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Résumés

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  • ISBN: 978-2-406-07735-0
  • ISSN: 2103-5636
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-406-07737-4.p.0327
  • Éditeur: Classiques Garnier
  • Date de parution: 10/07/2019
  • Langue: Français
Accès libre
Support: Numérique
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Résumés

Diego E. Machuca et Stéphane Marchand, « Introduction »

Après avoir présenté brièvement lhistoriographie française des études sur le scepticisme ancien, nous présentons les différents articles proposés par ce collectif et leurs places dans les lectures contemporaines du scepticisme ancien.

Svavar Svavarsson, « Les actions du sceptique selon Sextus Empiricus (PH I 21-24) »

Sextus caractérise le sceptique comme une personne qui subit ce qui lui apparaît passivement et agit en accord avec les observations de la vie (PH I 21-24), sans chercher pour autant à décrire la vie sceptique comme une imitation sans réflexion de la vie dautres personnes. Cette passivité nexclut que lassentiment. Même si la caractérisation initiale des observations donne limpression de déposséder le sceptique de raison, par la suite Sextus place le raisonnement à la base des actions du sceptique (PH I 237-240).

Diego E. Machuca, « Scepticisme, apraxia et rationalité »

La présente étude a deux objectifs. Le premier est dexaminer les différentes formulations de lobjection de lἀπραξία telle quelle fut soulevée contre le scepticisme académicien et le pyrrhonisme, ainsi que les réponses à cette objection proposées par Arcésilas et Sextus Empiricus. Le second objectif consiste à évaluer la force de la version de lobjection de lἀπραξία selon laquelle le sceptique ne peut réaliser les actions rationnelles propres à lêtre humain.

Voula Tsouna, « Le scepticisme pyrrhonien et le concept de raison »

La question de savoir si le scepticisme pyrrhonien reconnaît la valeur du logos, de la raison ou de la rationalité, est controversée. Je présente dabord 328lopposition entre linterprétation anti-rationaliste et linterprétation rationaliste du pyrrhonisme. Ensuite, je montre que le sceptique fait la différence entre différents sens du logos et quil y a un sens précis selon lequel il suit la raison sans pour autant devenir un dogmatique. Enfin, je souligne quelques objections auxquelles, selon moi, le sceptique doit répondre.

Casey Perin, « Scepticisme et détachement de soi »

Cette étude aborde deux questions. Peut-on affirmer que le sceptique tel quil est décrit par Sextus Empiricus est détaché vis-à-vis de lui-même ? Le détachement de soi rend-t-il le mode de vie du sceptique non désirable ? Je décris deux conceptions du détachement de soi, et je conclus que le sceptique fait face à un dilemme : soit il est plus détaché vis-à-vis de lui-même que le non-sceptique, soit il est vulnérable à une version non standard de lobjection de lapraxia.

Richard Bett, « Le scepticisme antique est-il viable aujourdhui ? »

Le pyrrhonisme pourrait-il être une perspective viable aujourdhui ? Pour le monde contemporain, la réponse à cette question dépend des objets sur lesquels la suspension du jugement pourrait être produite. Sur de nombreuses questions religieuses et philosophiques, ce projet est pertinent. Mais en ce qui concerne la science naturelle, la question est plus compliquée. En outre, quelle est la valeur de la suspension ? Ici Sextus semble trop ambitieux en pensant la tranquillité comme le résultat de la suspension.

Thomas Bénatoüil, « Entre sophistique, scepticisme et platonisme. Le discours de Philus et de Carnéade sur la justice dans le De re publica »

Dans le De re publica, Philus tient un discours contre la justice qui semble proche du relativisme sophistique. On met en parallèle ce discours, censé rapporter des propos de Carnéade, avec la République de Platon, et on montre que ce discours critique le relativisme juridique avec des arguments proches du Théétète qui présupposent lexistence dune justice objective. Enfin, on examine enfin comment ce présupposé saccorde avec la suspension de lassentiment et le platonisme à partir de Cicéron.

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Christophe Grellard, « Le rite et la raison. Scepticisme, droit et religion selon le Cotta de Cicéron »

La conclusion du De natura deorum, où Cicéron semble adhérer à la position stoïcienne de Balbus, est surprenante. Dans ce travail on reprend les liens entre scepticisme et religion dans le contexte de la République romaine, par une analyse du discours de Cotta et une comparaison avec les positions ailleurs défendues par Cicéron. On fait ainsi ressortir comment le scepticisme est une critique des théologies populaire et stoïcienne, et comment cette critique sert la défense de la religion civile romaine et du mos maiorum.

Stéphane Marchand, « Énésidème et le phénomène commun. Relativisme, empirisme et scepticisme »

Larticle étudie le témoignage de Sextus sur Énésidème qui présente le phénomène commun à tous comme un critère de vérité (AM VIII 8). Après une analyse du contexte de la doxographie de Sextus, on cherche à établir le sens empirique de cette thèse et comment Énésidème lutilisait pour amener au scepticisme. La thèse du phénomène commun est ensuite mise en relation avec la stratégie des dix tropes pour faire apparaître le lien quÉnésidème établit entre relativisme et scepticisme.

Lorenzo Perilli, « “La crise des fondements” dans la médecine empirique entre Alexandrie et Rome. Expérience, raison et causalité »

Après avoir défini la science médicale correspondant à lantiquité, on traite de la crise des fondements de la médicine rationnelle à lœuvre à lépoque hellénistique, déclenchée par lécole empirique, à partir de la critique du principe de causalité et de sa substitution par un principe de sérialité basé sur les connexions séquentielles. Mais les principes de cette crise sont plus anciens : ils commencent au moins à partir de Dioclès de Caryste et Hérophile, et se sont développés en parallèle au scepticisme pyrrhonien.