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Préface

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  • ISBN: 978-2-8124-1333-9
  • ISSN: 2417-6400
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-406-08348-1.p.0011
  • Éditeur: Classiques Garnier
  • Date de parution: 04/11/2013
  • Langue: Français
Accès libre
Support: Numérique
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PRÉFACE



La publication des Objets désuets remonte au mois de décembre
2010 ;dix-sept ans la séparent de l'édition italienne, quatre de la
traduction américaine, quelques mois seulement de la mort de
l'auteur. Francesco Orlando ne put assister à la parution de cette
traduction française à laquelle il attribuait une importance parti-
culière :c'était une évidence pour quelqu'un qui avait, comme
lui, consacré sa vie à l'étude de la littérature française. Mais de
façon plus générale, Orlando espérait que l'attention du public
international puisse favoriser la reconnaissance de son oeuvre
en Italie, reconnaissance qui, à son sens, lui avait fait défaut. Il
est certain que l'accueil italien n'avait pas été à la hauteur d'une
réflexion théorique et critique comme la sienne, originale, auda-
cieuse, indifférente aux modes'. La réédition de la version française
des Objets désuets me permet de reprendre - malheureusement de
manière unilatérale - le fil d'une discussion qui a marqué notre
amitié pendant plus de cinquante ans.

1. «A la mémoire / de mes parents / et de leur maison» :telle
est la dédicace qui ouvre le livre, pour signaler discrètement au
lecteur que le thème abordé a des résonances autobiographiques,
dont les racines plongent dans les souvenirs d'enfance de l'auteur.
Cet élément paratextuel n'est pas dépourvu d'importance. Orlando
était fermement convaincu que la littérature entre en relation
avec la réalité vécue, d'une part, et que la littérature possède une
autonomie relative par rapport à la réalité vécue, d'autre part.

1 Comme l'observa F. Fortini, «Analisi del desueto », Rivista dei libri, 1991, n. 5,

p. 41.

12 La première affirmation s'opposait à ceux qui estiment que la
littérature est un monde en soi, purement autoréférentiel'. La
seconde s'opposait à ceux qui cherchent dans la réalité vécue
— dans le contexte et en particulier dans la biographie de celui
qui écrit —l'explication d'une oeuvre. Dans ce dernier cas, la
polémique contre le biographisme s'inspirait explicitement de
la fameuse critique adressée par Proust àSainte-Beuve. Mais
cette critique avait déjà été réélaborée, et de fait dépassée, dans
les extraordinaires pages de la Recherche consacrées à l'enfance
de Bergotte comme clé permettant de comprendre son oeuvre.
Orlando lui-même finit par admettre qu'entre la vie et l'oeuvre
d'un poète ou d'un romancier (fictif ou réel), il existe un rapport
mystérieux, non littéral, qui devra être déchiffré au cas par case.

Un rapport analogue existe dans le cas du critique, de celui qui
parle de littérature :cet «irréel lieu achronique, vrai sans l'être, [...]
le seul paradis où nous puissions encore nous rencontrer», comme
l'écrivit Orlando, s'adressant idéalement à son maître, Lampedusa3.
L'expression «vrai tout en ne l'étant pas» rappelle Coleridge et la
willing suspension of dubelief. Mais le lieu depuis lequel le critique
parle de littérature appartient à un cadre qui est bel et bien celui
de la vérité —une vérité humaine, donc potentiellement falsifiable.

C'est une précision qu'Orlando, je crois, aurait acceptée. Son
travail théorique et critique se rattachait à une identification obsti-
née et polémique avec la tradition des Lumières, dont il voyait un
prolongement dans l'oeuvre de Marx et de Freud4. Les trois termes

1 Voir à ce propos l'opposition entre le «relativisme critique» de Stendhal et «le rela-
tivisme au nom duquel, depuis quelque temps, nous entendons soutenir que, en
fait de vérité, n'importe quel récit en vaut un autre» (F. Orlando, Infanzia, memoria e
storia daRousseau ai romantici [1966], préface à la réédition, Pise, Pacini, 2007, p. 11).

