Aller au contenu

Résumés et abstracts

Afficher toutes les informations ⮟

  • ISBN: 978-2-8124-2078-8
  • ISSN: 0007-9871
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-8124-2079-5.p.0221
  • Éditeur: Classiques Garnier
  • Date de parution: 19/12/2013
  • Périodicité: Semestrielle
  • Langue: Français
Accès libre
Support: Numérique
221
RÉSUMÉS ET ABSTRACTS



Daniéla CAPIN et Michèle BIERMANN FISCHER

Histoires) de goût(s). — Si les odeurs, et surtout les couleurs, ont bénéficié de nombreuses
études linguistiques, le champ du goût reste encore peu exploré. À partir d'une approche
diachronique (depuis le latin jusqu'au fiançais préclassique) et synchronique, nous montrons
ici la complexité du fonctionnement du nom goût. Participant d'une saisie cognitive multiple,
il peut être appréhendé comme «  concret » et « abstrait  ». Il peut désigner une substance, mais
aussi une propriété. Il fonctionne comme un nom « massif » ou comme un nom « comptable  ».
Enfin, de par la nature physiologique du sens organique goût, le nom goût partage certains
comportements d'autres noms de perceptions, le toucher et l'odorat en particulier.

Mots-clés  :goût, sens organique, nom, conceptualisation, catégorisation

The history of taste(s). — Smells and especially colours have been advantageously provided
with linguistic descriptions, but tarte han yet to be covered. Based on both diachronic (from
Old French to the Renaissance period) and synchronic analysis, our study shows the complex
functioning of the noun goût (faste). Recause of ifs multiple cognitive properties, it can be
conceptualised not only as a "concrete, " but also as an ` âbstract"noun. It can be used to norme
a substance as well as an attribute. It operates as a `mass "noun and as a "comnable " too. Last
but not least : due to the physiological particularity of the senne of faste, the noun goût shares
nome properties and co-occurs with the other senne noues, especially noues of touch and smell.
Keywords : faste, senne, noun, conceptualization, categorization

Michael HERSLUND

Article indefini et nom en français et en allemand. — En comparant l'emploi de l'article
indéfini en français et en allemand, on s'aperçoit d'une différence fondamentale entre les
deux langues. Alors que tout nom français a un pluriel et se combine avec les trois articles,
un, du et des, la sémantique du nom allemand se reflète fidèlement aussi bien dans l'existence
d'un pluriel que dans la possibilité de se combiner avec un article indéfini  :seuls les noms
hétérogènes (comptables) ont une forme plurielle et se combinent avec l'article indéfini
L'article propose comme explication de cette différence que les articles indéfinis du français
constituent un système de classificateurs, qui classifient les syntagmes comme étant homo- ou
hétérogènes, et par là établissent leurs extensions, tandis que l'unique article indéfini de l'alle-
mand est un quantificateur qui opère sur la constitution sémantique du nom (son ixtension).
Mots-clés  :article, indéfini, homogène /hétérogène, comptable /eon-comptable, pluriel,
classificateur, quantificateur, ixtension /extension

Cah. Lexicol. 103, 2013-2, p. 221-226

222 The indefinite article and the noun in French and German. — When comparing the use
of the indefinite article in French and German one realizes that there is a fondamental
dijference between the two languages. All French nouns have a plural and combine with
the three indefinite articles un, du and des, whereas in German the semantics of the noun
is rejiected in the possibility of having a plural and of combining with the indefinite article.
This paper proposes as an explanation of this dijference the indefinite articles in French
constitute a system of classeers, which classify noun phrases as either homo- or heteroge-
neous, and thereby establish their extension, whereas the only indefinite article in German
is a quant~er that operates on the semantic make-up of the noun (its intension).

Keywords : article, indefinite, homogeneous / heterogeneous, countable / uncountable,
plural, classifier, quantifier, ixtension /extension

Emilia HILGERT

Le nom identité dans son sens de relation symétrique. —Cet article montre que le nom
identité, dans son sens initial, en rapport avec l'adjectif identique et applicable aux objets,
ne désigne pas une qualité ou une caractéristique, mais une relation symétrique entre deux
entités. Cette relation se comprend dans le sens où, s'il y a identité entre x et y, cela se
vérifie symétriquement  : si x est identique ày, alors y est identique à x. La structure logique
du nom identité est en accord avec les constructions syntaxiques dans lesquelles il figure,
comportant généralement des prépositions relationnelles comme avec ou entre. Cette étude
aborde aussi le problème (difficile, en philosophie) de l'identité partielle qui prend linguis-
tiquement la forme identité de z entre x et y. L'étude du nom identité met globalement en
lumière une sous-classe nouvelle dans la classification des noms abstraits, comprenant aussi
des noms tels que équivalence, similitude, ressemblance, dissemblance, différence, altérité,
dont la caractéristique sémantique commune est de désigner des relations symétriques entre
deux entités.

