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Préface

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  • ISBN: 978-2-406-07085-6
  • ISSN: 2108-5471
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-8124-5405-9.p.0007
  • Publisher: Classiques Garnier
  • Parution date: 07-25-2018
  • Language: French

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Support: Digital
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PRÉFACE


Tous ceux qui ont parlé du roman au temps de Louis 3ûII ne se sont
attachés [...] qu'aux grands noms, aux oeuvres les plus réputées et les
plus accessibles ; d'Urfé, Desmarets de Saint-Sorlin, Gomberville, La
Calprenède, M°s` de Scudéry, sont, à peu près, les seuls auteurs qu'ils
citent ; et il semble qu'en dehors de l'Astrée, de l'Ariane, du Polexan-
dre, de la Cassandre, du Grand Cyrus, le roman ne présente que des
landes et des déserts. Autant vaudrait prétendre à décrire un pays en le
parcourant dans un rapide qui s'arrgte quatre ou cinq fois en un millier
de kilomètres. J'ai préféré les lenteurs du train omnibus, qui ne br(ile
aucune gare'.


Sans doute ne saurait-on trouver meilleur avocat que Maurice Magendie pour
justifier l'existence de ce répertoire, résultat d'un long travail collectif consacré
aux fictions narratives en prose de l'âge baroque. De fait son projet est né
d'abord du désir d'établir la topographie minutieuse d'un paysage littéraire trop
souvent réduit à quelques oeuvres emblématiques. Un vaste territoire que nous
avons voulu parcourir nous aussi en omnibus, voire à pied, pour en découvrir
toutes les nuances, les détails, les richesses cachées. Nous espérons ainsi qu'à
la lumière de ce premier volume consacré à des textes contemporains de la fin
des guerres de religion et d'Henri IV, il apparaîtra plus nettement que les
fictions en prose de cette époque ne se résument nullement à L'Astrée. Notre
souhait le plus cher, au reste, serait de contribuer à nuancer la vision surtout
négative que les critiques littéraires, de Lanson à Maurice Lever, en passant par
Antoine Adam, ont habituellement donné des récits et des romans d'un âge
littéraire mal aimé et méconnu, parfois assimilé en bloc aux fâcheuses tendances
du style Nervèze ;mais aussi —nous osons pousser jusque là notre ambition
de montrer, pièces à l'appui, que quelques oeuvres, aujourd'hui injustement
oubliées, mériteraient qu'on les redécouvre et qu'on les réédite.

Il nous a semblé que la meilleure façon de mener à bien ce travail d'explora-
tion et de réhabilitation était de rompre avec la logique partiale de la critique

' Maurice Magendie, Le Roman français au XVII° siècle de L'Astrée au Grand Gj~rus, GenBve,
Slatkine Reprints, 1970. «Avant-propos ~, p. 7-8.

8 S PRÉFACE

d'humeur ou avec les raccourcis arbitraires et souvent injustes des panoramas,
pour constituer une sorte de grand fichier analytique. À cet égard ce répertoire
participe d'abord d'une tradition philologique pluriséculaire, celle du résumé,
particulièrement adapté à la logique romanesque en ce qu'il vise généralement
les linéaments d'une histoire ou d'un mythe. On sait que pour la littérature
française ces recueils de résumés ont commencé à se constituer au XVIIIe
siècle :l'un des premiers d'entre eux est la célèbre Bibliothèque universelle des
romans qui comporte non seulement des rééditions et des extraits, mais aussi des
condensés et des résumés de romans anciens comme La Mariane du Filomène
ou Du Vray et Parfait Amour dont les fiches figurent dans les pages de ce
volume.

Comme on le sait, ces dernières années ont vu se multiplier le même type
d'ouvrages dans le sillage du monumental Dictionnaire des oeuvres de tous les
temps et de tous les pays (1954)' : citons entre de multiples exemples le
Dictionnaire des oeuvres érotiques élaboré sous la direction de Pascal Pia, Robert
Carlier et Gilbert Minazzoli et publié pour la première fois en 1974, le
Dictionary of Literary Utopias édité par Vita Fortunati et Raymond Troussonz,
ou encore le gigantesque répertoire que Jean-Claude Alizet3 consacre aux
domaines du roman policier, du roman d'espionnage, de la Science-fiction et du
fantastique, une collection toujours en devenir puisque son auteur réalise le
projet ambitieux de donner année par année un état des lieux de cette littérature
prolixe. Le dénominateur commun de ces différents livres est évidemment de
fournir au lecteur des aperçus précis sur le contenu, et souvent sur les contextes
historiques et biographiques, d'un corpus important d'ouvrages classés par
genres ;mais la plupart d'entre eux partagent aussi une même lacune, car leurs
descriptions ne tiennent que peu compte des données bibliographiques.