2 M. Proust,l] l'ombre des jeunes filles enfieur, in À la Red~ercbe du temps perdu, texte établi
sous la direction de J.-Y. Tadié, Paris, Gallimazd,1999, p. 440-442 ; F. Orlando, Un
souvenir de Lampedusa suivi de À distances multiples, Pazis, L'Inventaire, 1996, p. 90.

3 F. Orlando, Un souvenir de Lampedusa, cit., p. 105 (et plus haut p. 86).

4 «C'est toujours la même bataille, disait Francesco :celle de Voltaire, celle de
Marx, celle de Freud» :une phrase rappelée paz ses élèves à son enterrement (Per
Francesco Orlando. Testimonianze e ricordi, éd. D. Ragone, Pise, Edizioni ETS, 2012,

13 sous lesquels, à la fin des années 90, Orlando voulut rassembler
ses essais freudiens —Littérature, raison et réyrimé —définissent aussi
Les Objets désuets, qui constituent tout à la fois le prolongement
de ces essais et un tournant dans une direction nouvelle.

2. Ce livre avait des racines anciennes. Orlando lui-même les
évoqua rétrospectivement, sans s'épancher sur sa propre enfance,
mais en faisant allusion au «château vacant» de Chateaubriand,
analysé dans Infanzia, memoria e storia, et aux souvenirs d'enfance
de Lampedusa, son maître, qu'il avait rencontré pour la première
fois «dans son appartement du palais de la via Butera, dans un
quartier solennel et abandonné près de la mer' ». Dans ces deux
adjectifs, nous voyons se profiler l'annonce de l'un des thèmes
des Objets désuets. Dans la perspective de la mémoire, les souvenirs
d'enfance sont inévitablement nimbés de solennité et de prestige,
même lorsqu'ils ne sont pas associés objectivement au prestige
social. Toutefois, aux yeux de l'adulte qui a laissé son enfance
derrière lui, cette solennité se mêle à un sentiment d'abandon
irrévocable.

Tout cela renvoie au terrain privilégié de la psychanalyse : la
mémoire individuelle, consciente et inconsciente. La théorie
littéraire élaborée par Orlando, qui a été définie comme «freu-
dienne mais non psychanalytique », relit Freud en se concentrant
non pas sur ses écrits sur l'art et la littérature, mais sur son livre
sur le trait d'esprit (Witz), sur son essai sur la négation, sur son
essai sur l'étrange (unheimlich)2. En s'inspirant de la réinterpré-
tation de Freud proposée par le psychanalyste chilien Ignacio
Matte Blanco, Orlando analyse la littérature comme formation

p. 37). Il s'agissait, avec l'ajout décisif de Marx, d'une reprise de la phrase de Lacan
placée en épigraphe dans le premier essai de IAuminismo, barocco e retoricafreudiana,
nouvelle édition augmentée, Turin, Einaudi, 1997, p. 3.

1 F. Orlando, Un souvenir de Lampedusa, cit., p. 10 (c'est moi qui souligne).

2 F. Orlando, Per una teoria freudiana della letteratura, Turin, Einaudi, 1973 ;
Id., lUuminismo..., cit. Voir aussi Th. Aron, «Présentation de Francesco Orlando.
Une approche freudienne non psychanalytique de la littérature », Semen, I, 1983.

14 de compromis entre la logique et une antilogique ou logique
symétrique, caractéristique du système inconscient, dans lequel
les analogies sont traitées comme des identités. Le thème qui est
au coeur des Objets désuets — le retour du refoulé —présuppose cette
élaboration théorique. Mais l'essai n'use qu'avec parcimonie des
catégories freudiennes.

