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Table des matières

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  • ISBN: 978-2-8124-5671-8
  • ISSN: 2114-1223
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-8124-5671-8.p.0918
  • Publisher: Classiques Garnier
  • Parution date: 04-04-2007
  • Language: French
Free access
Support: Digital
918 TABLE DES MATIÈRES
919 920 AVANT-PROPOS 7
INTRODUCTION  : LE DÉBAT SUR L'ACCÈS DES FEMMES AU SAVOIR A LA RENAISSANCE 17
LA QUERELLE DES FEMMES ET LA QUESTION DE L'ACCÈS DES FEMMES AU SAVOIR 20
L'apparition d'un nouveau genre littéraire  : le discours sur la supériorité des femmes (20). Influence du De claris mulieribus de Boccace sur ce genre (21).
- Les capacités intellectuelles des femmes  : nature et culture 22 L'égalité spirituelle des deux sexes, selon les champions des femmes (22). Les exemples de femmes doctes (23). Dénonciation de l'usage qui maintient les femmes dans l'ignorance (23). La science infuse des femmes (24).
- L'utilité pour les femmes d'étudier  : savoir et pouvoir 25 Les dangers du savoir féminin, selon les adversaires des femmes  : encouragement au vice et à la domination dans le mariage (25). L'ignorance féminine, instrument de la domination masculine, selon les apologistes des femmes (26). Les revendications féministes et leurs conséquences ultimes  : un raisonnement abstrait (27).
L'HUMANISME ET LA RÉFORME, ET LA QUESTION DE L'ACCÈS DES FEMMES AU SAVOIR 28
- La culture religieuse des femmes 29 Le droit pour les femmes de lire la Bible (29). La prise de parole par les huguenotes et sa condamnation par les pasteurs protestants et par les catholiques (29).
- Mariage et instruction 31 Le savoir, instrument de vertu, selon Érasme et Vives (31). Le mari, précepteur de sa femme, et la subordination féminine (35).
- Amour et savoir 37 L'amour, source de savoir pour la femme dans quelques oeuvres d'inspiration néoplatonicienne  : La Parfaicte Amye d'Antoine Héroét, les Rymes de Pernette du Guillet et l'idée d'un "préceptorat" amoureux (37). La culture féminine dans le Courtisan de Castiglione (40).
LE MOUVEMENT EN FAVEUR DE L'INSTRUCTION FÉMININE  : LIMITES ET PERSPECTIVES POUR LA FEMME AU XVIe SIÈCLE 41
- Instruction féminine et rôle de la femme 41 L'aspiration d'une élite féminine au savoir, source d'émerveillement pour les uns, de désapprobation pour les autres (Montaigne) (41). Le mouvement en faveur de l'instruction féminine, une réponse aux besoins intellectuels des femmes (43)  ? L'instruction prônée ne tend pas à changer les rôles traditionnels des deux sexes (43).
- Les femmes auteurs et l'accès au savoir et à l'écriture 45 Les correctifs proposés par les femmes auteurs aux devoirs féminins  : la soumission (45)  : le silence, la modestie et la pudeur, jugés incompatibles avec l'écriture et le savoir (47).
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PREMIÈRE PARTIE  : LA CULTURE PROFANE
INTRODUCTION 55
Développement de l'enseignement féminin. L'alphabétisation féminine. La culture des femmes du peuple. La culture des femmes appartenant aux catégories sociales supérieures.
A  : LA PLACE DES FEMMES DANS LA VIE INTELLECTUELLE ET LITTÉRAIRE
CHAPITRE 1  : L'ÉVOLUTION DES PRÉOCCUPATIONS INTELLECTUELLES DES FEMMES 63
1. L'ÉVOLUTION DES PRÉOCCUPATIONS INTELLECTUELLES DES FEMMES DANS LA PREMIÈRE MOITIÉ DU XVIIe SIÈCLE 63
- Une période de transition  : le règne de Henri IV 63 Le déclin de l'humanisme et la disparition progressive de la grande dame humaniste (63). Les cercles féminins nés au tournant du siècle  : nostalgie des traditions culturelles des Valois (64) et préparation de l'évolution future (66).- Transformation de la culture féminine dans les milieux de la Cour  : les femmes privilégient les formes courtoises de la culture et se rangent du côté des "puristes" contre les "sçavans" héritiers de l'humanisme (69).
- Les nouvelles orientations intellectuelles des femmes. Trois exemples significatifs  : Mme d'Auchy, Mme des Loges, Mme de Rambouillet 71 Mise en place d'une nouvelle génération de salons, dont le premier en date est celui de Mme d'Auchy (71). Première période mondaine de la vicomtesse (v. 1605-1609) (71). Deuxième période mondaine (v. 1627-1646) (73). La création (1638) d'une "académie femelle" et la réputation posthume de la vicomtesse (74). La "pédanterie" de Mme d'Auchy  : retour vers les pratiques culturelles des grandes dames humanistes, ou insertion dans le mouvement académique moderniste (75)  ? Les salons de Mme de Rambouillet et de Mme des Loges  : "rendez-vous de tous les beaux esprits" et "tribunal des ouvrages de l'esprit" (77). Les différences entre les trois salons  : le dosage, plus ou moins important, entre les composantes ludique et spéculative de la vie intellectuelle (79). Pourquoi Mme d'Auchy apparaît-elle comme le "contraire" de Mme des Loges, et son salon comme "l'antipathe" de la Chambre bleue (81)  ? Ressemblances entre les trois salons (83).
- La diffusion de la culture et les signes avant-coureurs de la préciosité 84 Le développement de la vie mondaine entre 1630 et 1650 (84). L'intérêt des femmes pour les choses de l'esprit et pour la littérature, perçu comme une nouveauté (85). Les préoccupations intellectuelles des femmes s'étendent à la bourgeoisie. Témoignages romanesques  : La Chrysolite de Mareschal, L a Deffense de la jalousie de René Bary, Francion (87). Ces préoccupations s'étendent à la province  : une "compagnie de demoiselles", précurseurs des précieuses, à Valognes ; la Marseillaise Françoise Diodée (89). Précédents à la représentation littéraire de la préciosité  : une savante "dédaigneuse" dans les Lettres d'Auvray, Sestiane, dans Les Visionnaires de Desmarets de Saint-Sorlin, les "coquettes d'esprit" dans L'Honneste Femme de Du Boscq et les "coquettes sçavantes" dans L'Honneste Fille de Grenaille, le Rôle des présentations faictes au Grand Jour de l'éloquence françoise de Sorel (90). L'apparition de la préciocité, le mouvement moderniste et la transformation du contexte social (93).
