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Chronique

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  • ISBN: 978-2-8124-1187-8
  • ISSN: 2262-2004
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-8124-4008-3.p.0084
  • Éditeur: Rougerie
  • Date de parution: 07/12/2012
  • Périodicité: Annuelle
  • Langue: Français
Accès libre
Support: Numérique
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CHRONIQUE

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 16 JUIN 2000. —Elle se tient à la
Maison du Limousin, 30 rue Caumartin, 75009 Paris, sous la présidence
de M. Jacques Morel, président. Présents : Mmes Francine Arnold,
Sandrine Berregard, Daniela Dalla Valle, Françoise Graziani, Magdeleine
Michaud; MM. André Blanc, Amédée Carriat, Jean-Pierre Chauveau,
Boris Donné, Jean Dubu, Yvan Germain, Yves Le Flao, Jacques Prévot.
Excusés : Mmes Y. Bellenger, D. Guillumette, A. Mansau, A.-E. Spica,
N. Manet, A. Vigier-Capdeville; MM. J.-P. Collinet, E. Desiles, P. Dandrey,
M. Dutreuil, R. François, J. Lagny, W. Leiner, J. Mesnard, G. Peureux,
J.-P. Rossfelder, G. Saba, J. Semoy, J.-M. Villégier. 56 pouvoirs reçus.

Rapport moral (Jacques Morel). —Après la lecture et l'approbation
du compte rendu de ~1'assemblée générale du 19 juin 1999, rappel est fait
des activités de l'année écoulée, principalement de la publication du
n° XXII des Cahiers Tristan L'Hermite (Tristan : Théâtre), et des deux
premiers volumes des ouvres complètes (T. I, Prose, dir. J. Semoy; t. V,
Théâtre II et Plaidoyers historiques, dir. R. Guichemerre). Des jalons ont
été posés, à Paris, à Limoges, dans la Creuse, en vue de la célébration
nationale de 2001 (voir plus bas ).

Rapport financier (Yvan Germain). — À ce jour, la situation
financière se présente ainsi : Recettes 18790 F (dont cotisation 11000 F;
subvention du CNL non encore perçue); Dépenses 17224 F; Solde
+ 1566 F : Avoir sur livret A 46882 F.

Les rapports moral et financier sont approuvés à l'unanimité.

Conseil d'administration. —Sont renouvelés les mandats de :
Sandrine Berregard, Amédée Carriat, Jean-Pierre Chauveau, Patrick
Dandrey, Françoise Graziani, Massimo L'Hermite, Alain Niderst, Louis
Pérouas, René Rougerie, Jean Senoy. Sont enregistrées les démissions de
Gisèle Mathieu-Castellani et d'André Blanc. Est élu Yves Le Flao.

Projets. —Ils sont nombreux à l'approche du 4` centenaire.

1. Publications : a) Cahiers Tristan L'Hermite, n° XXIII, juin 2001,
« Tristan : Poésie »; collaborations attendues V Adam, A. Gendre,
A. Génetiot, C. Grisé, L. Grove, G. Peureux, L. Phillips. — b) ouvres
complètes, éd. Honoré Champion : t. IV (Théâtre I, Tragédies, dir.
R. Guichemerre).

2. Expositions : a) Salon de la revue, à l'Espace Tapis-Rouge, 2 rue
Bleue, Paris 9` (14-15 oct. 2001). — b) Expositions des associations
d'amis d'auteurs, Librairie Nicaise, 140 bd Saint-Germain, Paris 6`
(30 nov. 2000), publication d'un Guide Nicaise 2001, 254 p.

3. Célébrations nationales 2001. Manifestations projetées :

A) À Paris, — d'avril à juin, exposition des éditions du XVII` siècle
des oeuvres de Tristan à la Bibliothèque Mazarine, avec publication d'un
catalogue illustré; — le 7 septembre, aux Archives nationales, commémo-
ration de la mort de Tristan survenue en 1655 à l'hôtel de Guise (actuel-
lement dans l'enceinte du palais Soubise) ; —fin novembre, colloque
international à l'université de Paris X-Nanterre (dir. Jacques Prévot).


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85 B) À Limoges, à la Bibliothèque francophone multimédia, en sep-
tembre, journée de débats et inauguration d'une exposition d'éditions
anciennes et modernes, d'études françaises et étrangères sur l'eeuvre et
de documents divers.