La vocation du présent répertoire est de pallier ce manque en jouant le double
rôle d'un dictionnaire des oeuvres et d'une bibliographie. Ainsi ne vise-t-il pas
seulement à faire connaître la teneur de nombreux textes, parfois conservés dans
des lieux lointains (bibliothèques étrangères) et inaccessibles (bibliothèques
privées) ;mais aussi à fournir sur ces textes des indications matérielles (format,
nombre de pages, présence de frontispices et de gravures...) et, plus largement,
bibliologiques (épîtres dédicatoires, privilèges, achevés d'imprimé, permission...).
À cet égard son élaboration doit beaucoup aux recherches anciennes ou récentes

' Rééd.: Paris, Robert Laffont, collection «Bouquins » , 1980.

z Dictionary of Literary Utopias, Paris, H. Champion 2000.

' L'Année de la fiction, Polar, S.-F., Fantastique, Espionnage. Bibliographie courante de l'autre

littérature. Amiens, Encrage édition. Un volume par an depuis 1989.

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des bibliographes, tout d'abord aux recherches de Roméo Arbourt dont
l'abondante moisson nous a permis d'établir une première liste de fictions, ayant
formé comme le noyau de ce livre ; ensuite à tous ceux qui ont travaillé à
l'inventaire du roman de la fin du XVIe et du XVIIe siècle :principalement
Gustave Reynier, Ralph Coplestone Williams, R.W. Baldner et Maurice Lever
dont La Fiction narrative en prose au XVIIe siècle fait toujours autorité. Enfin
il ne faudrait pas omettre de mentionner la mise en ligne récente sur internet du
Catalogue Collectif de France dont la consultation a permis dans de nombreux
cas d'affiner et de compléter l'état de nos connaissances.

L'attention portée au détail des textes nous a conduit logiquement à les
envisager dans leurs particularités. Chacune des ceuvres décrites ici correspond
donc à l'une de ses éditions —parfois la première, mais généralement la plus
complète ou la dernière publiée du vivant de l'auteur. Qui voudra donc se
renseigner sur la première partie de L'Astrée trouvera ainsi dans ces pages un
descriptif et un résumé de son édition parisienne de 1607 ; qui désirera
s'informer sur Les Contes et Discours d'Eutrapel de Noël Du Fail ou sur Les
Avantures de Floride de Verville, y découvrira le même type de renseignements
portant respectivement sur leurs éditions de 1586 et de 1601. Ces mises au point
ponctuelles n'excluent pas les aperçus plus synthétiques. Les notices portant sur
des succès littéraires comportent également quelques observations sur leurs
variantes les plus remarquables. Du fait de son importance littéraire la première
partie de L'Astrée sera d'ailleurs, dans le prochain tome, l'objet d'une fiche
supplémentaire établie sur l'une de ses éditions postérieures à 1610 et indiquant
les principaux remaniements opérés par l'auteur.

L'année 1585 constitue le terminus a quo de ce répertoire, 1643 formera son
terminus ad quem2 : deux dates qui dans notre esprit sont seulement à prendre
comme les caps symboliques d'une évolution lente et sinueuse. 1585 correspond
au début de la huitième des guerres de religion, leur épisode le plus violent,
mais aussi à l'édition de la première partie des Bergeries de Julliette, et 1643 à
la mort de Louis XIII et au début de la Régence dont on sait qu'elle engendrera
bientôt les troubles civils de la Fronde. Au lieu d'un partage arbitraire ou
inadapté suivant une division par siècles, notre périodisation vise à manifester
un moment important de l'histoire culturelle, l'âge baroque, que l'on ne saurait

~ L'Ere baroque en France. Répertoire chronologique des éditions de textes littéraires, Genève,
Droz, 1977 (1"` partie : 1585-1615).

z Notons cependant que, dans les cas des romans à suite ou des collections de textes, nous avons
choisi d'intégrer dans ce répertoire certaines æuvres pazfois légèrement antérieures à ces limites
chronologiques, de manière à ne pas scinder des ensembles cohérents. Voir par exemple Le
Premier [-second] livre de la plaisante & delectable histoire de Gerileon d'Angleterre d'Etienne
de Maisonneuve et Les Serees de Guillaume Bouchet, publiés en 1584.

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confondre ni avec la Renaissance ni avec l'Age classique. Isoler la spécificité de
cette époque intermédiaire est une entreprise ardue qui, on le sait, a déjà fait
couler beaucoup d'encre tout en suscitant maintes discussions. Sans vouloir
relancer ce débat complexe ou lui ajouter de nouveaux .motifs, il suffira de
relever ici quelques faits saillants pouvant justifier le bien fondé de notre
chronologie.