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2. L'ÉVOLUTION DES PRÉOCCUPATIONS INTELLECTUELLES DES FEMMES DANS LA DEUXIÈME MOITIÉ DU XVIIe SIÈCLE 95
- Vie mondaine et vie intellectuelle de la Fronde à la fin du règne de Louis XIV 95 Vogue des salons après la Fronde. Femmes de l'aristocratie et de la bourgeoisie qui ont joué un rôle dans la vie mondaine. Ruelles provinciales (95). L'échec de la Fronde et la transformation de l'idéal féminin (97). Les apports de la vie mondaine et de la vie de Cour aux progrès de la culture féminine (98). Après 1665, déplacement du centre de gravité de la vie mondaine vers la Cour, où les femmes commencent à jouer un rôle littéraire et intellectuel important (100). Les salons de la fin du règne (103).
- La préciosité 104 Comme le suggère Philippe Sellier, l'apparition de la préciosité, aujourd'hui datée de 1654, doit sans doute être reculée  : serait-elle née "du temps de Valère (Voiture)" (104)  ? Les "réseaux d'amitiés féminines" et l'existence des précieuses (106). L'évolution de la préciosité de la décennie 1640 à l'après- Fronde  : l'exemple de Mme de Longueville (108). La description des activités intellectuelles des précieuses dans les textes littéraires de 1654-1661 (110) ; les précieuses dans l'Apologie de la science des dames (111). Comment les précieuses elles-mêmes envisageaient-elles la vie intellectuelle  ? Le cas de Mme de Lafayette  : le "bel esprit" comme qualité (112). L'attitude de Mlle de Scudéry à l'égard du bel esprit  : une condamnation des "fausses précieuses", mauvaises imitatrices des "vraies" (113)  ? Selon l'auteur de L'Escole des filles, l'opposition entre Sapho et Damophile dans Cyrus correspond à la répartition des précieuses entre "véritables" et "ridicules" (117). Cette distinction, faite selon les critères de Mlle de Scudéry, éclaire d'autres questions  : le problème des précieuses pédantes dans le roman de l'abbé de Pure (118) ; l'accès à l'écriture, une revendication précieuse (120). La campagne de dénigrement lancée contre les précieuses  : la réaction des intéressées (121) ; ses conséquences (122).
- L'engouement des femmes pour les sciences 123 La curiosité scientifique et philosophique des femmes se développe surtout après la préciosité (123). L'intérêt des femmes pour le cartésianisme  : les femmes cartésiennes (124)  : les railleries et les satires au sujet de la mode féminine du cartésianisme (125). La physique, l'astronomie et les autres sciences (127). Le succès féminin de la vulgarisation scientifique et des cours publics (130). L'amateurisme des femmes et l'impossibilité d'accéder au même statut que les savants (131).
CHAPITRE 2  : LE DÉBAT SUR LE RÔLE DES FEMMES DANS LA VIE LITTÉRAIRE 133
Les prémisses du débat (début du XVIIe siècle) 133
Le conflit opposant les héritiers de l'humanisme et les tenants du modernisme et son incidence sur la conception du rôle des femmes dans la vie littéraire. La femme dans la culture de Cour.
1. LA FEMME COMME MODÈLE DE L'ÉCRIVAIN  : LE RÔLE MÉDIATEUR DES FEMMES 135
La femme comme référence pour l'écrivain soucieux de plaire au public de Cour  : complicité de la culture féminine et de la culture courtoise et mondaine (135) ; antagonisme entre la femme et la culture classique (137). Mission civilisatrice de la femme  : la femme médiatrice des valeurs de l'honnêteté (140) ;
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le "commerce" et la conversation des dames "polissent" le savant (142) et déterminent le génie de la culture française (144). Les qualités de la conversation féminine comme mesure de l'esthétique mondaine  : délicatesse et douceur (146)  : éloquence "naturelle" et "sans étude" (149).
2. LA FEMME COMME ARBITRE DE LA LANGUE ET DE LA LITTÉRATURE  : LE RÔLE DU PUBLIC FÉMININ DANS LA CONSÉCRATION DE L'ÉCRIVAIN ET DANS L'ORIENTATION DU
A
GOUT 152
Le rôle médiateur des femmes légitime-t-il leur pouvoir d'arbitrage (152)  ? - Les femmes comme arbitres de la langue  : les "véritables dépositaires de l'usage" (153)  ? - Les femmes comme arbitres de la littérature. L'attitude des écrivains à l'égard du public féminin (154)  : la polémique autour des Premières Lettres de Guez de Balzac (155). Le pouvoir et les méthodes de "ces femmes qui donnent la vogue" (156). L'emprise des femmes sur la littérature et les réactions qu'elle a suscitées (157)  : hostilité à l'égard des "précieuses" et des "coquettes" (158) ; reflets dans la littérature de fiction (160). La déférence à l'égard du public féminin  : les femmes et la "critique mondaine" (162)  : la nécessité de se conformer aux exigences du public féminin et au "goût des dames" (164). Le "bon goût naturel" des femmes, supérieur au savoir acquis des doctes, et mesure de l'esthétique mondaine et moderne  : l'exemple de Perrault (166). Divergences entre les Anciens et les Modernes sur ce qui est du "ressort" des femmes (168). Le rôle attribué aux femmes par les Anciens et les doctes dans la perversion du goût (170)  : futilités littéraires, aberrations de la galanterie illustrées par les types de la coquette et de la précieuse (172). - Double représentation du rôle littéraire de la femme  : modèle et contre-modèle (174).
