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Comptes rendus / Bibliographie / Chronique

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  • ISBN: 978-2-8124-1189-2
  • ISSN: 2262-2004
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-8124-4010-6.p.0105
  • Éditeur: Rougerie
  • Date de parution: 07/12/2012
  • Périodicité: Annuelle
  • Langue: Français
Accès libre
Support: Numérique
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COMPTES-RENDUS

TRISTAN L'HERMITE, tEuvres complètes li, Poésie (I). Volume
publié sous la direction de Jean-Pierre Chauveau avec la collaboration de
Véronique Adam, Alain Génetiot et Françoise Graziani, Paris, Honoré
Champion, coll. « Sources classiques », n° 41, 2002. Un vol. 22,5x14,5
de 562 p.

Ce premier volet poétique des ouvres complètes rassemble la pro-
duction lyrique de Tristan, Les Amours et La Lyre, accompagnée en
annexe de trois textes en prose « de nature très différente, liés par un rap-
port indirect mais étroit à la pratique et à l'art poétique » (F. Graziani,
p. 391)  :les Annotations sur les Plaintes d'Acante, les Principes de
Cosmographie et la Carte du Royaume d'Amour. L'Introduction générale
de Jean-Pierre Chauveau retrace avec bonheur la carrière du poète et
nous invite à entendre les modulations de la lyrique tristanienne, autour
du projet central de « célébration », entre poésie encomiastique, héroïque
et sacrée ou pastorale, amoureuse et élégiaque. La diversité autant que la
concorde musicale de cet ensemble se laisse parfaitement reconnaître
dans les deux recueils et les Annexes, présentés dans l'ordre
chronologique de leur parution et assortis chacun d'une solide biogra-
phie. Un glossaire et un index général à la fin du volume composent
quant à eux un Promenoir bien utile pour passer d'un texte à l'autre.

Véronique Adam, en choisissant comme P. Camo l'édition des
Amours de 1638, et non comme J. Madeleine celle des Plaintes d'Acante
de 1633, rappelle clairement les vicissitudes éditoriales qui conduisent
d'un recueil à l'autre ; un utile tableau de concordance nous aide à com-
prendre les remaniements de Tristan afin d'aboutir à des ensembles
génériquement cohérents, tout en préservant le principe maniériste de
varieras thématique et prosodique —cette dernière résumée dans un
tableau des pièces non fixes (p. 28-30). « L'univers des Amours » (p. 30)
en rend compte à son tour du côté de la topique, dans sa fidélité à
l'« ingénieux Ovide » présent dès le « Sujet des Plaintes d'Acante » en
1633 (p. 172), au Canzoniere pétrarquisant, comme dans l'hommage aux
maîtres Ronsard, Théophile et Saint-Amant, ou encore dans l'inspiration
médiévale. Dans le cours du recueil, l'annotation abondante et précise en
favorise le repérage pour chaque pièce, comme elle intègre, pour le
lecteur peu familier d'un tel corpus, nombre de références mythologiques
ou les allusions au milieu aristocratique fréquenté dans l'entourage de
Gaston d'Orléans ; on soulignera que cette annotation prend en compte le
manuscrit emblématique de Glasgow (GUL SMAdd. 392; cf. CTLH 23,
2001 — réf. mana. p. 37 ). La documentation abondante, qui propose nom-
bre de pistes pour le commentaire, a cependant le tout petit revers d'un
très ponctuel aveuglement par souci du détail (p. 98, n° 1, pas d'am-
biguïté à « blanc »; inutile d'aller chercher La Curne : l'adjectif substan-
tivé chez Furetière « est aussi une marque blanche ou noire qu'on met à
un but pour tirer de l'arc, ou du fusil » ; p. 101, le raccourci de la carac-
térisation « second Pylade » est clair et ne mérite pas l'interrogation d'un
« qui serait allé jusqu'à trahir son ami absent ? »).