Mots-clés  :sémantique des noms, noms abstraits, noms de relation symétrique

The noun identité as an indicator of symetrical relations. —This article shows that the
noun identité (identity), in its basic meaning, with respect to the adjective identique (identi-
cal) and applicable to objects, does not designate a quality or a characteristic, but a
symmetrical relation between two entities. This means that if there is an identity between x
and y, the relation is symmetrical : if x is identical to y, then y is identical to x. The logical
structure of the noun identité is coherent with the syntactical structures where it appears,
being generally used with relational prepositions like avec (with) or entre (between). This
paper also addresses the problem (philosophically dijficult) of partial identity — identity
of z between x and y. The study of identity exposes a new subclass in the classification of
abstract nouns, including nouns like équivalence, similitude, ressemblance, dissemblance,
différence, altérité, which have designating a symmetrical relation as a common semantic
characteristic.

Keywords : semantics of nouns, abstract nouns, symmetrical relationship nouns

Évelyne JACQUEY

Déverbaux en français, lexicographie et corpus. —Cet article est avant tout métho-
dologique. Il s'intéresse à une question largement étudiée, le contenu sémantique des
noms déverbaux en français entre une lecture événementielle (activité, accomplissement
ou achèvement au sens de Vendler (1967)) et une lecture résultative (état ou entité). Il

223 développe quelques pistes pour qualifier les différentes acceptions possibles de ces noms
en articulant plusieurs disciplines (morphologie, sémantique, lexicographie et lexicologie)
et deux méthodologies d'étude (linguistique introspective et linguistique de corpus).
Mots-clés  :sémantique lexicale, noms déverbaux, lexicographie, linguistique de corpus

Deverbal nouns in French, lexicography and corpus.— This article explains a methodo-
logy. The main issue is very well-known : the lexical ambiguity of deverbal nouns in French
one reading at least of which refers to an event : activity, accomplishment, achievement in
the terminology of Yendler 1967 to which we add States. To describe the varions readings
of the deverbal nouns under study, the article draws at least partly on four main disciplines,
Morphology, Semantics, Lexicography and Lexicology, and two main methdologies in
Linguistics, traditional Linguistics, which makes use of constructed examples, and Corpus
Linguistics, which makes use of attested examples.

Keywords : lexical Semantics, deverbal nouns, lexicography, corpus linguistics

Georges KLEIBER

L'opposition nom comptable/nom massif et la notion d'occurrence. —Notre objectif est
de reprendre la question de l'opposition massif /comptable appliquée aux noms par le biais
de la notion d'occurrence. Nous porterons notre attention plus spécialement sur un aspect
essentiel de l'opposition noms massifs /noms comptables, celle qui a trait au dénombre-
ment. Dès que l'on fait intervenir la notion d'occurrence, on se trouve face à un paradoxe

accepter qu'il y ait des occurrences pour les noms massifs revient à nier la continuité qu'on
leur accorde habituellement, mais leur reconnaître la discontinuité leur ouvre la voie du
dénombrement. Comment peuvent-ils être à la fois discontinus et non comptables  ?Notre
contribution essaiera d'apporter une réponse à ce paradoxe en appliquant à l'opposition N
concrets comptables / N concrets massif la notion d'occurrence et sa notion compagne de
situation d'occurrence.

Mots-clés  :massif /comptable, noms, continu /discontinu, occurrence

The mass/count opposition and the notion of occurrence. Our goal is to use the concept
of occurrence to reexamine the mass/court distinction as applied to nouns. Spec~cally, we
will focus on the enumeration trait, which is an essential characteristic of the mass noun
vs. court noun dichotomy. The concept of occurrence creates a paradox : accepting the
existence of occurrences of mass nouns is a rebuttal of the continuons trait typically used
to characterize mass nouns; but, acknowledging their discontinuity makes enumeration a
possibility. So how car these nouns be both discontinuons and non-comntable ? Our study
will attempt to solve this paradox by applying the concepts of occurrence and situation of
occurrence to the court concrete noun vs. mass concrete noun dichotomy.

