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Comptes rendus / Chronique 1980

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  • ISBN: 978-2-8124-1167-0
  • ISSN: 2262-2004
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-8124-3988-9.p.0053
  • Éditeur: Rougerie
  • Date de parution: 07/12/2012
  • Périodicité: Annuelle
  • Langue: Français
Accès libre
Support: Numérique
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COMPTES RENDUS

Claude ABRAHAM. Tristan L'Hermite. Boston, Twayne Publishers, 1980. 14 x 21, 141 p.
—Dans une collection destinée avant tout à un public d'étudiants anglophones, mais curieux
de littérature française, Claude Abraham présente une monographie sur Tristan L'Hermite.
Outre les qualités de présentation propres à la collection —élégance de la reliure et de
l'impression, excellence des index et de la bibliographie —, nous ne pouvons qu'applaudir-
ez envier, nous Français — la qualité d'une étude où l'oeuvre de Tristan est présentée dans son
intégralité, avec le visible souci de ne rien laisser dans l'ombre, d'apporter au lecteur toute
l'information possible sur les circonstances de composition des oeuvres, sur leur enracinement
dans leur temps, sur leur fortune littéraire à travers les siècles, et sur l'évolution et l'enrichisse-
ment les plus récents de la critique à leursujet. A la lecture de ce livre, aussi clair que dense, on
es[ frappé par l'étendue et la diversité d'une reuvre qui, pour s'inscrire le plus souvent dans des
traditions bien établies (poésie héroïque, poésie amoureuse, tragédie, comédie, lettres, etc.)
n'en révèle pas moins une forte personnalité, une voix originale  :Claude Abraham me[
excellemment en lumière la singularité du Page Disgracié, le caractère irréductible du théâtre
tragique (Tristan se suffit assez àlui-même pour yu'il soit inutile, sinon daneereux, qu'on
fasse de lui l'épigone de... ou le précurseur de... ), la permanence de certains thèmes dans la
poésie lyrique. Bref, l'ouvrage contribue grandement à donner unité et relief à une grande
tigure d'écrivain. —Jean-Pierre Chauveau.

TRISTAN L'HERMITE, Le Page disgracié. Texte établi par Jean Serroy. Presses
Universitaires de Grenoble, 1980, 13.5 x 22.227 p. —Qu'on rende grâce d'abord à 1. Serroy
d'avoir restitué le seul texte authentique du Page, celui de l'originale de 1642-43. Ensuite de
l'avoir entouré de tous les enrichissements souhaitables. Avec ses I S pages d'introduction, sa
chronologie de la vie de Tristan, son orthographe et sa ponctuation modernisées, ses notes
limitées à l'essentiel (variantes de 1667, sens des mots vieillis, renvois aux clés), la restitution
en appendice des ajouts de la réédition (dédicace, adresse au lecteur. « remarques et observa-
tions  » de Jean-Baptiste L'Hermite), l'ouvrage devrait plaire à la fois au familiers du XVllr
siècle et aux curieux jusque là privés d'un texte de qualité. Autobiographique ou non —
combien est ambigu dès le départ, ce «  cher Thirinte  » à qui Tristan prétend se confier  ! — ce
Page. 1. Semoy en fait une approche nouvelle. Il souligne comment il s'inscrit dans le courant
romanesque du temps de par sa structure même  :âge du rire de la petite enfance, âge des
sentiments passionnés de l'adolescence, âge enfin du «  retour au nrnde bien réel de l'histoire
comique  »... Mais, sous la diversité des péripéties, vécues ou convenues, c'est en méme
temps un roman d'analyse  : « l'histoire romancée d'un apprentissage malheureux... le regard
lucide d'un homme qui mesure l'étendue de ses réves inassouvis  ». Voilà bien, cette fois.
Tristan dans sa vérité profonde, le Tristan qui nous attache. —Amédée Can-iat.