Si l'on examine d'abord notre domaine littéraire à la lumière des genres ou des
inspirations, il apparaît que la fin des guerres de Religion voit le développement
massif d'une littérature sentimentale que Les Bergeries de Julliette, cette
préfiguration de L'Astrée mêlant idylles, rêverie pastorale, mondanités et
aventures, semble déjà représenter de manière exemplaire. Peu après 1585, année
peu féconde, il est vrai, les fictions appartenant à la même veine iront en se
multipliant. Si l'on se fonde sur la liste des 241 ouvres réunies dans ce
répertoire, il apparaît que 142 sont des récits ou des romans où domine une
inspiration sentimentale. La mode des Amours connaîtra son apogée dans les
années 1610 et 1620'. On sait qu'au temps de Polexandre triompheront à leur
tour les romans héroïques. On passe sans doute alors d'une sensibilité à une
autre : de l'inspiration courtoise ou néo-courtoise à des illustrations nouvelles de
l'ancienne chevalerie. Mais au-delà des partages et des distinctions, parfois
discutables, peut se dégager sans peine une ligne de force conduisant de
Montreux à Scudéry, celle du romanesque. Nous entendons par là un type de
littérature exaltant les passions et les sentiments dans leurs manifestations les
plus extrêmes, une littérature multipliant les péripéties et offrant du monde une
vision héroïque, une littérature qui, sans être toujours invraisemblable propose
du réel une image manichéenne et idéalisée. Les histoires comiques qui naissent
alors en France dans le sillage du picaresque espagnol (les premières traductions
du Lazarille de Tormès et de Guzmân d'Alfarache datent respectivement de 1560
et de 1600) nous fournissent des témoignages a contrario de cette dominante
romanesque, comme les histoires tragiques ou les parodies, celles de Rosset ou
de Sorel par exemple, nous dévoilent son envers noir ou ses artifices. Le
romanesque existe évidemment à la Renaissance et continue d'exister à l'âge
classique, mais l'on admettra volontiers qu'il occupe une place proportionnelle-
ment moins importante dans leur production littéraire qu'au temps de Verville
ou de La Calprenède et qu'on lui accorde beaucoup moins de valeur : aux
affabulations du roman Marguerite de Navarre, Madame de La Fayette ou Saint-
Réal préfèrent les témoignages de l'histoire ou de la nouvelle.

~ Voir aussi sur ce sujet les enquêtes précises de Günter Berger sur les genres romanesques,

Romanproduktion und literarisches Publikum im Frankreich des 17. Jahrhunderts », in Zur
Geschichte von Buch und Leser in Frankreich des Ancien Régime. Beitrdge zu Biner empirischen
Rezeptionsforschung. Schaüble Verlag, 1985, p. 23-51.

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La question des valeurs nous conduit naturellement à envisager un autre aspect
important de cette production littéraire :son enracinement dans une idéologie.
Notion complexe recouvrant au moins deux niveaux qu'il est nécessaire de
distinguer :celui de l'éthique ou des moeurs, et celui de l'orientation morale et
philosophique. Il est d'abord manifeste que les fictions baroques ont constitué
un relais privilégié pour les codes et les règles de la civilité et ont joué un rôle
non négligeable dans l'accomplissement de ce processus de civilisation décrit par
Norbert Elias à propos de L'Astrée'. Les règnes d'Henri IV et de Louis XIII ont
vu ainsi fleurir de nombreux secrétaires, discours ou dialogues narrativisés, ceux
par exemple de Cyre FoucaultZ ou d'Abraham de La Faye3 servant la mise en
scène des usages galants ;mais l'on note aussi que les protocoles de la politesse
mondaine s'immiscent dans de non moins nombreux récits et romans pour
accompagner et souvent guider le déroulement de leurs intrigues. Cette fonction
pédagogique dévolue à la prose fictionnelle ira plus tard en s'estompant comme
le révèle nettement par exemple la comparaison de La Clythie4 de Puget de La
Serre avec sa transformation en nouvelle dans une autre Clitie, anonyme, parue
chez Claude Barbin en 1680.

On ne saurait nier la multiplicité des idées nourrissant cette littérature aussi
prolixe que diverse. Il n'est que de penser pour s'en convaincre au protestan-
tisme de Nicolas Des Escuteaux et de Paul Ferry, au jansénisme du dernier
Gomberville ou à la sensibilité libertine de Sorel dans les premiers livres du
Francion. Cette diversité n'en est pas moins traversée par les courants puissants
d'une opinion majoritaire déterminant le climat intellectuel et moral de l'époque.
Celle-ci, il est facile de l'observer, est tout entière dominée par une foi
catholique militante. On se rappellera à cet égard que la fin du XVI` et le début
du XVII` siècle coïncident avec un véritable regain des vocations religieuses, une
« invasion mystique », selon la belle expression de l'abbé Brémond, qui
détermine une floraison de romans catholiques dus àJean-Pierre Camus, mais
aussi à d'autres écrivains moins connus que le célèbre évêque de Belley :Jean
Juliard, Bareuu, François de Fouet, Nicolas Piloust, Jacques Gaffarel ou René
Ceriziers. La foi chrétienne en l'occurrence n'inspire pas seulement quelques
dévots ;elle fait partie intégrante de la culture de l'honnête homme et s'impose
donc comme une donnée incontournable dans les fictions qui le divertissent.
Même la Gaule pré-chrétienne de L'Astrée n'échappe pas à cette règle, puisque