C) Dans la Creuse, — à Janaillat, le 12 août, 3° Journée Tristan
L'Hermite, avec table ronde, lecture et concert (participations espérées
du Théâtre de la Fontanelle et de l'Ensemble baroque de l'Ouest) ; — à
Guéret, aux archives départementales de la Creuse, fin septembre, jour-
née de présentation et de débats.

UNE EXPOSITION « TRISTAN L'HERM/TE (1601-1655) ou Le
Page disgracié » à la Bibliothèque Mazarine. —Depuis de longs mois déjà
les Amis de Tristan L'Hermite se sont mobilisés pour célébrer dignement
et avec le plus d'éclat possible le quatrième centenaire de la naissance du
poète. Tout a commencé avec l'inscription officielle au registre des
« Célébrations nationales » du nom de Tristan. Voici maintenant (du
6 avril au 28 juin) la première manifestation d'envergure : une exposition,
dans le cadre somptueux et magnifique de la salle de lecture de la
Bibliothèque Mazarine, réunissant pour la première fois sous vitrine, la
quasi totalité des éditions anciennes (XVII`siècle), la plupart originales,
souvent illustrées superbement et reliées, de l'oeuvre de Tristan sous
toutes ses modalités : recueils lyriques et plaquettes de vers, théâtre,
proses diverses; ce qui représente, avec en plus quelques témoignages
contemporains (pièces liminaires, lettres, relations...), un ensemble de
soixante-quatre numéros, ponctuant la carrière de Tristan entre 1624 et
1655 et au-delà. Cette exposition a été rendue possible par la réunion,
exceptionnelle, du fonds propre de la Bibliothèque Mazarine, riche d'édi-
tions de Tristan, certaines très rares, et des apports de collections privées
et de collections publiques (BnF, bibliothèque de l'Institut de France,
bibliothèques universitaires de Glasgow et Sainte-Geneviève, biblio-
thèque municipale de Versailles).

Le jeudi 5 avril, en fin d'après-midi, s'est déroulée, en présence
d'une cinquantaine de personnes invitées (les Amis de Tristan avaient été
invités, on le sait), la cérémonie d'inauguration. Après les discours de
bienvenue prononcés par Christian Péligry, directeur de la Bibliothèque
Mazarine, puis par Marc Fumaroli, qui représentait à la fois la commu-
nauté des dix-septiémistes et l'Académie française, enfin par Jean-Pierre
Chauveau, au nom des Amis de Tristan L'Hermite et de leur président,
Jacques Morel, empêché, les invités ont pu se promener devant les
vitrines contenant les précieux volumes, chacun agrémenté de notice
explicatives. Gageons que les visiteurs continueront nombreux à accom-
plir ce parcours, d'ici au 29 juin.

Le prolongement et l'aboutissement de l'exposition, c'est un
superbe catalogue de 64 pages, où les textes sont ponctués des reproduc-
tions, en général grandeur nature, de la totalité des illustrations, pages de
titres, frontispices, planches gravées hors-texte, vignettes, etc., des édi-
tions originales. Le catalogue s'ouvre sur une Préface où Marc Fumaroli
s'interroge sur la destinée singulière de Tristan, de son vivant, et aux
yeux de la postérité. Suivent les notices numérotées correspondant aux

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86 pièces présentées à l'exposition et encadrées par des notes qui les situent
dans l'histoire et la chronologie de l'oeuvre. Pour finir, un article
d'Isabelle de Conihout, commissaire de l'exposition, intitulé « Tristan et
les livres », ouvre des perspectives neuves sur les rapports que Tristan a
entretenus avec ses éditeurs, ses illustrateurs et ses protecteurs, qui sont
aussi, le plus souvent, ses dédicataires. En complément, le lecteur trou-
vera une bibliographie concernant les éditions modernes de Tristan.

Ce catalogue est en vente à la Bibliothèque Mazarine, à l'entrée
de l'exposition, au prix de 80 F, — ou sur commande (80 F + 20 F de
frais d'expédition), soit auprès de la Bibliothèque Mazarine (23, quai
de Conti, 75006 Paris), soit auprès des Amis de Tristan L'Hermite
(23350 Tercillat).


UNE ÉD/T/ON RARISSIME qu'on ne verra pas exposée à la
Bibliothèque Mazarine : c'est l'Eglogue maritime dedie à la Reyne de la
Grande Bretagne. Par le Sr de Tristan l'hermite Gentilhomme de la suite
de Monseigneur le Duc d'Orleans. À Bruxelles, chez Godefroy
Schovaerts, 1634. Le seul exemplaire connu en bibliothèque publique est
à la bibliothèque de l'université Harvard aux États-Unis. Un second
exemplaire est actuellement proposé par la librairie Thomas Scheler, à
Paris, au prix de 180000 F.