CHRONIQUE 1980

ASSEMBLEE GENERALE DU 14 JUIN 1980. —Présidée, au Centre d'étude des
XVIIr et XVlllr siècles, paz Jacques Morel, président (13 présents, 53 pouvoirsl. elle est
consacrée d'abord au rapport moral et financier. Le président se félicite de la vitalité de
l'association forte à ce jour de 122 membres, dont la moitié sont des universitaires appartenant
à une dizaine de pays, et de la belle tenue donnée aux Cahiers par l'éditeur Rougerie. Il
remercie le Centre national des lettres de l'aide de 2.00(1 F allouée à notre association et
déplore nos échecs du cdté du département de la Creuse (refus de la subvention de 1.000 F
demandée au Conseil général et de l'appellation Tristan L'Hermite pour le collège de
Bourganeuf). Mme J. Sévry donne lecture du rapport financier  :recettes 6.900 F, dépenses
4.344 F, reliquat 2.556 F). Les deux rapportssont approuvés à l'unanimité. Neuf membres du
conseil d'administration sont soumis à réélection, désignés par tirage au sort (art. 3 des
statuts); ils sont rernnduits dans leurs fonctions et M. Maurice Lever est admis comme
nouveau membre du conseil. Sont ensuite discutées les modalités de participation à l'édition
du Page disgracié préparée par Jean Serroy aux Presses universitaires de Grenoble  :celui-ci a
obtenu pour nos adhérents un prix de faveur de 50 F au lieu de 65 F; des bulletins de
souscription seront envoyés à tous les sociétaires. 11 est décidé enfin de consacrer le n" 3 des
Cahiers à « Tristan dans son temps  », avec des extraits des Vers du bolet de 1626 et l'ajout de
comptes rendus. — et d'organiser une Journée Tristan à l' U.E. R. des lettres de Limoges, f in
novembre ou début décembre.



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54 LA JOURNEE TRISTAN L'HERMITE A L'U.E.R. DES LETTRES DE LIMOGES (29
novembre 1980). —Neige et verglas ont bien failli anéantir nos efforts publicitaires (presse,
libraires, entretien avec Michèle Blois à FR3 Limoges). Une quarantaine de personnes

cependant sont présentes dans le petit amphithéâtre de l'U.E.R., aimablement mis à notre
disposition par M. Jean-Claude Vareille ;parmi l'auditoire, la famille L'Hermite de La
Rivière, venue d'Eymoutiers, et plusieurs étudiants des cours de M~ Ferrier et de M~~ Bor-

des. La librairie «  Plaisir du texte  »présente nos Cahiers, d'autres publications de Rougerie et
la réédition Sertoy du Page disgracié, tout juste sortie des presses. Après les exposés,
attentivement suivis, de MM. J.-P. Chauveau,l. Morel et J. Sertoy—dont nous ne pouvons,

hélas, donner qu'un résumé —est présentée, dans la grande salle d'exposition du C.R.D. P.,
sur le mëme campus, une collection d'une centaine de pièces, rares pour la plupart  :éditions
originales, rééditions anciennes e[ modemes (plusieurs manques à la B.N. ), travaux français et
étrangers, portraits gravés, affiches, illustrations modemes, partitions musicales, articles de
presse, etc. FR3 Limousin-Poitou-Charentes en diffusera quelques images.

Tristan poète lyrique

Le XVllr siècle finissant avait réduit Tristan à n'ëtre plus que l'auteur de la seule

Mariane : il ne faudrait pas aujourd'hui que la réputation de quelques pièces exquises

d'anthologie fasse oublier l'ampleur et la diversité de l'reuvre lytique d'un poète que quelques
récentes rééditions nous permettent de découvrir. Limousin par sa naissance, Tristan a connu
très tôt Paris, la cour et la grande tradition poétique nationale, ouverte par Ronsard, et
prolongée à son époque par Malherbe comme par Théophile, deux poètes qui l'ont profondé-
ment marqué. Toute sa vie, et en dépit de l'invasion du goüt mondain et de la poésie galante, à
laquelle il a, mieux que tout autre, résisté. Tristan a défendu dans sa poésie, comme dans sa
vie, fière e[ indépendante, la dignité du poète e[ la grandeur de l'inspiration. Pour lui, comme
pour Ronsard, la poésie es[ d'abord chant grave, célébration fervente et passionnée ; elle est
aussi pressentiment du mystère et plongée dans le secret du coeur. Elle est enfin mesure lucide
e[ acceptation courageuse de la condition mortelle, jusqu'à se fondre parfois en toute simpli-
cité, comme dans l'Office de [a Vierge de 1646, dans la prière collective de son temps. —
Jean-Pierre CHAU VEAU.