' La Société de cour, Paris, Calmann Lévy, [1969] 1974 ;réédition : Paris, Flammazion-

Champs, 1985.

z Les Epistres amoureuses d'Aristenet..., Poitiers, André Citoys et Isaac Barraud, 1597.

3 Tableau et miroir des pudiques amours du Prince Parthenophile et de la Princesse Cleonice,

Iena, Henri Rauchmaul, 1613.

° La Clythie ou romant de la cour, Pazis, G. Loyson, 1630.

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sous les leçons théologiques du druide Adamas le lecteur peut retrouver sans
peine des allusions au credo catholique et au dogme de la Trinité. L'idéal
héroïque forme une autre composante, sans doute plus consensuelle encore, de
l'atmosphère propre à l'âge baroque, âge des saints, mais aussi des héros. Sans
doute peut-on, comme de nombreux historiens, expliquer sa vitalité à la lumière
de la situation politique de l'aristocratie française, encore rebelle à son
embrigadement sous la bannière monarchique, et toujours confiante dans les
vertus de l'action individuelle. Notre découpage chronologique manifeste la
permanence de ce même état d'esprit entre le temps de la Ligue et celui de la
Fronde, celui des Avantures de Floride et celui d'Artamène ou le Grand Cyrus.

Enfin, il est aisé de constater que la littérature de l'âge baroque a sa poétique
particulière. Peut-être n'est-il pas nécessaire en la matière d'évoquer un modèle
esthétique hérité de l'architecture et des beaux arts, comme l'on fait plusieurs
générations de critiques, de Jean Rousset à Claude-Gilbert Dubois. Il est en tout
cas possible de s'appuyer sur des critères essentiellement littéraires pour
découvrir la parenté des nombreux romans contemporains d'Henri IV et de
Louis XIII. Tous, en effet, ou presque, ont en commun d'accorder beaucoup à
la rhétorique. Comme le notait naguère Jacques Chupeau

Cette rhétorique déborde les distinctions traditionnelles entre roman pastoral, récit
d'aventures, roman sentimental et histoires tragiques, catégories entre lesquelles on
observe, au demeurant, de nombreuses interférences'.

Elle conduit les auteurs à considérer l'intrigue de leurs histoires comme une
trame sur laquelle broder de nombreux ornements, des «agencements »dont
Camus donne la liste, d'ailleurs non limitative, dans son Instruction au Lecteur
de Parthenice, en 1621

Par exemple, les digressions [...], les lettres, les Harangues, les Dialogismes, les
Poësies, les Prières, les Rencontres, les Plaintes, les Ratiocinations intérieures, les
Devis familiers, les Jeux de parole, et mille pareilles menuailles qui servent à la
Deduction, à la Liaison, et à la Contexture de l'Histoire2.

Il est vrai qu'il s'agit là d'une tendance que l'on relève déjà dans des æuvres
antérieures comme Les Angoysses douloureuses d'Helisenne de Crenne ou
L'Amant resuscité de la mort d'amour ; mais les textes de l'âge baroque au
regard de ceux de la Renaissance n'en possèdent pas moins leurs caractéristi-

«Quelques formes caractéristiques de l'écriture romanesque à la fin du XVI` siècle et au
début du XVII` », in L'Automne de la Renaissance 1580-1630 (études réunies par Jean Lafond
et André Stegman), Paris, J. Vrin, 1981, p. 219.

z Parthénice, Paris, Claude Chappelet, 1621, p. 902-903.

13 PRÉFACE 13

ques. Comme les romans de Nervèze, Des Escuteaux ou Puget de La Serre, ils
expriment une conception mondaine de l'éloquence et du beau style et se
trouvent donc souvent allégés des digressions savantes qui alourdissaient les
fictions humanistes. Tout au long du premier XVIIe siècle on observe par ailleurs
que de nombreux romanciers s'efforcent d'atténuer le caractère artificiel de leur
beau langage en usant principalement de ces trois procédés relevés dans L'Astrée
par R.A. York

La subordination des passages rhétoriques à une fonction (de narration ou
d'argument) ; la réduction de l'écart entre les figures rhétoriques et la norme de la
langue ; et —procédé radical et ambigu, auquel n'est accordé qu'un statut périphéri-
que —l'emploi ironique, parodié des figuresl.

