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Résumé des pieces

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  • ISBN: 978-2-8124-5824-8
  • ISSN: 2114-1223
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-8124-5824-8.p.0380
  • Publisher: Classiques Garnier
  • Digital parution date numérique: 02-28-2007
  • Language: French
Free access
Support: Digital
380 RÉSUMÉ DES PIÈCES
Les dates indiquées à côté de chaque pièce sont celles de la première publication, à l'exception des Suppositi et du Negromante I de l'Arioste, pour lesquelles nous donnons la date de composition et non pas celle de la première édition en raison des vicissitudes éditoriales qu'ont connues ces deux pièces. Les dates qui accompagnent les titres des oeuvres traduites par Larivey sont les plus anciennes que nous ayons repérées, sans que nous puissions toutefois garantir qu'il s'agisse toujours de la première édition. Nos résumés ne concernent par ailleurs que les pièces italiennes originales. Seules les quelques pièces françaises dont la trame s'éloigne notablement du modèle italien ont été retenues ici.
Les pièces italiennes ont été disposées en fonction des parties où elles ont été plus particulièrement étudiées. Elles figurent dans l'ordre chronolo- gique de parution, en intégrant immédiatement à la suite d'une pièce ita- lienne, quand il y a lieu, les pièces - italiennes ou françaises - qui les imi- tent ou les interprètent avec une certaine liberté.
Pièces étudiées dans la deuxième partie
Gl'Ingannati, Gl'Inganni, Les Esbahis, Les Corrivaus L'Alessandro, Les Contens
L'Ortensio.
Pièces étudiées dans la troisième partie
L' Arioste et ses imitateurs  :
I Suppositi, Les Escolliers
Il Negromante I, Le Muet insensé.
Les comédies traduites par Larivey (1579) :
Il Ragazzo, L'Aridosia, I Gelosi, La Gelosia, La Cecca, La Vedova.
Pièces étudiées dans la quatrième partie
La Gostanza, Il Fedele, L'Erofilomachia ovvero il duello d'amore e d'amicizia, La Pellegrina, I due fratelli rivali, La Sorella.
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PIÈCES ÉTUDIÉES DANS LA DEUXIÈME PARTIE
La comédie siennoise et ses imitations ACCADEMICI INTRONATI, GL'INGANNATI (1537)
Date de première représentation  : 1532.
Traduction  : Charles Estienne, La Comédie du Sacrifice, 1543.
Lieu de l' action  : Modène.
Lelia, amoureuse de Flamminio, a été délaissée par celui-ci, qui aime maintenant Isabella. Au lieu de se désespérer, Lelia se déguise en valet et entre au service de Flamminio sous le nom de Fabio. Flamminio éprouve aussitôt de la sympathie pour Fabio, même s'il ne soupçonne pas un seul instant la véritable identité de son valet. Isabella, qui ne répond pas à l' amour de Flamminio, est en revanche amoureuse de Fabio et tente par tous les moyens de le lui faire comprendre, en le mettant dans le plus grand embarras. Le père de Lelia, Virginio, a promis la main de sa fille au vieux Gherardo, qui est amoureux fou de la jeune fille. Aucun des deux vieillards n' a la moindre idée du double stratagème mis au point par Lelia dans le but tout à la fois de reconquérir Flamminio et d'échapper au mariage avec Ghe- rardo. Le retour inattendu de Fabrizio, frère jumeau de Lelia disparu en bas âge, provoque au terme d'un certain nombre de quiproquos l'heureuse solution finale de l'intrigue. Après avoir reconnu Lelia sous les habits de Fabio, Flamminio se déclare prêt à se marier avec elle, tandis qu'Isabella épouse Fabrizio, qui ressemble tellement à son Fabio bien aimé.
NICOLÔ SECCHI, GL'INGANNI (1562)
Date de première représentation  : 1551.
Traduction  : Pierre de Larivey, Les Tromperies, 1611.
Lieu de l' action  : Naples.
Ginevra et Fortunato sont deux jumeaux qui ont perdu leurs parents en bas âge. Pour protéger sa vertu, Ginevra a revêtu des habits masculins et sous le nom de Ruberto elle remplit les fonctions de valet dans la maison de Porzia, tandis que Fortunato est au service de la courtisane Dorotea. Porzia tombe amoureuse du faux Ruberto. Pour sortir de cette fâcheuse situation, ce dernier amène Porzia à coucher avec son frère Fortunato. Porzia est bientôt enceinte, puis le moment de l' accouchement se rapproche sans que ni le faux Ruberto ni Fortunato sachent que faire. Le faux Ruberto aime par ailleurs Gostanzo, le frère de Porzia, qui est lui-même amoureux de la cour- tisane Dorotea. Cette dernière étant également sollicitée par un soldat, le Capitano, et par un vieux médecin auquel elle espère soutirer une grosse
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somme d'argent, Gostanzo cherche désespérément à se réserver la posses- sion exclusive de Dorotea pendant un an. La véritable identité de Ginevra est finalement dévoilée. Fortunato peut alors se marier avec Porzia et Gine- vra avec Gostanzo, qui quitte la courtisane Dorotea.
JACQUES GRÉVIN, LES ESBAHIS (1561) Lieu de l'action  : Paris.
