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PRÉSENTATIONI



I:OBJECTIF


Il s'agit ici d'un vaste choix de mots ou de locutions qui ont été
retenus en fonction d'un double critère :d'une part, l'appartenance à
un français relevant plus de la langue parlée que de l'écriture soutenue,
et de l'autre, le fait que les renseignements que j'apporte ne figurent
pas ailleurs, à ma connaissance.

Ce que ces notices apportent de nouveau peut être, par exemple

— un mot qui ne se trouve dans aucun dictionnaire courant
(mégo, rabillaré) ;

une expression ou locution du même ordre (avoir de ~-a, parce
que c'est toi) ;

une phrase ou façon de parler populaire ignorée elle aussi (à

force de jouer au con il finira par gagner, mouche-toi t'es morveux) ;
une ou plusieurs citations qui développent divers emplois ou

variantes d'un même mot (pedibus, rouler) ;

une ou plusieurs citations attestant que le terme a été utilisé
avant la date la plus ancienne mentionnée pax les dictionnaires
(gros plein de soupe, trouillomètre) ;

une citation complétant l'indication de date d'un dictionnaire
qui n'indique pas sa source (Biribi, engueuler) ;

un mot fantaisiste utilisé dans une formule de jeu, un jeu de
mots, etc. (grivan, dig-dog savate).

1 Note de l'éditeur : la révision et le toilettage du manuscrit du regretté Pierre Enckell
ont été assurés par André Thibault.

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Dans la mesure du possible, j'ai tâché de relier les termes entre eux,
soit par le sens, soit par la forme. Ainsi, engueuler ci-dessus est à rappro-
cher d'engueulage, engueulement, engueuleur, dégueulade, dégueuler, dégueuleur,
dégueulis, gueulade, gueuler, gueuleton et des locutions :faire la/une gueule,
gueule noire, petite gueule, sale gueule, être sur sa gueule, ta gueule, chaque
entrée apportant des datations ou des faits nouveaux.



LES DÉFINITIONS


Elles n'ont pas toujours la rigueur des dictionnaires de langue, mais
constituent souvent des équivalents. Les lexicographes n'aiment pas qu'on
utilise deux ou plusieurs synonymes en guise de définitions ;s'agissant de
mots taxes ou d'expressions polysémiques, je n'ai pas toujours su éviter
cette pratique. Les définitions sont placées entre guillemets, ainsi petite dame
«femme de moeurs légères»;les gloses sont entre guillemets doublés de
parenthèses, ainsi ma petite dame « (terme d'adresse, parfois condescendant) ».



LES CITATIONS


Un certain nombre de citations apparaissent deux ou même trois fois
dans ces pages, pour illustrer les termes différents qu'elles contiennent ;
on a préféré les répéter, parfois partiellement, plutôt que de renvoyer le
lecteur à une seule occurrence, ce qui l'obligerait à un va-et-vient entre
les pages du dictionnaire.

La graphie des citations a été respectée; on n'a pas apporté de cor-
rections quand elles sont tirées d'une publication d'après un manuscrit,
comme c'est le cas pour la Correspondance de Madame de Graffigny ou
Parades de Beaume). Seules exceptions

— ~ transcrit et, i et u transcrits j et v, dans le cas d'impressions
anciennes ;

15 les points de suspension toujours au nombre de trois, sauf
quand ils suivent l'initiale d'un mot que l'auteur n'a pas voulu
écrire en toutes lettres ;

— dans les textes dialogués, de théâtre et assimilés, quelle que
soit la forme de notre source, les noms des personnages sont
systématiquement écrits en PETITES CAPITALES, suivis direc-
tement par la réplique, et les didascalies en italique.



LES DATES

La date en italiques et entre parenthèses (1808) qui suit une entrée
ou une sous-entrée est soit la date la plus ancienne fournie par les
dictionnaires consultés (pour l'essentiel, ces dictionnaires sont le TLF,
parfois le FEW, Esnault 1965, les DDL, Colin/Mével, Rey/Chantreau,
Bernet/Rézeau, Enckell 20042).

Pour plus de clarté, les dates à retenir pour les citations sont indi-
quées ici en gras.

Exceptionnellement, bien que la date soit déjà mentionnée dans un
dictionnaire, il arrive qu'on fournisse la citation exacte à laquelle elle
correspond. En constatant pax exemple qû une expression est enregistrée
dans le dictionnaire de Bruant en 1901, certains auteur considèrent — à
juste titre, sans doute —qu'elle devait être en usage précédemment.
Mais ils lui donnent alors pour date «fin du xlxe siècle », sans pouvoir
en apporter la preuve. Or, ce sont des preuves qu'on demande.

Dans la mesure du possible, j'ai cherché toutes les locutions retenues
dans la base Frantext, afin de supprimer celles qui seraient attestées
auparavant. Quand la date de « ma » première attestation coïncidait
avec celle de la base, je l'ai conservée. Quand la citation de Frantext est
postérieure, j'indique sa date de la même façon que celles des diction-
naires : (1783), par exemple.

Ainsi, «ficotte n. f. ma ficotte "(juron)" (par ma ficotte 1611 Enckell
2004) » signifie que ce juron était jusque-là daté de 1611 et dans la

2 Pour ce type d'abréviations, vBibliographie, p. 1199.

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locution par ma ficotte, selon Encke112004. Dans la citation que donne
l'article consacré à ce mot, on voit qu'il apparaît en 1598, sous la forme
ma ficotte.

Autre exemple, « le plus beau jour de ma vie » (1714) « (pour qualifier le
jour où l'on se marie)» signifie que la locution est attestée depuis 1714,
mais dans un autre emploi : au sens précis indiqué ici —pour qualifier
le jour où l'on se marie —elle n'apparaît, comme le montre la citation
qui suit, qu'à partir de 1769.



P. E.