Il appartiendra aux classiques d'aller au bout de cette évolution, non par le
refus de l'éloquence, mais par son atténuation et sa nette subordination à la
logique de l'histoire.

Cet âge baroque caractérisé ici à grands traits ne sera pas pris en bloc, comme
une totalité insécable. L'ordonnancement chronologique des trois parties de ce
répertoire conduira au contraire à préserver sa diversité historique dans ses
principales nuances. Notre parcours à travers la littérature narrative se fera donc
en trois temps

— la période 1585-1610, à laquelle est consacré le présent volume, correspond
à un temps de contrastes et de changements. La France sort alors péniblement
d'une longue guerre fratricide —son dernier épisode est la guerre des trois Henri
(Henri III, Henri de Navarre et Henri de Guise) qui se déchaîne entre 1585 et
1598 —pour connaître enfin la paix et une relative prospérité sous le règne
d'Henri IV. Sa littérature narrative reste encore attachée par de multiples liens
au XVIe siècle. Aussi, tout en comprenant des ceuvres véritablement novatrices
(celles notamment de Montreux, Verville, Nervèze, d'Urfé), se compose-t-elle
en partie de textes appartenant à des formes ou à des genres en vogue dans les
décennies précédentes, comme les miscellanées (Guillaume Bouchet, Les Serées),
les contes facétieux (Noël du Fail, Les Contes et discours d'Eutrapel), les
histoires édifiantes et prodigieuses (Daniel Drouin, Le Revers de Fortune), les
romans humanistes (Martin Fumée, Du Vray et Parfait Amour).

— Après la mort d'Henri IV, les années 1611-1623 recouvrent un temps
d'incertitude agité par de nouvelles luttes contre les protestants et par la
sanglante rivalité opposant la reine mère à son fils. L'arrivée de Richelieu au
ministère en 1624 conduira bientôt à la défaite des intrigants et des dévots

' « La rhétorique dans L'Astrée », in XVII° Siècle, 1976, n°110-111, p. 15.

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groupés autour de Marie de Médicis. Notre littérature narrative s'avère alors très
fertile, particulièrement le roman sentimental qui voit s'illustrer des auteurs déjà
confirmé comme Honoré d'Urfé, Vital d'Audiguier ou Des Escuteaux, mais
aussi une nouvelle et nombreuse génération d'écrivains, plus de cinquante
romanciers, le plus souvent nés aux environs de 1600, et parmi lesquels compte
déjà le jeune Charles Sorel.

— Les années 1624-1643 sont contemporaines d'une consolidation du pouvoir
monarchique, mais c'est encore une époque tumultueuse : le gouvernement
Richelieu doit affronter un double péril à l'intérieur et à l'extérieur. Les nobles
qui veulent retrouver leur puissance ourdissent contre lui maints complots, la
guerre de religion se ranime et la France s'engage dans la guerre de Trente ans.
Comme l'observe Maurice Lever,

On ne rêve que conquêtes, enlèvements, folles équipées. On rivalise de générosité
et de galanterie. L'idéalisme sentimental a fait son temps. Les débats de casuistique
amoureuse, les beaux rêves de paix universelle, l'écologie pastorale, tout cela ne
s'accorde plus à l'humeur piaffante des sujets de Louis XIII. Céladon cède le terrain
à Rodriguel.

C'est aussi le temps de Polexandre et du roman héroïque.

Après avoir posé les jalons de cette périodisation, on ne saurait éviter la
question de savoir ce qu'il faut entendre exactement par fiction narrative en
prose. On sait que Maurice Lever s'est servi de la formule dans le titre de sa
célèbre bibliographie pour exprimer un «parti pris de large accueilz »s'écartant
des définitions théoriques trop réductrices. Elle offre encore pour nous le double
avantage de former un concept compréhensif et souple, permettant de cerner un
champ d'étude sans l'enfermer pour autant entre des frontières trop nettement
arrêtées. À cet égard elle semble encore constituer une étiquette utile à condition
cependant qu'on fasse l'effort de l'adapter à son contexte historique. Il va de soi
en effet qu'à l'âge baroque la fiction narrative en prose n'est pas exactement
synonyme de ce qu'elle sera au temps de Flaubert ou de Sartre.

Notons d'abord que l'opposition formelle entre fiction narrative en prose et
fiction narrative en vers révèle sa relative pertinence appliquée à notre littérature
à la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle, puisqu'elle correspond alors à un
partage fraîchement établi. À la fin du Moyen Age et à la Renaissance
l'avènement du livre imprimé et le déclin de la tradition orale —liée à

Romanciers du Grand Siècle, Paris, Fayard, (1981] 1996, p. 107.

z Notre citation reprend en fait l'Avant-propos de Raymond Picazd, La Fiction narrative en

prose au XVII` siècle, p. 10.