TRISTAN CHER A TORTEL ET A CLANCIER. — (Cheveux bleus,
Messein ), Jean Tortel dédiait à Tristan un « ex-voto en forme de qua-
train » (« Car nul ne sut mieux que toi sur les chevelures /Souffrir et
s'apaiser » ). Ce que Georges-Emmanuel Clancier, dans une « Lettre à un
poète exemplaire, Jean Tortel », rappellera àcelui-ci (Dans l'aventure du
langage, PUF, 1987) : « À propos de Tristan L'Hermite, poète qui t'est
cher, son style « verbal [...] réfléchit la contradiction fondamentale de la
luminosité et de l'obscur ». Cette contradiction précieuse à l'auteur du
Promenoir des deux amants n'est-elle pas au ceeur de ta recherche ? » Et,
pour sa part, G.-E. Clancier, tout récemment (Contre-chants, Gallimard,
2001), tissant en trente vers « La légende d'un poète », dit combien lui-
même se retrouve dans Tristan : « Attristant le penser me vient /que si en
nos pensées tu vis / ce rêve est nôtre et non pas tien...  » — A.C.


DU NOUVEAU SUR TRISTAN ET LES MUSICIENS. — En
1984, dans un article publié par nos Cahiers, n° VI, Catherine Massip
écrivait, en conclusion d'une très riche enquête sur les rapports de Tristan
avec les musiciens de son temps : « Si le résultat de cette modeste enquête
— que l'on espère provisoire car de nouvelles sources musicales restent
certainement àdécouvrir —semble limité, il nous permet cependant d'as-
socier Tristan à trois des meilleurs compositeurs d'airs du XVII` siècle,
Antoine Boesset, Étienne Moulinier et Michel Lambert ». Certes, le nom
de Nicolas Métru (Bar-sur-Aube, vers 1610 —Paris, après 1663) ne peut


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87 pas rivaliser en notoriété avec ceux qui viennent d'êüe prononcés, même
si Métru, qui se fit connaître dès 1628 en publiant un recueil d'airs com-
posés sur des textes de Baïf, eut l'insigne honneur, plus tazd, de compter
parmi ses élèves le très célèbre Lully; il n'en permet pas moins de don-
ner corps aujourd'hui à l'espérance formulée naguère paz Catherine
Massip. Le musicologue Laurent Guillo, sollicité par les organisateurs de
l'actuelle exposition Tristan à la Bibliothèque Mazarine, nous a en effet
communiqué le résultat de ses recherches; il a üouvé dans le Deuxième
[le Premier, publié en 1635, est aujourd'hui perdu] Livre d'airs à quatre
et cinq parties que Métru publia en 1646 chez Robert III Ballard', deux
poèmes de Tristan qui ont fait l'objet de compositions à quatre voix. Il
s'agit d'une part d'une Chanson (« Belle Philis, écrivez-moi... »)publiée
dans les Plaintes d'Acante2 en 1633, et d'autre part d'une très jolie
Chanson (« Vous demandez à tous... »), à la structure métrique com-
plexe, publiée en 1641 dans La Lyre'. Souhaitons que soit donnée pro-
chainement l'occasion aux amateurs de Tristan et d'airs de cour d'en-
tendre une réalisation de cette musique, et de pouvoir en apprécier les
rythmes et la courbe mélodique dont Georgie Durosoir, à la page 299 de
son ouvrage sur L'Air de cour en France. 175/-1655, vante la « grande
souplesse ». —J.P.C.














1. M. Guillo a localisé quatre exemplaires de ce recueil : Paris, BnF-
Musique, Rés. 816; Paris, BnF-Musique, Rés. Vmf 71 (12); Troyes, BM :
ED. PR. F 20 (1); Cambridge [JI- : MR280.e.60.1.

2. Éd. Madeleine, STFM, pièce XXXVI; la pièce est reprise dans Les
Amours, amputée de deux strophes, et avec un nouveau titre : Sur la colère de
Philis. Stances.

3. Éd. J.-P. Chauveau, Droz, pièce XII; en 1977, en note, je déplorais de
ne pas avoir retrouvé la musique de cette chanson : voici cette lacune heureu-
sement comblée  !


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