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Comptes rendus

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  • ISBN: 978-2-8124-0479-5
  • ISSN: 2262-0346
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-8124-4331-2.p.0217
  • Éditeur: Classiques Garnier
  • Date de parution: 27/08/2012
  • Périodicité: Semestrielle
  • Langue: Français
Accès libre
Support: Numérique
217
COMPTES RENDUS



Thierry FONTENELLE, Turning a Bilingual Dictionary roto a Lexical-
Semantic Database. Tübingen, Niemeyer, 1997, XVI-328 p. (Lexicographica
Series Maior 79)

Ce travail est fondé sur une version électronique du dictionnaire bilingue
anglo-français de ROBERT et GOLEMS. II en résulte une base de données dont
l'exploitation s'est orientée en particulier vers les collocations et les fonctions
syntaxiques qu'Igor MEL'~UK élabore depuis de nombreuses années. On sait combien
cet enrichissement d'indications lexico-sémantiques a contribué à l'amélioration de la
qualité des traductions  : un des objectifs est de désambigiiiser les cas possibles de
polysémie. La prise en considération des lexies complexes et de la phraséologie usuelle
en langue est indispensable pour atteindre le niveau combinatoire adéquat
d'interprétation des séquences de "mots". Plusieurs dictionnaires existent déjà dans ce
domaine et l'auteur en rend compte. Il présente également les travaux sur les « qualia »
de PUSTEJOVSKY, qui développent les données structuralistes sur les différentes sortes
de sèmes. Plus riche est l'apport d'Igor MEL'LUK dont le Dictionnaire Explicatif et
Combinatoire du français contemporain est ici abondamment commenté.

La seconde partie de l'ouvrage est consacrée à l'élaboration de la base de données
franco-anglaise  : des exemples concrets sont détaillés et il est montré comment le
discours lexicographique peut être utilisé à des fins de repérage de métatennes
classificateurs (cf. piece of, act of ,made of, able to). L'auteur, au cours de son analyse, a
été amené à proposer de nouvelles fonctions, comme "mâle/femelle", "télique" (stick +
with glue  :coller). II se pose également des questions qui préocuppent le sémanticien

une porte est-elle destinée à empêcher (cf. fermer) ou à faciliter (cf ouvrir) l'accès  ? La
codification, phénomène nécessaire, oblige à dire (p. 198-9)

Porte  :réalise "fermeture"

antiréalisation [contraire] "ouverture".

I. MEL'CUK est d'avis, comme le Petit Robert, — et nous-même —que porte est
d'abord lié à une "ouverture" (cf. les portes de la ville, une brèche dans un mur) même
s'il ne faut pas oublier de fermer les portes... Les circonstances culturelles et
pragmatiques sont en fait variées et surtout coexistantes.

Bien d'autres commentaires pourraient accompagner les chapitres sur
l'expression des bruits et sons (des animaux, des objets), des verbes à transitivité variable
(X ferme bien, Y ferme X), des métaphorisations ou des classifications de formes
d'objets.

Cah. Lexicol. 79, 2001-2, p. 215-226

218
Un des intérêts de ce travail est qu'il laisse espérer des applications pédagogiques
en particulier sur ordinateur. Le propos évoqué par le titre du livre semble avoir été
atteint avec succès.

Bernard POTTIER


Herbert Ernst WIEGAND, Semantics and Lexicography, Selected Studies
(1975-1996). Edited by Antje IMMKEN and Werner WOLSKI, Lexicographica
Series Maior 97, Niemeyer, Tübingen, 1999, 350 p.

Comme l'indique le sous-titre, il s'agit d'un recueil de neuf articles parus entre
1976 et 1996, alors que l'auteur en a publié plus d'une cinquantaine pendant cette
période. Tous portent de près ou de loin sur la métalexicographie, c'est-à-dire une
réflexion théorique sur ce que sont les dictionnaires et ce qu'ils pourraient être, en
envisageant souvent très en détail les textes qui illustrent les entrées lexicales.

La rédaction est particulirement dense et les traducteurs (de l'allemand en
anglais) ont réalisé un énorme travail de transposition. Le lecteur a parfois le sentiment
de répétition, mais cela tient à la nature de l'ouvrage.

Werner WOLSKI, dans son Introduction, présente les grandes lignes de la
recherche de H. E. WIEGAND et met en relief le thème de la "sémantique de l'action",
liée à la pratique communicationnelle.

H. E. WIEGAND tente d'établir une typologie des dictionnaires selon que les
auteurs privilégient le cotexte, les situations, l'apport des synonymes et, bien que les
distinguant, il insiste sur les relations nécessaires entre les mots et le monde. La
sémantique de langue et la connaissance encyclopédique sont deux constituants du savoir
lexical.

L'auteur étudie dans le détail tous les aspects du texte qui suit l'entrée-vedette
dans les dictionnaires monolingues, ce qui couvre les définitions proprement dites, les
paraphrases plus ou moins longues (dont certaines seulement sont susceptibles de se
substituer au mot selon les contextes), les exemples d'emplois.

Certaines contributions abordent des questions plus théoriques et abstraites,
comme les équivalences logiques, l'analycité, les valeurs de vérité  ;d'autres mettent en
relief la prise en compte de la "folk definition" liée à une connaissance quotidienne des
réalités du monde.

Des considérations plus spécifiques concernent les domaines de spécialité, ou le
traitement des éléments grammaticaux comme les adverbes ou les particules.