Le vieux Josse, marchand parisien qui se croit veuf après que son épouse Agnès est partie depuis longtemps sans donner signe de vie, aspire à la main de la jeune Madalène. Le père de Madalène, Gérard, veut bien la lui accorder, mais la jeune fille est loin d'en être heureuse. Aussi, lorsqu'un jeune avocat qui l'aime lui demande un rendez-vous, le lui accorde-t-elle car elle y voit l'unique moyen d'échapper aux noces tant redoutées. Le père de Madalène surprend les deux jeunes gens en pleins ébats. Mais le jeune avocat ayant eu l'astuce d'endosser les habits de Josse, Gérard s'en prend à ce dernier. Sur ces entrefaites on découvre que la femme qui accompagne un étrange aventurier italien nommé Panthaleone n'est autre qu'Agnès, l'épouse de Josse. Tandis que celui-ci est contraint de reprendre chez lui son épouse infidèle, qui l'a trahi avec le Gentilhomme, Madalène peut se marier avec l'avocat.
JEAN DE LA TAILLE, LES CORRIVAUS (1573) Date supposée de composition  : 1562.
Lieu de l'action  : Paris.
Benard a dû quitter la ville de Metz en toute hâte. Il a emmené avec lui son fils Philadelphe, mais y a laissé sa fille Fleurdelis. Celle-ci est recueillie par un gentilhomme picard qui l'élève avec l' amour et la tendresse d'un père. Désespéré d'avoir perdu sa fille, Benard envoie son fils Philadelphe à Paris chez une certaine dame Jacqueline qui a une fille, Restitue, dont Phi- ladelphe tombe aussitôt amoureux. Restitue, qui de son côté n'est pas insensible à la cour que lui fait Philadelphe, lui accorde assez vite ce qu'il demande. Ce dernier, au lieu de lui en être reconnaissant, l'abandonne car il est entre-temps tombé amoureux de la fille d'un gentilhomme picard qui vient de s'installer à Paris. Mais l'imprudente Restitue attend un enfant de Philadelphe et il lui faut trouver le moyen de le faire revenir à elle.
Philadelphe n'est pas le seul prétendant de la fille du Picard, car elle est également courtisée par Euvertre, un jeune homme de bonne famille et de bel aspect. Les deux rivaux cherchent, chacun de son côté et sans que l'autre le sache, à s'introduire chez la jeune fille. Claude, le serviteur du gentilhomme picard, promet à Philadelphe qu'il le fera entrer de nuit dans
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la chambre de la jeune fille. De son côté, Euvertre obtient la même pro- messe d' Alizon, la chambrière de la jeune fille qu'il aime. Les deux jeunes hommes finissent par se rencontrer chez la fille du gentilhomme picard. Cette rencontre fâcheuse provoque un scandale, mais elle est également l'occasion de découvrir que la fille du Picard est en réalité Fleurdelis, la fille que Benard avait perdue et donc la sœur de Philadelphe. Celui-ci revient à Restitue, tandis qu'Euvertre peut se marier avec Fleurdelis.
ALESSANDRO PICCOLOMINI, L'ALESSANDRO (1545) Date de première représentation  : 1544.
Lieu de l' action  : Sienne.
Cornelio et Lucilla s'aiment, mais ils ne peuvent pas se marier car Gos- tanzo, le père de la jeune fille, a déjà promis celle-ci à un gentilhomme qui va bientôt arriver de Rome pour honorer le contrat nuptial. Comme dernier recours contre ce mariage abhorré, Cornelio obtient de Lucilla la permis- sion de se rendre chez elle de nuit. Le vieux Gostanzo, père de Lucilla, ne se soucie guère de sa fille, car il est amoureux de Brigida, épouse peu ver- tueuse du Capitano Malagigi. Pour s'amuser aux dépens de Gostanzo, Bri- gida lui fait croire qu'elle est prête à le recevoir dans sa chambre, à condi- tion qu'il se déguise en serrurier pour ne pas être reconnu par les voisins. Gostanzo, naturellement, accepte. De son côté Lampridia, que tout le monde prend pour la fille de Vincenzo, est en réalité Aloisio qui s'est déguisé en fille pour aller à la recherche de sa bien-aimée Lucrezia, perdue de vue sept ans auparavant. Celle-ci vit dans la même ville qu'Aloisio sous l'identité de Fortunio et est très troublée car elle éprouve une inexplicable attraction pour Lampridia, dont elle ne soupçonne pas que sous sa fausse identité se cache son Aloisio bien-aimé.
Le vieux Gostanzo se rend donc chez Brigida déguisé en serrurier, mais à la place de la femme qu'il aime il trouve son mari, le capitano Malagigi, qui le chasse brutalement de sa maison. Rentré chez lui très mal en point, Gostanzo a la mauvaise surprise de voir un homme dans la chambre de sa fille Lucilla. Il prend alors la décision de l'enfermer dans la chambre de cette dernière et va appeler les gardes. Mais Cornelio, car c'est de lui qu'il s'agit, parvient à s'échapper et à l'aide de son ami Alessandro et du servi- teur Querciola, met à sa place Brigida déguisée en homme. Lorsque Gos- tanzo revient avec les gardes, il ne sait plus quoi dire. Brigida parvient alors à lui faire croire qu'elle s'est déguisée en homme pour pénétrer plus facile- ment chez lui et passer la nuit en sa compagnie. Gostanzo, très flatté, ne met pas en doute les paroles de Brigida. Sur ces entrefaites, on apprend que le gentilhomme auquel Gostanzo avait promis la main de Lucilla a décidé de renoncer au mariage pour entrer dans les ordres. Cornelio et Lucilla peu-
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vent ainsi se marier, de même qu'Aloisio et Lucrezia après avoir recouvré leur véritable identité.
ODET DE TURNÈBE, LES CONTENS (1584) Date supposée de composition : 1580 ou 1581. Lieu de l'action  : Paris.
