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Résumés/Abstracts

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  • ISBN: 978-2-406-08863-9
  • ISSN: 2650-5711
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-406-08864-6.p.0229
  • Publisher: Classiques Garnier
  • Parution date: 03-06-2019
  • Periodicity: Annual
  • Language: French
Free access
Support: Digital
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Résumés/Abstracts

Gisèle Mathieu-Castellani, « Éros masqué dans la poésie de Ronsard »

On a prêté attention au régime allusif qui permet à Ronsard dexprimer certains désirs étrangers au code pétrarquiste. Le recours à la fable lui permet de dire sous le voile du mythe son désir pour les jeunes garçons, et de manifester quelque réserve devant certaines initiatives féminines : ne souhaiterait-il pas, comme Endymion, être parfois frappé de léthargie tandis quune Séléné le caresse sans le réveiller ? Et il peut aussi dire sa part de féminité, qui lui fait rêver d« enfanter une fleur ».

Attention has been paid to the regime of allusions that allows Ronsard to express certain wishes that are foreign to the Petrarchan code. The use of fable allows him to speak, under the veil of myth, about his desire for young boys and to show some reserve in the face of certain feminine initiatives : would he not wish, like Endymion, to sometimes be struck with lethargy while a Selene caresses him without waking him ? And he can also give voice to his feminine side, which makes him dream of “giving birth to a flower.”

Vanessa Glauser, « La fureur bachique et la création lexicale »

En étudiant les poèmes qui sinscrivent dans la tradition ancienne et néo-latine de la poésie bachique, cet article montre comment Ronsard utilise des mots grecs et latins pour créer des néologismes. Lexubérance créatrice qui en résulte donne leffet dune écriture inspirée. En analysant les sources lexicales de cette inspiration, seront étudiées la spécificité de la fureur bachique chez Ronsard et la façon dont elle se distingue de cette autre source dinspiration, la fureur amoureuse.

By studying poems that are part of the ancient and neo-Latin tradition of Bacchic poetry, this article shows how Ronsard uses Greek and Latin words to create neologisms. The resulting creative exuberance has the effect of something like inspired writing. By analyzing the lexical sources of this inspiration, we will study 230the specificity of Ronsards Bacchic fury and how it differs from that other source of inspiration, amorous fury.

Cynthia Skenazi, « Ronsard, labeille et le miel »

Les images dabeilles et les références au miel accompagnent Ronsard tout au long de sa carrière, sintroduisent dans les portraits quil impose de lui, envahissent tous les genres quil cultive, se mêlent à ses propos sur la poésie, lamour, la vie et la mort, les dieux et les hommes, se profilent dans ses vues politiques et religieuses. Ces images qui lui permettent de se ranger parmi les auteurs anciens les plus prestigieux, servent ses ambitions littéraires, ouvrant le champ libre à son imagination.

Images of bees and references to honey accompany Ronsard throughout his career. They are introduced into the portraits he offers of himself, invade all the genres that he cultivates, mingle with his words about poetry, love, life and death, gods and men, and stand out in his political and religious views. These images place him in the company of the most prestigious ancient authors, serve his literary ambitions, opening the field to his imagination.

Anne-Pascale Pouey-Mounou, « Insupportable Ronsard : quand Ronsard dit “Je suis” »

Au fil de ses Œuvres, Ronsard expérimente de multiples stratégies dauto-affirmation qui sont ici explorées à travers ses façons de dire « je suis ». Larticle en esquisse une typologie stylistique, chronologique et générique. Il met en évidence lassomption dune voix auctoriale qui trace son chemin entre les différents genres et évolue des stratégies indirectes aux affirmations identitaires en jouant des attributs périphrastiques, adjectivaux et nominaux, jusquà laffirmation dune essence.

Throughout his Œuvres, Ronsard experiments with multiple strategies of self-affirmation that are explored here through his ways of saying “I am.” The article outlines a stylistic, chronological and generic typology. It highlights the assumption of an auctorial voice that traces its path between the different genres and evolves from indirect strategies to identity affirmations by playing with periphrastic, adjectival and nominal attributes, up to the affirmation of an essence.