- Comme les cinq doigts de /a main -

Quelques réflexions sur  !es tragédies de Tristan


On s'efforce dans cette communication de mettre en évidence la cohérence et l'originalité
de la production tragiqué de ce poète singulier, qui, ayant connu Hardy avant de former
Quinault, mérite cependand une place à part dans l'histoire du théâtre « classique  ». Tristan
utilise toujours des épisodes rattachés à la vie de personnages historiques célèbres mais qui, en
eux-mêmes, ne sont pas les plus connus. Cest ce qui lui permet, dans l'invention, d'imposer

une mythologie dont le schéma essentiel est, comme dans l'histoire de Daphné ou dans celle de
Saül, la cruelle e[ vaine poursuite d'un « innocent  » par un personnage à la fois puissant et

aliéné par la passion. Son propos paraît être une peinture sans complaisance de la condition
humaine, que les élans religieux de certains héros ne sauvent pas de la désespérance, mais
qu'une poétique mëlant Vadi[ion e[ modernisme, vivacité du dialogue et ampleur des pages

lyriques assure à tout le moins d'un triomphe esthétique. —Jacques MOREL.
Tristan romancier

Après avoir exposé les raisons qui m'ont amené, dans mon édition du Page disgracié, à
m'en tenir au texte de 1643, et non, comme on l'avait fait jusqu'à présent, à celui de 1667 —
version en fait « revue e[ corrigée  »par Jean-Baptiste L'Hermite —, je m'applique à situer le
roman d'abord dans l'euvre de Tristan, puis surtout au sein de la veine romanesque «  comi-
que  » du XVI[e siècle. La liberté qu'offre au romancier ce type de récit lui permet, tout en se
montrant attentif à la réalité, de conswire une reuvre à résonance largement symbolique. Elle
lui perme[ aussi un travail original sur le roman lui-mëme, par un « jeu sur le je  »qui montre
toute fa subtilité, e[ la nouveauté, du dessein de Tristan. Au cartefour de la fiction et du
souvenir, du rëve et de la réalité, le Page mérite, sans aucun doute, de sortir de sa disgrâce. —
Jean SERROY.

PIECES POUR BIBLIOPHILES. —Notre confrère M. Pierre Nétange nous envoiedeux
extraits du catalogue de Pierre Bérès, Notice de lèvres rares, anciens et modernes... (décem-
bre 1980)

«  TRISTAN L'HERMITE François. Les Heures dédiées à la Sainte Vierge, in-12,
«  140 x 79  : (2 ff), 568 pp. mal ch. 556 (2 ff.), 12 pl. Reliure de l'époque en veau jaspé ; dos à


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55 «  nerfs omé de motifs dores à petits fers, restes de fermoirs ciselés. tranches dorées. Paris.
«  Jean-Baptiste Loyson. 1653. 9.500 F

«  Le texte lituwique latin est accompagné de prose et de vers de Tristan L'Hermite
«  rendant en français hymnes, oraisons, méditations, suffrages, etc. Publié en 1633 [lire 1646]

«  sous le titre L'office de la Sainte Vierge et réédité en I(v36 [lire 1653. 1656 et 1664].
«  l'ouvraee est ici remis en vente avec un nouveau titre à la date de 1653. Ce livre rare manque
«  à la plupart des grandes bibliothèques. L'illustration, gavée par Abraham Bosse. comprend
«  44 pièces d'après les dessins de Jacques Stella. dont plusieurs à pleine page [G. Duplessis.
«  122-165 : A. Blum. 967, 1010). Le frontispice. aux armes d'Anne d'Autriche dans l'édition
«  de 1646. est remplacé par une planche représentam l'enfant Jésus embrassant la Vierge : le
« titre gravé est également différent. Exemplaire bien conservé dans sa reliure d'origine.
«  Provenance  :Frédéric Lachèvre, avec ex-libris et inscription manuscrite  :cette édition e.cr
- rarissime, sans aucune emgérarinn. -

«  TR[STAN L'HERMITE François. Les Heures dédiées ù [a Sainte Vierge. Enrichies de
«  figures destinées par le sieur Stella et gravées par Antoine Bosse, in-8. 1811 x 118 t4 ff.l.
«  627 pp. mal ch. 623 (2ff. ). 4 fig. Reliure de l'époque en veau marbré double encadrement de
«  filets dorés sur les plats. dos à nerfs omé. [ranches dorées. Pans. Jean-Baptiste Loyson.

«  1664. 4.500 F

«  Edition de luxe dont le texte. contenant notamment des Suffrages abrégés, est différent
«  de celui de l'édition indouze de 1653. Curieusement. les indications du titre ne sont pas
«  exactes  : illustrations de Stella, premier peintre du mi, gravées par Abraham Bosse
«  (erronément prénommé ici Antoine) destinées à l'édition in-douze, ne pouvait s'insérerdans
.< celle-ci  :l'illustration se compose donc de 4 planches hors texte, différentes, dont trois
«  portent l'excudit de Vemesson. Bel exemplaire bien conservé. Provenance  : Frédéric
«  Lachèvre, avec ex-libris et mention manuscrite  : enrérnernenr rare. -

CONFERENCES ET EXPOSITIONS. —Claude Abraham a parlé de Tristan dans une
série de conférences. « Expression ironique et littéraire au XV II`'siècle  », faites. enjuin. dans
diverses universités allemandes (Paderborn, Aix. Trèves, Munich, Cologne. Dusseldort) : à
l'automne, aux U.S.A. (Reno, Nevada : Eueene. Oregon). —Dans le cadre de l'Année du
patrimoine. Tristan a trouvé place, en décembre. dans une exposition «  Ecrivains et terre
natale  » à Guéret et à Bourganeuf.