Geneviefve et Basile s'aiment depuis un an, mais Louyse, la mère de la jeune fille, a accordé la main de Geneviefve à Eustache, le fils du sire Girard. Eustache n'est cependant pas enthousiasmé par le choix de son père, d'un côté parce qu'il se sent encore trop jeune pour se marier, de l'autre parce qu'il soupçonne que Geneviefve, déjà courtisée en vain par Rodomont, aime Basile. Pour vaincre la résistance de Louyse, Basile et Geneviefve décident, avec l'aide de Françoise, une amie de Louyse qui ne dédaigne pas de rendre quelques services aux amoureux, de «  prendre un pain sur la fournée  ». Rentrée plus tôt que prévu, Louyse les surprend, mais elle confond Basile avec Eustache à qui le jeune homme a emprunté un habit pour accéder plus aisément auprès de sa bien-aimée. Louyse enferme le couple à clé et menace de faire un scandale. Basile parvient à s'échapper et à échanger à la fois son costume et sa place avec Alix, épouse infidèle du marchand Josse, qui prenait du bon temps avec Eustache. De retour avec des témoins, Louyse est surprise de trouver une femme déguisée en homme avec sa fille. Alix donne par ailleurs une explication plausible à son dégui- sement. Eustache, qui est au courant de ce qui s'est passé entre Geneviefve et Basile, saisit au vol cette occasion pour renoncer à un mariage dont il ne voulait pas vraiment. Louyse est alors obligée de consentir aux noces de sa fille avec Basile.
ACCADEMICI INTRONATI, L'ORTENSIO (1574)
Date de première représentation  : 1561.
Traduction : Antoine Le Métel d'Ouville, Aymer sans sçavoir qui, 1647.
Lieu de l'action  : Sienne.
Verginia vit depuis sa naissance sous la fausse identité d'Ortensio. Une clause du testament de son père stipule en effet que son patrimoine ne pourra avoir pour héritier qu'un garçon. Caterina, épouse d'Antonio, frère de Nastagio, a accouché d'une petite fille qui meurt tout de suite. Elle a alors cherché à adopter un garçon, mais, ne le trouvant pas, s'est résolue à racheter à des marchands une petite fille, Verginia. Elle l'a cependant fait passer pour un garçon afin de pouvoir hériter des biens de son mari, qui entre-temps est mort. Verginia grandit sous l'identité d'Ortensio et tout se passe bien jusqu'au jour où elle tombe amoureuse de Leandro. Elle ne peut
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pas lui révéler son identité véritable parce que cela lui ôterait tout droit sur l'héritage paternel. Une autre clause du même testament impose par ailleurs à l'héritier masculin de se marier à dix-huit ans, sous peine de tout perdre. La tante supposée d' Ortensio, Gentile, s'arrange pour que son neveu se marie avec Leonida. Cela met Verginia-Ortensio dans tous ses états, car elle s'est sur ces entrefaites mariée secrètement avec Leandro. Afin de pouvoir réaliser ce mariage, Verginia a adopté une seconde iden- tité fictive, celle de Celia, prétendument parente d' Ortensio. Aussi la situation de Verginia vis-à-vis de Leandro est-elle des plus compliquées  : elle est pour lui tout à la fois Ortensio, son ami fidèle, et Celia, son épouse secrète.
Leandro ne soupçonne bien évidemment pas un seul instant que Celia et Ortensio soient une seule et même personne. Mais comme il ne peut voir son épouse que très rarement, le secret qui entoure son mariage lui pèse de plus en plus. Il finit par apprendre qu'Ortensio n'a aucune parente qui réponde au nom de Celia et lui demande raison de son mensonge. Pendant ce temps, Gentile, la tante d' Ortensio, insiste pour qu'il se marie avec Leo- nida, fille d' Anselmo. Celle-ci est de son côté convoitée par Alonso, un jeune Espagnol, et par Nastagio, le vieil oncle d' Ortensio, frère de son père adoptif, qui aurait hérité de son patrimoine en cas de naissance d'une fille. Leonida souhaiterait se marier avec Ortensio, mais elle finit par accepter le jeune Espagnol afin d'échapper aux noces avec Nastagio.
La situation se dénoue pour le mieux lorsqu'on apprend que Verginia- Ortensio et le jeune Espagnol sont tous les deux enfants de Nastagio. Ver- ginia peut ainsi se libérer de ses fausses identités et proclamer ouvertement son amour pour Leandro.
PIÈCES ÉTUDIÉES DANS LA TROISIÈME PARTIE
L'Arioste et ses imitateurs LUDOVICO ARIOSTO, I SUPPOSITI [EN PROSE] (1509)
Traduction  : Jacques Bourgeois, Les Amours recreatifves d'Erostrate et de la belle Polymneste, 1545.
Adaptation  : Jean Godard, Les Desguisez, 1594.
Lieu de l'action  : Ferrare.