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Daniel Ménager, « La fatigue dOrphée. Ronsard et les Poëmes de 1567-1569 »

Les Poëmes ont toujours dérouté les critiques. Trop divers pour illustrer un genre, ils sont apparus comme lexpression de la maladie (fièvre quarte) ou de la mélancolie. Il est préférable dy voir une manifestation de la fatigue du poète. Elle trouve son expression thématique avec les figures de Calypso et dHylas. Mais elle nempêche pas dêtre présent au monde et de scruter les vies des plantes et des petites bêtes. Il ne sagit pas de mener une vie rustique ou de simposer au monde, mais de lécouter.

The Poëmes have always baffled the critics. Too diverse to illustrate a genre, they have appeared to be the expression of disease (quartan fever) or melancholy. It is better to see them as a manifestation of the poets fatigue. It finds its thematic expression with the figures of Calypso and Hylas. But that does not preclude being present in the world and scrutinizing the lives of plants and small animals. Its not about leading a rustic life or imposing oneself on the world, but rather about listening to it.

Jean Balsamo, « Ronsard et les Guises. Linvention du poème de célébration militaire »

En décembre 1552, le duc de Guise força les Impériaux à lever le siège de Metz. Ronsard célébra lévénement en juillet 1553 par un long poème, La Harangue que fit Monseigneur le duc de Guise aux soudars de Mez, dédiée au cardinal de Lorraine. Lhéroïsme guerrier quil célèbre ne correspond pas à limage aimable que notre âge veut garder de lui. Elle apparaît pourtant comme lune des pièces les plus audacieuses du poète au début de sa carrière, une de celles qui lui ont valu le plus grand prestige.

In December 1552, the Duke of Guise forced the Holy Roman forces to lift the siege of Metz. Ronsard celebrated the event in July 1553 with a long poem, La Harangue que fit Monseigneur le duc de Guise aux soudars de Mez, dedicated to the cardinal of Lorraine. The warlike heroism he celebrates does not correspond to the kind image of him that our age wants to maintain. Yet it appears to be one of the poets most daring pieces at the beginning of his career, one of those that earned him the highest prestige.

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Irène Fasel et François Rigolot, « Ronsard et Marie Stuart. Sur des vers autographes conservés à Oxford »

Dans un brouillon autographe peu connu mais conservé à Oxford, la reine dÉcosse sadresse à Ronsard pour rappeler les qualités de Jacques V, son propre père, par contraste avec Henry VIII, son moins honorable cousin. Elle rappelle tous les bienfaits prodigués par ce fidèle allié de la France. On ne sait si Ronsard reçut la version finale de ce brouillon mais il esquissera un portrait positif du roi dÉcosse dans le « Tombeau de Marguerite de France » (1575).

In an autograph draft that is little known but preserved in Oxford, the Queen of Scotland writes to Ronsard to recall the qualities of James V, her own father, in contrast with Henry VIII, her less honorable cousin. She speaks about all the benefits provided by this faithful ally of France. We do not know if Ronsard received the final version of this draft, but he will sketch a positive portrait of the king of Scotland in his “Tombeau de Marguerite de France” (1575).

Florence Bonifay, « Imitations locales de limaginaire groupal ronsardien »

Si les « Bacchanales » et les « Isles Fortunées » de Ronsard sont célèbres, si les métaphores « Brigade » et « Pléiade », nées sous sa plume, sont passées à la postérité, cest que les imaginaires du groupe quil a développés ont fortement marqué les esprits. Cest ainsi que plusieurs poètes de province contemporains, dont Vauquelin de La Fresnaye, Buttet, Robin Du Faux et Imbert, ont témoigné dune lecture attentive des représentations groupales de Ronsard pour en proposer des adaptations à une échelle locale.