Les praticiens de la langue sont mis à contribution lorsque, à travers des textes, ils
doivent réécrire certaines explications du dictionnaire, et répondre à des questions sur les
relations entre l'entrée et la définition, par exemple au moyen de métatermes comme
signifie, est, a, se rapporte.

Dans son Épilogue, l'auteur distingue avec raison la sémantique, qui n'implique
pas de question de lexicographie, et la lexicographie qui nécessite des options de
théorisation sémantique qui peuvent l'aider dans sa tâche.

La Bibliographie citée, cent cinquante dictionnaires et plus de six cents titres de
travaux lexicographiques et sémantiques, donne une idée de la richesse de l'oeuvre de
H. E. WIEGAND, et le rôle qu'il a joué dans ce dernier quart de siècle.

Bernard POTTIER

219 Karine BOUCHER et Suzanne LAFAGE, Le lexique français du Gabon (entre
tradition et modernité). Nice, 2000, 415 p. (Institut de linguistique française —
CNRS — UMR 6039 —Nice — Le Français en Afrique —Revue du Réseau des
Observatoires du français contemporain en Afrique)

Ce dictionnaire, oeuvre de l'africaniste confirmée qu'est Suzanne LAFAGE et de
sa collaboratrice Karine BOUCHER, comble une lacune. En effet, le Gabon n'avait pas
participé aux recherches de l'IFA (Inventaire du Français en Afrique noire) de 1972 à
1983. Il est la première étape de la constitution d'une banque de données lexicales
gabonaises qui devra être mise sur cédérom et comportera une visée diachronique
absente de cette première version-papier. Tel quel, il comporte 2500 entrées principales
dont la plupart sont subdivisées en sous-entrées plus ou moins nombreuses. Il repose sur
une vaste collecte de documents rassemblés non seulement par les deux auteures, mais
par une équipe nombreuse et diverse d'enseignants, de chercheurs, de techniciens, de
religieux, et d'étudiants  :documents oraux, dont les enregistrements sont précieusement
conservés comme fonds documentaire pour servir à des études linguistiques ultérieures,
et dépouillement de textes écrits et d'ouvrages ayant trait au pays, même si les auteurs
sont étrangers, qui sont recensés dans une copieuse bibliographie. L'appui du directeur
de l'École Normale Supérieure de Libreville et de l'AUPELF, actuelle "agence de la
francophonie", et surtout le don de sympathie de Suzanne LAFAGE ont fait beaucoup
pour l'unité et l'efficacité de l'équipe.

Une importante préface comporte tout d'abord une présentation générale du
Gabon, rapide mais dense et précise. Le lecteur est invité à considérer ce petit État
africain relativement privilégié et sous-peuplé par rapport à d'autres, à de multiples
points de vue  : géographique, avec un aperçu historique qui remonte au XVI`s.,
administratif, économique, politique, et démographique. Ce dernier point de vue a un
rapport étroit avec la situation linguistique des différentes ethnies dont aucune n'est
majoritaire et ne peut réclamer pour sa langue un statut officiel. Le CICIBA (Centre
International de Civilisation Bantoue) les étudie, les transcrit dans une orthographe
savante et, depuis 1993, la fondation Raponda-Walker milite pour leur survie avec une
orthographe simplifiée et édite quelques textes en langues locales.

Mais bien que les Français soient de moins en moins présents sur place (moins de
6000 résidents au dernier recensement en 1993), le français, de jure langue officielle, est
considéré comme le moyen d'accès à une civilisation universelle et comme la "langue
gagne-pain" permettant une certaine promotion sociale. Il est la langue exclusive du
pouvoir politique, financier, économique, du moins dans les grandes entreprises. Et aussi
du pouvoir culturel  :écrivains et journalistes de la presse écrite utilisent le français. La
télévision et la Radio, notamment Africa n° 1 à vocation internationale, parlent français, à
l'exclusion de quelques plages horaires réservées aux langues locales, par quelques
radios périphériques. Le catéchisme, longtemps enseigné en langues locales l'est
aujourd'hui en français alors que l'Islam continue à enseigner le Coran en arabe. Les
langues locales sont, par contre, employées exclusivement dans le culte, les rituels, la
culture populaire.

Le Gabon tonnait une large démocratisation de l'enseignement, dispensé en
français. Seules des personnes de plus de 50 ans (25 % de la population) n'ont pas reçu
d'enseignement, ce qui ne signifie pas qu'elles soient incapables de s'exprimer en
français, plus d'un "francophone analphabète" ayant appris sur le tas un français parlé
assez éloigné des contraintes académiques. Cet enseignement n'est certes pas parfait. On
se plaint de ses méthodes surannées, de ses critères trop littéraires, de la surcharge des
effectifs, du peu de qualification des enseignants, et de l'inadaptation des manuels. Tel

220
qu'il est, il forme pourtant des francophones dont les mieux scolarisés trouvent des
débouchés dans le pétrole, l'extraction minière, le bois, le tourisme. La classe des
Gabonais urbanisés de 15 à 30 ans est pratiquement entièrement francophone, avec
parfois le français comme tangue première et quasi-exclusive.

Mais quel français  ? Le plus courant est un français "mésolectal", intermédiaire
entre le basilecte des broussards analphabètes, caricaturé dans la rubrique Makaya du
journal L'Union, et le français des universitaires, très peu différent de celui de
l'hexagone.