CHAPITRE 3  : L'ÉMERGENCE DE LA FEMME AUTEUR ET LE DÉBAT SUR L'ECRITURE FÉMININE 177
L'AMATEURISME  : VIE MONDAINE ET PRATIQUE LITTÉRAIRE 177
Les préjugés contre l'écriture féminine dans la première moitié du XVIIe siècle (177). Une nouvelle "coutume"  : l'importance de la préciosité et de la mode du portrait mondain dans l'accès des femmes à l'écriture (179). La figure de la femme écrivain s'impose dans la décennie après la Fronde (180). La pratique littéraire des femmes et la conception que la société mondaine se fait de la littérature  : jeux littéraires et "jeux d'esprit" (181). Pratique ludique de la littérature et traditions savantes  : les femmes écrivains et les genres poétiques consacrés depuis l'Antiquité ; les femmes dramaturges (184). - Les genres propices à l'amateurisme. La poésie (187). La lettre (191)  : l'intérêt pour les lettres féminines (192) ; la supériorité épistolaire des femmes et les qualités (style naturel et sans art, négligence,..) attribuées aux lettres féminines (194) ; les lettres féminines publiées (200) ; pratique épistolaire et ambitions littéraires (204). La littérature morale et pédagogique (208). Les mémoires  : situation de la femme par rapport aux mémoires ; tonalité intime des mémoires féminins (211). Écriture féminine et caractéristiques de l'écriture aristocratique (214).
L'ÉCRITURE ROMANESQUE  : VERS LE PROFESSIONNALISME 215
Roman et amateurisme  : les romancières occasionnelles (215). La part prise par les femmes dans la mode des contes de fées (217). Les réseaux d'amitiés entre femmes écrivains à la fin du siècle et l'émulation littéraire (219)  : les premières femmes journalistes (221) ; les "académiciennes" et les lauréates de concours littéraires (222).
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"L'EMPIRE DES MUSES EST TOMBÉ EN QUENOUILLE"  : L'ÉMERGENCE DE LA FEMME AUTEUR JUGÉE PAR LES CONTEMPORAINS 224
L'image de la femme auteur dans la littérature de fiction  : la femme écrivain amateur, un personnage sympathique, rarement moqué (224) ; la femme écrivain de profession, un personnage ridicule, concurrençant la "femme savante" (226). Entrée des femmes en littérature et égalité des sexes  : une défaite pour le sexe masculin et un "monde à l'envers" (229)  ? Écriture et rôle de la femme (231). Partisans et adversaires de l'écriture féminine  : la valorisation de la littérature féminine dans les milieux mondains et l'opposition des doctes (232). L'âge classique, une époque favorable pour les femmes auteurs (236).
B  : POLÉMIQUES ET « QUERELLES ». LA RÉFLEXION SUR LE SAVOIR DES FEMMES
CHAPITRE 4  : LE PROBLÈME DU SAVOIR FÉMININ DANS LA « QUERELLE DES FEMMES » TRADITIONNELLE 239
LA QUERELLE DES FEMMES AU DÉBUT DU XVIIe SIÈCLE ET LES TRADITIONS ANTIFÉMINISTES 240
Climat de misogynie et vivacité de la tradition satirique et gauloise de 1580 à 1625 (240). La "querelle des Alphabets" et la réaction féministe (241). La question du savoir féminin dans les oeuvres antiféministes  : lieux communs sur la "bêtise" féminine (244) ; La Méchanceté des femmes de Ferville (245).
LES TRADITIONS FÉMINISTES  : LES APOLOGIES DE LA SUPÉRIORITÉ FÉMININE ET LEUR INFLUENCE 246
Le discours sur la supériorité féminine au XVIIe siècle  : vivacité du genre dans la première moitié du siècle ; éclipse de la Fronde à la fin du siècle (246). Thématique générale, et "popularité" du thème des "femmes doctes" (247). Les arguments prouvant les capacités intellectuelles des femmes  : égalité spirituelle des sexes (249) ; nature intuitive de l'esprit féminin (250). - La thèse de la suprématie intellectuelle des femmes, un avatar des topoï du "Règne des femmes" et du "monde à l'envers" (251)  : une revanche des femmes, sur le plan mondain (La Femme généreuse) (252) ou sur le plan de l'imaginaire  : rapports entre l'apologie de la supériorité féminine et le roman (254) ; le mythe d'une domination perdue et la dénonciation de la "tyrannie" masculine (256). La mythification de la femme, une mystification (258)  ?
L'influence du discours sur la supériorité féminine. Echos des polémiques sur la femme  : dans le public savant (conférences de Renaudot et de Richesource, La Mothe le Vayer, une thèse de médecine féministe) (259) ; dans le roman (262) ; dans les traités de morale mondaine et les manuels de conversation (262). L'éloge de la supériorité intellectuelle des femmes, un compliment galant (264). - L'influence des polémiques traditionnelles sur le mouvement en faveur de l'instruction féminine  : le féminisme religieux (265)  : le féminisme mondain (266)  : Poullain de la Barre (268). La réapparition du discours sur la supériorité des femmes à la fin du siècle et l'influence de l'Égalité des deux sexes  : Les Avantages du sexe de C. M. D. Noël, La Nouvelle Pandore de Vertron, les Lettres curieuses de l'abbé Morvan de Bellegarde, l'Examen des préjugés vulgaires du P. Buffler (269).
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3. LES TRADITIONS FÉMINISTES  : LES RECUEILS D'ÉLOGES DE FEMMES ILLUSTRES ET LEUR ÉVOLUTION 272
Liens entre le recueil d'éloges de femmes illustres et le discours sur la supériorité féminine (272). Desseins moraux du genre (272). Le développement de "l'histoire littéraire des sçavans" et les recueils d'éloges de savantes (273). Les éloges de contemporaines vivantes ou décédées récemment  : abandon de la démarche mythographique (276) ; recueils collectifs nés sous l'impulsion de genres mondains, l'épître dédicatoire et, surtout, le portrait littéraire (276). Les Dames illustres de Jacquette Guillaume (278).
