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Résumés

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  • ISBN: 978-2-406-07984-2
  • ISSN: 2103-5636
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-406-07986-6.p.0361
  • Éditeur: Classiques Garnier
  • Date de parution: 02/01/2019
  • Langue: Français
Accès libre
Support: Numérique
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Résumés

Sara Harvey, « Présents de la critique dactualité, xvie-xxie siècles »

Les nombreuses interrogations que lactivité critique soulève aujourdhui, les impensés quelle dessine tout autant que le foisonnement qui la caractérise nous convient à reprendre le fil de lhistoire de la critique au moment où elle apparaît comme lun des importants symptômes de la première modernité culturelle.

Marie-Madeleine Fragonard, « Glissements de lexique, changements de pratiques »

Lutilisation, puis lévolution même du terme « critique » montre un déplacement des significations des textes latins vers les usages français comme exercice dune opinion. Cet exercice met en jeu le goût, appliqué aux productions modernes vivantes et concurrentielles : lart de juger se déplace ainsi vers les non-professionnels de la philologie savante. Mais comment une opinion devient-elle plus crédible quune autre, constituant quelquun en critique et pratiquant un nouvel « art », la critique, dont lautorité simpose entre créateurs et public ?

Delphine Denis, « Manières de critiquer, les fictions allégoriques »

Cet article met en relation les objets du débat critique avec les formes discursives liées à lallégorie. La concomitance ou lécart entre lactualité éditoriale et le choix de tel ou tel mode dexposition allégorique, ainsi que les effets produits par ces dispositifs de publication se trouveront ainsi au centre de la réflexion. Si ces « manières de critiquer » dépendent de la nature du discours quelles soutiennent, elles en infléchissent tout autant le contenu.

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Martial Poirson, « Lallégorie théâtrale, critique en action à lâge classique »

La comédie agonistique de lâge classique repose sur une dramaturgie de la comparution. Un tel dispositif fait entrer en scène la Critique, théâtralise la controverse, à travers lexhibition du jugement critique du public souverain juge, met en abyme le dispositif délibératif propre à la séance théâtrale, en insistant sur ses conditions de production et de réception. La performance emblématique de lallégorie dramatique met ainsi en crise la représentation théâtrale et constitue la scène en espace public oppositionnel.

Claude La Charité, « La critique dactualité chez La Croix du Maine et Du Verdier »

La Bibliothèque de La Croix du Maine (1584) et celle de Du Verdier (1585) sont deux répertoires portant sur les auteurs français de toutes les époques, y compris sur des écrivains encore vivants. En retenant lancienne distinction entre histoire littéraire, portant sur les écrivains décédés, et critique littéraire, portant sur des contemporains, il sagit détudier le traitement réservé aux uns et aux autres pour voir à quoi pouvait ressembler la critique littéraire dactualité à la Renaissance.

Nicholas Dion, « De lactualité littéraire aux traités théoriques, lélégie française au miroir de La critique de Bérénice »

Le jugement de Villars selon lequel Bérénice, qui paraît quelques semaines après la création de la tragédie de Racine, « nest quun tissu galant de madrigaux et délégies » a connu une postérité non négligeable : la recherche sest encore récemment penchée sur les implications dun tel brouillage générique. Or, si lon a pu mesurer la portée de La Critique de Bérénice sur le genre tragique, il convient également de souligner son influence sur le genre élégiaque lui-même, cest ce que nous proposons dans cet article.

Anna Arzoumanov, « La critique dactualité a-t-elle tous les droits ? Regards croisés sur la satire et lautofiction, xviie/xxie siècles »

Cet article fait un parallèle entre deux genres débattus à leur époque parce quils se situent à la frontière entre fait et fiction, la satire ad hominem au xviie siècle et lautofiction au xxie siècle. Lexemple de ces deux genres 363empruntés à des époques éloignées, montre que face à des textes qui revendiquent un périlleux équilibre entre fait et fiction, cest finalement souvent en faveur du premier que le lecteur a le désir de pencher.