Ce sont donc en grande partie les particularités de ce français qui sont recensées
dans le présent ouvrage, encore qu'aucun témoignage issu de quelque catégorie sociale
que ce soit ne soit négligé. La visée est descriptive et non normative. Il s'agit de
présenter le français gabonais dans son état actuel, autrement dit le français de la période
qui a suivi l'indépendance. « Est pertinent non pas ce qui est jugé a priori correct mais
tout ce qui est attesté  ». L'enquête a été étendue à tous les Gabonais francophones quel
que soit leur niveau, à toutes les catégories socioprofessionnelles, àtous les modes de
communication et à tous les registres, y compris l'argot, ce que précisent, en cours
d'articles, de nombreuses indications sociolinguistiques. Les p. XXIX à XXXII de la
préface donnent une bonne typologie des écarts propres au lexique gabonais par rapport
au français commun. Pour vérification, les mots relevés ont été présentés sans contexte
clair à un `jury gabonais" composé de personnes de sexe et de niveaux différents,
interrogés séparément, ce qui a permis d'éliminer quelques scories, et d'ajouter certaines
marques d'usage.

Toutefois, les auteures mettent en garde le lecteur contre une erreur de
perspective qui pourrait résulter du fait qu'elles ne répertorient que les différences par
rapport au français de référence, ce qui fait disparaître les très importantes convergences
avec ce français commun. Selon leur estimation, 93 % du discours de communication
ordinaire relève du français commun, dont la langue du Gabon leur semble plus proche
que celle de beaucoup d'autres pays africains. Les particularismes sont, en effet, assez
rares dans l'usage quotidien local. On n'en relève pas plus de 5 ou 6 dans un numéro de
L'Union et beaucoup sont récurrents. Le lexique fondamental de haute fréquence est le
même pour les Gabonais et les Français à de rares exceptions près. C'est dans le lexique
disponible (realia, pratiques administratives ou culturelles) qu'apparaissent le plus de
divergences.

Quelques caractéristiques de détail de ce dictionnaire  : pour des raisons de
dimensions, les exemples ne sont pas très nombreux et ne sont pas référencés. La collecte
extensive aurait permis d'en donner beaucoup plus  ; ils sont en réserve, avec les
références, dans la banque de données. Aucune entrée n'est un hapax, mais on n'a pas
tenu compte de la fréquence pour le vocabulaire de spécialité  :noms d'arbres, de plantes,
d'animaux, par ex., accompagnés dans la mesure du possible de leur nom scientifique
latin.

Un système de renvois par astérisques permet de circuler d'un article à l'autre.
Certains articles sont récapitulatifs, comme BAMBOU, BOA, CAÏMAN donnent plusieurs
noms. La graphie retenue pour l'entrée, suivie d'autres graphies, est la plus fréquente
dans le corpus. On a renoncé à donner une transcription phonétique en raison du nombre
des variantes de prononciation. Les définitions sont brèves et précises. Des rubriques
COMmentaires et ENCYCLopédie, DÉRivés, COMPosés, SYNonymes complètent
l'ensemble. La rubrique SYN., notamment, donne des équivalences dans deux ou trois
langues du pays.

Ce dictionnaire se signale par l'extrême probité avec laquelle il a été élaboré et
par la clarté des principes qui ont présidé à son élaboration. Il apporte à la connaissance

221 du français d'Afrique une contribution importante pour les spécialistes et, aux non-
spécialistes, il permet un voyage extrêmement savoureux à travers la forêt équatoriale et
sa francophonie extrêmement vivante.

Jacqueline PICOCHE



François GAUDIN et Valérie DELAVIGNE (dir.), Louis Guespin,
terminologue, Actes de la journée en hommage à Louis Guespin. Publications
de l'Université de Rouen, 2000, 95 p.

Cet ouvrage consiste en la compilation de textes rédigés à la mémoire de Louis
GUESPIN, fondateur de la socioterminologie. Tous ces textes lèvent donc le voile sur
l'homme, l'enseignant, le chercheur, le maître selon certains auteurs, mais renseignent
également de façon très efficace sur ce qu'est cette « école sociolinguistique de Rouen  »,
et sur les débats scientifiques qui l'animent.

Il est surprenant de constater le grand nombre de thèmes de réflexion et d'études
abordés par la socioterminologie sous un angle nouveau, thèmes qui vont notamment de
la normalisation, à la définition du terme, au néologisme et à l'emprunt, en passant par
l'implantation des termes. Chaque article compilé ici présente un aspect différent du
courant socioterminologue, et sans risquer de donner une impression d'éparpillement au
propos, montre au contraire à quel point tout est lié et à quel point la démarche
socioterminologue se montre convaincante par sa cohérence et sa pertinence.

Enfin, et l'ouvrage le montre très bien, L. GUESPIN surprend par ses facultés de
visionnaire  : le combat qu'il menait contre les canons wüsteriens de la terminologie est
encore d'actualité. Bien plus, il a ouvert une voie et soulevé des interrogations qui
nourrissent encore les recherches en matière de linguistique appliquée et ne manqueront
pas de le faire pendant encore longtemps.

Dans sa contribution (L'éléphant, les baobabs et le Kamtchatka, p. I1-16),
François GAUDIN nous présente avec humour et sensibilité le chercheur, le linguiste qui
avait esquissé une théorie globale du langage dès 1980 et qui fut, bien sûr, le père de la
glottopolitique. I( nous livre également tout l'intérêt que L. GUESPIN portait à la
terminologie, intérêt précurseur qui insistait déjà sur l'union indissociable entre science,
technique et production. Il passait ainsi de la sociolinguistique à la socioterminologie en
montrant de façon irréfutable que l'homme construit son expérience du monde grâce au
langage, mais que ce dernier ne peut s'abstraire du contexte dans lequel on l'utilise et des
forces sociales en présence.