Alain Génetiot, à qui échoit le redoutable honneur d'une nouvelle édi-
tion de La Lyre, parvient à enrichir l'annotation donnée par J.-P. Chauveau
à son édition (Droz 1977), ce qui n'est pas un petit exploit. L'Introduction
resitue avec netteté le contexte dans lequel Tristan, en poète à proprement
parler « disgracié », fait paraître son recueil, capable de composer dans la
détresse, « pour conjurer le mauvais sort et conquérir au début des années


105

106 1640 la réussite matérielle et symbolique des auteurs mondains, le pre-
mier volet d'un triple coup d'éclat dans les trois genres en vogue : le
madrigal, la lettre familière et l'histoire comique » (p. 222). Là encore,
l'esthéthique de la varieras est placée au service de l'écriture galante,
déployant à la fois portraits poétiques de dédicataires et ecphrases en
galerie, sous-tendus par la « mise en oeuvre alternée d'un lieu commun
unique, la tension entre Vénus et Mars, l'Amour et la Mort » (p. 225).
Quelles qu'en soient les lectures (du côté du madrigal aristocratique de
Monteverdi ou du côté de l'idylle héroïque mariniste), la portée métalit-
téraire du lyrisme tristanien est bien mise en valeur, conjuguant sous
l'emblème d'Orphée peinture poétique et théâtralisation de la parole con-
férée aux différents personnages en présence.

Les Annexes, présentées et annotées par Françoise Graziani, viennent
apporter un éclairage complémentaire à cet ensemble poétique : elles en
constituent comme l'amère-plan allégorique. L'ensemble est tout à fait
précieux en ce qu'il donne à lire d'un seul tenant des textes denses, razes
et complexes. L'Annotation des Plaintes d'Acante, omise après les éd.
1633 et 1634 et destinée à hausser le poème au rang de « classique »
(p. 392) comme la Cosmographie, à peu près contemporaines, com-
posent « un substitut de l'art poétique que Tristan n'a jamais écrit, mais
sur lequel il a médité longuement » (p. 393)  : on trouve dans le premier
les sources mythologiques (Ovide, Virgile, Natale Conti) et médicales de
Tristan (« Vois les Naturalistes et Médecins », p. 408), dans le second, un
système cosmologique des relations entre microcosme et macrocosme
destiné à recenser en réalité la matière harmonique de l'imagination poé-
tique. La brève Carte, enfin, s'approprie plus linéairement la métaphore
géographique, et propose un voyage allégorique à la mode de ces Cartes
en vogue dans la littérature galante des années 1653-1660, étudiées
par E.-M. Mayberry Senter (« Les Cartes allégoriques et romanesques
du XVIIe siècle », Gazette des Beaux-Arts, avril 1977, p. 133-144).
Fr. Graziani souligne bien la nouveauté de l'entreprise tristanienne par
rapport à ses contemporains : loin de pouvoir se cartographier, comme la
Carte de Tendre, elle est à soi seule une peinture parlante explorée par la
seule imagination du lecteur, sans nécessiter de figures.

C'est donc un fort bel et généreux ensemble qui est offert ; l'on
regrettera d'autant plus, après de précédents recenseurs, la modernisation
de l'orthographe imposée par l'éditeur. Qu'elle entraîne la suppression
systématique des majuscules aux noms communs dans les Amours ou
qu'elle pousse à l'harmonisation typographique dans les autres textes,
elle impose un inutile surcroît d'annotation (p. 90, n. 1 ; p. 101, n. 1,
etc.) ;elle introduit des anachronismes gênants pour les noms propres
(part. p. 505, n. 2) ;elle lime la signifiance des jeux typographiques
qu'un poète aussi pointilleux que Tristan ne pouvait manquer de prati-
quer (n. 1, p. 131, pour restituer les effets visuels du sourire démultiplié
dans la récurrence orthophonique du « s » ; p. 246, LYRE qui achève la lre
pièce de La Lyre) ;elle affadit la saveur du texte en lui ôtant ses graphies
anciennes (cf. p. 272, n. 3, « Escurieu » qui mime en effet davantage les
bonds de l'animal ; 286, n. 3, « Ixyon qui souligne la diérèse ») et ne se
justifie pas plus que les reprises de ponctuation dès lors qu'il s'agit de
pièces en vers. On ne peut donc pas se dispenser, même momentanément,
de la consultation des éditions antérieures. Le remazquable travail de
l'équipe réunie par J.-P. Chauveau, si qualifiée pour effectuer cette édi-
tion des tEuvres complètes tant attendue paz la communauté scientifique,
se trouve affaibli par des normes éditoriales àcontre-temps, sinon à con-
tresens, car le prix exigé pour chaque volume n'en pourra assurer la vul-