CHAPITRE 5  : LE FÉMINISME INTELLECTUEL DANS LA PREMIÈRE MOITIÉ DU XVIIe SIÈCLE 281
LE FÉMINISME INTELLECTUEL A LA FIN DU XVIe SIÈCLE ET AU DÉBUT DU XVIIe SIÈCLE 281
Les textes  : Le Proumenoir de Mlle de Gournay, un discours "De l'ignorance" de Mme de Rivery, la préface aux Aventures de Floride de Béroalde de Verville, Qu'il est bienséant que les filles soient sçavantes d'Arthus Thomas, la Harangue de Charlotte de Brachart (la future visitandine Jeanne-Charlotte de Bréchard  ?) qui s'adresse aux hommes qui veuillent deffendre la science aux femmes, La Parure des dames de Thimothée-René de LEspine (281), L'attitude défensive de ces auteurs (284). Leurs arguments  : condamnation de la "coutume" ; utilité du savoir pour conserver la pudicité féminine (285) ; le problème des loisirs féminins, thème annonçant le féminisme des années 1630 (286).
LE « FÉMINISME RELIGIEUX » ET LA CULTURE PROFANE DES FEMMES 288
Les auteurs de ce courant  : Caussin, Dinet, Du Boscq, Grenaille et Le Moyne, et leurs intentions (288). Le public auquel ils s'adressent (289). L'étude, un passe- temps utile, sans incidence sur le rôle ménager des femmes (291). Le programme d'études (293)  : L'Honneste Femme de Du Boscq et l'intervention de Patru et de d'Ablancourt (294) ; L'Honneste Fille de Grenaille, ou la redéfinition des sciences (298).
FEMMES FÉMINISTES  : LE FÉMINISME D'ORIENTATION « PERSONNELLE », LE FÉMINISME MONDAIN 303
Le féminisme d'orientation personnelle. Femmes qui mènent combat en tant que "femmes savantes" ou femmes auteurs  : Anne-Marie de Schunnan, Marie de Gournay, Mlle de Scudéry (Harangue de Sapho à Erinne) (303). Les loisirs et la "retraite" des femmes comme voie d'accès à la république des Lettres et à l'existence sociale (305). Le droit à la "gloire" littéraire (307)  : Mlle de Scudéry s'est-elle inspirée des dames des Roches (309)  ?
Le féminisme mondain  : la Lettre d'une dame touchant la vertu d'une honneste femme, le point de vue d'une femme du "grand Monde" (311). Une vision du monde qui confond les sphères publique et privée  : la "conversation" et la "famille", "emplois" de l'honnête femme (312). Le programme d'étude (314). La Lettre reflète-t-elle les aspirations des salons contemporains (317)  ?
Le féminisme de la première moitié du XVIIe siècle, ou "l'égalité dans la différence" (318).
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CHAPITRE 6  : LA « QUERELLE DES FEMMES SAVANTES » DANS LA DEUXIÈME MOITIÉ DU XVIIe SIÈCLE 319
LE FÉMINISME MONDAIN ET LA NOTION DE « FEMME SAVANTE » .319
Abandon par le féminisme intellectuel de l'idéal de "l'honnête femme"  : affecté par la tendance qui consiste à creuser l'écart entre les sexes, sa signification se réduit à "femme chaste" (319). Valorisation de la différence entre les sexes  : le "secret" et la modestie féminine (324) ; l'évolution des idées de Mlle de Scudéry, de la Harangue de Sapho à Érinne à l'Histoire de Sapho (326). Les apologies de la "science des dames" et la conception mondaine de la culture féminine, centrée sur le "bien dire" et le "bien écrire" (328). La notion de "femme savante" et son évolution (331). Recul du féminisme (333)  ? Le féminisme intellectuel vers la fin du siècle (335). Le Projet pour une nouvelle secte de philosophes en faveur des dames de Mme de Salvan de Saliez et le "féminisme" du Mercure galant (336).
L'ESSOR DU TYPE DE LA FEMME SAVANTE DANS LA LTl-EERATURE 338
Genèse et développement du personnage de la première moitié du siècle à Molière (338). La femme savante et ses variantes (précieuse et bel esprit) après Molière, au théâtre (341) ; dans la littérature romanesque (342) ; dans la littérature morale et satirique  : Boileau, La Bruyère et leurs imitateurs (342). - Que signifie le succès du personnage  ? La femme et l'aspiration à l'égalité intellectuelle avec l'homme  : un monde à l'envers (345). La femme savante, repoussoir à la femme idéale (349). Le contexte idéologique propice à l'éclosion du type (351).
ORDRE ÉTABLI ET INSTRUCTION DES FEMMES 352
L'intérêt que suscite la question de l'instruction des femmes dans la deuxième moitié du siècle  : la littérature pédagogique (352) ; le thème dans la littérature de fiction (354). Spécificité de l'éducation des femmes et finalité des études féminines (355).
Les auteurs chrétiens et bourgeois. Sujétion de la femme dans le mariage et "enfermement" intellectuel (357)  : condamnation des précieuses et des femmes savantes dont les aspirations sont incompatibles avec la vocation domestique de la femme (360).
Les auteurs mondains. Culture féminine, conformité aux normes, et coïncidence entre être et paraître  : les "bienséances" féminines selon Mlle de Scudéry et La Rochefoucauld (362). Un "fâcheux usage" et une "aveugle manie" (365)  ? Les limites imposées à l'instruction féminine et le programme d'étude (366). La "science du monde" préférable à la science (369).
VULGARISATION SCIENTIFIQUE ET FÉMINISME 370
Vulgarisation scientifique et esthétique de l'agrément."L'apprêt délicieux" sous lequel doit se présenter le savoir pour convenir aux femmes  : le roman didactique, le genre de l'entretien et les traités sous forme de lettres (370) ; la vulgarisation de la philosophie scolastique (373). Les "livres François en faveur des Dames"  : langue vulgaire et féminisme (375) ; La Fine Philosophie accommodée à l'intelligence des dames de Bary et L'Éloquence du temps enseignée à une dame de qualité de Leven de Templery (376) ; La Chymie charitable et facile en faveur des dames de Marie Meurdrac et les Nouvelles observations sur la langue françoise de Marguerite Buffet (377). La Coquette vengée et la condamnation de la vulgarisation scolastique (378).
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Les philosophes nouveaux et les femmes. La différence d'attitude de ces philosophes par rapport aux vulgarisateurs aristotéliciens (379). Poullain de la Barre, seul féministe cartésien (380). Descartes et la question de l'égalité intellectuelle des sexes (381). L'intérêt des "rationaux" pour le public féminin, éloigné des "préjugés de l'École" (383). Les femmes du monde et les méthodes rapides et ludiques d'initiation au savoir  : les Entretiens sur la pluralité des mondes (384).