Pierre LERAT (Le sens en terminologie, p. 17-25), revient sur le combat mené par
la socioterminologie contre certaines idées fondatrices de la terminologie. II souligne
notamment l'importance du signifié pour L. GUESPIN, qui l'envisageait non pas comme
une « réalité du monde concret  », mais bien plutôt comme « une exigence de la science  ».
Ceci le conduit également à penser que la notion n'est pas autonome et en tout cas pas
détachée de toute réalité lexicale, ce qui, de ce fait, remet également en cause le principe
d'univocité, notamment prôné par E. WÜSTER. P. LERAT montre ensuite que L. GUESPIN
était aussi critique des pratiques terminologiques ; il reprochait notamment aux
dictionnaires spécialisés d'occulter trop facilement le vocabulaire de l'industrie et prônait
plus de représentativité des « commissions de spécialistes » du monde de l'industrie en
matière de terminologie. Enfin, en évoquant les travaux de GAUDIN et DELAVIGNE sur

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le mot-clé accident nucléaire, P. LERAT souligne la position des socioterminologues
comme critique du vocabulaire savant dans les discours dominants. Il revient notamment
sur l'idée de signifié ouvert « sémantiquement vide et prêt à accueillir des sens variés  »,
et sur la fonction du terme qui est la « dénomination de classes d'objets spécialisés,
concrets ou abstraits  ». Autant d'idées qui sont encore discutées en terminologie, et qui
montrent à quel point L. GUESPIN a su soulever un débat scientifique encore de mise
aujourd'hui.

Marie-Françoise MORTUREUX, dans son article (Terme, (socio)terminologie et
lexicologie, p. 27-39), montre toute l'originalité du néologisme socioterminologie qui
vise à décrire le fonctionnement des systèmes de termes dans des discours socialement
variés. L'objet d'attention est ici l'usage social du terme et conduit à remettre en cause le
concept fondateur de l'activité terminologique, la normalisation. L. GUESPIN préfére à ce
sujet mettre en place une « normaison  », qui prévoit une phase d'observation du
vocabulaire scientifique et de son fonctionnement, une phase de diagnostic et enfin une
phase d'autogestion des usagers pour mettre en place ou non les changements préconisés.
M.-Fr. MORTUREUX précise bien que les enseignants ont un rôle important à jouer (plus
persuasif qu'autoritaire) dans la dernière partie du processus. Tout comme P. LERAT, elle
revient à son tour sur la définition du terme en terminologie et souligne qu'il y a un
paradoxe apparent entre une définition sémiotique du terme qui privilégie la structure
sémantique des dénominations et des systèmes qu'elles constituent et une définition
sociolinguiste qui s'appuie sur leur fonctionnement dans les discours et notamment sur
les systèmes de co-référence qui s'y déploient. Enfin, dans la dernière partie de sa
contribution, M.-Fr. MORTUREUX s'attache à réfléchir sur le néologisme
socioterminologie et à le mettre en rapport avec la lexicologie, la terminographie et la
terminologie, pour en dégager le sens profond. Finalement, ce néologisme ne devrait plus
en être un, ce qui signifierait alors que la terminologie aurait enfin pris en compte toute
la dimension de la variation sociale.

Yves GAMBIER (Politique linguistique et aménagement terminologique, p. 41-58)
se place immédiatement au niveau de l'Europe et de l'entreprise. Il insiste sur le
paradoxe apparent qui caractérise la terminologie aujourd'hui  : la tendance est à
l'augmentation de ce qu'il appelle la «  technologisation  », l'informatique, la
terminotique, alors que la pratique langagière montre des besoins différents, en
phraséologie, en combinatoire lexicale, bref nécessite d'observer les termes en contexte
et d'observer également qui utilise ces termes et quand et comment cela est fait.
Y. GAMBIER montre très bien à quel point ce paradoxe est source de tensions et persuade
aisément qu'il y a là un besoin de renouveau et d'engagement du terminologue. Mais
bien plus, ce paradoxe montre à quel point l'aménagement linguistique tel qu'il est pensé
par les instances législatives peut manquer de pertinence et d'efficacité. L'aménagement
linguistique est devenu selon ses propres termes «  techniciste  », source de diffusion et
d'appropriation de savoirs et de savoir-faire. Il est devenu instrumentaliste et ne
correspond plus à la réalité de l'éclatement social, ethnique et culturel de la langue. On
en arrive donc à ce qu'il appelle une véritable « schizolinguistique  », à une diglossie
généralisée entre la pratique institutionnelle et la pratique sociale. Peut-être faut-il alors
réajuster l'équilibre des forces et cesser d'opposer systématiquement changement
planifié (imposé comme une nécessité institutionnelle et qui n'est pas forcément accepté
et reconnu de tous) et changement spontané (expression d'une mobilisation spontanée, et
qui n'est pas forcément synonyme d'illogisme et d'incohérence).

Cet article trouve son corollaire dans la contribution de Monique SLODZIAN
(Norme et standard  : sur les pas de Louis Guespin, p. 67-69) qui souligne à son tour
l'intérêt de tenir compte des différentes forces sociales à l'oeuvre dans la pratique

223
langagière et de préférer la standardisation à la normalisation. Comme son expérience de
la terminologie dans l'ex-URSS et en Europe centrale le montre, la standazdisation porte
sur des pratiques langagières sans nier les contradictions et les rapports de force entre les
différentes communautés ou à l'intérieur d'une même communauté. Elle est toujours
provisoire et à redéfinir, alors que la normalisation, par le respect de règles immuables,
vise à fonder une terminologie aseptisée.