106

107 garisation auprès du public non-spécialiste qui seul pourrait attendre un
tel remodelage.

Anne-Elisabeth Spica


TRISTAN L'HERMITE, La Mariane, présentation par Guillaume
Peureux (éd. avec dossier), Paris, GF Flammarion n° 1144, 2003. Un
vol. 17,5 x 10,5 cm, 162 p.

La Mariane en collection de poche ! C'est une véritable joie pour
nous tous, qui travaillons sur Tristan l'Hermite depuis très longtemps et
qui assistons à présent à un renouveau constant de l'accueil réservé à ses
oeuvres. Certes, tous les lecteurs n'ont pas eu la chance de pouvoir assis-
ter aux représentations récentes de quelques-unes de ses pièces (La Mort
de Sénèque à la Comédie Française et les reprises partielles de La Mort
de Chrispe, de La Mariane, et, tout récemment encore, lors des célébra-
tions tristaniennes du quatrième centenaire, d'Osman par les comédiens
de Jean-Pierre Rossfelder) ;mais aujourd'hui nous devons remercier
M. Peureux qui nous présente, dans une très belle édition, le chef-
d'æuvre dramatique de Tristan, que tous les étudiants et tous les lecteurs
pourront maintenant aisément consulter, pour y travailler, mais surtout
pour le lire et l'apprécier.

L'édition de M. Peureux présente d'abord une chronologie de la vie
de Tristan, mise en parallèle avec les repères historiques et culturels de la
période; puis une présentation claire, riche et suggestive de la tragédie,
dont les petits chapitres soulignent quelques points particulièrement
intéressants (p. ex. Les stances et la constance de Mariane, Le corps de
Mariane, enjeu d'une lutte de pouvoirs, Mélancolie et folie du tyran,
etc.); puis une note sur l'édition. Après le texte (celui de la seconde édi-
tion, de 1637, modernisé), le « Dossier » étend et approfondit la réflexion
sur certains thèmes : Vers l'âge classique, Mélancolie, folie et images...
Tristan et la politique, en ouvrant le discours sur des sujets parallèles  :les
règles du théâtre, la philosophie de l'époque, les autres oeuvres de Tristan
reliées à La Mariane, la politique.

Le volume se clôt sur une bibliographie, précise e[ ponctuelle (mais
pourquoi avoir omis, dans la liste des éditions de La Mariane, l'édition
de J. Madeleine, à la STFM, longtemps la seule accessible, et à partir de
laquelle tant d'articles et d'ouvrages critiques ont été élaborés ?) et un
lexique, qui peut conforter le lecteur, même déjà aidé par la modernisa-
tion de la langue.

Dans l'ensemble, une très belle édition pour une pièce qui est en
train de retrouver sa place dans les oeuvres « classiques » (ou non ?) de la
littérature française du xvtte siècle.

Daniela Dalla Valle

BIBLIOGRAPHIE

2000

(520) BUZON Christine de, « Les passions libertines dans Le Page
disgracié de Tristan, ou être « comme le jouet des passions, des astres et
de la Fortune » », Libertinage et philosophie au XVlle siècle. IV.
« Gassendi et les Gassendistes » et « Les Passions libertines ». Actes de la
journée du 15 avril 1999, E.N.S. Fontenay/Saint-Cloud; Antony Mc


107

108 Kenna et Pierre-François Moreau, éd. Publications de l'unie. de Saint-
Étienne, 2000, p. 159-174.

(521) GROVE Laurence, Emblematics and Seventeenth-Century
French Literature : Descartes, Tristan, La Fontaine and Perrault.
Chazlottesville, Rockwood Press, 2000, 284 p.