CONCLUSION DE LA PREMIÈRE PARTIE 387 DEUXIÈME PARTIE  : LA CULTURE RELIGIEUSE
INTRODUCTION 393
Approfondissement de la foi, progrès de la culture féminine et rôle joué par les femmes dans le mouvement religieux de la première moitié du XVIIe siècle. La vie religieuse des femmes dans la deuxième moitié du siècle. Remarques préalables sur certaines catégories de femmes  : catholiques et protestantes, religieuses et laïques, femmes du peuple et femmes appartenant à l'élite sociale.
A  : DÉVOTION ET CULTURE FÉMININE CHAPITRE 1  : L'INTÉRET PORTÉ A LA « FEMME CHRÉTIENNE » 399
"LA RÉFORMATION DU CHRISTIANISME" ET LE NOUVEL INTÉRET PORTÉ AUX FEMMES 399
L'importance nouvelle des femmes dans le mouvement religieux  : le zèle féminin mis à profit par les réformateurs catholiques (399)."Il faut aider le sexe féminin, lequel on mesprise"  : l'attention accordée aux femmes par François de Sales, perçue comme une nouveauté (401) ; l'enracinement du "féminisme religieux" dans le renouveau catholique (404) ; nécessité d"'instruire ce sexe en la piété" (405).
LES OUVRAGES CHRÉTIENS ÉCRITS A L'INTENTION DES FEMMES 406
L'Introduction à la vie dévote et son influence. Origine et destination de l'ouvrage  : l'orientation féminine de La Philothée (406). Un livre particulièrement adapté aux femmes (407)  ? L'importance de l'orientation féminine de l'Introduction dans la postérité de l'oeuvre (410)  : ouvrages qui trouvent leur origine dans la relation entre directeur et dirigée (La Dévotion aisée de Le Moyne, traités du P. Cyprien de Gamaches, la Conduite d'une dame chrétienne de Duguet) (411) ; ouvrages destinés à de nouvelles Philothées (l'Acheminement à la dévotion civile de J. -P. Camus, De la modestie de Le Moyne) ; ouvrages où la dévotion se décline au féminin (412) ; romans dévots (Philippe d'Angoumois, Camus, La Chasteté récompensée du P. Gonon) (414). L'orientation mondaine de l'Introduction et son influence  : "dévotion civile" et vie mondaine (416) ; L'Honneste Femme de Du Boscq, une "introduction de l'Introduction à la vie dévote" (418).
Le retour vers un idéal plus traditionnel de la femme. Ouvrages moraux  : Grenaille (422)  : Le Portrait d'une femme honneste de l'abbé Goussault (423)  : Caussin et Dinet (424)  : Les Épistres morales de Sébastien de Senlis (425)  : la littérature hagiographique et Les Éloges et les Vies du P. Hilarion de Coste (426)  : le Réveille-Matin des dames et le Bréviaire des dames de Puget de La Serre (427). Les satires chrétiennes (427). La littérature des états de vie et les
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devoirs d'état de la femme (428). La "famille sainte" des jésuites, "l'exact opposé" de la "famille patriarcale" (432)  ?
CHAPITRE 2  : LES THÉORIES SUR L'INSTRUCTION CHRÉTIENNE DES FEMMES 435
LES FONDEMENTS IDÉOLOGIQUES DE L'INSTRUCTION CHRÉTIENNE DES FEMMES 435
La place de la femme dans le discours idéologique de la campagne scolaire (435). La femme, incarnation des "résistances" à la christianisation de la société  : "culture féminine" et culture populaire (437) ; la superstition féminine et le danger de l'ignorance religieuse des femmes (438) ; la "faiblesse" et la "malice" féminines et la nécessité de l'instruction des filles (440) ; les deux aspects, répressif et constructif, du mouvement d'acculturation (441) ; les "imperfections" et les "excès" féminins (formalisme, intériorité excessive, "idée de fausse perfection") (442)  : redressés par l'enseignement du "vray christianisme" (444).
L'INSTRUCTION CHRÉTIENNE DES FEMMES  : LE CONTENU 445
Les différents aspects de l'instruction chrétienne des femmes et les textes qui en traitent (445). L'attention portée à l'éducation familiale et maternelle (449).
- La "doctrine chrétienne" 450 Enseignement intellectuel de la religion et catéchisme (450). Rôle de la mère dans la catéchèse de ses enfants (451). L'enseignement catéchistique est identique pour les deux sexes, mais, aux filles, la doctrine chrétienne "suffit" (453).
La culture religieuse des protestantes. Leur réputation d'être "doctoresses" (455). L'éducation des filles en milieu protestant (456). La femme protestante "sait fort bien sa croyance" et reçoit une certaine formation théologique (457).
- Les pratiques de dévotion 458 Nuances entre l'exercice féminin et l'exercice masculin de la dévotion (458). La pratique de la prière  : nécessité de l'oraison (459) ; les recueils de prières destinés aux femmes (460); la "féminisation" des modèles de prières (461). La mise en valeur de la dévotion à la Vierge et aux saintes (464).
- Les vertus chrétiennes 465 L'imitation de la Vierge et des saintes  : Marie, un modèle féminin universel (465). L'importance des vertus "féminines", illustrées par la Vierge, et de la chasteté dans l'instruction chrétienne des femmes (467).
L'INSTRUCTION CHRÉTIENNE DES FEMMES  : LES MOYENS DE « S'INSTRUIRE » 469
- la direction de conscience 469 L'attention accordée à la direction des âmes féminines (469)."Vostre sexe veut entre conduit"  : "dépendance dans les choses spirituelles" et soumission féminine (470) ; la direction, moyen de redressement des "personnes qui n'ont aucune capacité" (471). L'image de la dirigée et les défauts féminins s'opposant à l'efficacité de la direction selon le P. Guilloré, La Bruyère et Boileau (472). Les dangers inhérents au commerce assidu entre directeur et dirigée  : perte de temps et importunités des femmes auprès de leurs directeurs (474) ; plaintes sur l'incompréhension du clergé à l'égard des femmes (477) ; la tentation que représentent ses pénitentes pour un directeur et les précautions à prendre pour éviter la "galanterie spirituelle" et "l'amitié sensuelle" (478).