Erostrato, jeune Sicilien, fils de Filogono de Catane, part avec son ser- viteur Dulippo faire ses études à Ferrare. Mais dès son arrivée dans cette ville, il tombe amoureux de Polinesta. Erostrato troque alors son identité avec Dulippo et entre comme serviteur au service de Damone, le père de
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Polinesta. Dans cette maison, grâce à la complicité de la nourrice de la jeune fille, il parvient à coucher tous les soirs avec Polinesta. Cette situa- tion dure depuis déjà deux ans lorsque débute l'action de la comédie. Dulippo, le serviteur, se fait passer pour Erostrato, son maître, et poursuit avec succès les études que celui-ci a abandonnées pour se consacrer à l'amour. Le père de Polinesta, qui ignore tout de ce qui se passe chez lui, décide de marier sa fille au vieux Cleandro, originaire d'Otrante où il a perdu un fils en bas âge, qui lui a été enlevé par les Turcs. Entre-temps Dulippo, c'est-à-dire le faux Erostrato, demande en mariage Polinesta afin d'aider le couple qu'elle forme avec le pseudo Dulippo. Il convainc un étranger rencontré par hasard d' assumer l'identité de Filogono, le père d' Erostrato. Mais le vrai Filogono arrive à ce moment-là, provoquant une grande confusion avec le faux Filogono. Sur ces entrefaites, Damone, qui a découvert ce qui se passe entre Polinesta et le faux Dulippo, fait emprison- ner ce dernier. Tout se résoud cependant à la fin. Le vrai Filogono retrouve son identité et son fils, Polinesta se marie avec Erostrato et Dulippo s'avère être le fils de Cleandro perdu lors du siège d'Otrante.
FRANÇOIS PERRIN, LES ESCOLLIERS (1589) Lieu de l'action  : Paris.
Sobrin, riche étudiant que son père destine à la carrière ecclésiastique, aime Grassette. Celle-ci lui préfère Corbon, étudiant jeune et ambitieux qui ne rêve que de réussite sociale. Sobrin fait un pacte avec Corbon : l'amour de Grassette contre son bénéfice ecclésiastique. En se faisant passer pour Corbon, Sobrin réussit à pénétrer chez Grassette et à jouir d'elle. La jeune fille doit se rendre à l'évidence et accepter de se marier avec Sobrin, tandis que Corbon obtient en remerciement de sa complaisance le riche prieuré de Sobrin.
LUDOVICO ARIOSTO, IL NEGROMANTE I [1" VERSION] (1520) Traduction : Jean de La Taille, Le Négromant, 1573.
Lieu de l'action : Crémone.
Cintio, fils adoptif de Massimo, a été marié malgré lui avec Emilia. Il est en effet déjà marié secrètement avec Lavinia, que l'on croit être l'épouse du vieux Cambio. Pour faire annuler son mariage avec Emilia, Cintio feint l'impuissance, et pour résoudre ce problème, son père se tourne alors vers un magicien. Ce dernier n'est cependant qu'un vulgaire charlatan, qui gagne sa vie en tirant profit de la crédulité des autres. Emilia, l'épouse de Cintio, est aimée de Camillo qui, ayant appris la maladie dont souffre Cin- tio, s'adresse à son tour au négromant. Mais à la différence de Massimo, il
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voudrait que le magicien rende irréversible l'impuissance de Cintio afin de pouvoir se marier avec Emilia. Le négromant, qui ne fait pas mystère de son ignorance dans les arts magiques, empoche l'argent de Massimo, qu'il lui soutire sous le prétexte de parfaire la cure de Cintio. Il va jusqu'à convaincre Camillo de se faire transporter à l'intérieur d'un coffre dans la chambre d'Emilia, pendant que lui-même saura profiter de l'absence de Camillo pour vider sa maison de tout ce qu'elle contient. Mais Temolo, le serviteur de Cintio, n'a jamais été dupe du faux magicien et découvre le pot aux roses. La comédie se termine avec la fuite du négromant, tandis que Cintio et Lavinia peuvent révéler aux yeux du monde leur mariage et Camillo épouser Emilia.
PIERRE LE LOYER, LE MUET INSENSÉ (1576) Lieu de l'action  : Toulouse.
L'Escolier aime la demoiselle Marguerite, qui continue de le repousser malgré ses avances répétées. Il s'adresse alors à un astrologue doté de grands pouvoirs. Celui-ci lui donne une bague qui permet de rendre docile la jeune fille la plus rétive. La seule condition pour obtenir ce résultat est que personne d'autre n'intervienne et ne brise l'enchantement, car les conséquences pourraient être très graves. Grâce à l'anneau, le jeune homme réussit à convaincre Marguerite de le suivre, mais au moment le plus décisif apparaît la mère de la jeune fille. L'intervention de cette der- nière non seulement brise l'enchantement mais rend le jeune homme muet. Le magicien va lui rendre la parole, non sans invoquer auparavant le diable. Tout se termine pour le mieux, car Marguerite, ayant appris les bonnes intentions de l'Escolier, se marie avec lui.
Les comédies traduites par Larivey LUDOVICO DOLCE, IL RAGAllO (1541)
Traduction  : Pierre de Larivey, Le Laquais, 1579. Lieu de l'action  : Rome.
Dans Il Ragazzo de Ludovico Dolce, librement inspiré de la Casina et des Menaechmi de Plaute, ainsi que de la Clizia de Machiavel, un vieillard, Messer Cesare, et son fils Flamminio aiment la même jeune fille. Tout en étant du côté de Flamminio, le parasite Ciacco promet à Messer Cesare une rencontre avec la jeune fille, mais en réalité, c'est un valet déguisé en femme qui va au rendez-vous. Entre-temps, la fille de Cesare s'enfuit avec un Espagnol et sa servante part en emportant des objets précieux. Tout finit
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naturellement pour le mieux et Messer Cesare tire une leçon salutaire de la tromperie dont il a été la victime.
LORENZINO DE' MEDICI, L'ARIDOSIA (1548) Traduction  : Pierre de Larivey, Les Esprits, 1579. Lieu de l'action  : Lucques.