15 PRÉFACE 1S

l'utilisation mnémotechnique d'une langue rythmée —ont amené le déclin du
vieux roman en vers. Prose et roman semblent alors unis par un lien nécessaire
tandis que le récit versifié, sous l'influence du romanzo italien, prend le nom
d'épopée. Certains auteurs cependant, comme Pierre de Deimier dans ses
Illustres Avantures (1603), ou le traducteur anonyme des Guerres Civiles de
Grenade de Ginès Pérez de Hita, continuent de versifier leurs histoires à la
manière ancienne de Chrestien de Troyes, mais ils forment désormais des
exceptions.

La distinction entre fiction et vérité que postule l'expression de Lever doit être
fortement nuancée. À l'âge baroque, l'histoire est souvent investie d'une valeur
de témoignage et le roman abandonné aux suggestions de l'imaginaire, mais
leurs deux domaines connaissent de nombreux points d'intersection. Par exemple
les canards qui témoignent sur des faits réels —naissances de monstres,
catastrophes météorologiques, crimes sanglants, affaires de moeurs, etc. —sont
aussi le lieu révélateur des déformations et des transformations flagrantes
qu'impose l'imagination aux données brutes de l'actualité'. La volonté d'édifier
ou de divertir conduit par ailleurs de nombreux auteurs à remodeler la chronique
historique (Histoires memorables), le récit de voyage (Capitaine Bruneau de
Rivedoux, Histoire veritable de certains voiages perilleux) ou la nouvelle
anecdotique (Marcellin Allard, La Gazzette françoise) suivant la logique de
l'exemplum, du récit étonnant ou du conte facétieux. Quel statut accorder
d'ailleurs aux histoires dévotes (Louis de Richeome, Le Pelerin de Lorete ;
François de Fouet, Floriane, son Amour, sa Pénitence et sa Mort) qui fleurissent
alors en grand nombre et qui, pour mieux appâter le lecteur, donnent à leur
message tous les attraits de la fabulation romanesque ?

La dimension narrative de la fiction baroque est loin également de former une
de ses caractéristiques incontestables. Nous avons souligné déjà quellè
importance prêtent ses auteurs au modèle oratoire. Pour tirer toutes les
conséquences de ce premier constat, nûeux vaudrait donc présenter la fiction
baroque comme une narration plutôt que comme un récit, Mademoiselle de
Gournay évoque ainsi le genre du «roman discourant » à propos du Proumenoir
de M. de Montaigne2. L'expression est révélatrice tant des relations unissant
alors tous les genres narratifs au discours que de la tendance de l'écrivain à
conter ses histoires ou à discourir sur elles et, si l'on prend les textes du point

' Voir par exemple S. Bokdam, « Du fait divers au personnage romanesque :L'histoire de
Mademoiselle du Luc et l'Infante déterminée des Avantures de Floride de Béroalde de Verville,
dans Devis d'Amitié —Mélanges en l'honneur de Nicole Cazauran, Paris, Champion, 2002, p. 295-
325.

z L'Ombre, Paris, Jean Libert, 1626, « Advis sur la nouvelle edition du Proumenoir de M. de
Montaigne », p. 644 sq. Cité par M. Magendie, Le Roman français au XVII` siècle, p. 127.

16 16 PRÉFACE

de vue de leur réception, de la tendance de leurs lecteurs à voir en eux de beaux
morceaux d'éloquence. Ainsi il peut paraître légitime de classer dans une même
grande famille littéraire des romans, mais aussi des secrétaires (Secrettes (lames
et poulets d'amour), des discours (La Monophile, L'Ostrassisme d'amour) et des
dialogues' (Marie Le Gendre, dame de Rivery, Dialogue des chastes Amours
d'Éros, et de Kalisti), s'ils prennent place dans un cadre narratif ou servent eux-
mêmes de véhicules à des récits d'une certaine ampleur, ou encore sont désignés
par leurs auteurs comme des modalités d'une narration.

À la lumière de ces remarques peut-être ne sera-t-il pas inutile de revenir sur
notre définition pour en formuler la teneur exacte : la fiction narrative en prose
de l'âge baroque est le produit d'une activité littéraire visant le divertissement,
l'instruction ou l'édification du lecteur par l'énonciation éloquente d'histoires
inventées ou offrant de la réalité une vision aux couleurs romanesques.

On admettra volontiers que cette approche définitoire reste encore bien
générale. Du moins a-t-elle le mérite de nous alerter sur les relations problémati-
ques de notre domaine tant avec le récit (la narration ne peut être ici qu'une
dominante) qu'avec la fiction (cette narration peut servir un projet de témoi-
gnage et viser une vérité, le plus souvent morale et religieuse).