Keywords  :mass/court, nouns, continuons/discontinuons, occurrence

Estelle MOLINE

À la mode /manière /façon /des Alsaciens. Ce qui distingue la mode, de la
manière et de la façon. —Cet article a pour objectif la description des expressions à la
mode /manière /façon (de SN +Adj +relative). D'une part, il s'agit de vérifier sur corpus
l'influence éventuelle du sens de chacun des noms mode, manière et façon sur le choix des
compléments utilisés. D'autre part, il s'agit d'établir s'il s'agit de constructions libres, ou
si au contraire, les segments à la mode /manière /façon de doivent être analysés comme

224 des locutions prépositionnelles. Il est montré d'une part que mode se distingue globalement
de manière et façon par l'emploi de compléments référant pour l'essentiel à un lieu, à une
époque ou à un (groupe) humain et d'autre part qu'il s'agit bien de constructions libres.
Mots-clés  :sémantique, manière, façon, mode, locution prépositionnelle

~~À la mode /manière /façon /des Alsaciens :' What distinguishes mode from manière
and façon. —This article aims at describing French phrases à la mode /manière/ façon
(de NP +Adj +relative), meaning "in an Adj way, like NP ". On the one hand, it will be
verijïed if the noun's meaning (mode, manière, façon) has any ejfect upon the choice of
complement. It is shown that mode is essentially caracterised by time, space and human
beings, which is rot the case for manière and façon. On the other hand, it will be shown
that these are rot set prepositional phrases, but free structures.

Keywords  : semantics, manière (`marner'), façon (`way'), mode (`fashion'), prepositional
locution

David TROTTER

Tote manere d'oiseaus  :les noms d'oiseaux en anglo-normand. — Il s'agit d'une étude
lexicologique et lexicographique des noms d'oiseaux en anglo-normand. Contrairement
aux apparences (notamment dans le monde des gloses), un nom d'oiseau ne peut désigner
qu'un oiseau, alors qu'un oiseau peut recevoir plusieurs dénominations. Le cas est sans
doute typique de champs sémantiques où la taxinomie linnéerne s'est imposée, mais pour
lesquels le Moyen Âge n'avait pas la même typologie. D'autre part l'étude attire l'attention
sur les confusions qui règnent dans le domaine de la lexicographie de l'anglo-normand
(corrigeant ainsi plusieurs articles dans l'Anglo-Norman Dictionary) et essaie d'en expli-
quer l'origine, à retrouver probablement dans la transmission de textes bibliques (liste des
oiseaux impurs dans l'Ancien Testament).

Mots-clés  : anglo-normand, noms d'oiseaux, lexicographie, taxinomie, traductions de
l'Ancien Testament

~~Tote manere d'oiseaus" : bird-Names in Anglo-Norman. —This article is a lexicolo-
gical and lexicographical study of bird-rames in Anglo-Norman. Despite appearances
(particularly in the world of glosses), one bird-rame car designate only one bird, whilst a
given bird may have several rames. The case is probably typical of semantic jïelds where
Linnaean classecation has now been introduced, but for which the typology in the Middle
Ages was dijferent. In addition, the article draws attention to a certain amount of confusion
in Anglo-Norman lexicography (and corrects a number of entries in the Anglo-Norman
Dictionary) and attempts to trace the origins of this confusion, probably to be found in the
transmission of Biblical texts (the lists of unclean birds in the Old Testament).

Keywords : Anglo-Norman, bird-rames, lexicography, taxonomy, Old Testament
translations

Danièle VAN de VELDE

La construction le fait quep constitue-t-elle une structure binominale dénominative  ?
—Cet article étudie la construction le fait que p dans le cadre des structures équatives en
général, structures qui reposent sur une relation exprimable par être entre deux noms, et
dont l'auteur distingue trois types  :qualifiantes (ce fripon de valet), dénominatives (la ville
de Paris), descriptives (l'obstacle de ma paresse). Il est montré que la construction le fait

225 que p ne peut appartenir qu'au troisième type, et qu'elle est proche des structures paral-
lèles où le nom fait est remplacé par des noms modaux tels que probabilité, possibilité. La
démonstration s'appuie entre autres sur une comparaison entre les trois verbes être, faire,
constituer, ce dernier n'étant utilisable pour décrire le rapport entre les deux noms des
structures équatives que dans celles du troisième type  : que p constitue un fait, mais Paris ne
constitue pas une ville, ni ce valet ne constitue un fripon. On en conclut que la conjonctive
en que, même dans la construction le fait que p n'est pas le nom propre d'un fait, mais que
sa dénotation y est simplement caractérisée comme « chose réelle  ».

Mots-clés  :fait, possibilité, stnzctures équatives, appositions, noms propres, être, constituer

Does the construction le fait que p make up a two-noun dénominative structure ? —This
article describes the French structure le fait que within the framework of equative struc-
tures. These structures, where the relation between the two nouns they contain is such that
it car be expressed by using the copula (la ville de Paris implies Paris est une ville), are of
three types : in the jïrst one (ce fripon de valet) the jïrst noun is used to qualify the referent
of the second, in the second, (la ville de Paris) the jïrst noun is a classer for the referent of
the second, in the third (l'obstacle de ma paresse) the jïrst noun is used to put the referent of
the second in a class of objects having in common a certain property (to be an obstacle, for
instance). The structure le fait que p is said to pertain to the third type, which means that
the conjonctive clause it contains is rot the proper rame of a fact. Rather, the noun fact is
used to put the dénotation of the clause it introduces in a class made up of "réal things ",
exactly as in la possibilité que p, the jïrst noun is used to qualify the referent of the clause
it introduces as a `possible thing".

