans la carrière de voltaire, la première oeuvre, après les productions de l'auteur dramatique, du poète —celui des vers légers mais aussi de La Henriade —, de l'historien à ses débuts, qui soit explicitement revendiquée comme «philosophiquez». À ce titre, l'expérience de la rédaction des LPparaît capitale pour comprendre l'orientation de plusieurs oeuvres majeures entreprises par la suite. N. Cronk suggère à juste titre que l'enquête menée en particulier sur les écrivains anglais conduit voltaire à concevoir, en 1732, le projet du Siècle de Louis XIV' ; on peut aussi considérer que, par leur organisation en sous-ensembles thématiques, mais aussi par la présence d'un propos sous-tendu par un discours philosophique, qui est également un discours adressé à un destinataire, les LP ne sont pas étrangères à la manière —celle de l'histoire «philo- sophique» —adoptée dans l'Essai sur les moeurs, mis en oeuvre au début des années 1740.
Pour toutes ces raisons, nous avons choisi de mettre l'accent, dans l'annotation, sur la dimension philosophique du texte de même que, comme l'Introduction générale s'efforce de le montrer, sur la cohérence et la consistance que lui confere l'adjonction de l'anti-Pascal. Pour chaque lettre, nous avons adopté le protocole
1 (,'importance, dans les LP, des traductions des auteurs anglais, qui sont toujours des traductions versifiées, suggère que Voltaire fait aussi valoir dans ce texte ses talents de poète.
2 Les Lettres anglaises deviennent Lettres philosophiques.
3 N. Cronk, «Voltaire, Lord Hewey et le paradoxe du modèle anglais>~, art. cité.
65 suivant. D'une part, dans une notice liminaire au cours de laquelle nous ne nous interdisons pas la pratique du commentaire, nous avons fourni des indications relatives au contexte intellectuel des questions abordées, éventuellement assorties d'un état des lieux qui, à propos de certaines questions centrales, prend occasion- nellement la forme de développements séparés'. D'autre part, les notes qui suivent se proposent d'expliciter les allusions et les références implicites, mais aussi de donner les informations essentielles sur les personnages mentionnés par Voltaire. Nous n'avons toutefois pas jugé utile de reprendre des éléments que le lecteur peut aisément trouver en consultant le petit diction- naire Robert des noms propres. Certaines notes concernent également le lexique :lorsqu'elles ne se trouvent pas dans le petit dictionnaire Robert des noms communs, les définitions de certains termes rares, sortis d'usage ou pris dans une acception différente du sens actuel, ont été données d'après des diction- naires contemporains, par défaut l'édition de 1718 du Dictionnaire de 1%lcadémie. Nous avons enfin opéré une série de rapproche- ments et de mises en perspective. Dans son édition, R. Naves insistait sur l'intérêt qu'il y a, pour l'histoire des idées, à suivre le développement et le devenir des «thèmes philosophiques» qui ont été «inaugurés» dans les LP (éd. citée, p. xlv), et citait, dans la rubrique intitulée «Notes, variantes et rapprochements », de larges extraits du Siècle de Louis XIV, de l'Essai sur les moeurs, du Dictionnaire philosophique et des Questions sur l'Encyclopédie en particulier. Par mesure d'économie, nous avons renoncé à constituer de telles anthologies, considérant que ces textes sont aisément accessibles. Nous avons en revanche indiqué dans les notes ces possibles rapprochements, éventuellement accompa- gnés de courtes citations.
1 Uoir en particulier les développements sur Newton et sur Shakespeare, ci-dessous,
p. 434-441 et 456-464.
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APPENDICES ET ANNEXES