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- la prédication 482 Le rôle attribué aux femmes dans le succès et la réputation d'un prédicateur, et les qualités qu'elles apprécient (482). La place des femmes dans la "querelle de l'éloquence sacrée"  : la préférence des femmes pour la "prédication mondaine" sur la "prédication évangélique" (485).
- la lecture spirituelle 487 L'étendue des lectures spirituelles conseillées aux femmes au début du XVIIe siècle  : Camus et Philippe d'Angoumois (487). Limitation des lectures conseillées au fur et à mesure que progresse le siècle  : livres tournés vers la morale, grands classiques de la spiritualité (492). La suspicion à l'égard de la lecture et le danger de l'hérésie (495).
B  : MYSTIQUE ET VIE INTELLECTUELLE DES FEMMES CHAPITRE 3  : MYSTIQUE ET APOSTOLAT FÉMININ 501
LES FONDEMENTS DE L'APOSTOLAT FÉMININ  : LA FEMME, INSTRUMENT DE DIEU 502
- Une promotion féminine paradoxale 502 Ignorance féminine et élévation divine. Dispositions des femmes pour l'amour de Dieu (502). Ignorance et connaissance divine  : la voie affective pour connaître Dieu (503) ; le lien entre ignorance et inspiration divine (506) ; dispositions des femmes pour la science infuse et la mystique (508). - La "bassesse" et la faiblesse féminines comme instruments de la puissance divine. Différences entre la femme et les autres "figures du sauvage" (509). Le "paradoxe" de la puissance divine dans l'impuissance féminine (510). Dévalorisation de la femme et promotion féminine  : Dieu "fait les grandes choses par les petites" (512)  : il "confond les forts par les faibles" (513) ; Pierre Poiret et la remise en question du "préjugé" de la supériorité masculine (515).
- Dépossession de soi et automatisme psychologique  : la vie apostolique des femmes d'après les mystiques 516 L'idée que le Tout-Puissant se sert du pur néant comme instrument de son action autorise-t-elle les activités apostoliques des mystiques (516)  ? La certitude d'être "envoyée de Dieu" et "choisie en ce siècle" (518). L'apostolat féminin, conséquence des faveurs mystiques (519) et de la volonté divine (520). Etat apostolique et "automatisme psychologique"  : automatisme verbal et écriture inspirée (521) ; don de science infuse et négation de toute culture acquise (523) ; l'ignorance, preuve de la mission divine et condition de l'apostolat des femmes mystiques (528).
LE PROBLÈME DE L'APOSTOLAT FÉMININ 529
"Promotion de la femme à l'apostolat"  ? L'incapacité des femmes à la "dignité apostolique" ou "dignité d'apôtre" (529). Les activités des congrégations féminines d'enseignement et de charité  : des "fonctions charitables" (531) ; "imitation" des "hommes apostoliques" et participation à "l'esprit apostolique" (532) la mission de donner le "bon exemple", ou les femmes "apôtresses, non en la dignité, mais en l'office", selon François de Sales (533). Confusion dans la conception de l'apostolat féminin  : l'attitude du P. Surin (535).
CHAPITRE 4  : FORMES DE L'APOSTOLAT INTELLECTUEL DES MYSTIQUES 539
1. LA DIRECTION DE CONSCIENCE 539
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- L'influence des mystiques sur les doctes et sur leurs directeurs 539 Le dialogue spirituel et les échanges entre femmes et hommes. L'aptitude des mystiques "ignorantes" à "instruire" les hommes doctes (539). La collaboration des femmes à l'oeuvre des réformateurs catholiques (541). Échange d'idées et échanges épistolaires (542). La littérature mystique comme lieu d'échanges  : les caractéristiques de la direction spirituelle et la transmission de l'expérience mystique féminine (543) ; le directeur "secrétaire" et correcteur (544) ; la destination masculine des écrits féminins (545) ; le directeur, divulgateur de l'expérience féminine (547). Les échanges, favorisés par la mystique, entre hommes et femmes de culture, de condition et de milieu différents (547).
La condamnation des amitiés spirituelles entre doctes et mystiques à la fin du XVIIe siècle (548). La "séduction" féminine (550)  : ou le directeur sous le "charme" des mystiques (552).
- La direction féminine, renversement des rapports hiérarchiques traditionnels 555 La subversion de l'ordre religieux (555). La subversion de la hiérarchie des sexes (556).
- Les différentes attitudes à l'égard de la direction féminine 558 L'affirmation d'une spécificité de la direction féminine  : Guilloré et Fénelon (558) ; les revendications de Gabrielle Suchon (560) ; pratiques réelles (561). La distinction entre le statut officiel de directrice et la fonction officieuse (563). La distinction entre "avis donnés pour direction" et conseils spirituels "de charité" (564).
2. L'ENSEIGNEMENT DOCTRINAL 567
- Les attitudes à l'égard de l'enseignement féminin 567 La distinction entre enseignement public et enseignement privé  : le problème de la clôture et la méfiance à l'égard des religieuses enseignantes (567) ; l'association des laïques à l'oeuvre catéchistique (571). La distinction entre enseignement doctrinal et instruction dévote (572).
- L'enseignement des mystiques 574 Certaines mystiques délivraient leur enseignement à l'intérieur des limites imparties aux femmes (574)  : d'autres prétendaient à un enseignement public et doctrinal (575)  : considéré comme une mission exceptionnelle (576). L'attitude des autorités religieuses  : usurpation du rôle des docteurs et hérésie (578) ; l'infériorité intellectuelle des femmes et l'attitude de Fléchier (580). L'obligation de "silence" faite aux femmes et la communication, orale ou écrite, des grâces divines  : le problème de "l'humilité" féminine (581) ; un directeur doit-il donner ordre à ses pénitentes d'écrire leurs expériences  ? (586) ; obéissance au directeur et "complaisance à s'exprimer" (588). Écart entre théorie et pratique (590).