Les deux frères âgés Marcantonio et Aridosio présentent deux caractères opposés. Autant le premier est généreux et indulgent, autant le second est avare et même dur à l'égard de ses propres enfants. Marcantonio a adopté Erminio, le fils cadet de son frère qu'il éduque dans l'indulgence et l'amitié. Erminio est amoureux d'une jeune fille destinée au couvent tandis que Cas- sandra, la fille d'Aridosio, est aimée de Cesare. Tiberio, autre fils d'Arido- sio, a besoin d'argent pour pouvoir jouir durablement des faveurs d'une courtisane. Toute l'action se concentre autour d'une bourse volée à Aridosio par les valets des jeunes amoureux qui ont besoin de l'argent contenu dans cette bourse. Pour éloigner Aridosio de sa maison, qu'occupent Tiberio et son amante, l'on fait croire au vieil avare qu'elle est hantée par les esprits et qu'il faut appeler un prêtre pour les chasser. Au moment du dénouement les couples d'amoureux s'unissent et Aridosio retrouve sa précieuse bourse.
VINCENZO GABIANI, I GELOSI (1551) Traduction  : Pierre de Larivey, Les Jaloux, 1579. Lieu de l'action  : non précisé.
Eromane aime la courtisane Rodietta, mais son père veut qu'il se marie avec la jeune Pericallea. Dolone, serviteur d'Eromane, suggère à son maître de faire enlever Pericallea par Philerote, qui en est amoureux. Ayant appris qu'Eromane doit épouser Pericallea, Rodietta fait tout son possible pour empêcher un mariage qu'elle ne souhaite pas.
Entre-temps, Eromane s'efforce de repousser ces noces en faisant à son père Philargiro un portrait monstrueux de sa promise. Philargiro, toutefois, ne tombe pas dans le piège et ne revient pas sur sa décision. Eromane, Dolone et Rodietta vident la maison du soldat Zeladelfo, mais ils sont sur- pris par Philargiro qui fait arrêter Dolone. Timeo, père de Pericallea, parle à Philargiro de l'enlèvement de sa fille par Philerote ; Philargiro lui conseille la modération et un mariage réparateur. On apprend par ailleurs que Philerote est le fils de Philargiro qui lui avait été enlevé par les cor- saires en bas âge. À la fin Philerote épouse Pericallea et Eromane peut jouir en paix de Rodietta, moyennant le versement d'une somme d'argent au sol- dat Zeladelfo qui cède la courtisane à Eromane.
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ANTONFRANCESCO GRAllINI, LA GELOSIA (1551) Traduction  : Pierre de Larivey, Le Morfondu, 1579. Lieu de l'action  : non précisé.
Le vieux Lazzero est amoureux de Cassandra et demande sa main au père de la jeune fille qui, par avarice, la lui accorde. Mais Cassandra est aimée de Pierantonio, qui est prêt à tout pour l'enlever au vieillard. Pieran- tonio se met alors d'accord avec Alfonso, le frère de Cassandra, pour faire croire à Lazzero que Cassandra aime déjà quelqu'un d'autre et qu'il ferait donc une très mauvaise affaire en se mariant avec la jeune fille. Ils par- viennent ainsi à convaincre Lazzero de se rendre de nuit auprès de la mai- son de Cassandra pour constater personnellement la tromperie dont il est victime. Lazzero, qui a dû se déguiser en paysan de peur d'être reconnu, voit effectivement une jeune fille rencontrer un homme. Il ignore qu'il s'agit non pas de Cassandra mais de sa servante Orsola qui a pris les habits de sa maîtresse pour tromper Lazzero.
Lazzero, piqué sur le vif, et après avoir passé la nuit au froid parce que son serviteur, ne le reconnaissant pas sous son déguisement de paysan, n'a pas voulu le faire entrer dans la maison, renonce à Cassandra. Mais ses malheurs ne sont pas finis, car il apprend que quelqu'un a profité de son absence pour se rendre chez sa nièce Cammilla et lui ravir l'honneur. On découvre alors que le ravisseur est Alfonso, qui est bien heureux de se marier avec Cammilla tout comme Pierantonio est ravi d'épouser Cassan- dra.
GIROLAMO RAllI, LA CECCA (1563)
Traduction  : Pierre de Larivey, Les Escolliers, 1579. Lieu de l'action  : Pise.
Ippolito et Lattanzio font leurs études à Pise où ils habitent dans la pen- sion de Nicolà. Ippolito aime Lucrezia, épouse de Maestro Ricciardo, un vieux médecin très prétentieux. Lattanzio est en revanche amoureux d'Emilia, la fille du vieux Bonifacio.
Lattanzio se met d'accord avec Cecca, la servante d'Emilia, pour se rendre chez la jeune fille. Cecca consent à l'aider à la condition que le jeune homme accepte de se marier avec Emilia. Entre-temps Bonifacio, qui ne se doute de rien, a promis sa fille à quelqu'un d' autre. Bonifacio surprend Lat- tanzio au lit avec sa fille. Terrorisé, le jeune homme se cache dans un coffre. Bonifacio parvient à fermer le coffre à clé et voudrait le jeter dans l'Arno. Lorsqu'il s'apprête à le faire surviennent trois amis de Lattanzio qui réussissent à le délivrer. Dès que Bonifacio apprend les intentions sérieuses de Lattanzio à l'égard d'Emilia, il la lui accorde en mariage, tan-
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dis qu'Ippolito, l'ami de Lattanzio, parvient à déjouer la surveillance du vieux médecin et à jouir de Lucrezia.
NICOLÔ BUONAPARTE, LA VEDOVA (1568) Traduction  : Pierre de Larivey, La Vefve, 1579. Lieu de l' action  : Venise.