Le livre analyse un ensemble extrêmement vaste de frag-
ments textuels dont la très grande majorité se situe au sein d'un
«tournant historique» survenu entre la fin du xvrrre siècle et le
début du x>xe siècle'. Ce tournant fizt caractérisé par la rencontre
concomitante de la révolution culturelle, représentée par les
Lumières, en France et en Angleterre, avec la révolution industrielle
entamée en Angleterre et la révolution politique à l'oeuvre à la
fin du siècle en France. C'est dans ce contexte que prit forme le
retour du refoulé, à travers des lieux et des objets, dans des images
littéraires agencées de façon variable. Ce phénomène supposait
d'un côté la polémique menée par les philosophes des Lumières,
au nom de la raison adulte, contre des traditions religieuses et
politiques bien ancrées; de l'autre, l'augmentation considérable
de la production d'objets fonctionnels2.

Cette délimitation historico-chronologique comporte une
dose d'arbitraire. D'une part, la tension entre raison et littérature
est plus ancienne que les Lumières au sens strict :sur ce point
Orlando, quelques années plus tard, adoptera, tout en lui donnant
un sens opposé, la perspective de Nietzsche, qui avait combattu
en Socrate (et en Euripide, son disciple littéraire) les ancêtres des
Lumières3. D'autre part, dans Les Objets désuets, Orlando rappelle,
en citant Lévi-Strauss, qu'une révolution dans le rapport entre
l'homme et les choses n'a eu lieu que «deux fois, et deux fois

1 F. Orlando, Les Objets désuets dans l'imagination littéraire, Paris, Classiques Gaznier,
2010, p. 102 et passim.

2 L'identification de l'Aufklürung avec la raison devenue adulte est, on le sait, au
centre du célèbre écrit de Kant .Qu ést-ce que les LumiPres ?.

3 F. Orlando, IAuminismo... , cit., premier appendice, p.231-234 («Contre une célèbre
thèse de Nietzsche»).

15 seulement, dans l'histoire de l'humanité» : au néolithique et dans
l'Angleterre du xvrrre siècle. Par rapport à cette périodisation très
longue, «le tournant historique », écrit Orlando, «est un moment
de vérité et non de genèse' ». Les lecteurs qui voudraient appro-
fondir ce point trouveront des éléments de réflexion dans l'essai
fondamental dans lequel Krzysztof Pomian opposa les objets
fonctionnels et visibles aux objets défonctionnalisés etinvisibles,
parce que relégués dans les tombes, très lointains ancêtres des
collections et des musées2. De tels objets défonctionnalisés (que
Pomian définit de façon pertinente comme des «sémiophores»)
précédèrent de beaucoup les images verbales correspondantes
transmises par la littérature, d'abord orale, puis écrite. Le «tour-
nant historique» s'inscrit donc dans une préhistoire très longue
qui s'articule autour non pas de la mort, mais de son élaboration
culturelle : la sépulture3.

3. Ces observations préliminaires éclairent les grandes ambitions
intellectuelles de ce livre, dans lequel l'analyse de la littérature
présuppose un dialogue serré entre histoire et anthropologie.
On peut parler, comme le fait Orlando lui-même, de «critique
thématique », à condition de souligner qu'ici le thème n'est pas
choisi de manière irréfléchie (comme cela arrive trop souvent),
mais qu'il est bien construit et reconstruit. C'est là que nous
entrons véritablement au coeur des Objets désuets.

Le point commun que partagent les centaines d'extraits cités
par l'auteur, c'est l'absence de trame narrative : il s'agit de des-
criptions ou de listes qui associent des objets disparates. Mais la

1 F. Orlando, Les Objeu désueu..., cit., p. 102.

2 R Pomian, «Entre l'invisible et le visible : la coAection»,Libre. Politique Anthropologie-
Philosophie, 3,1978, p. 3-56.On retrouve cet essai dans K. Pomian, Collectionneurs,
amateurs et curieux. Paris-Venise, xvF xvtt~ siPcles, Pazis, Gallimazd, 1987. L'allusion
à des «musées publics» et à des «collections privées» (Les Objets désuets..., p. 102)
renvoie au «tournant historique» du xvrrr° siècle.