Reste à savoir quels textes correspondront à une catégorie littéraire aussi floue.
Disons immédiatement qu'en l'occurrence il n'existe aucune solution idéale,
dans la mesure même où les limites de notre objet se dérobent. À partir de quel
moment en effet un récit «discourant » bascule-t-il du côté du discours, une
fiction entée sur une anecdote réelle du côté du compte rendu journalistique ?
Certaines ceuvres constituent à cet égard un défi permanent pour nos habitudes
taxinomiques. Que dire par exemple des Apophtegmes du Sr. taulard ou des
Apresdisnées du seigneur de Cholieres ?Faut-il, comme le fait Henri Coulet,
refuser tout net de les considérer comme des nouvelles, ou plus largement
comme des fictions narratives, ou suivre d'autres spécialistes qui acceptent de
les considérer comme telles. Notre propos ne sera pas de trancher ces débats,
mais d'offrir au lecteur un ouvrage riche de nombreuses informations. Dans cette
perspective, qui est celle de l'utilité, nous avons conçu notre corpus comme un
vaste ensemble sans contours arrêtés, mais comportant néanmoins son centre et
ses régions périphériques. Ce centre —qui, pour user d'une autre métaphore,
représente comme le noyau dur de la fiction narrative — a été pour nous le lieu

' Comme le note Véronique Montagne, « la présence possible de parties narratives »dans le
dialogue explique qu'il ait été fréquemment comparé au XVI` siècle avec la nouvelle. «Dans sa
Lezione sopra il comporre delle novelle, parue en 1574, Francesco Bonciani souligne ce
rapprochement » en évoquant les dialogues de Lucien. Voir « Le dialogue au XVI` siècle
éléments de théorisation générique », (http ://www.cometes.orp.), p. 7.

17 PRÉFACE lî

d'une exploration systématique visant une reconnaissance exhaustive : la
description des romans —qu'entre 1585 et 16101es titres donnent le plus souvent
pour des Amours ou des Aventures —, des histoires tragiques et romanesques, des
nouvelles, des contes facétieux. Nos incursions aux alentours de ce domaine
incontestablement fictionnel et narratif nous ont conduit à découvrir des canards,
des secrétaires, des discours, des dialogues, des miscellanées, des histoires
dévotes, des livres de propagande religieuse ou politique, c'est-àdire des textes
n'entrant pas dans le cadre de notre définition moderne de la prose fictionnelle,
mais qu'il aurait été dommage d'oublier, dans la mesure où ils témoignent d'une
manière ancienne et différente d'envisager la geste narrative. Comme il était
impossible et arbitraire, du fait de leur nombre et de leur statut hybride, de tous
les regrouper dans ce livre, nous avons choisi de retenir de ces textes un large
échantillonnage qui aura du moins la vertu de donner une idée de leur diversité.

Notre voyage livresque nous a mené également vers l'étranger, ou plus
exactement dans cette zone intermédiaire que constituent les traductions entre le
français et les autres langues. Sans entrer dans la question de savoir si celles-ci
valent pour de fidèles transcriptions, des adaptations ou des créations à part
entière, il nous a semblé en effet important de ne pas couper la littérature
française des nombreux liens organiques l'unissant à d'autres cultures. Notons
enfin que, pour lui donner tout son relief, un dossier iconographique complète
ce premier parcours, à petites étapes, à travers le paysage de la fiction baroque.
On y découvrira un choix exemplaire de gravures représentant les sujets typiques
d'une époque de violents contrastes :images de piété, crimes sanglants, scènes
bucoliques et aventures sentimentales et chevaleresques.


Frank GREINER

18 18 PRÉFACE



Composition des notices et mode d'emploi


Chacune des notices entrant dans le Répertoire a été élaborée suivant le même
protocole

a) Indication du genre :par l'indication de symboles placés avant les titres
(voir liste ci-dessous).

Exemple : ~ ~ Les Avantures de Floride (première partie). Roman

d'amour et d'aventures chevaleresques.


La répartition des textes en différentes catégories ne va pas sans arbitraire pour
une littérature cultivant volontiers le métissage des genres. Il nous a semblé
cependant que ces indications, aussi schématiques soient-elles, n'étaient pas
inutiles dans la mesure où elle permettent un premier repérage rapide des oeuvres
et peuvent servir d'assises à un travail statistique. Nous avons ainsi fait précéder
chacune des notices du répertoire de symboles pouvant représenter ses liens avec
une forme (textes longs (romans, traités,...), recueils (de nouvelles, de lettres...),
textes courts (canards, libelles,...), une modalité (texte épistolaire, discours,
dialogue) une thématique (intrigue sentimentale, chevaleresque...) ou une
fonction (visée didactique, édifiante).

