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Chronologie de la vie de Jacques Peletier du Mans

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  • ISBN: 978-2-8124-5903-0
  • ISSN: 2114-1223
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-8124-5903-0.p.0015
  • Publisher: Classiques Garnier
  • Parution date: 04-04-2007
  • Language: French
Free access
Support: Digital
15 CHRONOLOGIE DE LA VIE DE JACQUES PELETIER DU MANS
1517  : naissance au Mans, le 25 juillet 1517, à quatre heures du matin. Jacques Peletier est le fils de Pierre le Peletier et de Jeanne le Royer. Sa famille appartient à la bourgeoisie locale et elle compte un certain nombre d'hommes de loi et de fonctionnaires municipaux  : Pierre le Peletier est avocat de la sénéchaussée du Maine et bailli de Touvoye, son oncle et parrain, Jean le Peletier, est «  licencié ès-loix  ». Parmi les quinze frères et sœurs de Jacques, Victeur devient avocat au Mans, et Jean, docteur en théologie, accède à Paris au rang de grand maître du collège de Navarre.
1537  : son nom figure dans la liste des artiens du collège de Navarre1. Il est reçu maître ès Arts2 et devient probablement régent à Navarre. Il semble qu'il entreprenne des études de médecine tout en fréquentant la Cour de Marguerite de Navarre.
1540 : Peletier met terme à ses études sans avoir obtenu son premier grade pour devenir le secrétaire de René Du Bellay, évêque du Mans. Malgré ses critiques, il se livre à titre personnel à une première tentative de réforme de l'orthographe. Sa carrière littéraire s'ouvre sur une traduction de L'Art poëtique d'Horace, dont la première édition est publiée anonymement chez Jean Granjehan en 1541. Peletier rencontre Ronsard au Mans en Mars 1543 à l'occasion des obsèques de Guillaume Du Bellay.
1543  : la protection de René Du Bellay, et sans doute celle de François Ier, lui permettent d'obtenir à Paris la charge de Principal du collège de Bayeux. Bien introduit en Cour, il prononce à Notre-Dame de Paris l'éloge funèbre de Henry VIII d'Angleterre. Il fréquente peut-être certains des membres du Collège Roya13  : il cite affectueusement le nom d'Oronce Finé (1494-1555) qui inaugure en 1530 la chaire de mathématiques et l'Apologie adressée à Maurice Brès (Paris, Jean Richer, 1580) invoque les mânes des lecteurs royaux Jacques Toussain, François Vatable, Adrien Turnèbe et Jean Strazeele.
1547 : Peletier quitte son poste, selon lui «  pour aler voèr le païs  » (D. O. 32). Mais la mort de François IeT permet peut-être à ses rivaux de l'évincer d'une charge acquise à la faveur d'un passe-droit. Il s'installe chez l'imprimeur Michel de Vascosan, où il surveille l'impression des GEuvres poëtiques de 1547. Il y
1 De Launoy, Regii navarrae gymnasii [...] historia, op. cit., t. 1, p. 408. 2 B. N. Ms. Latin 9953, fol 212 (a).
s L'Aritmetique, Poitiers, Enguilbert de Marnef, 1552, 61 r°.