If Ronsards “Bacchanales” and “Isles Fortunées” are famous, if the metaphors Brigade and Pléiade, born under his pen, have passed into posterity, it is because the imaginaries of the group that he developed strongly impacted the minds of his time. Thus, several contemporary provincial poets, including Vauquelin de La Fresnaye, Buttet, Robin Du Faux, and Imbert bear witness to careful readings of group depictions of Ronsard, offering adaptations on a local scale.

Nathalie Dauvois, « Présence et usages de lœuvre de Ronsard entre Renaissance et âge classique. Le témoignage des recueils collectifs (1571-1626) »

Quelque évidente que soit lévolution du goût en matière de poésie au début du xviie siècle, Ronsard, prince des poètes de son temps, nen passe pas pour 233autant de la lumière à lobscurité sitôt son tombeau érigé. Les anthologies poétiques témoignent au contraire dune lecture et dun usage très différenciés de son œuvre, selon les milieux, les cercles et les enjeux, après comme avant 1585.

Evident as the evolution of taste in poetry may be at the beginning of the seventeenth century, Ronsard, prince of the poets of his time, does not, however, pass from the light into obscurity as soon as his tomb is erected. On the contrary, poetic anthologies testify to a highly differentiated reading and use of his work, according to the milieux, the circles and the stakes in question after 1585 and before it.

François Rouget, « Ronsard correcteur de lAbbregé de lart poetique françois (1565) »

La parution de lAbbregé de lart poetique françois (1565) fut remarquée du public car il fut réédité la même année chez Buon et lannée suivante chez les Gaultier, à Rouen. Au moment de livrer sa deuxième édition collective des Œuvres (1567), Ronsard veille à amender son texte. Cest dire si ce petit traité a fait lobjet dun soin particulier, que prouve lexamen matériel des six exemplaires connus de lédition originale. La présente étude les décrit afin de les classer en deux familles dimpressions, probablement séparées.

The publication of the Abbregé de lart poetique françois (1565) attracted the publics attention because it was reissued the same year by Buon and the following year by the Gaultiers in Rouen. Before he delivered the second collective edition of his Œuvres (1567), Ronsard made sure to amend his text. In other words, this small treatise was the object of special care, as proven by the physical examination of the six known copies of the original edition. The present study describes them in order to classify them into two, probably separate, groups of printings.

Jean-Charles Monferran, « Quand vous serez bien vieille, réflexions sur lhistoire dune réception. Lexemple du xixe siècle »

Quest-ce qui fait le « grand » texte et assure sa permanence dans lhistoire littéraire ? Faisant lhypothèse que le succès du célèbre sonnet pour Hélène vient de sa plasticité et de la multiplicité des interprétations quil suscite, larticle se penche sur les lectures qui ont pu en être faites au xixe siècle, siècle de sa consécration, de Sainte-Beuve à Nerval, de Baudelaire à François Coppée. Pour avoir en commun une approche mélancolique du carpe diem, ces lectures nen sont pas moins fortement divergentes.

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What makes a text “great” and secures its place in literary history ? Using the hypothesis that the success of the famous sonnet for Hélène comes from its plasticity and the multiplicity of interpretations that it inspires, the article looks at the readings that could be made in the nineteenth century, the century when it received accolades from Sainte-Beuve to Nerval, from Baudelaire to François Coppée. Despite having in common a melancholy carpe diem approach, these readings are nonetheless strongly divergent.

François Rouget, « La survivance des livres de Ronsard. Les Quatre premiers livres des Odes (Paris, G. Cavellat, 1550) »

Létude actualise la notule publiée par Lionel Salem en 1978 et recense les exemplaires connus de ce premier recueil ronsardien. Elle montre quil a retenu la faveur des bibliophiles depuis le xviiie siècle au moins.

This study updates the brief note published by Lionel Salem in 1978 and lists known copies of the first collection by Ronsard. It shows that it has been in favor with bibliophiles since the eighteenth century at least.