(522) Perspectives de la recherche sur le genre narratif français du
17e siècle, préface de Giorgetto Giorgi. Pise-Genève, Slatkine, 2000, 306
p. Contient sur Le Page disgracié :

CAPATTI Alberto, « L'ivrognerie enfantine dans le roman baroque »  ;
DALLA VALLE Daniela, « Le roman de formation dans le 17` siècle
français ».

(523) RUOFF Cynthia, « Images of Water and the Sea in Tristan La
Mer and in Painting », Analecta Husserliana n° 63, 2000, p. 241-254.

2001

(524) COLMAR Paul, « Poète, dramaturge et écrivain, Tristan
L'Hermite naquit à Janaillat voici quatre siècles », Centre-France,
18 février 2001.

2002

(525) ABRAHAM Claude, « Le fameux précurseur » ,CTLH XXIV,
p. 5-14.

526) BERREGARD Sandrine, « Tristan ou l'image d'un poète
mélancolique », CTLH XXIV, p. 15-29.

(527) Cahiers Tristan L'Hermite XXIV, 2002, « Le quatrième
Centenaire. Actes de Limoges (28 septembre 2001)  ». [Mortemart],
Rougerie, 2002, 112 p. — Cf. Cl. Abraham, S. Berregard, C. Grisé, L.
Grove, M. Livera, A. Mansau. Comptes-rendus, bibliographie, chronique.

(510) Cahiers Tristan L'Hermite XXIII, 2001. C.r. Felicità Robello,
Studi Francesi, n° 136, gennaio-aprile 2002, p. 221.

(528) GRISE Catherine, « La rhétorique baroque de Tristan dans la
lettre LVIII de ses Lettres Meslées », CTLH XXIV, p. 30-37.

(529) GROVE Laurence, « Les Poésies héroiques et burlesques
(1650)  : Jean-Baptiste edou Tristan ? », CTLH XXIV, p. 77-93.

(530) LIVERA Mazco, « Autour de La Mon de Chrispe : Grenaille,
Tristan et leur source jésuite », CTLH XXIV, p. 54-67.

(531) MANSAU Andrée, « La mort et la foi; Isabelle-Claire
Eugénie, héroïne de Tristan », CTLH XXIV, p. 68-76.

(517) SHEPARD James C., Mannerism and Baroque in Seventeenth
Century French Literature. The Example of Tristan L'Hermite, North
Carolina Studies, Chapel Hill, 2001. C.r. Antonella Arrigoni, Studi fran-
cesi, n° 137, maggio-agosto 2002, p. 439. — C.r. Roger Guichemerre,
CTLH XXIV, 2002, p. 98.

(518) TRISTAN L'HERMITE, ouvres complètes. IV. Les tragédies.
C.r. Felicità Robello, Studi Francesi, n° 137, maggio-agosto 2002,
p. 439. — C.r. Boris Donné, CTLH XXIV, 2002, p. 99.

(532) TRISTAN L'HERMITE. t~uvres complètes. II. Poésie (I).
(Les Amours. La Lyre. Annotations sur les Plaintes d'Acante ; Principes
de Cosmographie; Cane du Royaume d'Amour). Volume publié sous la
direction de Jean-Pierre Chauveau, avec la collaboration de Véronique
Adam, Alain Génetio[, Françoise Graziani Paris, Honoré Champion,
2002, 22,5 x 14, 562 p.

(533) TRISTAN L'HERMITE. tEuvres complètes. III. Poésie (II)
(Les Vers héroiques; L'O}Jice de la Sainte Vierge ; Yers épars ; manuscrit
de Glasgow). Volume publié sous la direction de Jean-Pierre Chauveau,


108

109 avec la collaboration de Véronique Adam, Amédée Camat, Laurence
Grove, Marcel Israel. Paris, Honoré Champion, 2002, 22,5 x 14, 722 p.