Contrairement au choix effectué par R. Navel, mais conformément à ce qu'avait proposé G. Lanson —suivi par de nombreux éditeurs postérieurs — il nous a paru indispensable de donner à lire les textes préparatoires des LP, que nous avons rassem- blés dans une rubrique, distincte du texte, appelée «Appendice ». Il s'agit, d'une part, de la première version de la Lettre XIII, «Sur M. Locke» (Appendice I), significativement plus audacieuse, qui a circulé à la manière d'un manuscrit philosophique clandestin et n'a été imprimée dans un recueil de lettres qu'en 1738. On trouvera, d'autre part, trois courts textes considérés comme des «esquisses» des Lettres anglaises (Appendice II) : la première est une lettre adressée «à M. """ », rédigée entre mai et octobre 1728 ; la deuxième est un fragment classé à tort par les éditeurs de Kehl dans la correspondance de Voltaire ; la troisième est un essai inti- tulé Du suicide ou de l'homicide de soi-même, daté de 1729, inséré en 1739 dans une édition des oeuvres de Voltaire. Nous avons édité tous ces textes préparatoires selon un protocole identique à celui mis au point pour le texte des LP :les notices et notes qui s'y rapportent se trouvent dans la rubrique consacrée aux notes éditoriales.
Deux annexes sont placées à la suite des appendices. Nous avons d'abord donné (Annexe I) des extraits de la correspon- dance de Voltaire' relatifs à la publication des LP. Ils permettent au lecteur d'être sensible aux différentes stratégies élaborées par Voltaire — et à la manière plus ou moins théâtrale avec laquelle il pratique le désaveu —, tout particulièrement aux stratégies, parfois retorses, qui impliquent les imprimeurs-libraires Jore
1 Les références renvoient à l'édition de la correspondance définitive établie par Th. Besterman, Corresyondenceandretateddocuments, Les ~uvrescomptètesde l/ottaire, t. 85-135, Oxford, Voltaire Foundation, 1968-1977.
67 et Josse. Ces extraits fournissent en outre des éléments relatifs à la réception des LP. Nous avons enfin proposé une table de concordance (Annexe II) susceptible d'aider le lecteur à cir- culer entre les différentes éditions de Pascal :sont ainsi mises en regard des remarques de Voltaire dans la Lettre XXV et ses variantes, l'édition dite «de Port-Royal» des Pensées' —celle qu'a utilisée Voltaire —, l'édition procurée par Philippe Sellierz ainsi que l'édition due à Condorcet3.


BIBLIOGRAPHIE


Les différentes rubriques de la bibliographie (ci-dessous, p. 575-590) reflètent les orientations que nous avons souhaité donner à cette édition. On trouvera, dans la liste des éditions des LP, les références de celles dont nous nous sommes servis pour établir le texte de base et le choix des variantes qui s'y rapportent. II nous a aussi paru utile de rappeler, dans une rubrique spécifique, quels sont les ouvrages mentionnés ou utilisés pour la rédaction des LP, ce qui permet au lecteur de prendre la mesure des sources de Voltaire, et en particulier des fondements de sa culture anglaise. Tout en ayant limité au maximum, comme nous l'avons dit, les citations des oeuvres avec lesquelles de possibles rapprochements pouvaient être effectués, nous avons fait figurer dans la bibliographie une sélection d'oeuvres de Voltaire qui entrent en résonance avec les LP. Outre les outils bibliographiques usuels, les ouvrages
1 Pensées de M. Pasca[sur la religion et sur quelques autres sujets, Paris, G. Desprez, 1678 ; BV 2653 : Amsterdam, 1684.
2 Pascal, Pensées, éd. Ph. Sellier et G. Ferreyrolles, Paris, Librairie générale, Livre de poche, 2000.
3 Éloge et Pensées de Pascal édition établie par Condorcet, annotée par Voltaire, éd. R. Parish, OCV, t. 80n (2008).
68 biographiques — au sein desquels ont également été inclus des articles spécifiquement consacrés au séjour de Voltaire en Angleterre —, et les ouvrages et articles généraux sur l'auteur, nous nous sommes enfin efforcés de répertorier les principaux ouvrages et articles portant sur les LP.
Tous les ouvrages ou articles cités dans l'annotation ne sont toutefois pas repris dans cette bibliographie, que nous avons souhaitée délibérément sélective et réduite aux seuls titres les plus fréquemment mentionnés. Tant dans l'Introduction générale que dans les notices et notes relatives à chaque lettre, le lecteur pourra trouver des compléments bibliographiques relatifs à des questions plus spécifiques. Sur différents aspects des LP, nous apportons en effet une ouverture bibliographique substantielle afin de montrer que le commentaire n'est pas figé, et que l'interprétation peut être encore enrichie au moyen des recherches récentes, en particulier dans les domaines de l'histoire des religions, des institutions et de la vie sociale anglaises, et des idées philosophiques.
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