Cet excès d'institutionnalisation et de volonté conformiste est un des thèmes
abordés par Loïc DEPECKER (L'æuvre de Louis Guespin et son in,~luence sur certaines
orientations de la politique terminologique en France, p. 59-65). Il rend hommage à
Louis GUESPM pour l'inspiration dont il a été la source pour son propre travail, et pour
avoù été l'homme qui a redynamisé la terminologie en général. Il s'attache ensuite à
décrire la situation en France, situation marquée par trop d'institutionnalisation, par trop
d'implication politique et paz un manque de lien avec la recherche universitaire jusqu'en
1991, date à laquelle ont été lancées les premières enquêtes sur l'implantation des termes.
Un autre tournant s'opère en juillet 1994, date à laquelle la fameuse Loi Toubon est
votée par le Parlement. Tout le paradoxe de cette loi a été de porter l'aménagement
linguistique au sein de l'opinion, de le faùe réagir contre trop d'institutionnalisation et de
conduùe finalement à plus de déréglementation et de décentralisation. L. DEPECKER
montre bien ici comment l'on rejoint la glottopolitique prônée par L. GUESPIN  : il vaut
mieux recommander les termes que les imposer. Après l'échec de cette loi, les
commissions ministérielles se mettent alors à réorienter leurs travaux et à pratiquer plus
lazgement la décentralisation de la terminologie vers des laboratoires de recherches
homologués par la Délégation générale à la langue française, quelques années après que
L. GUESPIN ait préconisé la mise en place de « conseils en linguistique  ».

Dans son article (Quelques mécanismes de l'emprunt linguistique, p. 71-77), John
HUMBLEY met en lumière une tendance de l'emprunt terminologique, qui est l'emprunt
multiple. Il donne ainsi l'exemple de rallye, terme apparu d'abord dans le domaine du
sport, et maintenant utilisé dans le domaine de la bourse avec un tout autre sens. Selon
lui, le succès de l'emprunt multiple est provoqué, dans une dimension socioculturelle, par
la diglossie générale dans les domaines scientifiques. Il rejoint sur ce point les travaux
d'Assal ALLAL, qui montrent que les scientifiques, dans la plupart des domaines
spécialisés, travaillent et publient en anglais, mais ont une vie privée en français.
Pourtant, les cours qu'ils ont suivis et pazfois les communications qu'ils font entre
collègues sont en français. Cette situation de diglossie entraîne un nombre d'emprunts
assez lazge à la langue anglaise (en traduisant partiellement ou totalement des syntagmes
ou des synapses, en empruntant des termes à base gréco-latine et des termes
métaphoriques du 1" degré, notamment). John HUMBLEY fait bien là le lien avec
« l'école de Rouen », qui ne cesse d'insister sur la nécessité de prendre en compte la
situation linguistique réelle, en montrant ici que le stock lexical de l'anglais connu par les
francophones peut représenter un fonds exploitable pour la néologie française.

La contribution d'Ad HERMANS (Sociologie des vocabulaires scientifiques et
techniques, quelques ré~lezions, p. 79-85), montre la terminologie des lexiques
spécialisés sous un angle sociologique. Le premier point marquant de cette contribution
est de décrire une terminologie de domaine comme étant le résultat d'interventions
d'acteurs sociaux. Un terme est une unité lexicale utilisée dans un texte de spécialité. Le
statut du terme dépend donc du statut du texte ou du discours, qui dépend lui-même du
statut de l'acteur ou du rédacteur et du statut du récepteur. La première conséquence de
cette situation est que le statut du terme n'est pas définitif, mais est au contraire
continuellement négocié. La deuxième conséquence est la mise enjeu de forces opposées
qui conduit à un véritable phénomène de reconnaissance, expliqué de façon très

224 percutante par Ad HERMANS. Un chercheur publie un article qui contient sa propre
terminologie du domaine. Il n'a pas de gain financier direct de cette publication, mais
peut gagner en échange, éventuellement, l'adoption de sa terminologie par les lecteurs.
Les lecteurs, eux, reçoivent une information scientifique gratuite, mais en échange,
peuvent adopter la terminologie de l'auteur. Il y a donc là phénomène de reconnaissance
du terminologue et de sa terminologie, qui pour être acceptée, doit être originale et
nouvelle sans pour autant apparaître trop déviante par rapport à la terminologie déjà en
place. Le deuxième point percutant de cette contribution est de montrer qu'une
terminologie de domaine s'inscrit dans une mémoire culturelle avec une constellation
d'idées qui préexistent, et qui créent les conditions générales de sa réception. Autrement
dit, les concepts nouveaux se profilent sur un fonds stable existant déjà (par exemple le
concept de chaos est venu s'articuler sur les idées préexistantes continu/discontinu).
Enfin, les concepts étant nomades, toute science est fondée sur des métaphores de base,
qui sécrètent un système terminologique dérivé dans chaque nouvel environnement, ce
qui renforce l'idée maîtresse de cet article, qui envisage toute terminologie comme un
processus, et non comme un état.