(504) Tristan L'Hermite ou Le Page disgracié. Catalogue de l'expo-
sition de la Bibliothèque Mazarine, 2001. C.r. Boris Donné, CTLH
XXIV, 2002, p. 100.

2003

(534) TRISTAN L'HERMITE, La Mariane. Ed. par Guillaume
Peureux, Paris GF Flammarion 2003, 18 x 11, 162 p.


CHRONIQUE


ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 14 JUIN 2002 à la Sorbonne
(Bibliothèque de français).

Présents : Mmes F. Arnold, Y. Bellenger, S. Berregard, M. Bombart,
E. Dutertre, F. Graziani, N. Malle[, G. Rommeluère, C. Sherer. —
MM. A. Carriat, J.-P. Chauveau, G. Coudert, B. Donné, J. Dubu,
H. Gerbaud, R. Guichemerre, E. Guitton, P. Lacroix, Y. Le Flao,
J. Mesnazd, A. Niderst, G. Peureux, J. Prévot, Ph. Sellier. — 46 pouvoirs
reçus. —Présidence : J.-P. Chauveau.

Rapport d'activité et rapport moral (J.-P. Chauveau ). — Le président
salue les présents, fait part des excuses reçues pour absence, et se fait l'in-
terprète de la sympathie des adhérents pour notre trésorier, Yvan Germain,
actuellement hospitalisé, à qui l'assemblée souhaite un prompt et complet
rétablissement. —Après lecture et approbation du compte-rendu de l'as-
semblée générale du lr' juin 2001, rappel est fait des activités de l'année
écoulée, année du quatrième centenaire de la naissance de Tristan. Outre
la publication régulière des Cahiers XX/ !/ (« Tristan : Poésie », juin 2001)
et la présence habituelle de l'association au Salon de la Revue, l'année fut
ponctuée paz des manifestations exceptionnelles et de grande ampleur
organisées à l'initiative de notre association, et avec le concours de la
Bibliothèque Nationale, du Ministère de la Culture et de la DRAC du
Limousin, de la Bibliothèque de Guéret, de la Bibliothèque francophone
multimédia de Limoges et de l'université de Paris X-Nanterre : exposition
des éditions anciennes des oeuvres de Tristan à la Bibliothèque Mazarine
au printemps, manifestations « limousines » au cours de l'été (Janaillat le
12 août; Guéret le 27 septembre, Limoges, 28 septembre), manifestations
parisiennes à l'automne (après-midi aux Archives nationales le 21 no-
vembre, colloque international à Nanterre les 22-23 novembre et à
l'E.N.S., rue d'Ulm le 24 novembre). À Cela s'ajoutaient, in fine, les trois
journées consacrées à l'étude de La Mariane, organisées par les
Séminaires d'analyse textuelle, les 7, 8 et 9 décembre à l'abbaye de
Lucelle, en Haute-Alsace, auxquelles ont participé, au nom de l'associa-
tion, Mme Dalla Valle, MM. Guichemene, Peureux et Chauveau. —
D'autre part la prépazation de l'édition des ouvres complètes de Tristan
chez H. Champion a été poursuivie et menée à son terme : la sortie des
deux derniers tomes, consacrés à la poésie, sous la responsabilité de
J.-P. Chauveau, est prévue en juillet (t. II) et en septembre'( t. III). Une
édition critique et commentée de La Mariaue due à G. Peureux est sous
presse chez Garnier-Flammarion. — Approbation à l'unanimité. — Le pré-
sident rappelle alors que l'association a tenu à rendre hommage à son fon-


110 dateur et actuel secrétaire, Amédée Carriat, à l'occasion de son quatre-
vingtième anniversaire : de là la réception, qui est prévue à l'issue immé-
diate de la présente assemblée, réception à laquelle sont conviés tous nos
adhérents, et derechef les adhérents présents, et au cours de laquelle lui
seront remis les cadeaux que l'amitié et la générosité de nos membres ont
permis de réunir.