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côtoie notamment Jean Martin, Thédore de Bèze, Denis Sauvage et Jean Dauron. Leurs conversations forment la matière de L'Aritmetique (Poitiers, Enguilbert de Marnef, 1549) et du Dialogue de l'ortografe (Poitiers, Enguilbert de Marnef, 1550).
1549  : pendant l'été, Peletier quitte Paris et déclare avoir «  etè a Bordeaus aveq le signeur Jan Gelida  » (D. O. 31), principal du collège de Guyenne. Ce départ peut s'expliquer par la volonté de trouver un poste  : Peletier brigue (en vain) une chaire de professeur de mathématiques au collège de Guyenne. Il gagne ensuite Poitiers, ce qui autorise une seconde hypothèse  : déçu par le travail de Vascosan et l'impression des Œuvres poëtiques (D. O. 35-37), il trouverait chez les Marnef des imprimeurs plus compréhensifs et plus fidèles. A la même époque il enseigne probablement les mathématiques à l'université de Poitiers. Une dernière hypothèse laisse penser que Peletier, proche des idées nouvelles et des thèses réformées, se rend dans l'ouest de la France pour fuir la répression religieuse et les menaces de la «  chambre ardente  »  : Sauvage et Bèze sont décrétés de prise de corps en avril 1549.
1554 : nous retrouvons sa trace à Lyon, d'où il signe une épître «  aus Françoes datée de Lion, 28 juillet 1554  » et imprimée dans L'Algebre (Lyon, Jean de Tournes, 1554). La préface et les «  proesmes  » adressés à Charles de Cossé-Brissac suggèrent qu'il est entré à son service en tant que conseiller (notamment pour la construction des fortifications). Sans doute exerce-t-il aussi les fonctions de médecin et de précepteur auprés de son fils Timoléon, ce dont témoignerait un texte aujourd'hui perdu, les Enseignements de vertu au petit seigneur Timoléon de Cossé (Lyon, Jean de Tournes, 1554). Peletier se lie également avec Jean de Tournes, qui devient son imprimeur attitré et publie la première édition de L'Art poëtique et de L'Amour des amours ainsi que la seconde du Dialogue de l'ortografe. On peut supposer qu'il joue le rôle de correcteur tout en enseignant les mathématiques à son fils  : Jean II de Tournes déclare dans la préface des Éléments d'Euclide (1611) que «  ledit Peletier [lui] fit voir en la maison de [son] pere, les Demonstrations de Theon et de Champagne [...]  ». Peletier fréquente à la même époque le salon de Louise Labé et se lie plus étroitement à Maurice Scève et Pontus de Tyard. Ce dernier le reçoit d'ailleurs dans son château de Bissy.
1557  : c'est probablement à cette date que Peletier quitte Lyon, après une période de solitude. La tradition littéraire veut qu'il ait été éconduit par Louise Labé. Rien ne vient étayer cette thèse, mais Peletier évoque dans une lettre adressée à Scève (E.) les bruits qui circulent sur son compte et qui le poussent à se retirer du monde. Il confie à Ronsard (E.) avoir échangé un baiser avec une belle jusque là «  superba et fastidiosa  ». La publication de l'Euclide (Jean de Tournes, 1557) marque la volonté d'un retour à Paris. Dédié au Cardinal de Lorraine, l'ouvrage comporte plusieurs lettres qui doivent permettre à leur auteur de renouer avec les milieux scientifique et littéraire. La Cohortatio pacificatoria
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(1555), traduite en 1558, joue déjà probablement le même rôle. En prenant à parti les princes d'Europe sur la question de la paix, Peletier fait la preuve de son intérêt pour les affaires publiques.
1558-1563  : la tentative reste vaine et c'est pour subvenir à ses besoins que Peletier reprend ses études de médecine. Il est admis au baccalauréat de médecine le 12 novembre 1558, le 20 avril 1559 il soutient sa thèse cardinale, le 30 janvier 1560 sa thèse quodlibétaire. Il est reçu à la licence cinquième sur seize. Peut-être poursuit-il ses études jusqu'au doctorat à l'Université de Bâle, où il est immatriculé en 1563.
1570  : Peletier est en Savoie, où il reste deux ans. Il fréquente probablement la Cour de Marguerite, à laquelle il dédicace La Savoye (Annecy, Jaques Bertrand, 1572), et le De usu geometriae (Paris, octobre 1572) est dédié à son fils Charles Emmanuel. L'ouvrage est suivi d'une lettre latine à Pierre Demay de Chastelleraud, secrétaire du Duc de Savoie.
1572 : Peletier gagne Bordeaux, vraisemblablement sur la demande d'Élie Vinet, principal du collège de Guyenne, pour en assurer la direction. L'établisse- ment subit la concurrence du collège de la Madeleine, fondé par les Jésuites. Selon Gaullieur, Peletier est choisi parce qu'il «  avait le mérite d'être l'ami intime du célèbre jurisconsulte Étienne Pasquier, l'avocat de l'Université de Paris dans le procès qu'elle avait eu à soutenir contre les Jésuites  »4. Sitôt nommé, il se rend à Paris pour recruter des professeurs.
-- 1573  : ce n'est qu'au printemps que Peletier rentre à Bordeaux. Il abandonne la direction de l'établissement à la rentrée 1573 et entente un procès aux sexvirs bordelais pour obtenir la restitution de son cautionnement.
1576  : Peletier est à Marlemont en mars, puis à Rocroi en avril. Il y connaît deux aventures malheureuses  : d'abord attaqué par des brigands qui lui dérobent argent et vêtements, il se brûle ensuite le visage en fabriquant un médicament.
1579  : il enseigne les mathématiques à l'université de Poitiers. Sa leçon inaugurale, publiée sous le titre d' Oratio pictavii in praelectiones mathematicas (Poitiers, J. et G. Bouchet, 1579) expose les grandes lignes de son programme tout en prenant la forme d'une autobiographie intellectuelle.
1580 : Peletier revient à Paris. Peut-être brigue-t-il la chaire de mathémati- ques fondée par Ramus. Son rival Maurice Brès, qui obtiendra d'ailleurs le poste, suppose que c'est Nicolas Bergeron, l'exécuteur testamentaire de Ramus, qui l'aurait rappelé de Bordeaux. Peletier nie, mais ses relations avec Bergeron sont attestées  : ce dernier publie à titre posthume le Carmen de moribus (R. Coulombel,1583) dont il signe l'avis au lecteur.
1582 : Peletier meurt, alors qu'il assure la direction du collège du Mans.
a Histoire du collège de Guyenne, Paris, Sandoz et Fischbacher, 1874, pp. 307-308.

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