Dernière remarque  : cet ouvrage de textes compilés touche par l'attachement
sincère des auteurs à Louis GUESPIN, attachement que l'on devine entre les lignes pour
certains, ouvertement dit pour les autres. On y découvre un homme de lemes cultivé,
passionné et animé d'une pensée originale et visionnaire. En deux mots, cet ouvrage nous
fait regretter de ne pas avoir connu l'homme, et donne envie de faire partie de ceux qui
continuent de suivre la voie qu'il a ouverte.

Pascaline DURY

Centre de recherches en terminologie

et traduction (CRTT)

Université de Haute-Alsace




Le Dictionnaire de l'Académie Française (1694-1935) sur cédérom. Éditions
Redon, 2000.

Après avoir produit les éditions électroniques de grands dictionnaires qui
marquent l'histoire de la langue française (Littré, l'Atelier Historique de  !a Langue
Française, l'Encyclopédie de DIDEROT et d'ALEMBERT) les éditions Redon, déjà bien
connues du grand public, ont conquis en 2000 les universitaires, étudiants, enseignants et
chercheurs avec l'édition sur cédérom (version PC, Windows 98, Millenium, 2000 et
NT4) des huit éditions officielles du Dictionnaire de l'Académie française parues de
1694 à 1935 (= DAF)  :neutralisation du volume par l'espace, invitation à la simplicité
dans l'installation du progiciel et de l'interface d'exploitation, aisance dans la navigation
d'une fenêtre à l'autre et dans les procédures de transfert de données. Sans leurre face
aux processus d'innovation, l'édition électronique sur cédérom ou en ligne, déjà inscrite
dans une tradition, était face à un nouveau défi  :concilier les multiples attentes d'un
public large, les exigences diversifiées qu'imposent les spécificités du texte ancien, en
particulier du dictionnaire dont les principes méthodologiques d'informatisation reposent
sur une compréhension fine des fonctionnements discursifs, et enfin les contraintes d'un
nouveau support à la fois souple, spacieux et mobile mais figé puisque gravé. L'intérêt
des éditions Redon pour la plupart des références bibliographiques faisant autorité et leur
souci de se fonder sur les acquis des analyses de métalexicographie, nous ont conduite à

225 les accompagner dans la préparation et la réalisation du cédérom consacré à la série
diachronique du DAF dont nous voulions présenter de façon simultanée les huit éditions.
Il était essentiel d'offrir au public une édition électronique cohérente de cet ensemble
lexicographique qui offre sur trois siècles une représentation continue de la langue
française présentée comme commune et ancrée dans une conception particulière de
synchronie et qui, via les bases de données, constitue une base documentaire  :toutes les
éditions sont consultables en hypertexte l'une de l'autre ou les unes par rapport aux
autres, et sont susceptibles d'être affichées simultanément sur un même écran
d'ordinateur, de préférence assez large pour accueillir neuf colonnes, celles du texte de
chaque édition et celle de la nomenclature de l'ensemble des entrées.

L'exigence déontologique élémentaire de transparence des sources, des principes
éditoriaux et des critères ayant présidé au choix de la méthodologie adaptée aux
spécificités des textes sélectionnés pour le corpus de bases de données s'accompagne
d'une réflexion minimale sur l'attente du public auquel on souhaite s'adresser (Manifeste
publié sur «  Le Net des Études françaises  », à l'adresse  : http://www.etudes-
francaises.netn  :ainsi, pour le DAF, il fallait continuer à intéresser le grand public déjà
conquis par les précédentes éditions, tout en s'ouvrant davantage aux lycéens, étudiants,
enseignants et chercheurs, linguistes, philologues, littéraires ou historiens. Figurent donc
dans le cédérom Académie les références bibliographiques précises des ouvrages
constituant la série officielle, ce qui ne risque pas d'induire en erreur les consultants au
fait de l'existence de contrefaçons et du statut particulier de retirages non reconnus par
l'Académie française. Les exemplaires originaux, vérifiés comme tels et appréciés dans
leur conformité aux originaux conservés à la bibliothèque de l'Institut de France, utilisés
pour la saisie (manuelle double par des claviéristes non francophones), réalisée selon le
principe d'absolue fidélité aux documents fournis, ont également servi pour les dernières
phases de corrections. La pertinence de la production d'un fac-similé, en simple mode
image —valable uniquement avec la mention précise des références de l'exemplaire
utilisé pour qu'il soit aisé de s'y reporter directement —par exemple pour des
vérifications d'accents ou de signes de ponctuation mal imprimés —aurait été sans intérêt
en l'absence d'une possibilité technique de consultation sur un même écran à côté du
texte saisi (fichiers images très lourds, encombrants pour la mémoire vive des machines).
Comme on voulait offrir à un public différencié un outil de travail solide, les références
des ouvrages édités sont complétées, sans pédantisme, par une bibliographie indicative
signalant les travaux pionniers et permettant au public intéressé d'accéder de manière
rigoureuse, fiable et ouverte à des sources plus circonstanciées et conformes à l'esprit de
la recherche, ce qui a été fait dans le texte de présentation du cédérom (publié aussi sur le
site  : www.dictionnaires-france.com). Une contextualisation historique et scientifique
élémentaire, non minimaliste, des dictionnaires constitués en bases de données garantit à
l'utilisateur les choix éditoriaux par des travaux faisant autorité, reconnus à l'échelle
internationale. Le consultant non averti dispose enfin du minimum d'informations
critiques l'aidant à distinguer la valeur des résultats d'une exploitation informatique et
celle d'une consultation maîtrisée par sa lecture, sa connaissance des textes et de leurs
contextes, dans leur double dimension historique et fonctionnelle, ce qui contribue à
garantir, pour d'aucuns, sinon des conditions d'interprétation exacte des résultats issus de
requêtes spécifiques, du moins une appréciation relative des certitudes, une invitation à la

1 Les pages de l'ensemble des dictionnaires déjà constitués en bases de données
interrogeables en plein texte ont déjà été saisies en mode image et feront l'objet
courant 2002 d'une édition consultable sur intemet via l'indexation des entrées sur le
site  : www.dictionnaires-france.com.