3 Orlando refuse explicitement toute perspective thanatocentrique, cf. Les Objets
désuets..., cit., p. 19.

16
trame, absente des unités prises individuellement, triomphe au
niveau supérieur, là où est exposée la trajectoire de la recherche.
Celui qui la conduit en discute pas à pas les étapes, soulevant
des objections et des contre-objections destinées à en éclairer
les implications. Exemple après exemple, analyse après analyse,
nous voyons émerger les ramifications de l'«arbre sémantique»
dans lequel les douze catégories du retour de l'antifonctionnel
trouvent peu à peu leur place. Dans cette volonté de partage avec
le lecteur, on reconnaît aisément la passion pour la rationalité et
le refizs de la démagogie qui nourrissaient l'activité pédagogique
(et, au sens large, politique) de Francesco Orlando. Dans ce qu'il
présente par deux fois, avec une nuance auto-ironique, comme
un «exercice structuraliste tardif», rien ne devait être donné pour
allant de soi'. C'était un exercice qui mettait résolument entre
parenthèses la chronologie : un sacrifice de taille pour quelqu'un
qui avait organisé sa propre collection de livres, de partitions et
de disques selon l'année de naissance des auteurs respectifs et
qui s'amusait à signaler certaines contiguïtés inattendues (Lénine
1870, Proust 1871, etc.)2.

Je dois à présent ouvrir une parenthèse. Je vois dans le dialogue
de Francesco Orlando avec le structuralisme un phénomène
propre à notre génération. J'ai moi-même consacré de nombreuses
années à un projet qui cherchait à régler des comptes, en croisant
la morphologie et l'histoire, avec les implications d'un livre de
jeunesse (I benandanti, publié, comme Infanzia, memoria e storia,
en 1966)3. Mais l'usage de la morphologie dans Storia notturrza

1 Ibid., p. 122 et p. 327.

2 Voir «Date di nascita. Incontro con Francesco Orlando», éd. F. Borrelli, Linea
d'ombra, n. 82 (mai 1993), p. 69-72, en pazticulier p. 72.

3 Je me réfere à I benandanti. Stregoneria e culti agrari tra Cinquecento e Seicento, Turin,
Einaudi, 1966 [trad. fr.: Les BataiAes nocturnes. Sorcelleries et rituels agraires en Frioul
aux xvF et xvtF siPcles, Pazis, Flammazion, 1984] ; Storia nottuma. Una decifrazione
del sabba, Turin, Einaudi, 1989 [trad. fr.: Le Sabbat des sorciPres, Pazis, Gdllimazd,
1992]. Entre les deux : Miti emblemi spie. Morfologia e storia, Turin, Einaudi, 1986
[trad. fr.: Mythes, emblPmes, traces. Morphologie et histoire, Pazis, Flammarion, 1989].

17 (1989) et dans Les Objets désuets (1993) est très différent. Pour
deux raisons : la première est, disons, pour simplifier, liée à nos
personnalités ; la seconde, objective'. Contrairement à Francesco
Orlando, je n'avais pas à me mesurer à un corpus —très vaste
mais malgré tout délimité —comme la tradition littéraire occi-
dentale2. C'est pourquoi j'avais choisi d'utiliser la morphologie
comme un instrument :une sonde qui pouvait mettre au jour
des connexions historiques peu documentées, et parfois oubliées.
Pour Orlando, en revanche, l'«arbre sémantique », construit
à partir d'oppositions morphologiques, semble se configurer
non pas comme un moyen mais comme une fin. Le fait que la
construction de l'arbre occupe le chapitre le plus long du livre,
le quatrième, ne peut être dû au hasard.