CHAPITRE 5  : MYSTIQUE ET CONDITION FÉMININE 593
1. MYSTIQUE ET ÉMANCIPATION FÉMININE 593
- Mystique et rôle de la femme 593 Le rôle des femmes dans l'Église  : la prière, "emploi" des religieuses ; "recevoir les sacrements et donner l'aumône", rôle des laïques (593). La mystique, contraire à la vocation ordinaire des femmes  : "désordre des familles" et "renversement" des "états de perfection" (594) ; désobéissance aux supérieurs et à l'Église (597) et refus de l'autorité maritale (599).
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- Mystique et libération féminine 600
Les "chaînes du sexe"  : l'acceptation ou le refus de la condition féminine, à la lumière de l'itinéraire de sainte Thérèse  : Antoinette Bourignon et Marguerite- Marie Alacoque (600). Le "désir" de la "liberté" d'action ou la "témérité" féminine  : Marie de l'Incarnation (603). La mystique ou "la parole féminine en liberté"  : la parole "encadrée" et "le corps en travail" (605). La libération féminine par la dépersonnalisation de soi  : le code de la médiation divine ou angélique  : Jeanne des Anges (607). Les détours inhérents à la condition féminine, moyens de libération  : l'affectation d'obéissance et d'ignorance (Mme Guyon) (608)  : le désir de promotion par la mystique ("Nicole de Reims" et Jeanne des Anges) (609)  : ruses pieuses (Mme Acarie) (611). La libération par l'acceptation de la féminité ou l'éclosion d'un discours féminin  : le rapport des mystiques au langage et à l'écriture (612) ; l'accentuation de la différence féminine comme moyen de se faire entendre auprès des hommes  : l'exemple de Fénelon et de Poiret (615).
L"'enfermement" des mystiques 617
Les femmes et "l'enfermement des âmes"  : la "sûre retraite" de la femme chrétienne "cachée" dans sa maison (617). Les mystiques et le "grand renfermement" (619).
2. LA DÉVALUATION DE LA MYSTIQUE FÉMININE 621
"Illusions" mystiques et nature féminine 622
"Les filles sont visionnaires"  : mystique et imagination féminine (622) ; les "fausses précieuses parmy les spirituelles" selon le P. Guilloré (626). - Les lectures mystiques, écueils féminins  : les différentes méthodes proposées pour en écarter les dangers (629) ; le "désir" inconscient des états extraordinaires (633) et le mépris de la "voie commune" ou des livres communs (635). - Vanité et amour-propre  : la sublimation, la mode, l'aspiration à la distinction (636).
- Mélancolie, passions et folie  : la médicalisation de la mystique féminine .... 639 Mystique et pathologie féminine  : une maladie du corps. Mystique et mélancolie féminine (639). Mystique et "faiblesse" physique et morale des femmes (644). Mystique et sexualité féminine  : l'inclination des femmes à la "passion" et à la "langueur" d'amour (645) ; la sensualité féminine attisée par les métaphores mystiques (648) ; les intuitions pré-psychanalytiques du P. Chéron (650).
Folie et déraison féminines  : la mystique, une maladie de l'esprit. Une des "diverses espèces de folie"  : hallucinations, "contention d'esprit" et oraison, extases et "renversement de cerveau" (651). Le renvoi au médecin et la "dévaluation des discours féminins" (653). La rationalisation des phénomènes surnaturels et l'écrasement de la "rébellion des Amazones" mystiques et possédées (656).
C  : « LA THÉOLOGIE TOMBÉE EN QUENOUILLE »
CHAPITRE 6  : UNE « DOCTRINE TOMBÉE EN QUENOUILLE »  : LE JANSÉNISME 663
La diffusion de la théologie parmi les femmes, associée au jansénisme Avant le jansénisme 664
Témoignages sur l'intérêt des femmes pour la théologie (664)."Curiosité" féminine et libertinage (665). La méfiance à l'égard des activités théologiques des femmes (666).
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LES JANSÉNISTES ET LES FEMMES  : 668
L'attitude des jansénistes à l'égard du public féminin. Diffusion du jansénisme dans les milieux mondains et féminins avant les Provinciales (668). Les Provinciales et la place accordée aux femmes dans les ouvrages jansénistes destinés au public mondain  : langue vulgaire et "style agréable" (670). Les différents courants jansénistes et leur attitude à l'égard du public féminin  : Martin de Barcos (673)  : les "centristes" arnaldiens (673).
Les Lettres d'une dame sçavante, des Provinciales au féminin. Les Lettres et leur auteur  : Mlle de Joncoux (675)  ? L'influence des Provinciales  : la galanterie (675). Le problème de l'accès des femmes aux controverses  : la "science des dames" et le droit de "juger" des "disputes en François" (678).
LES JANSÉNISTES ET LES FEMMES (D'APRÈS LES ADVERSAIRES DU JANSÉNISME) 680
Les pamphlets anti-jansénistes adressés "à une dame" (680). - Raisons prêtées aux jansénistes pour gagner les femmes  : la générosité des bienfaitrices de Port- Royal (682) ; le crédit et l'influence des femmes dans la société mondaine et leur "zèle" pour "faire des prosélytes", "donner de la réputation", "répandre les ouvrages" des jansénistes et décrier les adversaires du parti (682). - Les moyens mis en oeuvre par les jansénistes pour gagner les femmes. La direction de conscience (686). La réputation d'austérité qui en "impose" aux femmes (687). Les livres jansénistes  : beauté du style (688) et vulgarisation théologique satisfaisant la "curiosité" et la vanité féminines (689). La "fantaisie de bel- esprit" dans lequel les jansénistes entretiennent les femmes  : jansénisme et féminisme (691)  ? Résultats de la vulgarisation janséniste chez les femmes  : un faux savoir ou un savoir nuisible (692).
LES FEMMES ADEPTES DU JANSÉNISME (D'APRÈS LES ADVERSAIRES DE PORT-ROYAL) 694
Les motivations prêtées aux femmes adeptes du jansénisme. Le goût du savoir ou l'envie de paraître savantes (694)."Ces prétieuses que le Jansénisme avoit attiré[es] à son party" (696)."Une espèce d'engagement d'un grand ragoût à des dames déjà avancées en âge" (696). Aspiration à la distinction et attrait pour l'élitisme moral et intellectuel du jansénisme (698).