226 prudence dans les risques d'erreurs ou d'extrapolations  :ainsi pour extraire un lexique
thématique quand bien des entrées ne jouissent d'aucune marque explicite de domaines et
que la complémentarité textuelle ne suffit pas toujours à retrouver l'ensemble d'une
nomenclature.

Principales fonctionnalités du cédérom  : les chercheurs en lexicographie, en
lettres et sciences humaines pourront, sur le seul plan technique d'exploration des bases
de données, interroger ad libitum et sans risquer de bloquer leur ordinateur, toutes les
éditions constituées en bases de données, en plein texte, sans restriction arbitraire
limitant à un nombre donné l'exploitation des résultats de l'interrogation par sessions de
travail ;consulter simultanément sur un même écran les textes des différentes éditions du
DAF sélectionnées pour les comparer et effectuer des interrogations en hypertexte sur les
définitions de la nomenclature de l'ensemble de la série  ;transférer les données obtenues
sur traitement de texte sans perte des caractéristiques typographiques et les imprimer,
sans limitation de nombre de caractères, de pages, ni de sessions de travail ; mener
conjointement plusieurs sortes d'interrogations de termes associés ou présents dans un
même contexte, en utilisant au choix les opérateurs et, ou, sauf, sans limitation
quelconque.

Les recherches sur les variantes graphiques d'une édition à l'autre se font
aisément, du fait du souci de fidélité philologique aux textes originauxZ et des liens
effectués dans le logiciel entre les éditions, chacune fonctionnant en hypertexte à la fois
au sein du propre corpus qu'elle constitue et dans le corpus global de la série des huit
éditions. Malheureusement, l'ampleur des données n'autorisait pas encore
techniquement, sur le seul support du cédérom et en conservant l'aisance de
fonctionnement du logiciel, des interrogations sur la typographie, la ponctuation, les
morphèmes de haute fréquence inférieurs à trois caractères, etc. La série du DAF peut
être consultée par la liste de la nomenclature des entrées (la présentation formelle des
entrées uniformisée dans le système graphique moderne permet, par des liens spécifiques
d'accéder à toutes les entrées. comportant une graphie ancienne), par des liens hypertexte
permettant de passer d'un article à l'autre à la fois au sein d'une seule édition dans le
corpus de celles qui ont été sélectionnées ou encore dans l'ensemble des bases, par des
filtres, tel celui des marques de domaine3. Dans le menu figure une liste des différents
marqueurs de domaine utilisés dans l'ensemble des éditions, avec, à gauche la liste de la
nomenclature générale à laquelle on se reporte quand on le souhaite, à droite la liste des
entrées comportant le marqueur sélectionné  : ainsi, on obtient la liste des 61 mots
marqués de la séquence métalinguistique "terme de rhétorique"  ;entre parenthèses sont
indiquées les dates de la dernière mention explicite de la marque dans l'ensemble des
bases, indicateur de chronologie relative intéressant. On peut modifier à souhait au cours
de sa requête la présentation simultanée du nombre d'éditions sélectionnées  ; un curseur
permet de faire défiler de façon individuelle le texte de l'article sélectionné dans chaque

2 Sans l'exigence fondamentale de qualité de transmission des textes et de fiabilité
éditoriale dans le respect des leçons originales d'exemplaires choisis, identifiés et
consultables, il ne saurait y avoir expression ni développement d'une démarche
scientifique.

3 Les listes de mots-clés métalinguistiques ont été constituées, non pas arbitrairement
selon des critères indifférents aux contextes de parution des ouvrages considérés,
mais bien à partir de la mise en place d'un balisage intermédiaire rigoureux des
différentes marques (usage, domaines, etc.) présentes dans les textes de base, et
intégrant leur historicité propre, ce qui limite pour un public non spécialiste les
risques d'erreurs grossières ou de contre-sens socio-culturels.

227 édition, puis de vérifier l'objet de sa recherche dans chacune des autres éditions choisies.
Les listes de nomenclature laissent apparaître pour chaque édition du DAF les entrées et
les sorties des mots de la nomenclature de référence, ce qui, sans constituer un critère de
datation absolue d'apparition ou de disparition des mots dans la langue, offre un indice
de chronologie relative confirmant la lenteur avec laquelle les académiciens ont parfois
enregistré la vitalité des usages d'une langue considérée comme "commune".

