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Actes de la journée d'étude du samedi 24 janvier 2009
Lire Tristan aujourd'hui

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  • ISBN: 978-2-8124-1195-3
  • ISSN: 2262-2004
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-8124-4016-8.p.0007
  • Éditeur: Rougerie
  • Date de parution: 31/12/2009
  • Périodicité: Annuelle
  • Langue: Français
Accès libre
Support: Numérique
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Actes de la journée d'étude du samedi 24 janvier 2009

LIRE TRISTAN AUJOURD'HUI


Présentation

Nous publions ici les actes de la journée d'étude qui
s'est déroulée en Sorbonne le 24 janvier 2009, et dont le
thème — « Lire Tristan aujourd'hui » —incita orateurs et
auditeurs à échanger leurs réflexions, parfois sombres,
dans une atmosphère conviviale. Les contributions réunies
dans le présent volume sont donc toutes consacrées à
la réception de Tristan : comment, en effet, le poète est-il
lu et entendu aujourd'hui  ? Comment est-il considéré  ?
Qu'a-t-il à nous apporter  ?

Cette quatrième journée d'étude, à l'instar des pré-
cédentes, visait à élargir le cercle des « tristaniens », en
contribuant à faire se rencontrer des chercheurs, des uni-
versitaires, des enseignants du secondaire (Daniel
Bovero, professeur d'arts plastiques) et des lecteurs venus
souvent d'horizons différents (Patrick Riard ). Il s'agit, en
effet, en s'ouvrant à la pluridisciplinarité, de continuer
à faire progresser les connaissances sur une oeuvre singu-
lière, quasi ignorée des programmes du secondaire et des
grandes institutions, à l'exception de quelques Universités
et de YENS. Depuis une quinzaine d'années, YENS de
Lyon a mis plusieurs fois au programme de son concours
d'entrée Le Page disgracié, aidée en cela par l'édition en
collection de poche procurée par Jacques Prévot; et grâce
à l'excellente édition, également en poche, de La Mariane,
due à Guillaume Peureux, des étudiants ont pu s'initier au
théâtre de Tristan.

Il s'agit tout autant d'inscrire le texte dans une logique
plus offensive de transmission, de donner une impulsion
nouvelle à sa diffusion, en réfléchissant notamment aux
difficultés, aux résistances (pour le dire vite et mal) ou à
l'indifférence que rencontre ou suscite sa réception. C'est
à cette question que s'intéresse l'article de P. Riard.
Signalons, dans cette perspective, que les artistes et les
spécialistes que j'ai pu solliciter n'ont, pour diverses rai-
sons, pas pu répondre à l'invitation qui leur était offerte


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8 de venir parler d'une oeuvre ou d'un texte « confidentiel »
ou matériellement peu accessible. Les dix-septiémistes, les
vingtiémistes, les spécialistes du roman ou les médiévistes
auxquels je me suis adressée ont argué de leur ignorance
ou de leur incompétence à lire Tristan, quand ils n'ont pas
mis en avant un emploi du temps surchargé. Certes. Mais
ne faut-il pas voir dans ces réactions, et je le dis sans
amertume, une tendance, propre à l'Université française,
qui consiste à ne pas vouloir sortir du champ de sa disci-
pline, de son siècle ou de sa spécialité  ? Un exemple, celui
de Bernard Beugnot, qui a publié dans la Pléiade l'ceuvre
de Francis Ponge, mérite sans doute d'être médité.

C'est donc un vaste chantier de reconquête qui
s'ouvre là. L'entreprise, si elle réussit, est de longue
haleine. Tristan n'a pas, dans les manuels du secondaire,
la place que l'on est en droit d'espérer. Dans l'équipe de
Lettres à laquelle j'appartiens et qui compte dix ensei-
gnants, personne n'a en effet jamais eu l'occasion de lire
notre poète — un auteur non identifié donc. Comment,
dans ces conditions, pourrait-on faire connaître son
oeuvre aux élèves, dont la vision du XVlle siècle, lors-
qu'elle existe, est assez caricaturale, parce que trop
fragmentaire, réduite dans le meilleur des cas à la fré-
quentation de trois ou quatre auteurs « consacrés »  ?
L'amour pour le XVIie siècle, l'intérêt qu'il suscite chez
les lycéens —étudiants futurs, ne l'oublions pas —passent
nécessairement par une connaissance fine et nuancée de
l'époque, loin des préjugés, des formules convenues, des
idéologies. En ce sens, l'ceuvre de Tristan, riche, diverse
et contrastée, a son rôle à jouer, comme vont le mettre en
évidence les articles qui suivent.

Cette journée aurait dû marquer un temps fort pour
l'association, puisque nous célébrons cette année le tren-
tième anniversaire de sa fondation. Sandrine Berrégard
propose un état des lieux très complet de la recherche
effectué à partir d'une étude des Cahiers. Une recherche
qui ne tarit pas, comme le prouvent ici la participation de
Laurence Tricoche-Rauline et celle de François de Laage
de Meux, et les contributions de Lionel Philipps et de
Myriam Dufour-Maître. D'autres noms pourraient être
cités d'auteurs de livres, d'éditions critiques, d'articles,
qui continuent, année après année, à creuser le sillon des


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9 études tristaniennes, bien connues de nos lecteurs et sou-
vent même par eux développées ou approfondies. Qu'ils
en soient chaleureusement remerciés. Aussi, malgré par-
fois une certaine rudesse de ton, fruit d'une estime bien
réelle pour Tristan, comprendra-t-on que ce volume se
veut porteur d'espoir.

Florence Orwat



























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