LISTE DES ADHERENTS. — A la liste que nous avons publiée dans le n" 2 des Cuhierc.
ajouter les noms suivants  :ARNOLD Jacques. 14, allée Charrier, 93250 Villemomble : —
AZAIS Jean, 6, rue Voltaire, 38000 Grenoble : — BALDIT Jean-Pierre. Saint-Yrieix-les-
Bois. 23150 Ahun : —BORDES Hélène. 47, me Casimir-Ranson. 87000 Limoges : —
CENTRE D'ETUDE DF.S 17r et 18r SIÈCLES. Université de Paris-Sorbonne. I ,rue Vicux-
Cousin. 75005 Paris : — DAUGER Georges, Roussines. Jouillat. 23220 Bonnat : — DE
JEAN Joan, 176. Linden Street. New Haven. Connecticut IU.S.A) : — DOTOLI Giovanni,
Univ. de Bari et Piaua Umberto 43, 70121 Bari (Italiel : — FACULTEIT VAN DE
LETTEREN EN W'USBEGEERTS, Seminarie voor France Literatuur, Blandijnberg 2, 9000
Gent (Belgique); — FOURNIER Alain. 16, rue Ferrachat, 69005 Lyon; — L'HERMITE
vicomte Xavier de. La Maison-Neuve. Augne. 87120 Eymoutiers : — MATSUYAMA
Tsunemi. Maison de Cuba, Cité universitaire. 59A, boulevard Jourdan, 75014 Paris : —
MIANNAY Régis. Univ. de Nantes et 37, avenue du Doussais. Sautron. 447110 Orvault. —
MONGEThietry, 139,meJean-Mermoz. 13008 Marseille :—ROMANISCHESSEMINAR
DER UNIVERS[T.4T KOLN, Albertus Magnus Platz. 5000 Koln 41 (All. Féd.) ; WIL-
LIAMSCharles G. S. , 415, Gler Echo Circle. Columbus. Ohio 43202 (U. S. A.) ; — BON V A-
LET Nirole, Univ. of Alberta, Edmonton Canada T6G 2L4  :— BlBL1OTHEQUE MUNICI-
PALE DE GUÉRET, Hbtel de ville, 23000 Guéret.

Changements d'adresses et rectifications  : DUBU Jean. 22, rue des Primevères, 92160
Antony :— FERRIER Nicole, 21, rue Descartes. 75005 Paris :— MANSAU Andrée. 8, rue
de Verdun.310WToulouse;—MICHAUDJean.8.parcduChàteau.78430Louveciennesi
— PINTARD René, 9, rue Casimir-Pinel. 92200 Neuilly; — SABA Guido, via del Teatm
Pace. 00186 Roma (Italie)  : — SABATI ER Robert. 64, boulevard Exelmans. 75 116 Paris  : —
SERROY Jean, 5, avenue Albert-l~-de-Belgique. 38100 Grenoble; — SCHWEITZER
Jerome W., Box 3195. Eas[side Street. Tuscaloosa, AL 35404IU.S.A.1.




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56 Georges MONGRÉDIEN (Paris, 19 aoitt 1901 — Nogent-sur-Marne, IS novembrc
1980). —Georges Mongrédien n'est plus. La Société des Amis de Tristan L'Hermite, dont il
avait encouragé la fondation et aux réunion de laquelle il s'était montré assidu, se doit de saluer
sa mémoire. Co-fondateur, auprès du regretté Marius-Henri Guervin, de la Société d'étude du
XVIIe siècle, Georges Mongrédien en avait assuré la présidence durant près de trente ans.
Tous les spécialistes du XVI[°siècle connaissent l'ampleur de son o=uvre  :histoire politique et
sociale, critique littéraire, édition de textes et publication de documents, aucune des discipli-
nes propres à éclairer la civilisation et ses mutations ne lui était étrangère. Il a fourni,
particulièrement avec son Dictionnaire biographique des comédiens français du XV//° siècle
e[ ses Recueils de textes relatifs à Molière, $ Corneille, à La Fontaine et à la Bruyère, des
instruments de travail que leur richesse et la méthode rigoureuse qui les caractérise ont rendus
indispensables aux chercheurs. —J.M.
























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