La Vedova présente trois intrigues. L'intrigue principale concerne la chaste veuve Hortensia, qui reste fidèle à son mari défunt malgré la cour assidue que lui fait un voisin. Parallèlement on assiste aux manœuvres d'une autre Hortensia, courtisane, pour se marier avec le mari de l'Horten- sia respectable, qui est en réalité encore vivant. Deux actions secondaires concernent les amours de la fille et de la nièce de Madame Hortensia et leurs efforts pour s'unir avec ceux qu'elles aiment. À la fin de la pièce, Hortensia et son mari se retrouvent tandis que les deux jeunes filles épou- sent leurs amoureux.
PIÈCES ÉTUDIÉES DANS LA QUATRIÈME PARTIE
GIROLAMO RAllI, LA GOSTANZA (1565) Traduction  : Pierre de Larivey, La Constance, 1611. Lieu de l' action  : Fiesole.
Gostanza et Antonio s'aiment, mais le père de la jeune fille décide de la donner à Lionardo. Gostanza et Antonio s'épousent alors en secret et se promettent une foi réciproque et éternelle. Malgré cela, Gostanza accepte de se marier avec Lionardo, mais leur union reste chaste, car Gostanza a révélé à Lionardo son mariage secret avec Antonio. Aussitôt après le mariage de Gostanza, Antonio s'en va et le généreux Lionardo part peu après à sa recherche. A Rome, Lionardo est capturé par les Espagnols, puis libéré par Antonio. Lionardo est resté absent plusieurs années, mais lorsque la pièce commence on apprend que Gostanza attend son retour d'un moment à l' autre, alors qu'on n' a plus de nouvelles d'Antonio. Gostanza a attiré l'attention d'un gentilhomme espagnol, qui lui fait une cour discrète. Restée fidèle à Antonio, Gostanza lui demande de ne plus l'importuner. L'Espagnol obéit, mais est très admiratif face à la vertu de la jeune femme.
Siro, le serviteur de Lionardo, revient seul avec de très mauvaises nou- velles. Il annonce qu'Antonio est mort et que Lionardo a été très gravement blessé. Dès que Gostanza apprend ces tragiques événements, elle décide de se donner la mort, mais est arrêtée dans son entreprise par les gens de son entourage. Lionardo, qui a réussi à survivre à ses blessures, revient et
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Gostanza, qui a perdu tout espoir de retrouver Antonio et qui a été touchée par la générosité et la loyauté de Lionardo, accepte de devenir effective- ment sa femme. Mais à ce moment, on découvre que le gentilhomme espa- gnol est en réalité Antonio qui avait adopté une fausse identité pour mettre à l'épreuve la fidélité de Gostanza. Gostanza et Antonio peuvent enfin être réunis, tandis que le pauvre Lionardo se console en se mariant avec Spi- netta, la sœur d'Antonio, elle-même veuve.
LUIGI PASQUALIGO, IL FEDELE (1576) Traduction  : Pierre de Larivey, Le Fidelle, 1611. Le lieu de l'action est tenu secret.
Fedele a depuis longtemps une relation amoureuse avec Vittoria, une femme mariée. Il est obligé de s'absenter de sa ville et de quitter Vittoria pour un certain temps. Lorsqu'il revient, celle-ci l'a oublié et recherche désormais les faveurs de Fortunio, un jeune homme volage et égoïste, inca- pable d'éprouver de l'affection pour qui que ce soit. Fedele, qui aime tou- jours Vittoria, n'accepte pas d'être abandonné et cherche à se venger. Entre-temps Vittoria, qui voudrait se défaire de son ancien amant, soudoie un sicaire afin de se débarrasser de la présence importune de Fedele et de pouvoir ainsi fréquenter librement Fortunio. Mais le sicaire n'a pas le cou- rage de mettre à exécution le plan diabolique de Vittoria et Fedele échappe ainsi à la mort.
Dès qu'il apprend ce que Vittoria méditait contre lui, Fedele révèle au mari de Vittoria toutes les infidélités de son épouse. Celui-ci médite alors de la tuer pour venger son honneur. Mais Vittoria, dûment instruite par une servante rusée, se jette aux pieds de Fedele en invoquant son pardon. Celui- ci, qui n'a jamais cessé de l'aimer, est ému par son attitude, lui pardonne et parvient également à calmer le mari de Vittoria en le faisant revenir sur ses propos meurtriers. Fortunio, quant à lui, quitte définitivement Vittoria et se marie avec Virginie, une jeune fille qu'il a violée.
SFORZA ODDI, L'EROFILOMACHIA OWERO IL DUELLO D'AMORE E D'AMICIZIA (1572)
Traduction  : Rotrou, Clarice ou l'amour constant, 1643. Lieu de l'action  : Florence.
Leandro et Flamminia s'aiment depuis leur enfance, mais ils ne peuvent pas s'unir en mariage car une rivalité profonde sépare leurs deux familles, parmi les plus illustres de Gênes. Le père de Flamminia part à l'improviste avec sa fille pour une destination inconnue, circonstance qui précipite Lean- dro dans le désarroi. Parti à la recherche de Flamminia, Leandro est pris par
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les corsaires qui le gardent pendant trois ans en le faisant travailler comme esclave. Au bout de ce temps, Amico, un gentilhomme de Florence, rachète Leandro et l' emmène à Florence. Il trouve là une situation pour Leandro en tant qu'homme de confiance de l'un de ses voisins, Oberto. Celui-ci n'est rien de moins que le père de Flamminia. Leandro assume donc l'identité de Fabio et se met au service d'Oberto. Sa nouvelle condition lui fournit le bon- heur inespéré de voir Flamminia tous les jours. La jeune fille, bien évidem- ment, ne soupçonne pas un seul instant que sous l'identité de Fabio se cache son amoureux Leandro, qu'elle continue de chérir.