Keywords  : fact, possibility, equative structures, appositions, proper rames, be, constitute

Ursula REUTNER

« Nous, lexicographes, nous avons donc toujours tort  » ?Traitement de l'euphémisme
dans le Petit Robert. — Le traitement lexicographique des euphémismes n'est pas simple  : la
valeur euphémistique d'un mot dépend largement du contexte d'utilisation et peut s'estom-
per au fil du temps. Néanmoins, peu de dictionnaires renoncent à l'emploi de la marque
en question. Cet essai traite des manières de résoudre ce défi lexicographique. Pour cela,
nous présenterons d'abord les motifs principaux de l'emploi d'euphémismes  :crainte et
vénération, pudeur, tact et politiquement correct, sa variante plus récente, ainsi que profit
et bénéfice propre, et nous montrerons que différents domaines sémantiques dominent
en fonction du motif. L'analyse des significations marquées dans le Petit Robert comme
euphémismes montre ce qui est pris en compte dans ce dictionnaire ; la comparaison avec
d'autres dictionnaires donne un aperçu de l'hétérogénéité lexicographique de l'attribution
de la marque en question.

Mots-clés  :euphémisme, tabou, politiquement correct, marques, lexicographie

~~Are we lexicographers always wrong ?" Euphemisms in Le PetitRobert. —Euphemisms
are something of a lexicographical challenge : the euphemistic meaning of a word dépends
on its context and may fade over time. Nevertheless, euphemisms are marked as such in
the vast majority of dictionaries. This article provides an insight into the way they tackle
the dijficulties. It starts by presenting the main motives for using euphemisms : vénération
and fear, shame and tact — of which political correctness is the latest upshot — as well
as expedience and self-interest. Depending on the motive, dijferent semantic areas are
dominant. The analysis of the temms ident~ed as euphemisms in Petit Robert shows how

226 these jïelds are represented on a lexicographical level, and provides an insight into the
heterogeneity of lexicographical judgements.

Keywords : euphemism, taboo, political correctness, label, lexicography

Janka PRIESOLOV ?~

Problèmes de synonymie dans le lexique spécialisé français de l'économie. —L'article
aborde la synonymie au sein d'un sous-système spécialisé de la langue à partir de l'analyse
de la dénotation et de la valeur des signes linguistiques en français de l'économie ainsi
que du point de vue contrastif entre le français et le tchèque. En tant qu'une des représen-
tations du dualisme asymétrique du signe linguistique, elle se manifeste dans la relation
d'équivalence de sens entre les signes respectifs tout en permettant leur substituabilité dans
certains contextes syntagmatiques ou situationnels. Le potentiel sémantique d'un signe,
formé par la dénotation, peut être enrichi par des connotations supplémentaires incluant
différents registres de langue (professionnel, sociolinguistique, géographique) et d'autres
nuances stylistiques (affectivité, expressivité), non seulement en synchronie, mais aussi en
diachronie. L'article analyse différents types d'équivalences sémantiques et stylistiques
dans le lexique du français économique (lexies simples et complexes, constructions syntag-
matiques lexicalisées, constructions à sens figuré) et attire l'attention sur des problèmes liés
à la vulgarisation des termes spécialisés.

Mots-clés  :synonymie, français de spécialité, lexique économique, dénotation, connota-
tion, valeur

Problems of synonymy in French economic LSP. —The article examines synonymy within
a specialized subsystem of professional French on the basis of analysis of the dénotation
and value of linguistic units in French and also from a contrastive view Synonymy as a
manifestation of asymmetric dualism of linguistic units is rejiected in the relation of simila-
rity (équivalence) of meanings, which allows their substitutability in certain contexts and
constructions. The semantic potential of linguistic units is created by dénotation, which
tan be enriched by connotations with varions supplementary information (functional styles
or socio professional, geographical, sociolinguistic registees) and other stylistic nuances
(expressiveness, ajectivity), not only in terms of synchrony but also in terms of diachoony.
The article analyzes the d~erent types of semantic and stylistic équivalence in the termino-
logy of torrent economic professional French, taken in the broad sensé of the word (simple
and compound designate units, lexicalized constructions, metaphors) from both intralingual
and interlingual views and points out the problems associated with the popularisation of
professional terms.

Keywords : synonymy, professional French, economic terminology, dénotation, connota-
tion, value

Article de revue: Précédent 14/14