Marc-André Bernier, « Lire la littérature du temps présent à la lumière des Anciens »

Au xviiie siècle, la critique littéraire recourt en permanence au parallèle historique. À loccasion de ces parallèles, lexemple antique confère un sens aux évolutions de la littérature du temps présent en fonction dun imaginaire critique qui conçoit le passé à limage des conflits actuels. Au surplus, les différents discours que suscite la littérature du temps présent se forgent au sein dun imaginaire historique qui invite jusquau critique littéraire lui-même à se concevoir à partir de réminiscences antiques.

Claude Bourqui, « La critique dactualité et le tournant moliéresque »

Le succès fulgurant des comédies de Molière nest pas seulement dû aux qualités dhumoriste dont il fait preuve. Ce succès trouve son origine également dans un effort inédit dorienter et de contrôler la réception de lœuvre théâtrale. En créant buzz et fausses querelles, en exploitant les ressources du scandale, en jouant des effets de surprise que provoque la reconnaissance des réalités familières du public, Molière met au point un nouveau mode de création, qui fait de lévénement de lœuvre une œuvre elle-même.

Judith Sribnai, « Regarder les étoiles et les livres. Actualités savantes dans la correspondance de Gassendi »

Dans sa correspondance, Gassendi évoque un grand nombre douvrages liés à ses intérêts pour la science. Il y inclut ses propres recherches, dont il fait ainsi la publicité témoignant du fait que lactualité savante participe de la promotion dune science expérimentale. La correspondance souligne simultanément les tensions qui traversent une réflexion sur lactualité. Institutionnelles, épistémologiques et méthodologiques, elles font de lobservateur céleste un homme à la fois inactuel et tout à fait contemporain.

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Sébastien Drouin, « Critique du commentaire et charlatanisme savant au début du xviiie siècle »

La publication du Chef dœuvre dun inconnu en 1714 est un phénomène médiatique de dimension européenne et dont linfluence est notable tout au long du xviiie siècle. Cet article envisage la réception de ce texte tant dans la presse imprimée que dans les correspondances de lépoque. La naissance du personnage du « Mathanasius », ce nouvel Aristarque, sera examiné également, alors que sera envisagée la critique du charlatanisme savant dans les deux premières décennies du xviiie siècle.

Marianne Cojannot-Le Blanc, « La presse et le public, Le Brun et le Mercure galant à lheure de lachèvement de la Grande Galerie de Versailles »

Les écrits reflétant lactualité des arts visuels pérennes en France sont peu nombreux au xviie siècle. Il faut attendre la décennie 1680 pour quune « critique dactualité » puisse être évoquée, au sens dune volonté de diffusion ample ou rapide dun positionnement critique sur une œuvre récemment achevée, envisageant le lectorat comme un acteur susceptible de modifier la vie artistique. Cet article interroge la position de deux peintres célèbres : Charles Le Brun et Pierre Mignard.

Kim Gladu, « De Boucher à Fontenelle, lémergence dun rococo littéraire à la lumière de la critique artistique »

Alors quémergent les Salons du Louvre, cest surtout ce que les historiens de lart ont identifié comme un courant rococo qui marque le domaine des beaux-arts en France. Toutefois, cette esthétique féminisée fait lobjet de plusieurs critiques qui jugent sévèrement les toiles dun Boucher, considérées comme symptomatiques dune ère de décadence mis en parallèle avec le style pastoral de Fontenelle. Ce parallèle permet en effet de mieux cerner ce style poétique qualifié de mondain et de fugitif.

Christian Biet, « Commentaires hétérogènes et co-performances au théâtre. La séance des spectateurs »

La séance de théâtre des xviie et xviiie siècles est un lieu où se rencontre une esthétique dramatique qui concourt à une concentration attentive du 365« spectateur supposé » sur le spectacle, à sa focalisation sur le texte dun auteur « représenté » par les comédiens ou aux coperformances sociales de la salle et la scène. Celles-ci sont marquées par lhétérogénéité, par une hiérarchie reconnue et par une certaine liberté, mais aussi par une sorte de désordre esthétique et politique tout à fait créatif.