Rapport financier (Yvan Germain, rapport lu par J.-P. Chauveau). —
Résumé : à ce jour, la situation financière se présente ainsi : Recettes
(cotisations 2002 à ce jour, reliquat; aucune subvention 2002 n'est
encore versée) : 2080,76 euros. —Dépenses (les Cahiers XXIV étant au
tirage, la facture Rougerie est encore en attente) : 353,59 euros. — À
l'unanimité, le rapport financier est approuvé, et quitus est donné au tré-
sorier des résultats de sa gestion.

Projets. —Dans le prolongement des manifestations tristaniennes de
2001, est annoncée une soirée poétique prévue et organisée par notre ami
René Bourdet dans le cadre des « Jardins-jeudis » de La Spouze (près de
La Celle-sous-Gouzon, dans la Creuse), le 25 juillet prochain. D'autre
part l'association sera présente au Salon de la Revue, prévu à Paris à
l'Espace des Blancs-Manteaux les 19 et 20 octobre. —L'année 2003 verra
la publication du n° XXV des Cahiers Tristan L'Hermite. XXV : chiffre
symbolique, qui se trouve coïncider avec les dernières retombées de l'an-
née àtous égards exceptionnelle du quatrième centenaire et l'achèvement
de la grande entreprise de publication des ouvres complètes (entreprise
inédite jusqu'à ce jour), amorcée en 1996 grâce à la librairie Honoré
Champion et à la complicité active du directeur de la collection « Sources
classiques », notre ami Philippe Sellier. Aussi est-il envisagé de faire de
ce numéro XXV un numéro lui aussi exceptionnel : numéro-bilan, destiné
à la fois à rendre compte du travail accompli depuis bientôt un quart de
siècle, et à donner la preuve de la vitalité des études tristaniennes parmi
les chercheurs des jeunes générations. La question de l'orientation future
de l'association et du prolongement, voire de l'extension de l'activité des
Cahiers, est désormais mise à l'ordre du jour, et sera évidemment posée
au cours des réunions de travail de l'année à venir.

Conseil d'administration, bureau :

L'assemblée procède à l'élection statutaire de la moitié renouvelable
du Conseil d'administration. Sont réélus à l'unanimité Mmes et
MM. : Véronique Adam, Sandrine Berregazd, Amédée Carriat, Jean-
Pierre Chauveau, Patrick Dandrey, Boris Donné, Françoise Graziani,
Yves Le Flao, Massimo L'Hermite, Alain Niderst, Louis Perouas, Jean
Serroy, Anne-Elisabeth Spica. Est élu : M. Laurence Grove. —Sur propo-
sition du président, qui a obtenu l'accord de l'intéressé, M. René
Rougerie, co-fondateur avec Amédée Carriat des Cahiers, et qui imprime
si bien nos Cahiers chaque année depuis 1979, est élu à l'unanimité au
Comité d'honneur de notre association.

L'assemblée ayant terminé ses travaux, le conseil d'administration
procède à l'élection de son bureau. Le secrétaire sortant, Amédée Carriat,
arguant de son âge (il vient d'atteindre ses 80 ans), émet le voeu d'être
relevé de ses fonctions; une discussion s'engage, toute l'assistance l'as-
surant de son infinie reconnaissance, et lui demandant de surseoir, en
acceptant par exemple que soit élu à ses côtés un adjoint, qui assurerait
ainsi une transition, tout en pouvant s'initier à ses côtés aux responsabi-


110

111 lités de secrétaire. Amédée Carriat ayant finalement accepté, le conseil

d'administration élit à l'unanimité Guillaume Peureux secrétaire-adjoint.

Le président lève alors la séance, pour permettre à tous les présents

de se transporter à l'autre bout du bâtiment, au Club des enseignants de

Paris IV, où doit se dérouler la réception en l'honneur d'Amédée Carriat.