Cependant, les choses ne sont pas aussi simples. Pour Orlando
aussi, l'«exercice structuraliste» afonctionné, malgré tout, comme
un instrumenta. Ce n'est pas pour rien que les catégories construites
et reconstruites sont définies comme «arbitraires et stratégiques »,
en tant qu'elles sont «suggéré[es] par la connaissance préalable
du corpus des textes.» Il s'ensuit une nouvelle précision : «Il est
superflu de souligner combien les choix lexicaux qui permettent
de nommer chacun des éléments sont arbitraires et stratégiques4 ».
Plus loin, il est dit que les catégories autour desquelles s'articule
l'arbre généalogique (le «monitoire-solennel», le «fruste-gro-

1 S'opposant à Carmelo Samonà, à qui il était lié paz une profonde amitié, Francesco
Orlando écrivit : «On pourrait dire que tandis qu'il ne m'est possible de saisir le
sens des pazties qu'à l'intérieur d'un tout, pour lui c'était la valeur du tout qui ne
pouvait passer qu'à travers celle des pazties » (« Pazole dette ai funerali di Carmelo
Samonà», Belfago , XLV (1990), p. 307-310, p. 309). C'est dans le second versant
de la dichotomie que je me reconnais moi aussi.

2 «... si ce travail s'étendait à des auteurs mineurs et allait fouiller parmi des textes
oubliés -c'est-à-dire si ce livre était nourri de recherche, au lieu d'être construit
comme un essai» (Les Objeu désueu, cit., p. 424-425) :une déclazation qu'il ne faut
pas prendre à la lettre, mais qui reste significative.

3 «Je fonde l'espoir que ma classification soit purement instrumentale, qu'elle serve
pour parvenir à des résultats» («Date di nascita... », cit., p. 70).

4 F. Orlando, Z,es Objeu désueu..., cit., p. 122.

18 tesque », le «vénérable-régressif», etc.) sont, «sinon les seules per-
tinentes, du moins les plus pertinentes par rapport au corpus des
textes' ». Ces déclarations impliquent une prise de distance très
claire par rapport à l'inspiration platonisante du structuralisme
le plus radical :nous nous trouvons ici dans un cadre proche
de la rhétorique d'Aristote et de ses connexions non nécessaires
mais valables epi to polo, dans la plupart des case.

Nous voilà donc, en somme, dans le cadre de l'histoire. Et en
effet, le chapitre rv, qui implique le lecteur dans la construction/
reconstruction des douze catégories qui constituent l'arbre séman-
tique, est suivi par un chapitre qui reprend ces catégories dans
une perspective non plus morphologique mais historique. La
chronologie, que l'expérience morphologique avait mise entre
parenthèses, émerge à nouveau, et avec elle l'acceptation de fait
des hybrides, annoncée dans le titre du chapitre : «Douze caté-
gories à ne pas trop distinguer». Et c'est aux «contaminations»
entre des catégories différentes qu'est consacré le chapitre vr, sur
le roman du xxe siècle. Il ne s'agit pas d'un désaveu, mais d'une
relativisation du procédé suivi jusque-là : «une analyse ne reste
possible que grâce aux mêmes catégories que les résultats altèrent
et compromettent ensuite3 ». Le rythme ralentit, la lecture se fait
plus rapprochée. Puis arrive la conclusion, qui renverse soudain la
perspective, en prenant en examen non pas le retour du refoulé,
mais l'ambivalence littéraire envers ce qui est fonctionnel.

Un livre étrange et grandiose : un parcours semé d'obstacles
auto-imposés, balayés par le vent inquiet de l'intelligence.



Câr10 GINZBURG

1 Ibid., p. 350.

2 Je renvoie à mon essai intitulé Rapporti diforza. Storia, retoricq prova, Milan, Feltrinelli,
2000 [trad. fr.: Rapports deforce. Histoire, rhétorique, preuve, Paris, Gallimard, 2003].

3 F. Orlando, Les Objeu désueu..., cit., p. 620.