CHAPITRE 7  : THÉOLOGIE ET CONDITION FÉMININE 701
1. UN PROBLÈME CONNEXE  : LA LECTURE DE LA BIBLE EN LANGUE VULGAIRE 702
- Les lectures bibliques permises aux femmes 703 Les femmes et les différentes catégories de personnes obligées de solliciter une permission (703). Les livres bibliques conseillés ou déconseillés aux femmes (705). Les dispositions requises et les défauts à éviter  : "ce n'est pas l'effet d'une bonne discipline de rendre les femmes même disputeuses" (708). La suspicion entretenue contre la lecture de la Bible par les femmes (709). Les religieuses et la lecture biblique (711).
- Lecture de la Bible et condition féminine  : les arguments des polémistes pour ou contre les traductions bibliques 713 Lecture de la Bible et nature féminine. Les femmes et la "profanation" des Écritures d'après les adversaires des bibles vernaculaires  : l'impureté féminine (714) ; les "contes des femmes" (714). Obscurité des Écritures et "faiblesse"
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féminine  : erreurs d'interprétation et hérésie (715) ; "elle en tirera le mesme profit que si elle lisoit du bas Breton" (717) ; les "abîmes" de l'Écriture et la sensualité féminine (718)."Capacité de doctrine" et "capacité de piété" d'après les partisans des bibles vernaculaires (719)  : le manque d"'intelligence naturelle" des femmes, un fait "au moins fort douteux" selon Arnauld (720) ; "foy" et "pureté de coeur" des femmes (721).
Lecture de la Bible et rôle de la femme. Incompatibilité entre lecture biblique et rôle de la femme, selon les adversaires des bibles vernaculaires  : Bible et symboles de la féminité (722) ; le "partage des offices" entre clercs et laïcs et l'empiétement des femmes sur les prérogatives du magistère ecclésiastique (723). Compatibilité entre lecture biblique et rôle féminin, selon les partisans des bibles vernaculaires (724).
THÉOLOGIE ET « VOCATION » FÉMININE 726 "État" féminin et incapacité fonctionnelle des femmes à la théologie (726). Le "désordre" provoqué par le non-respect de l'utilité fonctionnelle des connaissances, chez les religieuses et chez les laïques (728). Le "ridicule" de la "femme docteur" (730).
THÉOLOGIE ET INSOUMISSION  : L'HÉRÉSIE 731
La répression de la "curiosité" féminine (731). Les vertus à la fois chrétiennes et féminines auxquelles l'envie de savoir est contraire  : humilité et piété, "simplicité", "heureuse ignorance" et soumission (734). - Réflexion théologique, esprit critique et contestation religieuse (739)  : les raisons pour lesquelles la "critique présomptueuse" paraissait plus condamnable chez les femmes que chez les hommes. Raisons sociales  : obéissance religieuse et soumission féminine (742). Raisons religieuses  : l'hérésie, un puissant attrait pour les femmes (745).
THÉOLOGIE, PHILOSOPHIE, ET LIBERTINAGE FÉMININ 750
Curiosité théologique et "dérèglements de croyance" (750). "L'honneste & modeste ignorance", un frein empêchant les femmes de s'intéresser aux "mauvaises matières" (752). Les "philosophies dangereuses"  : les femmes et le cartésianisme d'après Mlle de Scudéry (753) ; les femmes et la physique moderne d'après Louis de Lesclache et l'abbé de Gérard (755). Licence de l'esprit et licence des moeurs  : la religion, rempart de la pudeur féminine (757) ; libertinage, "honnêteté" et "bienséances du sexe" (760). - L'impiété, un "vice de femmes"  ?  : rareté des femmes esprits forts (762) ; Christine de Suède, Ninon de Lenclos, et Mme Deshoulières, des femmes exceptionnelles (764). La crainte du libertinage féminin inspirée par la diffusion des nouvelles philosophies et de l'esprit critique parmi les femmes (766).
CHAPITRE 8  : LA THÉOLOGIE AU FÉMININ 769
CONCESSIONS 769
Tentatives de récupération pour endiguer le progrès de la théologie parmi les femmes  : la "Théologie des filles", une science pratique, selon Grenaille et l'auteur de l'Apologie de la science des dames (769), Accommodements  : le droit qu'ont les femmes de s'opposer aux doctrines impies ou hérétiques (773).
REVENDICATIONS FÉMINISTES 774
Poullain de la Barre et l'accès des femmes aux fonctions ecclésiastiques (774). Gabrielle Suchon et la condamnation du clergé  : "lumières empruntées" et "dépendance" intellectuelle des femmes à l'égard des prêtres ; responsabilité de l'Église dans le processus de dévalorisation des femmes (777).
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3. PRATIQUES THÉOLOGIQUES DES FEMMES DANS LA RÉALITÉ 782
Intérêt pour les questions religieuses et bienséances féminines (782)  : ou comment déjouer les obstacles  ? Quelques exemples  : Mme de Motteville (783) ; les protestantes (785) ; l'attitude de Huet (785) ; Gabrielle de Rochechouart (786). Intérêt pour la théologie, augustinisme et prestige intellectuel des mondaines (788).
L'attitude des religieuses de Port-Royal à l'égard de la théologie et des controverses. La contradiction entre leurs protestations d'ignorance et leurs connaissances théologiques réelles (791)  : hypocrisie ou decorum (794)  ? Le "féminisme" intellectuel des moniales  : la différence entre générations et courants (796) ; "extrémisme intramondain" et transgression du statut des femmes dans l'Église (798) ; droits de la conscience individuelle et attitude critique à l'égard de la hiérarchie masculine (799) ; portée de la réaction "féministe" des moniales (801).
Les femmes du monde et l'esprit de "libre examen"  : une des tendances fondamentales de leur milieu (802).
CONCLUSION DE LA DEUXIÈME PARTIE 807
Les formes intellectuelles de la promotion féminine par la religion et leurs ambiguïtés. Le XVIIe siècle, une période originale dans l'histoire intellectuelle des femmes au sein du catholicisme.
CONCLUSION GÉNÉRALE 813
Décalage entre discours normatif et vécu. La force subversive de l'accès des femmes à l'égalité intellectuelle avec les hommes  : l'anarchie au sein de la société. Le respect de la différence des sexes, condition et moyen de la promotion intellectuelle des femmes.
BIBLIOGRAPHIE 821
INDEX 907
TABLE DES MATIÈRES 921
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