b) Relevé du titre et description matérielle du livre. Exemple : Béroalde de
Verville (François Brouart, dit), Premiere partie des avantures de Floride. En
ceste histoire Française on peut voir les differens evenemens d'Amour, de
Fortune et d'Honneur, et combien sont en fin agreables les fruits de la VERTU.
De l'invention de Beroalde de Verville. Reveu, corrigé et augmenté par le
mesme Autheur. Rouen, imprimerie du Petit Val, 1601. In-8°, XII f. —528 p.

c) Exemplaire consulté. Ex. pour la première partie des Avantures de
Floride : Ars.: 8 BL 21054 (1).

d) Observations diverses concernant l'attribution des oeuvres anonymes, les
questions de datation et pour les textes traduits les principales caractéristiques
de la version proposée au lecteur.

e) Description du texte et résumé opérés à la manière d'un examen systémati-
que du contenu du livre avec indication de la pagination'

1 Pour les livres où la pagination manque — le fait concerne surtout les liminaires —est indiqué
simplement le nombre de feuillets ou de pages, parfois avec les indications chiffrées des
imprimeurs (A, A ij, Aiij, ...). Les références aux feuillets indiquent le recto, le verso ou le recto
et le verso. Dans ce dernier cas le numéro du feuillet est donné sans aucune précision
supplémentaire. Ex : f. 1 r°, f. 1 v°, f. 1.

19 PRÉFACE 19

— Mention de l'existence éventuelle d'un frontispice ou de gravures.

— Epître dédicatoire, Préface, Avis au lecteur, éventuellement résumés en
quelques mots si le contenu, d'une manière ou d'une autre, paraît digne d'intérêt.

— I.e cas échéant, mention des pièces en vers, des louanges, des recommanda-
tions, du sommaire ouvrant la fiction.

— Résumé suivant la ligne principale de l'intrigue, évoquant tous les
personnages ou la plupart d'entre eux, indiquant l'existence des passages les plus
remarquables qui se rapportent ou ne se rapportent pas directement au
développement de l'action (longue description, songe allégorique, discours,
lettre, poème, etc.). 'Pour les traductions le résumé peut intégrer des observations
sur les principales caractéristiques et la qualité de la version française par rapport
au texte original.

— Présence ou non de tables.

— Privilège, achevé d'impression (date et lieu).

f) Localisation de quelques autres exemplaires du même ouvrage et, le cas
échéant, identification d'une ou d'autres éditions. Quand plusieurs éditions ont
été consultées, indication rapide des principales variantes.

g) Indication des sources.

h) Bibliographie critique se rapportant à la fiction analysée. Sauf pour les
éditions critiques, les références sont abrégées. Pour tout complément d'informà-
tion, le lecteur se reportera à la bibliographie générale placée à la fm du
répertoire.

20
ABRÉVIATIONS ET SYMBOLES

Bibliothèques


Principales abréviations

Ars.: Bibliothèque de l'Arsenal (Paris)

B.L.: British Library (Londres)

B.M.: Bibliothèque du British Museum (Londres)

B.M. (suivi du nom de la ville concernée) :Bibliothèque Municipale

BnF :Bibliothèque Nationale de France (Paris)

BSG : Bibliothéque Sainte-Geneviève (Paris)

Maz.: Bibliothèque Mazarine (Paris)

Symboles

® Fictions romanesques :récits, romans, histoires tragiques

® Traités, mélanges et compilations, textes à visée didactique

Tous types de recueils : de nouvelles, de discours, de lettres

p Textes courts :canards, pamphlets, facéties

~s Discours

Q} Dialogues ;récits et discours énoncés par des devisants

.es Textes épistolaires

* Traductions

® Littérature facétieuse et comique

O Faits divers sanglants, histoires tragiques, histoires à issue malheureuse

r Intrigues sentimentales

~ Aventures chevaleresques

~ Cadre pastoral, «bergeries »

Q Littérature utopique, récits oniriques, histoires prodigieuses, inspiration

fantastique

21 PR$FACE 21

~ Textes dévots, histoires exemplaires, apologues d'inspiration chrétienne
Textes historiques ou à fonction de témoignage :biographies, chroniques,
mémoires

~~ Littérature pamphlétaire

$ Récits et romans scientifiques


Combinaisons des symboles

Sont d' abord notés les symboles indiquant une caractéristique générale (roman,
traité, texte court).

Les symboles suivants permettent d'identifier plus précisément le genre et le
contenu des textes. On notera ici les combinaisons les plus fréquentes

— D~ r ~ Roman d'amour et d'aventures chevaleresques

— ~ ~ ~ Roman pastoral à intrigua amoureuse

— ~ ~ O Roman d'amour d'inspiration tragique

— ~ ®Recueil de nouvelles facétieuses

— ~ .es r Recueil de lettres amoureuses

— l~ O canard exposant un fait divers tragique


Il va de soi que dans de nombreux cas la complexité des textes défie toute
tentative de symbolisation. Seules une ou quelques caractéristiques dominantes
ont alors été prises en compte.

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