Oberto décide de marier Flamminia avec le riche docteur Ippocrasso. Mais celui-ci est réticent car il est épris d'Ardelia, une très belle courtisane qui est également convoitée par le capitaine Rinoceronte. Ardelia a depuis longtemps une relation avec Amico, relation que celui-ci veut rompre pour se marier avec Flamminia. Elle fait alors tout son possible pour empêcher les noces et garder Amico auprès d'elle. Ce dernier, d' accord avec Fabio, essaie de discréditer Ippocrasso aux yeux d'Oberto qui finira ainsi par lui offrir la main de Flamminia. Pour discréditer le docteur, Amico et Fabio décident de le convaincre de se rendre chez Ardelia. D' accord avec eux, celle-ci recevra Ippocrasso et le fera battre par son autre admirateur, le capitaine. Dès qu'Oberto saura que son futur gendre fréquente les courtisanes, il n'en vou- dra plus et Amico aura de bonnes chances d'obtenir la main de Flamminia.
Fabio, de son côté, partagé entre sa fidélité à l'égard d' Amico qui l' a racheté des mains des Turcs et son amour pour Flamminia, connaît des tourments indescriptibles. Tourments qui deviennent encore plus insoute- nables à partir du moment où sa bien-aimée, toujours sans le reconnaître, lui avoue sa passion inchangée pour Leandro. Elle préfère en effet s'enfer- mer dans un couvent que se marier avec quelqu'un d' autre. Incapable de trancher entre la loyauté due à Amico et le sentiment intense qui le lie à Flamminia, Leandro décide de partir de Florence, non sans avoir d'abord donné une lettre à Ardelia qui contient la vérité sur ses origines familiales et son amour pour Flamminia. Sur ces entrefaites, un personnage venant de Gênes annonce que les familles de Flamminia et de Leandro ne sont plus en lutte et que la paix est revenue entre elles. Leandro revient et la vérité est enfin élucidée. Leandro épouse ainsi Flamminia et Ardelia peut garder Amico qui revient à elle, faute de mieux.
GIROLAMO BARGAGLI, LA PELLEGRINA (1589) Traduction  : Rotrou, La Pèlerine amoureuse, 1637. Lieu de l' action  : Pise.
Lucrezio, jeune marchand de Pise, doit se marier avec Lepida, fille de Cassandro, mais peu de jours avant la date fixée pour les noces, Lepida
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semble avoir perdu la raison. Lucrezio, qui déjà n'était pas sûr de vouloir ce mariage, devient encore plus hésitant. Il explique à son serviteur qu'il ne pourra jamais aimer d'autre femme que Drusilla, une jeune fille de Lyon avec laquelle il s'était marié en secret deux ans auparavant. Malheureuse- ment Drusilla est morte et Lucrezio est responsable de sa mort. En effet, peu de temps après le mariage, il a dû rentrer à Pise, sa ville natale, et il a promis à Drusilla qu'il reviendrait la chercher d'ici un an. Mais deux années s'écoulent sans que Lucrezio ait pu tenir la promesse faite à Dru- silla. Lorsqu'il s'apprête à partir pour Lyon, un ami qui était au courant de son mariage secret lui apporte la nouvelle de la mort de Drusilla.
Désespéré, Lucrezio ne cherche pas même à aller vérifier la vérité sur place et accepte, contre son gré, le nouveau mariage qu'on lui propose. En fait, Drusilla n'est pas morte. Déguisée en pèlerine, elle a quitté Lyon pour Pise, car elle veut savoir ce qu'il en est de Lucrezio. Arrivée à Pise, la pèle- rine Drusilla se fait connaître et apprécier par les sages conseils et les remèdes qu'elle dispense aux personnes en difficulté qui viennent la consulter. Parmi celles-ci figurent Cassandro, le père de Lepida, et Lucre- zio qui, bien évidemment, ne la reconnaît pas tout en admettant que cette pèlerine lui rappelle Drusilla. Cassandro demande à la pèlerine un remède contre la crise de folie de Lepida, tandis que Lucrezio voudrait savoir d'elle comment se soustraire à un mariage non désiré.
Lepida, de son côté, n'est nullement folle. Si elle feint la folie, c'est uni- quement pour échapper au mariage avec Lucrezio. Elle aime en effet le pédant Terenzio de qui elle attend un enfant. Terenzio a par ailleurs assumé le rôle et l'identité du pédagogue pour rester auprès de Lepida, car il s'ap- pelle en réalité Lucrezio et provient d'une illustre famille allemande. Lepida et Terenzio sont surpris ensemble par Cassandro et Federigo, un étudiant allemand qui fait la cour à Lepida. Cassandro appelle le bargello pour châtier Terenzio, mais Federigo découvre en Terenzio son frère Lucre- zio, qui avait été pris par les Turcs près de Vienne. Lepida et le faux Teren- zio peuvent ainsi se marier avec la bénédiction de Cassandro. Libéré de son engagement avec Lepida, l'autre Lucrezio peut enfin s'unir avec Drusilla qui lui a entre-temps révélé sa vraie identité et qui lui a pardonné.
GIOVAN BATTISTA DELLA PORTA, I DUE FRATELLI RIVAL' (1601) Traduction : Rotrou, Célie ou le vice-roi de Naples, 1646.
Lieu de l'action  : Salerne.
