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Résumés

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  • ISBN: 978-2-406-10364-6
  • ISSN: 2494-7407
  • DOI: 10.15122/isbn.978-2-406-10364-6.p.0233
  • Éditeur: Classiques Garnier
  • Mise en ligne: 09/11/2020
  • Langue: Français
Accès libre
Support: Numérique
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Résumés

Saverio Ansaldi et Raffaele Carbone, « Introduction »

Malgré certaines différences importantes, des idées et des thématiques communes se dégagent des ouvrages de Montaigne et de Bruno, telles la remise en question de lontologie hiérarchique et une vision problématique de la civilisation et du progrès des peuples. Il devient ainsi important dexplorer les relations entre les deux auteurs dans la perspective dune confrontation spéculative qui se focalise aussi bien sur la rhétorique et léthique que sur lontologie et lanthropologie.

Jordi Bayod, « Sur Bruno, Montaigne et la “credula pazzia” »

Lintensité de certaines des connexions textuelles entre les œuvres de ces deux auteurs nous amène à prendre au sérieux la possibilité dune lecture de Montaigne par Bruno. Lanalyse de ces connexions révèle un contraste intéressant entre laudace philosophique de Bruno, associée à un certain dogmatisme, et lesprit critique de Montaigne, lié à son tour à une forte prudence intellectuelle et politique.

Maurizio Cambi, « Intrigues et réflexions. Montaigne, Bruno et la rhétorique »

Il y a bien des éléments qui prouvent une vraie distance entre Montaigne et Bruno, mais aussi des domaines dans lesquels les deux philosophes partagent une même vision, dont ils tirent toutefois des arguments quils développent de manière très différente. Cest le cas de la rhétorique. En effet, les deux auteurs pensent que cest un usage sournois des mots qui produit des arguments fallacieux et que la rhétorique a la force de lier les âmes et les corps.

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Olivier Guerrier, « Fantaisie et fortune chez Bruno et Montaigne »

Si lon peut, chez Bruno comme chez Montaigne, relier la « fantaisie » à la « fortune », la chose est explicitement thématisée par les Essais, suite de « fantaisies conduites par sort », ce qui met en évidence la valeur dhapax de lœuvre, finalement irréductible par son fonctionnement aux cadres spéculatifs du temps, jusquaux plus téméraires.

Raffaele Carbone, « Nature, parité, liens chez Montaigne et Bruno »

Cet article propose une relecture nuancée des ouvrages de Montaigne et de Bruno à partir des notions de « nature », de « parité » et de « liens ». Par cette mise en rapport, on tente de rendre visibles les thèmes par lesquels, sous certains aspects, les deux auteurs tendent à se rejoindre, tout en montrant que des différences significatives demeurent dans lapproche et les objectifs respectifs de leurs ouvrages et dans les orientations philosophiques qui les sous-tendent.

Alberto Fabris, « Philosopher dans la mort. Les Essais comme exercice de congé du soi »

Figures majeures de la Renaissance, Montaigne et Bruno partagent une atmosphère culturelle analogue et se nourrissent souvent des mêmes références textuelles. En nous concentrant surtout sur Montaigne, nous verrons comment la tentative de penser le passage de lun au multiple et du fini à linfini les amène à théoriser une véritable herméneutique de la transformation.

Sophie Peytavin, « Les liaisons vertueuses. Pour un réexamen du relativisme montaignien »

Le projet de « maîtrise » et de « renouvellement » des « liens », développé par Bruno dans un petit recueil quil leur consacre, nous invite à penser la relation comme concept structurant des Essais : la liaison, loin dêtre source de passivité et daliénation, est une activité à instituer et à entretenir, et vaut aux différents plans de léthique (« culture des corps »), de la morale et du discernement, permettant de penser le montaignisme en termes de relationnisme plutôt que de relativisme.

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Massimiliano Traversino Di Cristo, « Le débat sur la condition des indigènes américains au xvie siècle. Quelques pistes de réflexion »

Le débat déclenché au xvie siècle à la suite des premiers contacts entre les Européens et les indigènes américains se caractérise par deux grandes tendances, lune favorable et lautre contraire à lassujettissement des Amériques à la civilisation européenne. Cette distinction doit être considérée comme non radicale. Cela permet de mieux évaluer les différences et les similitudes entre les auteurs, conditionnés par un système commun de croyances religieuses et culturelles.

Fabio Raimondi, « Le multiple infini est un. La modernité de Giordano Bruno »

Cet article aborde la question de la modernité de la pensée de Bruno, lue dans une perspective philosophique et politique très différente de celle qui caractérise la modernité inaugurée par Descartes et Hobbes. Bruno est porteur dune idée de modernité originale, basée sur linfini des mondes et leurs conflits potentiels. Cette proposition rend sa pensée éminemment politique même sil est exposé au moyen dun vocabulaire qui nest pas auto-référentiel comme celui des traités politiques du xvie siècle.

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