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CONFÉRENCES

– 21 février 2013, à l’université Paris-Sorbonne, Marie-Ève Benoteau-Alexandre : « “Tout ce que vous écrivez doit être la Vérité pure”. Claudel face au clergé », dans le cadre du séminaire sur le statut de l’écrivain catholique en France au xxe siècle.

– 26 mars 2013, au monastère de la Visitation à Paris, Dominique Daguet : « La place de l’amour dans le théâtre de Paul Claudel », Association des écrivains catholiques.

– 27 avril 2013 à l’université Aoyamagakuin, Shinobu Chujo : « Claudel et le Japon – autour du Nô », dans le cadre de la réunion organisée par la Société d’histoire des relations nippo-françaises.

– 22 juin 2013 au château de Brangues en Isère, Bernard Hue : « Claudel et la peinture extrême-orientale », en relation avec l’exposition « Claudel et la Chine » (voir ci-desssous).

– 6 octobre 2013, à la Maison franco-japonaise de Tokyo, Shinobu Chujo : « La fondation de la Maison franco-japonaise en 1924 » et Michel Wasserman : « La fondation de la Maison franco-japonaise du Kansai en 1927 », dans le cadre du colloque sur : « Le rapprochement franco-japonais dans l’entre-deux-guerres ».

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THÉÂTRE

– Avril, mai, juin 2013 au théâtre de l’île Saint-Louis à Paris, Tête d’Or de Paul Claudel. Adaptation, mise en scène et interprétation : Émile Azzi.

Il y a dans l’œuvre de Claudel des images frappantes qui restent dans la mémoire dès la première lecture et aident à saisir son originalité, comme par exemple la « voix plurielle ». Le jeune acteur Émile Azzi choisit de rassembler, sous son signe, toutes les voix de Tête d’Or dans la sienne. Son scénario (tiré des deux premières parties de la version de 1894 du drame) est bâti avec un tact d’artiste. Le résultat est aussi inattendu qu’audacieux.

Le personnage, unique, est un jeune homme solitaire qui parle au nom de Simon Agnel et de Cébès, mais aussi des autres protagonistes. À vrai dire, on entend moins Tête d’Or, l’homme mûr, que « la voix plurielle » des jeunes gens. C’est une « pièce de la jeunesse et du temps qui s’écoule » déclare l’interprète qui profère avec naturel et souplesse les versets de Claudel, preuve que Tête d’Or est bien une pièce d’aujourd’hui.

Voici l’acteur sur les planches du tout petit théâtre de l’île Saint-Louis, marqué par le souvenir de la présence des Claudel, les maisons ou habitaient jadis Camille Claudel et sa sœur Louise de Massary se trouvant non loin.

Ce qui surprend quand le rideau s’ouvre, c›est la disproportion entre le personnage et cette petite « boîte » à l’italienne, son ambiance, sa couleur pittoresque. Émile Azzi joue habilement de ce contraste. Le personnage semble trop grand pour cet espace. Par la force de sa voix, il s’élance en avant et dans les airs mais, physiquement, il reste comme penché vers la terre et il ne peut marcher qu’au bord de l’avant-scène. D’où l’impression d’étroitesse et de manque de liberté, si caractéristique de la première époque de la création dramatique de Claudel.

Le spectacle est réalisé dans un style sobre : la lumière et l’obscurité, un leitmotiv : la fumée, quelques accessoires dont le plus frappant est le cadavre de la femme en toile blanche ; également significatives, les trois couleurs du costume de l’interprète : noir au début, blanc ensuite, chair et sang à la fin. Cette mise en scène de Tête d’Or est une

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esquisse qui réclame une réalisation plus aboutie, afin que toutes les idées s’accomplissent visuellement.

Inna Nekrassova

– 17 avril 2013, au collège des Bernardins à Paris, La Cantate à trois voix.

Dans une salle du cellier a été jouée la maquette de La Cantate à trois voix à laquelle j’ai pu assister en compagnie de mon père, Henri Claudel, et de quelques spectateurs encore sous le charme, enchantés par cette première ébauche d’un travail en devenir, ô combien prometteur !