Lise Michel, « Sur le rapport dautrui. La critique théâtrale de seconde main vers 1660 (Jean Loret, Marie-Catherine Desjardins) »

La pratique singulière de la relation de spectacle rédigée de seconde main nest pas rare au xviie siècle, mais elle a été passée sous silence. Le présent article vise à réinscrire ce geste dans le contexte de la critique théâtrale dactualité telle quelle renaît à cette date, pour en comprendre les enjeux et les motivations. Plus quune interrogation sur la manière dont les rédacteurs parviendraient à relever ce défi, on posera ici la question des fondements et de la légitimité dune telle démarche.

Marie-Ange Croft, « Les acteurs de la Comédie-Française, première instance de critique théâtrale (1680-1710) »

Les registres de la Comédie-Française offrent un aperçu de la réception des œuvres dramatiques. Une partie de ces manuscrits, les feuilles dassemblées, positionnent les comédiens comme la première véritable instance de réception théâtrale. Lauteur, en leur faisant la lecture de sa pièce, se soumet à leur jugement et à leur décision de représenter ou non son œuvre. Prenant comme focale les années 1680 et 1710, létude porte sur le rôle joué par les Comédiens-Français dans la genèse des textes dramaturgiques.

Tiphaine Karsenti, « Entre commentaire, pamphlet et critique dart, le discours sur le théâtre dans les paratextes dramatiques en France au xvie siècle »

Les paratextes dramatiques qui accompagnent la publication des comédies et tragédies françaises développent un discours spécifique sur le théâtre. Ce discours déploie trois types de critique : laudative, visant lautolégitimation ; normative, vérifiant la conformité des formes avec les lois du genre ; de goût et inductive, partant des effets de la pièce sur le public pour en déduire des principes de construction. Limportance accordée à la réception du spectateur amène à formuler lexigence dune formation du goût et du public.

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Christophe Cave, « La critique dactualité dans la presse du xviiie siècle »

Cet article explore les fonctionnements critiques de la presse à partir de périodiques tels que le Mercure de France, LAnnée littéraire et les Mémoires secrets, contemporains du Journal de Paris. Les processus de sélection, dévaluation, de scénographie de linformation culturelle ainsi que la capacité structurelle du périodique à relier lévénement et larchive sont envisagés. Lautonomie du champ de la critique littéraire dans son rapport à lidéologie et au politique est une question également abordée.

Florence Filippi, « Lactrice, personnage public ou masque de lactualité ? Lexemple des Mémoires dHyppolite Clairon (1798) et Louise Fusil (1841) »

La vogue littéraire des traités du jeu à la fin du xviiie siècle contribue à instituer le modèle dun discours critique sur lacteur. En marge de cette littérature savante, les secrets de la performance théâtrale circulent aussi au travers dune littérature de lintime. Les mémoires dactrices représentent un fonds à explorer au sein de cette littérature du for privé : ils révèlent les masques que lautrice doit adopter pour autoriser son discours, et donner son point de vue sur lactualité et le monde contemporain.

Mathilde Barraband, Bertrand Gervais et Hervé Guay, « Les “présents” de la critique dactualité xviie-xxie siècles. Table ronde du 17 juin 2015 »

Il sagit de la retranscription de la table ronde du 17 juin 2015 conviant trois spécialistes – Mathilde Barraband, Bertrand Gervais et Hervé Guay – pour discuter de la critique dactualité. Cette table ronde a pour objectif de répondre à ce qui semble être un impératif dactualité : entamer un dialogue sur les sens et les potentialités de la critique au présent dans les domaines des lettres, des arts du spectacle et, plus largement, des sciences humaines et sociales.

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