DISPARITION. —Tous les amis de Tristan, et bien plus largement
tous ceux qui se sont intéressés et s'intéressent toujours à la littérature et
à l'art « baroque », ont eu une pensée émue en apprenant la mort du grand
critique et professeur, Jean Roussel, survenue le 15 septembre 2002, à
Genève, ville où il était né en 1910. Deux ans après la publication reten-
tissante de sa Littérature de l'âge baroque en France, (1953 ), devenue
aussitôt l'ouvrage de référence absolue pour les études « baroquistes »,
son maître et ami Marcel Raymond saluait en lui le « Maître-pilote en
Baroquie »;titre flatteur, et juste, au demeurant, mais qu'il n'a lui-même
jamais explicitement revendiqué, tant les étiquettes lui restaient indiffé-
rentes, et tant il était mû avant tout par l'amour des textes, et notamment
des grands textes poétiques des XVI` et XVII° siècles qu'il a tant contri-
bué àremettre en honneur, ceux de Tristan, en particulier, souvent cités
dans ses ouvrages et anthologies. Nul doute que son oeuvre à la fois si
savante, si sensible et si largement accessible ne constitue longtemps
encore une oeuvre qui enrichit, stimule et rend heureux.

Jean-Pierre Chauveau.

LES JARDINS-JEUDIS DE LA SPOUZE. —Comme pour jouer les
prolongations au-delà des limites de l'année du quatrième centenaire de
Tristan, notre ami René Bourdet, organisateur talentueux de soirées litté-
raires et musicales dans son beau domaine de La Spouze, en terre creu-
soise (exactement à La Celle sous Gouzon, 23230), accueillait ses
fidèles, amateurs de poésie et spécialement les amis de Tristan, pour leur
donner à entendre les vers ou la prose (Lettres, le Page) de notre auteur,
un beau soir de juillet (le 23). Animée par des « diseurs » (René Bourdet
lui-même, et Jean-Claude Bray ), et par des musiciens (le duo Marie et J.-
P. Nouhaud), la soirée tint sous le charme les auditeurs, mettant bien en
lumière les résonances toujours actuelles d'une oeuvre qui se prêtait si
bien à la déclamation et aux harmonies et rythmes tout modernes des
musiciens. — J.-P. C.

PUBLICATIONS. —Comme nous l'espérions tous, l'année 2002 ne
s'est pas passée sans nous offrir l'achèvement de la publication des t~uvres
complètes de Tristan dans la prestigieuse collection des « Sources clas-
siques » chez Honoré Champion. Au cours de l'été, en effet, à quelques
semaines d'intervalle, sont parus les tomes II et III, consacrés, sous la res-
ponsabilité de Jean-Pierre Chauveau, à l'intégralité de l'oeuvre lyrique de
notre poète (sous réserve de la découverte à venir de quelques textes encore
inédits... ). Une première : Tristan n'avait jamais eu le temps, de son vivant,
de veiller à une édition exhaustive de son oeuvre poétique ! Le tome II offre
au lecteur Les Amnurs, présentées par Véronique Adam, La Lyre par Alain
Génetiot, les Annotations sur les Plaintes d'Acante, les Principes de
Cosmographie et la Carte du Royaume d'Amour paz Françoise Graziani ;
dans le tome m sont rassemblés Les Vers hérôiyues présentés par Véronique
Adam, L'Office de la Sainte Uerge par Jean-Pierre Chauveau, les Hymnes
pour  !es Fétes solennelles par Marcel Israel, l'ensemble des Vers épars par
Amédée Carriat, et les textes rencontrés dans un manuscrit à Glasgow par

Laurence Grove.


111

112 Deuxième publication importante : après Le Page disgracié, publié, il
y a quelques années, par Jacques Prévot en Folio, voici que paraît (début
2003), dans une collection de poche, GF, édité par Guillaume Peureux,
un autre grand texte de Tristan : La Mariane...

LE SALON DE LA REVUE. —Comme chaque année, les Amis de
Tristan ont tenu un stand au Salon de la Revue, à Paris, à l'Espace des
Blancs-Manteaux, les 19 et 20 octobre 2002.





























112