Une Cantate sans pauses, souvent perçue comme longue et difficile et qui ne le fut pas grâce à l’exceptionnelle justesse de ton, toute en inspiration, intensité et intériorité des trois interprètes, Marie Hasse, Marie Lussignol et Clémence de Vimal, respectivement Laeta, Beata et Fausta. Le texte, tel qu’elles l’ont dit, pensé, vécu, ni déclamé ni récité, a permis à tous d’entendre chaque mot, chaque phrase, d’en percevoir la magie et la profondeur, d’écouter de bout en bout et passionnément cette langue claudélienne, sans jamais que l’attention ne fléchisse.

Un travail remarquable de mise en valeur dont le mérite revient également à la mise en scène dépouillée et parfaitement naturelle de Bernard Pigot, l’ancien directeur de l’École Charles-Dullin, claudélien de longue date, soucieux de faire en sorte que le spectateur participe à la représentation et qu’il soit sollicité.

Qu’il nous soit permis d’espérer que cette Cantate qui oscille entre théâtre et poésie puisse être bientôt portée à la scène sous sa forme accomplie, en d’autres lieux, et surtout en plein air…

François Claudel

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EXPOSITION

– Du 13 avril au 1er septembre 2013, à « l’Espace Claudel Stendhal » de Brangues, en Isère : « Claudel et la Chine », exposition réalisée par l’Association Branges village de littérature.

Élise Bizollon, Liliane Duchet, Bernard Michoud et Élisabeth Roux, responsables de la conception et de la réalisation de l’exposition (dont le sujet leur a été soufflé par Renée Nantet) ont parfaitement répondu à notre attente. Dans un espace modeste, il s’agissait en effet d’aller à l’essentiel à travers des thèmes choisis et commentés par des citations du poète. « Le paysage », « le jardin », « la calligraphie », « les vases », « le théâtre », « le tao » et « le feng shui » sont illustrés par des panneaux aussi documentés qu’élégants. Dans une vitrine consacrée à la calligraphie sont exposés les outils de travail d’un maître calligraphe chinois. Dans une deuxième vitrine, Connaissance de l’Est est à l’honneur avec quelques proses manuscrites (en fac simile) une édition française et la fameuse édition coréenne du texte. Dans une troisième vitrine sont rassemblés des livres curieux ou précieux : une traduction du Soulier de satin en chinois, un fac-simile d’Idéogrammes occidentaux et des livres de peinture (en écho à la conférence de Bernard Hue) ; des pièces de vaisselle chinoise, enfin, ornent la dernière vitrine.

Lors de l’inauguration, un court concert, des danses et un buffet exotique, donnèrent au public un avant-goût des autres arts, également réputés, de la Chine.

Marie-Victoire Nantet

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ASSOCIATION CAMILLE ET PAUL CLAUDEL
EN TARDENOIS

Le presbytère de Villeneuve-sur-Fère, maison natale de Paul Claudel, est sauvé. Rejoignez l’Association Camille et Paul Claudel en Tardenois !

Créée en 1998, l’association a eu pour objet d’assurer la sauvegarde de la maison natale du poète, le presbytère de Villeneuve-sur-Fère, dans l’Aisne. Ce presbytère, propriété de la commune, vendu au Conseil général de l’Aisne en 2000, vient d’être cédé à la Communauté de communes de la région de Château-Thierry en novembre 2012. Un cabinet a été missionné pour étudier la transformation de ce presbytère, dans la droite ligne du travail accompli par l’association, en « lieu d’évocation Camille et Paul Claudel ». L’ouverture est prévue en juillet 2014.

Depuis sa création, l’association s’est montrée très active sur le terrain, multipliant les actions pour sensibiliser les autorités locales sur l’intérêt culturel et touristique du réaménagement des lieux : travail auprès des scolaires, publications et expositions remarquées. Sa principale source financière, outre les adhésions, venait des revenus de son fonds prêté pour diverses manifestations et expositions. Cette année, l’association est entièrement mobilisée par le projet scientifique et culturel et le projet d’une grande exposition pour le centenaire de 14. Plus que jamais, elle a besoin de tous ceux qui apprécient l’œuvre de ces deux artistes immenses et savent la place importante que le Tardenois occupe dans leur création. En adhérant, vous rejoindrez tous ceux qui depuis quinze ans ont œuvré pour rendre vie à la maison Claudel de Villeneuve-sur-Fère.

Jacques Parsi

Vice-président de l’Association