Ignazio, neveu du vice-roi de Salerne, tombe amoureux de Carizia, jeune fille appartenant à une noble famille déchue. Il espère pouvoir l'ob- tenir en mariage. Il fait donc tout son possible afin que son frère Flaminio, son rival en tout, ne soit pas au courant de sa passion. Ignazio fait alors
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semblant d'aspirer à la main de la fille du comte de Tricarico. Mais Flami- nio aime lui aussi Carizia, bien que ses intentions soient moins pures que celles de son frère. Il est aidé dans son entreprise amoureuse par son valet Panimbolo et par le parasite Leccardo. Ce dernier oeuvre également pour le capitaine Martebellonio qui aime Callidora, la soeur de Carizia. Cette der- nière promet sa main à Ignazio, à condition que son père Eufranone soit d'accord. Informé par Ignazio lui-même, Eufranone approuve ces noces. Dès qu'il apprend la nouvelle, le jaloux Flaminio, d'accord avec Leccardo et Panimbolo, met au point un plan diabolique pour empêcher le mariage d' Ignazio et de Carizia. Chiaretta, la servante de Carizia, revêtue des habits de sa maîtresse, se rendra à un rendez-vous nocturne avec Martebellonio auquel on fait croire que Chiaretta est Callidora. Flaminio invite Ignazio à se rendre sur le lieu de ce rendez-vous pour lui prouver la malhonnêteté de sa fiancée. Le naïf Ignazio, blessé dans ses sentiments ainsi que dans son amour-propre, tombe dans le piège et dénonce Carizia à son père Eufra- none. Celui-ci, mortellement blessé dans son honneur, frappe sa fille avec un poignard et la tue ou du moins croit la tuer. Dès qu'il apprend la mort de Carizia, Flaminio, saisi par le remords, révèle la vérité à Ignazio. Eufra- none demande alors au vice-roi don Rodrigo de réhabiliter publiquement la mémoire de sa fille. Le vice-roi ordonne la condamnation à mort du para- site Leccardo, mais se montre étrangement indulgent à l'égard de Flaminio, qu'il décide de punir en lui offrant la main de Callidora, la soeur de Carizia. Ignazio, déconcerté par cette clémence, demande à son tour la main de Cal- lidora. Les deux frères s' apprêtent à se lancer dans un duel mortel lorsque Polissena, la mère de Carizia, intervient pour les séparer en leur annonçant que` Carizia n'est pas morte. Carizia épouse Ignazio et Flaminio Callidora. Profitant du climat de liesse générale, Leccardo lui-même échappe à la condamnation à mort.
GIOVAN BATTISTA DELLA PORTA, LA SORELLA (1604) Traduction  : Rotrou, La Soeur, 1646.
Lieu de l' action  : Nola, près de Naples.
Le vieux Pardo a décidé de marier son fils Attilio avec Sulpitia, la nièce d'Orgio, et sa fille Cleria avec le capitaine Trasimaco. Attilio est toutefois déjà secrètement marié avec Cleria que Pardo croit être sa fille, mais qui ne l' est pas. La femme (Constanza) et la fille (Cleria) de Pardo avaient été enlevées par les Turcs vingt ans auparavant. Pardo, qui n'a jamais déses- péré de les retrouver, envoie Attilio à Constantinople pour les chercher.
Attilio part mais, arrivé à Venise, il tombe amoureux de Sofia, jeune et belle esclave au service d'un gentilhomme napolitain installé à Venise. Attilio ne va pas à Constantinople  : il rachète Sofia, l' épouse et rentre à
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Naples avec elle. Il fait croire à son père que celle-ci est sa fille Cleria. Quant à sa mère, il raconte à Pardo qu'elle est morte. Le jeune couple mène secrètement ses amours jusqu'au jour où Pardo décide de marier Attilio avec Sulpitia, qui par ailleurs aime déjà Erotico, le meilleur ami d'Attilio. Pour éviter ces noces néfastes, le serviteur Trinca propose un plan diabo- lique. Attilio feindra d'accepter Sulpitia; quant à Cleria, il suggère qu'Ero- tico la demande à Pardo, de façon à éviter les noces avec Trasimaco. Le double mariage sera célébré par un faux prêtre. Ensuite, les deux couples demanderont à vivre dans la même maison en vertu de l'amitié qui lie les deux jeunes hommes. Par ce stratagème ils pourront jouir, pendant la nuit, des femmes qu'ils aiment, alors que de jour Attilio se fera passer pour le mari de Sulpitia et Erotico pour celui de Cleria.
Ce beau plan est mis à mal par l'arrivée du vieux Pedolitro qui démasque la fausse Cléria. Pardo ne prête pourtant pas trop d'attention aux révélations du vieillard, même s'il commence à avoir des soupçons. Par un nouveau coup de théâtre, surgit Constanza, la mère d'Attilio et de Cleria qui est parvenue à se libérer de son long esclavage chez les Turcs. Attilio lui confie ses peines et lui demande de bien vouloir confirmer à Pardo que Cleria est sa fille. Constanza n'a aucune peine à le faire, car elle reconnaît effectivement dans la fausse Cleria sa fille perdue. Cette révélation préci- pite Attilio dans une consternation profonde, car si ce que dit Constanza est vrai, il s'est marié avec sa soeur.
Après ce nouveau coup de théâtre, Attilio veut partir très loin pour oublier son amour malheureux. Mais la nourrice de Sulpitia explique tout. Sulpitia, la nièce d'Orgio, est en réalité Cleria, la fille de Pardo, alors que la fausse Cleria, c'est-à-dire Sofia, est Sulpitia, la nièce d'Orgio. Cette sub- stitution d'enfant avait été opérée par jalousie et par intérêt. Une fois dévoilé le mystère de l'identité de Cleria, c'est-à-dire de Sulpitia, les deux jeunes couples peuvent légitimement se marier.
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