L'intérêt croissant d'un public de plus en plus large et diversifié pour les facilités
documentaires offertes par les technologies de pointe conduit à une réflexion sur
l'identité du savoir dispensé, diffusé, reçu, trié, choisi, exploité avec une nécessaire
distance critique exercée au prorata de la compétence du lecteur/consultant, qui ne
dispose pas forcément des critères suffisants pour utiliser les bases mises à sa disposition
au service d'une expression érudite  : entre les sources d'érudition et l'expression de
l'érudition s'impose une réflexion éthique sur la liberté de chacun face à la souplesse des
modalités d'utilisation des données présentes dans les différents corpus textuels pour
l'enrichissement de connaissances individuelles, la transmission d'un savoir ou, de façon
plus restreinte, l'érudition. Face aux diffusions sur intemet, aux risques de confusion
issus de la profusion documentaire, à l'hétérogénéité non contrôlable d'informations
publiées par qui veut, l'édition sur cédérom implique, a priori, une démarche et des
principes de cohérence éditoriale qui unifient une production raisonnée, identifiée et
garantie par des auteurs responsables, soucieux de transmettre une connaissance de
qualité, fondée sur le sérieux de la philologie et l'efficacité d'une ergonomie bien
conçue. Le cédérom Académie, à l'instar de la prochaine version de l'Atelier historique
(à paraître en novembre 2001), répond à l'exigence d'une matière documentaire de
qualité et peut à ce titre servir de référence à des travaux de recherche et ouvrir la voie
aux analystes soucieux d'érudition  : à un public libre de déterminer ses principes
d'utilisation selon ses attentes, il offre le fruit d'une authentique coopération
désintéressée entre artisans, techniciens et chercheurs, informaticiens et scientifiques.

Isabelle TURCAN

Université Jean Moulin, Lyon III



Bibliographie indicative

TURCAN, Isabelle (1998)  : « Les modalités de repérage des informations paradoxales
présentes dans le Dictionnaire de l'Académie française (1694) tiraillé entre
synchronie et diachronie  ». Édition électronique sur le site de Toronto.

— (1999a)  : « Balisage formel ou balisage fm pour les dictionnaires anciens
informatisés  : objectifs et implications méthodologiques. L'exemple du
Dictionnaire de l'Académie Française (1694) et des bases échantillons des
dictionnaires de G. Ménage (1694) et de Th. Corneille (1694)  », in Actes du
colloque international de Limoges sur le balisage des dictionnaires électroniques
[19-20 novembre 1998]. Édition électronique par T.R. WOOLDRIDGE.

— (1999b)  : «  La construction de la base informatisée des huit éditions du Dictionnaire
de l'Académie française, 1694-1935  », in Actes du colloque international sur le
thème Construction et utilisation de grands corpus  : les grands corpus
diachroniques [Paris 7, 24-27 sept. 1997], in Revue française de linguistique
appliquée, vol. 4-1, juin, p. 47-56.

228
TURCAN, Isabelle (2000)  :Texte de présentation de l'édition électronique sur cédérom
des huit éditions du Dictionnaire de l'Académie Française (1694-1935). Éditions
Redon (cf. www.dictionnaires-france.com).

— (à paraître 2001)  : « Les acquis des premiers travaux effectués concernant les
différentes formes d'édition électronique des dictionnaires anciens et les projets
en cours  », in Actes du Colloque NTIC-SHS, sur Les nouvelles technologies de
l'information et de la communication et les sciences humaines [Lyon, 27 mars

2001 ].

LEROY-TURCAN, Isabelle et T. Russon WOOLDRIDGE (1997)  :« L'informatisation
des premiers dictionnaires de langue française  : les difficultés propres à la
première édition du Dictionnaire de l'Académie française  », in J. PRUVOST
(éd.), Les Dictionnaires de Langue française et l'informatique, Actes du Colloque
international La Journée des Dictionnaires 1995, p. 69-86. Université de Cergy-
Pontoise, Centre de recherche Texte/Histoire.

— (1996)  : « Les mots-clés métalinguistiques comme outil d'interrogation structurante
des dictionnaires anciens  : le cas du Dictionnaire de l'Académie française par
comparaison avec le Thresor de J. Nicot et le Dictionnaire Étymologique ou
Origines de la Langue Françoise de G. Ménage  », in A. CLAS, Ph. THOIRON,
H. BÉJOINT (dir.), Lexicomatique et dictionnairiques, Actes des IVC9 journées
scientifiques du réseau thématique « Lexicologie, Terminologie, Traduction  »
[Lyon, 28-30 septembre 1995], p. 307-316. Aupelf-Uref, Beyrouth.

— (1996)  : « Modalités de mise en oeuvre de l'informatisation de la première édition du
Dictionnaire de l'Académie françoise (1694)  », in Actes du Colloque
international de Clermont-Ferrand sur Les dictionnaires électroniques du français
des XVIe et XVII` siècles [14-15 juin 1996]. Édition électronique par
T.R. WOOLDRIDGE, SIEHLDA.

— (1997)  : « Une autre identité de la première édition du DAF  : quelques exemples des
acquis de la base informatisée de la première édition du Dictionnaire de
l'académie française (1694)  », Conférence donnée à Québec et Montréal [février
1997]. Édition électronique par T.R. WOOLDRIDGE.

—(1999) : « L'informatisation du Dictionnaire de l'Académie française (1694-1935) :
premières analyses critiques de la première édition (1694)  », in Cahiers de
lexicologie, 75, p. 153-172.

WOOLDRIDGE, T. Russon (1994) : « Projet d'informatisation du Dictionnaire de
l'Académie (1694-1935)  », in Le Dictionnaire de l'Académie française et la
lexicographie institutionnelle européenne, Actes du colloque international
organisé pour la célébration du tricentenaire de la parution de la première édition
du Dictionnaire de l'Académie française [Paris, novembre 1994]. Éd. Honoré
Champion, 1998. Publication sur le site internet de Toronto

http://www. chass.utoronto.ca/~wulfric/academ i e.