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Chronologie

  • Type de publication: Chapitre d’ouvrage
  • Ouvrage: El trovador / Le Trouvère
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  • Pages: 363 à 365
  • ISBN: 978-2-8124-0223-4
  • ISSN: 2115-5674
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-8124-4149-3.p.0363
  • Éditeur: Classiques Garnier
  • Collection: Littératures du monde, n° 1
  • Date de parution: 25/03/2011
  • Année d’édition: 2011
  • Langue: Français

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Accès libre
Support: Numérique
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Chronologie

1813 (5 juillet) : naissance d’Antonio García Gutiérrez à Chiclana, village de la province de Cadix, en Andalousie.

Son père est un modeste artisan ; cependant, il tient à ce que son fils fasse des études supérieures.

1830 : Garcia Gutiérrez entreprend des études de médecine à l’Université de Cadix. Mais c’est déjà la carrière poétique qui l’attire. Il prend l’habitude de rédiger des poèmes en caractères minuscules afin de faire croire que ce sont des notes de cours. Sa vue en sera gravement affectée.

1833 : Un décret royal conduit à fermer les universités. Garcia Gutiérrez décide de se rendre à Madrid, la capitale des lettres et du théâtre. Comme ses ressources sont plus que modestes, il entreprend le voyage à pied en plein mois d’août (70 jours de marche), avec un camarade. Il arrive dans la capitale le 2 septembre, peu après la mort du roi et peu avant la proclamation du règne de la reine Marie-Christine.

Il prend contact avec le monde littéraire de la capitale et se lie avec Larra, Espronceda et Ventura de la Vega.

Il a écrit une comédie Una noche de baile qu’il présente à Juan Grimaldi, directeur des deux grands théâtres de Madrid. Ce dernier la refuse, mais pris de sympathie pour le jeune homme le fait entrer dans des journaux : La Revista Española tout d’abord.

Il apprend le français, conscient que la vie artistique espagnole est nourrie, en ces années, d’influences françaises. Il traduira des drames français à succès, entre autres de Scribe (El Vampiro 1834 ; Batilde 1835, El cuákero y la cómica, 1836)

1836 : Création triomphale de El trovador au Teatro del Príncipe. La situation de Garcia Gutiérrez s’améliore notablement, il devient une figure remarquée du monde des lettres de Madrid. Il devient rédacteur de El eco del comercio.

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1837 : Il fait représenter successivement El paje qui connaît un grand succès, puis El rey Monje accueilli plus tièdement.

1836-1842 : Garcia Gutiérrez poursuit sa carrière de dramaturge avec plus ou moins de bonheur. Il compose beaucoup, probablement dans la hâte et peut-être pour solder quelques comptes avec son éditeur. Une douzaine de pièces dont El encubierto de Valencia (1840) obtient un succès d’estime.

1840 : Garcia Gutiérrez publie Poesías, alors que bon nombre de recueils de vers de l’école romantique voient le jour, entre autres celui de Espronceda, Poesías líricas1.

1842 : Garcia Gutiérrez publie son deuxième volume poétique Luz y tinieblas. Poesías sagradas y profanas.

1843 : Garcia Gutiérrez renoue avec le succès en écrivant Simón Bocanegra, œuvre majeure de sa production, très représentative de la pensée politique de l’auteur.

1844-1850 : Garcia Gutiérrez, peut-être déçu par l’absence de récompenses officielles, décide d’entreprendre un voyage en Amérique du Sud.

Il visite Cuba et travaille à la Havane, puis il se rend au Mexique, vivant quelques temps à Veracruz et à Valladolid puis se fixe à Mérida de Yucatán.

Il collabore à plusieurs revues et écrit plusieurs œuvres dramatiques dont La mujer valerosa (1844), consacrée à la veuve du très populaire Padilla, connaîtra à Mexico un succès extraordinaire.

En 1846, il publie à La Havane une œuvre étonnante et originale Los hijos del tío Tronera qui n’est rien moins qu’une parodie féroce de El trovador.

1850 : De retour à Madrid, il retravaille El trovador pour en donner une version nouvelle, entièrement versifiée.

Il s’intéresse beaucoup en cette période à la zarzuela – œuvre typiquement espagnole que l’on peut rapprocher de l’opérette – et compose des livrets pour Emilio Arrieta (El grumete, 1850 ; La cacería real, 1853 ; Azón Visconti 1858) et pour Asenjo Barbieri (La espada de Bernardo, 1853 ; El robo de las sabinas, 1859)

1854 : Révolution progressiste de O’Donell et Espartero dont le gouvernement durera deux ans. Garcia Gutiérrez en tant que libéral

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déclaré reçoit la mission de Commissaire à la dette espagnole, charge qu’il assurera jusqu’en 1858.

1856 : C’est à partir de cette date qu’il est consacré comme grande figure de la littérature espagnole. Il est nommé Commandeur de l’ordre de Charles III. Il est élu en 61 à la Royale académie de Madrid.

1864 : Garcia Gutiérrez renoue avec le succès théâtral grâce à Venganza catalana ; en revanche l’année suivante, Juan Lorenzo reçoit un accueil froid, alors même que c’est une œuvre profondément originale.

1866 : La Royale académie publie un volume (Obras Escogidas) d’une ample sélection de ses œuvres et lui rend ainsi un hommage national.

1868 : Garcia Gutiérrez participe à la contestation du pouvoir des Bourbons en Espagne en écrivant un Hymne ¡Abajo los Borbones !.

Il est nommé consul à Bayonne, puis un an après à Gênes.

1871-1874 : période troublée de la vie politique espagnole (cf. 14-15) Garcia Gutiérrez compose une ode vibrante au Roi d’Espagne Amedeo I. Mais les espoirs nés de ce règne très court et de la première république espagnole s’achèvent avec le couronnement d’Alphonse XII et la Restauration.

Garcia Gutiérrez regagne Madrid en 1872 pour occuper le poste de directeur du Musée archéologique.

Il poursuit sa carrière de dramaturge en donnant la préférence aux comédies, délaissant ainsi le grand drame historique qui avait fait sa réputation. Doña Urraca de Castille (1872) sera le dernier de cette veine.

1880 : Un hommage solennel est organisé à l’occasion de la reprise au Teatro Español de El trovador. La presse salue la carrière exceptionnelle du dramaturge et poète.

1884 : Depuis quelques années la santé de Garcia Gutiérrez s’est délabrée ; ses activités sont réduites et il ne se rend presque plus aux séances de travail de l’Académie. Il habite une modeste maison à las Ventas del Espiritu Santu.

Il meurt le 26 août après plusieurs attaques cérébrales. Ses funérailles sont largement relatées et commentées dans la presse.

[1] 1840, « annus mirabilis » selon E. Allison Peers : « Tanto en la poesía lírica como en la narrativa, todo la fuerza del movimiento comenzó a hacerse sentir en 1840 » in Historia del movimiento romántico español, Madrid, Editorial Gredos, 1973, tome II, page 256.